Nawaz Sharif

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nawaz Sharif
نواز شریف
Nawaz Sharif en juin 2013.
Nawaz Sharif en juin 2013.
Fonctions
21e Premier ministre pakistanais
En fonction depuis le 5 juin 2013
(1 an, 3 mois et 25 jours)
Président Asif Ali Zardari
Mamnoon Hussain
Prédécesseur Mir Hazar Khan Khoso (intérim)
Raja Pervez Ashraf
14e Premier ministre pakistanais
17 février 199712 octobre 1999
(2 ans, 7 mois et 25 jours)
Président Farooq Leghari
Wasim Sajjad
Prédécesseur Miraj Khalid (intérim)
Benazir Bhutto
Successeur Zafarullah Khan Jamali (indirectement)
12e Premier ministre pakistanais
6 novembre 199018 juillet 1993
(2 ans, 8 mois et 12 jours)
Président Ghulam Ishaq Khan
Prédécesseur Ghulam Mustafa Jatoi (par intérim)
Benazir Bhutto
Successeur Moeenuddin Ahmad Qureshi (par intérim)
Benazir Bhutto
Ministre en chef de la province du Pendjab
9 avril 198513 août 1990
Président Muhammad Zia-ul-Haq
Ghulam Ishaq Khan
Prédécesseur loi martiale
Successeur Ghulam Haider Wyne
Biographie
Nom de naissance Mian Muhammad Nawaz Sharif
Date de naissance 25 décembre 1949 (64 ans)
Lieu de naissance Lahore (Pakistan)
Nationalité pakistanaise
Parti politique Ligue musulmane du Pakistan (N)
Conjoint Kulsoom Nawaz
Diplômé de Government College of Lahore
Religion Islam sunnite

Nawaz Sharif
Premiers ministres pakistanais

Mian Muhammad Nawaz Sharif (en ourdou : نواز شریف), né le 25 décembre 1949 à Lahore, est un homme politique pakistanais, qui a été Premier ministre du Pakistan à trois reprises non consécutives depuis le début des années 1990. Personnalité politique phare des dernières décennies, il est en cumulé celui qui a le plus longtemps occupé le poste de chef du gouvernement. Il dirige depuis 1993 la Ligue musulmane du Pakistan (N).

Nawaz Sharif émerge sur la scène politique durant le régime du président Muhammad Zia-ul-Haq en devenant notamment ministre en chef de la province du Pendjab. Se présentant ensuite quatre fois face au Parti du peuple pakistanais dirigé par Benazir Bhutto entre 1988 et 1999, il remporte le scrutin deux fois non consécutives et sera donc Premier ministre du 1er novembre 1990 au 18 juillet 1993, et ensuite du 17 février 1997 au 12 octobre 1999. Son deuxième mandat de Premier ministre se termine par le coup d'État du général Pervez Musharraf le 12 octobre 1999 et il est emprisonné.

Après son exil négocié en échange de sa libération en 2000, il revient au Pakistan en novembre 2007 et s'allie alors avec Benazir Bhutto et son parti en vue des élections législatives de 2008 dans le but d'isoler le président Pervez Musharraf. Alors que son parti arrive second après le PPP et à la suite de la démission de Musharraf, Nawaz Sharif devient de fait le chef de l'opposition en août 2008 après avoir quitté la coalition gouvernementale. Après la victoire de son parti aux élections de mai 2013, il redevient Premier ministre le 5 juin.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif est le frère de Shahbaz Sharif, un homme politique important et actuel chef du gouvernement local de la province du Pendjab. Un des fils de Shahbaz, Hamza Shahbaz Sharif, fait également de la politique et est député à l'Assemblée nationale.

Nawaz Sharif est l'un des très rares hommes politiques pakistanais à ne pas être issu d'une famille historiquement influente. Son père, Muhammad Sharif (1920 - 2004)[1] tenait un magasin de brocante dans un marché de Lahore et revendait de la ferraille. La famille de son père était d'origine cachemiri et s'est installée dans le Pendjab à la fin du XIXe siècle[2]. Sa famille est désormais l'une des plus influentes de la province et du pays.

