Letizia Bonaparte

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Maria Letizia Bonaparte

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Letizia Bonaparte en robe de cour Peinture de Robert Lefèvre (1813).

Nom de naissance Maria Letizia Ramolino
Alias
Madame Mère
Naissance 24 août 1750
Décès 2 février 1836 (à 86 ans)
Ascendants
Conjoint
Descendants

Maria Letizia Bonaparte, née Maria-Letizia Ramolino le 24 août 1750, morte le 2 février 1836, est la mère de Napoléon Ier, connue sous son titre de « Madame Mère ». Elle est la fille de Jean-Jérome Ramolino (capitaine dans l'armée génoise puis Inspecteur général des Ponts et Chaussées de la Corse) et d'Angela Maria Pietra-Santa (issue d'une famille noble originaire de Sartène. Après le décès de son époux en 1755, cette dernière se remaria en secondes noces avec un officier suisse, François Fesch, avec qui elle aura un fils, Joseph, futur cardinal et primat des Gaules.)

Sa famille est originaire d’Italie et serait issue des comtes de Coll'Alto ; le premier Ramolino établi à Ajaccio avait épousé la fille d'un doge de Gênes, et reçut de cette République de grandes distinctions[1].

Une mère d'empereur[modifier | modifier le code]

Carlo Maria Buonaparte a à peine dix-huit ans quand son oncle lui fait épouser le 2 juin 1764 Letizia Ramolino âgée de quatorze ans[2].

Présente aux côtés de son époux, dans la résistance des Corses à l'annexion par la France en mai 1768, au cours de la guerre de l’indépendance, elle partage souvent les périls de son mari. Elle le suit à cheval dans ses expéditions, même pendant sa grossesse de Napoléon. Le 9 mai 1769, lors de la retraite de Ponte Novu, enceinte de Napoléon, elle aurait répété plusieurs fois, dans l’ascension du Monte Rotondo, où les patriotes corses avaient trouvé refuge : « Il sera le vengeur de la Corse ! »[3].

Après l’échec décisif de la bataille de Ponte Novu le 9 mai 1769, elle se retire avec son mari sur le sommet del Monte Rotondo, ayant reçu du comte de Vaux des passeports pour se rendre à Ajaccio. Ses larmes et les supplications de Lucien Bonaparte, archidiacre d’Ajaccio, oncle de son mari, font renoncer celui-ci au dessein qu’il avait formé de suivre Paoli dans son exil.

Napoléon naît le 15 août 1769 à Ajaccio veut, une légende rapportée par Las Cases (chroniqueur le plus proche de Napoléon) voulant que cette naissance ait eu lieu sur un tapis représentant César[4]. Une rumeur persistante, défendue notamment par les auteurs Hervé le Borgne et Edmond Outin[5],[6], a fait du comte de Marbeuf, d'après une supposée liaison adultérine avec Letizia, le père de Napoléon Bonaparte qui, selon les défenseurs de cette thèse, est né, non à Ajaccio, mais à Sainte-Sève dans le Finistère, Letizia ayant suivi Marbeuf rentré en Bretagne en août 1769. Selon cette thèse, le compte fut le protecteur de Napoléon et lui obtint l'accès au collège militaire de Brienne qui n'était accessible qu'avec huit quartiers de noblesse. Cette hypothèse est rejetée par les historiens, pour Jean Tulard « on est dans l'invraisemblance » car il n'est pas possible que le séjour de Letizia en Bretagne n'ait pas été documenté[7].

La famille Bonaparte connait la pauvreté au décès de son mari en 1785. Seule l'entrée dans le métier des armes de son second fils Napoléon, permet à la famille de renouer avec un semblant de prospérité. En 1793, elle doit fuir la Corse insurgée et s'installer à Marseille dans l'hôtel de Cipières. De cette époque, elle conserve un goût certain pour l'austérité et l'économie[8].

Un tel caractère ne peut s'entendre avec l'extravagante Joséphine de Beauharnais que le futur Empereur des Français épouse en 1796. Contrairement à ce que peut laisser croire le célèbre tableau de David, elle n'assiste d'ailleurs pas au sacre de son fils en 1804 en raison de leurs désaccords sur son mariage et son couronnement. Pour autant, elle est élevée, par décret du 23 mars 1805, au rang d'Altesse impériale et Madame Mère. Vivant loin de la Cour, elle s'installe au château de Pont-sur-Seine, offert par son fils, et demeure à l'Hôtel de Brienne lors de ses rares visites à Paris.

