Mouvement islamique d'Ouzbékistan

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Mouvement islamique d'Ouzbékistan
Ўзбекистон Исломий Ҳаракати
Image illustrative de l'article Mouvement islamique d'Ouzbékistan

Idéologie islamiste
Objectifs création d'un État islamiste en Asie centrale
Statut actif
Fondation
Date de formation 1998
Fondé par Djouma Namangani, Tohir Yo‘ldosh
Pays d'origine Drapeau de l’Ouzbékistan Ouzbékistan
Actions
Mode opératoire guérilla, enlèvements, etc.
Zone d'opération Asie centrale
Période d'activité depuis 1998
Organisation
Chefs principaux Usman Ghazi
Membres 2 000-3 000[1]
Groupe relié Tehrik-e-Taliban Pakistan, Mouvement islamique d'Asie centrale, Taliban, Al-Qaida, Union du Jihad islamique
Répression
Considéré comme terroriste par Canada, États-Unis d'Amérique, Australie, Royaume-Uni, Kazakhstan, Russie
Guerre d'Afghanistan
Conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan

Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (ouzbek : Ўзбекистон Исломий Ҳаракати, O'zbekiston islomiy harakati, MIO) est une organisation militaire clandestine d'inspiration islamique dont le but est d'installer un régime théocratique en Ouzbékistan et de faire de la charia la base du droit de ce pays.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[2], des États-Unis d'Amérique[3], de l'Australie[4], du Royaume-Uni[5], du Kazakhstan[6] et de la Russie. Elle est considérée par l'ONU comme proche d'Al-Qaida et à ce titre sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies[7].

Le MIO a probablement été fondé par Djouma Namangani et Tohir Yo‘ldosh en 1997, lors de retour de la guerre civile au Tadjikistan. Namangani dirigeait les opérations militaires alors que Yo‘ldosh était responsable du discours politique et religieux.

Le , à la disparition de Namangani, probablement tué dans des combats contre les troupes du général Abdul Rachid Dostom, près de Kunduz en Afghanistan, Tohir Yo‘ldosh reprend les fonctions de Namangani. Le 27 août 2009, Tohir Yo‘ldosh meurt lors d'une frappe aérienne américaine à Kanigoram au Sud-Waziristan. Il est remplacé par Abu Usman Adil, qui est tué le 29 avril 2012 dans une attaque de drone américain à Miramshah, au Nord-Waziristan[8]. Usman Ghazi lui succède à la tête du groupe.

À la suite de la répression du gouvernement ouzbek contre ses opposants, le MIO a été déclaré illégal et les meneurs du mouvements ont été condamnés à mort par contumace.

Le MIO draine des troupes de toute l'Asie centrale : Pakistan, Afghanistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Ouzbékistan et même du Xinjiang, province occidentale chinoise.

Son activité principale a longtemps été de lancer des raids depuis les pays limitrophes vers la vallée ouzbèke de la Ferghana d'où sont originaires les deux chefs du MIO.

Depuis la chute des taliban en Afghanistan en 2001, le MIO n'a pas de base arrière connue et utilise donc des bases sporadiques au Tadjikistan et au Kirghizistan et ses membres se sont repliés au Pakistan où il est visé par les opérations militaires contre les talibans au Pakistan.

Plus récemment, outre ces raids, le MIO utilise d'autres techniques : prise d'otages étrangers en Ouzbékistan. Ainsi plusieurs alpinistes, dont un Japonais, ont été capturés en août 1999 et attentats dans la capitale Tachkent (mars 1999, mars et juillet 2004).

Les chefs successifs du MIO en Afghanistan ont été tués en avril 2011, le 26 mars 2012 et le 7 avril 2012 par la Force internationale d'assistance et de sécurité[9].

Historiquement, l'Asie centrale n'a été morcelée en pays aux frontières arbitraires qu'à partir de l'époque socialiste. Les revendications du MIO ont ainsi peu à peu évolué en demandant un régime théocratique, non seulement en Ouzbékistan, mais dans toute l'Asie centrale à travers une nouvelle organisation, plus large : le mouvement islamique d'Asie Centrale (MIAC), très discret, qui souhaite renouer avec l'ancien khanat de Boukhara.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les États-Unis estiment que le MIO représente le plus grand danger pour leurs intérêts en Asie centrale », Bassirat.net, 10 décembre 2003.
  2. (fr) « Entités inscrites actuellement », Sécurité publique Canada ; consulté le 6 août 2011.
  3. (en) « Foreign Terrorist Organizations », Office of the Coordinator for Counterterrorism, 19 mai 2011.
  4. (en) « Listing of terrorist organisations », Australian National Security ; consulté le 6 août 2011.
  5. « Proscribed terrorist groups », Home Office, 11 juillet 2011 [PDF].
  6. (en) « Kazakhstan Updates List Of Banned Terrorist Groups », Radio Free Europe Radio Liberty, 12 octobre 2006.
  7. (fr) « Liste établie et mise à jour par le Comité, conformément aux résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011), concernant les individus, groupes, entreprises et entités associées à Al-Qaida », Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011) concernant Al-Qaida et les personnes et entités qui lui sont associées.
  8. (en)IMU announces death of emir, names new leader The Long War Journal, 4 août 2012
  9. (en) Bill Roggio, « Special operations forces kill newly appointed IMU leader for Afghanistan », sur The Long War Journal,‎ 9 avril 2012 (consulté le 12 avril 2012)

Articles connexes[modifier | modifier le code]