Kostan Zarian

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Kostan Zarian

Activités Poète, romancier
Naissance 2 février 1885
Chamakhi (Empire russe)
Décès 11 décembre 1969 (à 84 ans)
Erevan (URSS)
Langue d'écriture Arménien
Genres Poésie, roman

Œuvres principales

Kostan Zarian (en arménien Կոստան Զարյան) est un écrivain et un poète arménien, né à Chamakhi (Azerbaïdjan actuel) le 2 février 1885 et mort le 11 décembre 1969 à Erevan (Arménie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un général de l'armée du tsar, il passe son enfance à Bakou où il accomplit ses premières études dans un gymnase russe, et où il accompagne son frère aîné. Après des études à Paris, puis à Bruxelles, où il suit des cours à l'université en philosophie et littérature et obtient le titre de docteur ès lettres, il publie ses premiers poèmes dans des revues parisiennes et il côtoie Archag Tchobanian avec lequel il polémique. Puis, il part à Venise, chez les pères mékhitaristes où il étudie sa langue maternelle. Ce proche de Marinetti et des futuristes italiens compose des poèmes en langue italienne, et inspirera même une symphonie au musicien Ottorino Respighi[1].

Il séjourne dans l'Empire ottoman à Constantinople en 1912 quelque temps avant le génocide et lance la revue Méhian en 1914 avant de se réfugier en Bulgarie, il est citoyen russe. Il reviendra à Istanbul pour lancer la revue Partsravank. Il va ensuite au Proche-Orient où il enseigne pendant deux années l'histoire de l'art à l'Université américaine de Beyrouth, ainsi qu'aux États-Unis à l'Université Columbia.

En 1960, il s'installe à Erevan et acquiert la citoyenneté soviétique. Il continue de voyager dans le monde. Enseignant, ses cours portent sur « l'histoire de la littérature européenne ». Il meurt à Erevan.

Parmi ses œuvres : La Couronne des jours (Oréri bsague, Constantinople, 1922), La Fille de Tatrakom (Dadrakomi harse, Boston, 1930), Monde et Dieux, L'île et un homme, des poèmes ainsi que des notes de voyage.

Il cherche à « sonder les profondeurs de l'âme arménienne »[2]. Politiquement, il est proche des Dachnaks. Il est surtout connu pour le roman Le Bateau sur la montagne (Nave léran vra), publié en 1943 à Boston. Son style recèle une grande puissance évocatoire. Il y brosse un portrait de l'Arménie ressuscitée après la victoire de Sardarapat autour de l'année 1918[3]. Avec ce chef-d'œuvre, Kostan Zarian est entré dans le patrimoine mondial des œuvres universelles.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poème[modifier | modifier le code]

« IL TE FAUT

Il te faut t'élever si haut
Que tu ne sois plus visible à toi-même
ni aux autres. L'arbre devant la maison
Est couvert de feuilles
Et moi je suis troublé
Enfoui dans le bruit
Prisonnier de la vision. (...) »

— Poésie arménienne, trad. Charles Dobzynski, p. 238[4].

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

Selon le critique Krikor Beledian, Zarian est « une présence encombrante » pour les jeunes écrivains d'aujourd'hui. Il écrit : « L'œuvre de Zarian et, peut-être encore plus, le panache de sa personnalité fascinent certes mais, en même temps, soulèvent chez la plupart des jeunes une réaction de rejet qu'il est vain de vouloir expliquer par la jalousie ou la situation matérielle enviable de Zarian (ce dernier va contracter un mariage avec une riche Américaine). Il nous semble que les jeunes écrivains n'ont pas la culture brillante de Zarian qui dans ses carnets de voyages, survole les époques et les œuvres passant de Dante à Spengler, de Vinci à Nietzsche à Ulysse de Joyce. (...) Malgré sa renommée, Zarian reste un personnage dont l'œuvre suscite plus d'interrogation que d'admiration, chez les jeunes[5]. »

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Le Bateau sur la montagne, traduit de l'arménien oriental par Pierre Ter-Sarkissian, coll. « Cadre Vert », éd. du Seuil, 1er février 1986 (ISBN 978-2020090810), 441 pages, republié aux éd. Thaddée, Paris, 2012 (ISBN 9782919131075).
  • Dans Fragments d'Arménie, éd. Presses de la Cité : un texte de Zarian. Paris, 2007 (ISBN 9782258073883).
  • L'île et un homme, traduit par Pierre Ter-Sarkissian, éd. Parenthèses, Marseille, 1997 (ISBN 9782863640883).

Traduction en italien[modifier | modifier le code]

  • Tre Canti per dire i dolori della terra e i dolori dei cieli, L'Eroica, La Spezia, 1916.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vahé Godel, La poésie arménienne du Ve siècle à nos jours, éd. La Différence, Paris, 1990 (ISBN 9782729105280), p. 143.
  2. Krikor Beledian, Cinquante ans de littérature arménienne en France, éd. CNRS, Paris, septembre 2001, p. 203.
  3. Dans son livre Histoire du peuple arménien, le professeur d'histoire médiévale Gérard Dédéyan écrit : « ... une œuvre magnifique par son thème, sa modernité et son souffle épique, et qui peut être comparée au Docteur Jivago de Boris Pasternak, Kostan Zarian a bouleversé la chronologie en plaçant Sardarabad en conclusion de son roman, afin d'en donner une description inoubliable ».
  4. La poésie arménienne, anthologie des origines à nos jours, sous la direction de Rouben Mélik, éd. Les éditeurs français réunis, 1973.
  5. Op. cit., p. 277.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]