Nawaz Sharif, son frère Shahbaz et ses cousins ont fortement développé le commerce tenu par le père de Nawaz et Shahbaz et de leur oncle, jusqu'à en faire une puissante industrie nationale. Baptisée Ittefaq Foundries, l'entreprise est basée à Lahore. Cette dernière a été nationalisée en 1972 à l'occasion d'une large politique de nationalisation lancée par le président Zulfikar Ali Bhutto. L'entreprise est privatisée pendant le régime de Zia-ul-Haq en 1978 puis elle connait de nouveau un développement important durant les années 1980[2]. En 1989, elle employait 3 500 personnes[2]. Le chiffre d'affaires de l'entreprise passe de 16 millions de dollars en 1981 à environ 450 millions en 1990. Aujourd'hui, le groupe Ittefaq est composé d'une aciérie (la plus importante aciérie privée du pays), de quatre usines de textile et de huit usines de production de sucre. La valeur totale du groupe est estimée à quatre milliards de dollars.

Nawaz a étudié au Government College of Lahore dans lequel il a obtenu deux bachelors. Il est aussi diplômé en droit de l'université du Pendjab à Lahore.

Issu d'une famille religieuse, Nawaz Sharif est un musulman sunnite pratiquant. Il est marié avec Kulsoom Nawaz Sharif, qui est diplômée de l'Islamia College for women et du Forman Christian College University. Le couple a eu un fils et une fille, Hussain Nawaz et Mariam Safdar.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif a commencé sa carrière politique durant le régime du président Muhammad Zia-ul-Haq, avec lequel il entretenait des liens. Nawaz devient ministre dans le gouvernement local du Pendjab en 1983, il a été ministre des finances et ministre des sports. Il exerce ensuite deux mandats de chef du gouvernement local de la province, de 1985 à 1988 (date à laquelle Zia meurt et de nouvelles élections sont tenues, marquant la victoire de Benazir Bhutto qui devient Premier ministre), puis de 1988 à 1990.

Après la mort de Muhammad Zia-ul-Haq, de nouvelles élections libres se tiennent en 1988. Nawaz Sharif fait alors partie de l'Alliance démocratique islamique, une coalition de partis politiques s'opposant au Parti du peuple pakistanais. La coalition perd au niveau national mais gagne le scrutin dans le Pendjab. Nawaz redevient alors le ministre en chef du gouvernement de la province. Il émerge ensuite comme le principal chef de l'opposition.

Mian Muhammad Nawaz Sharif a été Premier ministre de la république islamique du Pakistan à deux reprises, d'abord du 1er novembre 1990 au 18 juillet 1993, et ensuite du 17 février 1997 au 12 octobre 1999. Cette période est marquée par une forte rivalité avec Benazir Bhutto, dirigeante du Parti du peuple pakistanais.

Premier mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée nationale après les élections de 1990.

L'alliance démocratique islamique remporte les élections législatives de 1990 en obtenant 106 sièges, deux au-dessus de la majorité absolue. Nawaz Sharif devient Premier ministre le 1er novembre 1990 succédant à Benazir Bhutto contre laquelle il avait fait campagne, notamment autour des accusations de corruption dont son gouvernement faisait l'objet.

Nawaz Sharif poursuit et élargit la politique de privatisation entamée par Benazir Bhutto. Il tente aussi de développer les infrastructures du pays, avec notamment le début de la construction de la première autoroute.

Le 18 avril 1993, Nawaz Sharif est démis de ses fonctions par le président Ghulam Ishaq Khan pour les charges de corruption et népotisme notamment. L'Assemblée nationale est également dissoute par le président. Toutefois, la décision est jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême et annulée. Nawaz Sharif retrouve son poste le 26 mai mais l'armée fait pression pour obtenir sa démission. Finalement, Nawaz Sharif conclu un accord avec le président prévoyant la démission conjointe des deux hommes. De nouvelles élections législatives sont convoquées le 6 octobre 1993 et sont remportées de justesse par le Parti du peuple pakistanais. Benazir Bhutto succède ainsi à Nawaz Sharif.

Deuxième mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée nationale après les élections de 1997.

La Ligue musulmane du Pakistan (N) remporte très largement les élections de 1997 obtenant une large majorité absolue (137 sièges sur 207). Cette large majorité facilite ses projets de révision de la Constitution.

En 1997, Nawaz Sharif fait passer par le Parlement un premier amendement supprimant les principaux pouvoirs discrétionnaires du président de la République, dont celui de dissoudre l'Assemblée nationale, de démettre le Premier ministre et aussi de nommer le chef de l'armée. Cette réforme annule les amendements votés par le président Zia-ul-Haq et redonne ainsi au régime politique pakistanais la forme qu'il avait initialement avec la Constitution de 1973 que le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto avait fait adopter. Il fait voter un second amendement à la Constitution quelque temps plus tard et qui soumet les membres de l'Assemblée nationale à une stricte discipline parlementaire, rendant difficile le vote d'une motion de censure contre un Premier ministre dirigeant d'un parti possédant la majorité absolue à la chambre basse.

