Liste des rois de Rome

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Article principal : Monarchie romaine.
Politique sous la Rome antique
Image illustrative de l'article Liste des rois de Rome

La Monarchie romaine est fondée selon la légende par Romulus et Rémus en 753 av. J.-C. et est abolie à la chute de Tarquin le Superbe, qui correspond à l'année de l'avènement de la République, en 509 av. J.-C.. L'histoire traditionnelle romaine s'est fixé au IIIe siècle av. J.-C. sur une série de sept rois, excluant d'autres souverains au règne éphémère.

Liste traditionnelle des rois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monarchie romaine.

L'historien romain Quintus Fabius Pictor, vers 260 av. J.-C. a établi une liste de sept souverains pour 243 années de règne, donc avec une moyenne de 35 ans par règne. Cette liste a été reprise par tous les historiens des siècles suivants et constitue la liste traditionnelle des rois de Rome. De l'avis des historiens modernes, les noms comme les dates des règnes des quatre premiers rois, alternativement latins et sabins, sont plus légendaires qu'historiques, tandis que les trois derniers rois, d'origine étrusque, ont une existence qui paraît plus certaine[1].

Rois de Rome, selon Fabius Pictor
Nom Dates de règne Origine
1e Romulus -753 à -716 Latin
2e Numa Pompilius -715 à -671 Sabin
3e Tullus Hostilius -671 à -640 Latin
4e Ancus Marcius -640 à -616 Sabin
5e Tarquin l'Ancien -616 à -578 Étrusque
6e Servius Tullius -578 à -534 Étrusque
7e Tarquin le Superbe -534 à -509 Étrusque

Titus Tatius est un roi légendaire de Cures (it) (ou Quirinum (it) ), chez les Sabins et roi de Rome dont il partage durant quelque temps le trône avec Romulus, après l'enlèvement des Sabines. Il n'est jamais décompté dans la liste des rois.

L'étrusque Porsenna qui aurait dominé Rome vers -508/-507 ne fait pas partie de la liste établie par Fabius Pictor.

Ces dates sont plus indicatives que précises, y compris pour les rois de la période étrusque[2]. Les durées de règnes différent d'un auteur antique à l'autre, ainsi le résumé historique du livre II du De Republica de Cicéron part de 750 au lieu de 753 donne 37 et 39 ans pour les règnes de Romulus et Numa[3].

Remarques[modifier | modifier le code]

Contrairement aux quatre premiers rois de Rome, considérés comme légendaires, l'existence de règnes étrusques sur Rome au VIIe et VIe siècles av. J.-C. est considérée comme un fait historique. Toutefois, si l'existence de rois étrusques à Rome ne font guère de doute, la liste traditionnelle limitée aux deux Tarquins et à Servius Tullius est mise en doute par les historiens, comme Jacques Heurgon[4] ou Alain Hus[5], qui considèrent que la différenciation faite par les annalistes entre Tarquin l'Ancien et Tarquin le Superbe est artificielle et que les rois Tarquins furent plus nombreux. De surcroit, Servius Tullius dont le règne s'insère dans le cours de cette dynastie aurait été précédé durant un bref laps de temps par Aulus Vibenna[6].

Porsenna est un dirigeant étrusque, roi de Clusium, qui prend momentanément le contrôle de Rome à la fin du VIe siècle av. J.-C. Il n'est généralement pas considéré comme un roi romain, et n'est donc pas considéré comme étant le huitième roi de Rome. Néanmoins, son existence n'est pas considéré comme légendaire. Ainsi J. Heurgon[7] propose le scénario suivant : Porsenna, roi de Clusium, organisa une invasion du Latium comme l’avaient précédemment fait Tarquinia et Vulci, chassa les Tarquins et occupa Rome, d’où il attaqua ensuite Aricie, s’opposant à une coalition des Latins et de Cumes, qui le mit en échec. Heurgon relève que les Fastes consulaires des premières années de la République recensent plusieurs noms d’origine étrusque comme magistrats : Larcius en 506, 498, 490, Herminius en 506, Aquilius Tuscus en 487, indices d’une présence étrusque perdurant à Rome au-delà de 509. Le départ des Tarquins ne signifierait donc pas la fin de l'influence étrusque. En revanche, Mireille Cébeillac-Gervasoni considère que l'influence de Porsenna sur Rome fut éphémère et qu'on ne peut parler d'un « règne de Porsenna »[8].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piel et Minéo 2011, p. 56
  2. Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 22
  3. Besnier 1994, p. 206, note 68-2
  4. Heurgon 1993, p. 240-241
  5. Hus 1980, p. 252
  6. Hus 1980, p. 253
  7. Jacques Heurgon, Rome et la Méditerranée occidentale jusqu’aux guerres puniques, Paris, 1969, p. 205
  8. Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 41

Bibliographie[modifier | modifier le code]