Porsenna

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Porsenna
Titre
Hypothétique roi de Rome
? 508507 av. J.-C. ?
Prédécesseur Tarquin le Superbe
ou République romaine
Successeur République romaine
Biographie
Dynastie Étrusque
Conjoint Tarquinia
Enfant(s) Arruns

Porsenna
Liste des rois de Rome
Série Rome antique

Porsenna (en latin aussi écrit Porsinna ou Porsena) est un dirigeant étrusque qui prit momentanément le contrôle de Rome à la fin du VIe siècle av. J.-C. Il n'est généralement pas considéré comme un roi romain. La tradition littéraire trouve dans cet épisode l'occasion de faire apparaître plusieurs figures mythiques de l'histoire de Rome.

Le récit traditionnel[modifier | modifier le code]

Les Tarquins[modifier | modifier le code]

Selon la tradition annalistique romaine, après avoir été ignominieusement chassés de Rome, les Tarquins se réfugient auprès du Lars[1] Porsenna, roi de Clusium (auj. Chiusi) en Étrurie. Convaincus par leurs supplications et l'intérêt stratégique bien compris des Étrusques, après avoir envoyé à Rome des ambassadeurs pour les sommer de recevoir leur roi, Porsenna décide de marcher sur Rome à peine libérée de la tutelle des rois (508 av. J.-C.)[2],[3].

La marche contre Rome[modifier | modifier le code]

Première bataille entre Porsenna et les Romains de la prise du camp romain du Janicule jusqu'à l'exploit d'Horatius Coclès et la destruction du Pont Sublicius[4].

La réputation et la puissance de Porsenna causent l'effroi de la Ville qui réussit cependant à surmonter ses querelles internes. Lors du premier assaut, Porsenna s'empare du Janicule. Le consul Valerius Publicola installe une colonie avec 700 hommes face au roi étrusque, mais ce dernier avance si vivement qu'il défait cette colonie et les pousse à la fuite. Valerius Publicola doit les secourir et engage la bataille aux portes de Rome sur les bords du Tibre, en sous-nombre. Les deux consuls sont blessés, et les Romains regagnent la ville[3].

Horatius Coclès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Horatius Coclès.

Horatius Coclès reste seul (avec les consulaires de 505 av. J.-C. Spurius Larcius Flavius et Titus Herminius Aquilinus) à défendre le passage vers la Ville pendant que, derrière lui, on s'affaire à détruire le pont Sublicius sur le Tibre. Ils soutiennent un premier assaut, puis Horatius renvoie ses compagnons d'armes et résiste jusqu'à ce que le pont s'effondre dans le fleuve. Alors il plonge dans le Tibre et parvient miraculeusement sain et sauf sur l'autre rive où il devient un héros[5],[6].

Le blocus de Rome[modifier | modifier le code]

Il assiège Rome après cet échec, pillant les environs. Publius Valerius Publicola, de nouveau consul en 507, pour mettre fin au pillage, prépare une embuscade. Il ordonne au peuple de Rome de pousser leurs troupeaux hors de la ville, attirant ainsi l'ennemi, et il vainc une partie des troupes adverses, avec l'aide de son ancien et nouveau collèges, Titus Lucretius Tricipitinus et Titus Herminius Aquilinus (consul en 507 av. J.-C.), mettant ainsi fin aux pillages incessants des étrusques[7],[8].

Caius Mucius Scaevola[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Caius Mucius Scaevola.

Après cet échec, Porsenna renonce à l'assaut et établit le siège de la Ville. Malgré quelques embuscades qui le rendent prudent, Porsenna maintient le blocus. Poussé à bout par les difficiles conditions du siège, le jeune Caius Mucius Scaevola tente alors une démarche solitaire. Il s'introduit subrepticement dans le camp étrusque et tente d'assassiner Porsenna. Malheureusement, son ignorance l'amène à se tromper, il confond le roi avec son secrétaire et poignarde ce dernier. Soumis à un interrogatoire, il tend de lui-même sa main droite au-dessus d'une flamme pour démontrer le courage et la détermination de la jeunesse romaine. Impressionné, Porsenna le laisse repartir. Mucius lui raconte alors qu'ils sont trois cents jeunes patriciens comme lui, prêts à l'assassiner. Caius Mucius conservera le surnom de Scaevola (le gaucher)[9],[10].

Clélie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clélie.

Rome obtient alors la levée du siège et le repli de Porsenna qui renonce à restaurer la royauté des Tarquins devant la détermination des Romains. Le prix de son départ est la restitution de territoire à la cité étrusque de Véies et la livraison d'un certain nombre d'otages. Parmi eux, une jeune fille, Clélie, parvient à tromper la surveillance de ses gardiens et à s'échapper à la nage avec les autres jeunes filles à travers le Tibre. Porsenna, piqué au vif, mais admiratif, exige qu'on lui remette Clélie, afin de la libérer lui-même. Ce qui fut fait. Pour célébrer le courage de la jeune fille, les Romains lui élèvent une statue équestre sur la Voie sacrée[11],[12].

Après une ultime tentative en faveur des Tarquins, Porsenna renonce à Rome. Pour sauver les apparences, il décide d'attaquer la cité d'Aricie. Mais à la suite d'une ruse de guerre, son armée est (partiellement) détruite ; certains soldats étrusques trouveront un asile à Rome. Sans espoir, Tarquin le Superbe s'exile à Tusculum.

« Ainsi s'établit une paix durable entre les Romains et Porsenna[13]. »

La réflexion historique[modifier | modifier le code]

En raison du caractère légendaire du récit et du manque de documents, et surtout des déformations introduites par les annalistes romains comme Fabius Pictor, les questions que posent l'épisode de Porsenna sont nombreuses :

  • Porsenna est-il postérieur à la chute des Tarquins ?
  • L'agression étrusque vise-t-elle spécifiquement la Ville ou est-ce une tentative de (re)mettre au pas toute la ligue latine, ou encore s'agit-il d'un soulèvement des cités latines contre Rome ?
  • Quel fut le succès réel de l'expédition de Porsenna. A-t-il dominé la Ville ? Rome a-t-elle capitulé — c'est par exemple ce que soutient l'historien Tacite et c'est la position sur laquelle se rangent actuellement les historiens.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot d'origine étrusque lar ou lars signifie « chef militaire » (source : Dictionnaire Gaffiot, article « lars », p. 899, Paris, 2000).
  2. Tite-Live, Histoire romaine, II, 9
  3. a et b Plutarque, Vies parallèles, Publicola, 16
  4. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 22-24 / (en)
  5. Tite-Live, Histoire romaine, II, 10
  6. Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 11-Horatius Coclès
  7. Tite-Live, Histoire romaine, II, 11
  8. Plutarque, Vies parallèles, Publicola, 18
  9. Tite-Live, Histoire romaine, II, 12
  10. Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 12-Mucius Scaevola
  11. Tite-Live, Histoire romaine, II, 13
  12. Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 13-Clélie
  13. Tite-Live, Histoire romaine, II, 15

Articles connexes[modifier | modifier le code]