Grâce à ces amendements, le pouvoir de Nawaz Sharif s'est retrouvé très étendu, et ses opposants l'ont accusé de dérive autoritaire et ont critiqué la concentration du pouvoir entre les mains du Premier ministre.

Le 8 octobre 1998, le gouvernement de Nawaz Sharif présente devant l'Assemblée nationale un projet d'amendement renforçant le rôle de la charia dans l'ordre juridique ainsi que le rôle du Premier ministre. L'amendent est approuvé par l'Assemblée nationale mais n'est pas accepté lors du vote au Sénat. Le projet de loi ne sera donc jamais adopté.

Son second mandat est également marqué pas la course à l'armement nucléaire entre le Pakistan et l'Inde. En 1998, le Pakistan réalise son premier essais nucléaire avec succès. Il lui est ironiquement décerné le Prix Ig Nobel, comme son homologue indien[3].

Coup d'État et exil[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif rencontre le secrétaire américain à la Défense William Cohen aux États-Unis en 1998.

Le second mandat de Premier ministre de Nawaz Sharif se termine par le coup d'État du chef de l'armée Pervez Musharraf qui avait été nommé par Nawaz Sharif le 6 octobre 1998. Le coup d'État est mené peu après le conflit de Kargil dans un contexte de tensions importantes et alors que le gouvernement de Nawaz Sharif devenait impopulaire[4].

Nawaz Sharif aurait été mis au courant, quelques semaines avant le coup d'État, d'une potentielle conspiration de l'armée. Alors que le chef de l'armée pakistanaise Pervez Musharraf est en voyage au Sri Lanka, Nawaz Sharif le remplace par Ziauddin Butt, chef de l'ISI, au poste de chef de l'armée le 12 octobre 1999. Pervez Musharraf prend alors un avion commercial pour rentrer au Pakistan et Nawaz Sharif ordonne la fermeture de l'aéroport de Karachi pour empêcher l'avion d'atterrir. À bord de son avion, Musharraf appelle au téléphone des généraux de l'armée. Dans la journée, l'armée prend le contrôle de l'aéroport de Karachi et renverse le gouvernement de Nawaz Sharif[4]. Les principaux généraux de l'armée apportent leur soutien à Pervez Musharraf et refusent d'obéir aux ordres du Premier ministre. Nawaz Sharif et son frère Shahbaz Sharif sont arrêtés par l'armée.

Nawaz Sharif est officiellement arrêté pour avoir empêché l'atterrissage de l'avion du général Musharraf. Il est accusé de « kidnapping, détournement d'avion, terrorisme et tentative de meurtres » et condamné à la prison à vie[5]. Il négocie cependant, grâce à l'intervention de l'Arabie saoudite, un accord prévoyant son exil et son impossibilité de faire de la politique pendant vingt ans.

Il part en exil en 2000 en Arabie saoudite pour un minimum de dix ans avec 18 membres de sa famille[2] dont sa femme, son frère et son père. Il sera innocenté par la Cour suprême du Pakistan le 17 juillet 2009.

Retour au pays et élections de 2008[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif et son frère (à sa droite) Shahbaz Sharif en 2008.

Comptant profiter de l'affaiblissement du président Pervez Musharraf, il est revenu d'exil le 10 septembre 2007, mais a aussitôt été ré-expulsé en Arabie Saoudite[6]. Il est finalement autorisé à rentrer au Pakistan grâce à l'Arabie saoudite[7]. Son avion atterrit à Lahore le 25 novembre 2007, soit environ un mois après le retour de Benazir Bhutto. Il est accueilli par environ 5 000 partisans et promet de « mettre fin à la dictature »[8]. Il s'associe alors avec Benazir en vue des élections législatives de 2008. Nawaz Sharif et Benazir Bhutto avaient signé des accords (« Charte de la démocratie ») en 2006 à Londres prévoyant des objectifs de réformes institutionnelles[9]. Les deux personnalités mettaient ainsi à l'écart leur ancienne rivalité politique qui avait duré dix ans.

Le 27 décembre 2007, le jour de l'assassinat de Benazir Bhutto, Nawaz Sharif est victime dans le même temps d'une tentative d'assassinat. Il s'adresse le soir même aux partisans de Bhutto : « Mes frères militants du parti de Benazir Bhutto, moi et mon parti la Ligue musulmane partageons votre douleur. ». Il dit aussi : « ce n'est pas un jour triste, c'est un jour noir, le plus sombre de l'histoire du Pakistan ». Il dit alors considérer Benazir comme sa sœur[10].