Profondément religieuse, elle se met sous la protection du Pape lors des exils napoléoniens et s'installe à Rome, d'abord au palais Falconieri chez son demi-frère le cardinal Joseph Fesch, puis au palais Rinuccini. Le général Bertrand, devant la santé déclinante de Napoléon, lui écrit une lettre lui demandant de faire venir un médecin et un prêtre à Sainte-Hélène. Croyant que son fils a quitté Sainte-Hélène par suite d’une intervention divine (Madame Mère et le cardinal Fesch, cloîtrés et atteints de mysticisme, sont sous l'influence d'une voyante autrichienne), elle refuse l'envoi d'hommes de qualité, n'y dépêchant qu'un vieil abbé corse hémiplégique Antoine Bonavita accompagné de l'ignorant abbé Vignali et du médecin François Antommarchi qui débarquent dans l'île le 18 septembre 1818[9].

C'est à Rome qu'elle apprend la mort de son fils Napoléon le 5 mai 1821. Elle y décède quinze ans plus tard le 2 février 1836. Enterrée à Corneto, sa dépouille sera transférée à Ajaccio en 1851, puis à la Chapelle impériale en 1860, sur l'ordre Napoléon III, son petit-fils.

Elle est à l’origine de l’expression « Pourvu que ça dure ! », qu’elle employait en évoquant les victoires de son fils, Napoléon Ier[10].

Famille Bonaparte[modifier | modifier le code]

Laetitia Ramolino par Charlotte Bonaparte

Elle épouse Charles Bonaparte le 1er juin 1764 et lui donne treize ou quatorze enfants dont huit survivent (trois meurent en bas âge et deux à la naissance)[11] :

Album de famille[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Lycée Laetitia Bonaparte, à Ajaccio
  • Aéroport Napoléon Bonaparte à Ajaccio

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Decaux, op. cit., p. 12
  2. Friedrich Max Kircheisen, Napoléon, Plon,‎ 1934, p. 3
  3. André Castelot, Bonaparte
  4. François Duhourcau, op. cit., p .44
  5. Edmond Outin dans Napoléon fils du comte Marbeuf, 2006
  6. Herve Le Borgne dans Napoléon Breton ?, 2008
  7. Notice « Marbeuf » dans : Jean Tulard, Dictionnaire amoureux de Napoléon 2012
  8. «...Mon cousin racontait que son patron, homme en 1818 de près de quatre-vingts ans, se rappelait le temps où la maman Bonaparte, la mère Lajoie (Letitia), comme l'appelaient les émigrés, était à Marseille avec ses trois filles: Elisa, Pauline et Caroline, tenant une maison où, moyennant un écu de Brabant ou une piastre à colonne, on faisait mettre à l'Elisa et à la Pauline l'habit sans couture...» Gustave Revilliod: lettre à Louis-Étienne Jousserandot, 9 février 1872, publiée dans Lettres d'un inconnu bien connu (Genève, 1883)
  9. Michel Vergé-Franceschi, Napoléon, une enfance corse, éd. Larousse, 2009
  10. Petit Larousse de l'histoire de France.
  11. François Duhourcau, op. cit., p. 34
  12. D'après le Dictionnaire Napoléon (sous la direction de Jean Tulard). Cependant, dans ses Mémoires domestiques de la famille Buonaparte, Charles Bonaparte indique que son premier enfant avec Maria Letizia Ramolino, était une fille : "... je partis pour Rome..., laissant ma femme enceinte d'une fille qui est morte." Ces mémoires ont été traduits de l'italien et publiés pour la première fois en 2002 dans l'ouvrage de Dorothy Carrington, Portrait de Charles Bonaparte (Cahors, 2002).
  13. D'après une lettre du capitaine Ristori à un ami, l'ex-intendant Colla de Pradine, datée du 27 septembre 1779, publiée en partie par Paul Bartel, le Figaro Littéraire du 1er mai 1954. Dorothy Carrington date cette lettre du 17 août.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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