Légion arabe

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La Légion arabe était une armée arabe organisée au sein de l'émirat arabe de Transjordanie. Elle dépendait au départ de l'armée britannique, puis a été progressivement transférée sous le contrôle de l'émirat de Transjordanie.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

À sa création en octobre 1920, elle porte le nom de « Force Frontalière de Transjordanie » (Transjordan Frontier Force), elle compte 150 soldats (à 80 % tchétchènes, ou plus largement circassiens) sous les ordres de cinq officiers britanniques et est basée à Zarka. En 1921, le nombre de ses effectifs passe 1 000 hommes.

En 1926, à l'époque du consul britannique Lord Plumer, suite à la réorganisation des forces de sécurité, le « Corps d'armée de Transjordanie » voit le jour et devient une force intégrée à l'Armée impériale britannique.

Elle est commandée de 1927 à 1939 par le lieutenant-colonel Frederick Gerard Peake (1886-1970, CMG, CBE), dit aussi Peake Pacha, ancien officier méhariste de l’Egyptian Camel Corps, qui, durant la Première Guerre mondiale servit dans les rangs de l'armée du Shérif Hussein, entraînée par Lawrence d'Arabie contre les Turcs.

En 1939, c'est John Bagot Glubb, encore appelé « Glubb pacha » ou « Abu-Hanik », qui devient officier commandant de l’unité.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le cadre de la Légion arabe s'élargit et atteint une effectif de 1 600 hommes. Cette dernière intègre dans ses rangs des volontaires de pays arabes limitrophes, elle remplit certains rôles au sein de l'armée, garde l'entrée de bases militaires et de dépôts d'armes du Proche-Orient. Lors de la guerre anglo-irakienne en mai 1941, des unités de la Légion arabe participent, aux côtés des forces britanniques, au renversement du régime de Rashid Ali Al Kaylani. Seuls 250 des 350 hommes que compte l’effectif participent aux combats au sein de la colonne volante Kingcol du général James J. Kingstone (1892-1966, CBE, DSO, MC), les autres étant restés en garnison à la station de pompage H4 de l'oléoduc irakien et au fort de Rutbah.
Ils participent aussi à la campagne de Syrie et à l'invasion du la territoire syrien, alors sous contrôle du régime de Vichy.
À cette époque, le Régiment mécanisé de la Légion arabe est alors équipée de camions américains Ford 8 cwt, appelés scout cars, armés de mitrailleuses Lewis et Vickers calibre 7,7 mm.
Le régiment mécanisé stationne en Irak jusqu’à la fin de la guerre.

Les guerres israélo-arabes[modifier | modifier le code]

Avec le début de la guerre israélo-arabe de 1948, la Légion arabe compte plus de 6 000 soldats, et en 1949 le chiffre atteint le nombre de 12 000. Elle est à cette date sous le contrôle officiel du gouvernement transjordanien, nouvellement indépendant, mais ses officiers sont encore partiellement britanniques, mais ils ne sont pas autorisés par le roi George VI à participer à cette campagne. Seul Glubb Pacha désobéit.

Les forces de la Légion arabe remplissent un rôle majeur lors des combats menés contre Israël dans la zone de Jérusalem, entre mai et juillet 1948.

Certaines unités de la Légion arabe, postées dans les régions juives, participèrent plus ou moins activement aux actions violentes menées contre les Juifs. C'est une force de la Légion arabe qui, le 13 mai 1948, à la veille de l'entrée des armées arabes, conquiert Kfar-Etzion où des prisonniers seront massacrés.

Entre le 15 mai 1948 (lendemain de la Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël) et la fin 1948, la légion soutenue par des troupes irakiennes prend le contrôle de l'actuelle Cisjordanie, dans le cadre du projet du roi Abdallah d'éviter la naissance d'un État palestinien (prévu par le plan de partage de la Palestine de 1947), au profit d'un agrandissement de la Transjordanie (laquelle se rebaptisera de ce fait Jordanie en 1950).

Les forces de la Légion arabe obtiennent la reddition du Quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, combattent à Latrun et à Lydda et Ramleh.

Avec la fin de la guerre de 1948, la Légion arabe reste la force militaire du royaume jordanien, et comptera jusqu'à 25 000 hommes.

En mars 1956, les officiers arabes remplacent les derniers Britanniques, dans le cadre de la politique d'arabisation de l'armée menée par Hussein de Jordanie, lequel refoule des dizaines d'officiers ainsi que leurs familles. La Légion arabe devient dès lors l'Armée royale de Jordanie.

La légion de nos jours[modifier | modifier le code]

Cette formation militaire existe encore et recrute toujours exclusivement chez les bédouins du désert. Elle assure des fonctions de police et constitue la garde du souverain hachémite du royaume de Jordanie, actuellement le roi Abdallah II. Ses membres portent le keffieh à damier rouge et blanc des bédouins du Hedjaz.