Après l'assassinat de Benazir Bhutto, il annonce le boycott des élections législatives de janvier 2008 par son parti avant de revenir sur sa décision dans les jours suivants, précisant qu'il participera aux élections si le parti de Bhutto (le PPP) le décide aussi[11].

En février 2008, son parti arrive deuxième aux élections législatives après le Parti du peuple pakistanais de Bhutto. La Ligue musulmane du Pakistan (N) supplante donc en termes de sièges obtenus la Ligue musulmane du Pakistan (Q), qui soutenait Pervez Musharraf et qui arrive troisième. Nawaz Sharif forme ensuite une coalition avec le PPP. Youssouf Raza Gilani est investi Premier ministre et le président Musharraf démissionne le 18 août 2008 alors que la coalition entendait entamer une procédure de destitution contre lui au Parlement.

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

La « longue marche » lancée par Nawaz Sharif à Lahore le 15 mars 2009.

À la suite de diverses crises politiques, Nawaz Sharif et son parti quittent la coalition le 25 août 2008, ce qui n’ôte pas la majorité du gouvernement. Il justifie sa décision par des divergences de vue avec le PPP, notamment concernant la restauration des juges de la Cour suprême révoqués par Pervez Musharraf et la nomination d'Asif Ali Zardari comme candidat de la coalition à la présidentielle de septembre[12]. Nawaz Sharif devient alors le principal chef de l'opposition puisqu'il dirige le principal parti opposé au gouvernement. Cela dit, le poste officiel de chef de l'opposition, qui dispose d'une reconnaissance constitutionnelle, est occupé par Nisar Ali Khan.

Début 2009, Nawaz Sharif se joint au mouvement des avocats réclamant la restauration des juges révoqués en 2007 par Pervez Musharraf. Alors que l'opposition entame une « longue marche », le président Asif Ali Zardari cède sur la principale exigence en réinstaurant les juges de la Cour suprême, dont Iftikhar Muhammad Chaudhry au poste de président de la Cour.

Nawaz Sharif rencontre Hillary Clinton à Lahore en 2009.

En avril 2010, Nawaz Sharif soutient la réforme constitutionnelle que le gouvernement soumet au vote du Parlement[13]. Elle était prévue par les accords qu'il avait signé avec Benazir Bhutto en 2006. Cette réforme majeure annule les amendements votés après le coup d'État de Pervez Musharraf et qui avaient accru les pouvoirs du président. Elle redonne au régime politique sa forme originelle qu'il avait avec la Constitution de 1973. La réforme est donc semblable à celle que Nawaz Sharif avait fait adopter en 1997. Elle permettra aussi à Nawaz Sharif de redevenir Premier ministre alors que ce poste était limité à seulement deux mandats depuis la présidence de Musharraf. Cette disposition avait été interprétée comme un moyen d'empêcher Nawaz Sharif et Benazir Bhutto d'occuper à nouveau ce poste.

Durant la crise politique de janvier 2011, après le départ du MQM qui prive le gouvernement de sa majorité, Nawaz Sharif présente au Premier ministre un agenda politique de dix points. Le 7 janvier, alors que le Premier ministre retrouve sa majorité après avoir convaincu le MQM de réintégrer la coalition, le Premier ministre accepte l'agenda de Nawaz Sharif. Celui-ci prévoit notamment une baisse des dépenses de l'État, des mesures pour lutter contre la corruption et la réduction du cabinet fédéral. Cette dernière exigence est mise en œuvre par le Premier ministre le 13 février 2011, le nombre de ministres passant de 54 à 22. Les relations avec le gouvernement se dégradent pourtant par la suite, notamment dans le cadre de l'affaire du mémorandum qui provoque une crise politique entre fin 2011 et 2012, durant laquelle Nawaz Sharif demande des élections anticipées.

À l'approche des élections législatives de 2013, Imran Khan dispute le rôle de premier opposant à Nawaz Sharif, celui-ci réunissant des foules très importantes et son parti arrive même en tête des intentions de votes dans un sondage de 2012. Toutefois, les derniers sondages placent de nouveau la Ligue musulmane du Pakistan (N) en tête.

Troisième mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif durant l'investiture de son homologue indien Narendra Modi, le 26 mai 2014 à New Delhi.

La Ligue musulmane du Pakistan (N) gagne les élections législatives du 11 mai 2013, en obtenant 33 % des voix et un nombre de députés légèrement supérieur à la majorité absolue après le ralliement de députés indépendants, soit 185 députés par une majorité absolue de 172. Il réalise un score éclatant dans le Pendjab et obtient près de trois quarts des sièges à l'Assemblée provinciale. Quant à Nawaz Sharif, il remporte les deux circonscriptions dans lesquelles il s'est présenté, c'est-à-dire la cinquième de Sargodha avec 63 % des voix et la troisième de Lahore avec 61 % des voix[14].

Le 5 juin, Nawaz Sharif est élu et investi Premier ministre par l'Assemblée nationale avec 244 voix sur 342 sièges, face à Ameen Faheem qui obtient 42 voix et Javed Hashmi 31[15]. Le 7 juin, son cabinet prend ses fonctions avec notamment Ishaq Dar au poste de ministre des Finances et Nisar Ali Khan au poste de ministre de l'Intérieur. Sharif garde dans un premier temps le portefeuille de la Défense, avant de la céder à Khawaja Muhammad Asif. Le 30 juillet, c'est l'un de ses proches, Mamnoon Hussain, qui est élu président de la République par le collège électoral[16].

Les débuts de son mandat sont marqués par une volonté de normaliser les relations avec l'Inde. Il commence par inviter son homologue indien pour sa cérémonie d’investiture, mais ce dernier décline. C'est finalement son successeur Narendra Modi qui l'invite à sa propre investiture, le 26 mai 2014[17]. Nawaz Sharif se tourne également vers l'Afghanistan et libère des chefs talibans afghans dans le but de faciliter les négociations de paix entre Kaboul et les insurgés[18]. Le 27 novembre 2013, il nomme Raheel Sharif au poste de chef de l'armée pakistanaise en remplacement de Ashfaq Kayani qui prend sa retraire, et serait un proche du Premier ministre. Ce général est considéré comme un représentant de la nouvelle doctrine militaire qui considère l'insurrection des talibans comme la priorité par rapport à la lutte contre l'Inde[19],[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mian Sharif meurt à Djeddah, Dawn. Le 29 octobre 2004. Consulté le 25 janvier 2011.
  2. a, b, c et d (en) La famille Sharif, GlobalSecurity.org. Consulté le 25 janvier 2011.
  3. (en) Winners of the Ig® Nobel Prize
  4. a et b (en) COUP IN PAKISTAN sur PBS.org
  5. (en) Sharif convicted of corruption sur BBC News, le 2 décembre 2011.
  6. L'opposant Nawaz Sharif a été refoulé à son retour au Pakistan, Françoise Chipaux, Le Monde, 11 septembre 2007
  7. (en) Nawaz rentre à bord de l'avion royal saoudien, Dawn.com. Le 24 novembre 2007. Consulté le 26 février 2011.
  8. (en) Les Sharif rentrent - Nawaz promet de se battre pour la démocratie, Dawn.com. Le 25 novembre 2007. Consulté le 26 février 2011.
  9. (fr) Mission effectuée au Pakistan du 30 mars au 4 avril 2006 au Pakistan, Le site officiel du Sénat. Consulté le 24 décembre 2010
  10. (en) Le monde condamne l'assassinat de Benazir Bhutto, Mail Online. Le 27 décembre 2007. Consulté le 26 janvier 2011.
  11. L'opposant pakistanais Nawaz Sharif participera aux législatives si le parti de Mme Bhutto le décide aussi
  12. (en) Nawaz quitte la coalition : Saeeduz Zaman sera le candidat à la présidentielle, Dawn.com. Le 25 août 2008. Consulté le 26 février 2011.
  13. (en) Zardari et Nawaz saluent l'adoption du 18e amendement, PakTribune. Le 9 avril 2010. Consulté le 26 février 2011.
  14. NA Pakistan
  15. (en) Nawaz Sharif elected Pakistan's PM sur Xinhua, le 6 juin 2013
  16. Pakistan : Mamnoon Hussain président, Le Figaro, 30 juillet 2013.
  17. (fr) Rapprochement entre Inde et Pakistan, à la faveur de l'investiture de Narendra Modi sur Radio France internationale, le 26 mai 2014
  18. A Kaboul, le Premier ministre pakistanais s'engage pour la paix sur Radio France internationale, le 30 novembre 2013
  19. (en) Profile: Raheel Sharif, Pakistan's 'strategic' army head sur BBC News, le 27 novembre 2013
  20. Pakistan: l'armée change de tête, et de priorité sur Radio France internationale, le 29 novembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]