Horatius Coclès

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Horatius Coclès, par Hendrik Goltzius.

Publius Horatius Coclès (« Horace le Borgne », parfois aussi « Horace Coclite ») est un héros légendaire romain (507 av. J.-C.). Mis à part l'exploit rapporté par les historiens antiques, on ignore tout de la vie du personnage.

Biographie selon la légende[modifier | modifier le code]

Cocles signifie en latin « le borgne ». Selon la légende, la lance d'un Étrusque lui aurait fait perdre l'œil gauche. D'après Denys d'Halicarnasse, il est le neveu du consul Marcus Horatius Pulvillus[1]. Il apparaît dans la tradition romaine lors de la guerre qui opposa le roi Lars Porsenna, un étrusque ami de Tarquin le Superbe qui va l'aider à remonter sur le trône de Rome, à la République naissante.

Horatius défendant le pont Sublicius, peinture à l'huile de Charles Le Brun, c.1642/43 - Dulwich Picture Gallery, près de Londres

En 507 av. J.-C., les Étrusques du roi Porsenna prennent d'assaut le Janicule et menacent directement Rome. Le consul Valerius Publicola sort avec l'armée au secours des 700 colons du Janicule, et doit faire face à l'armée étrusque plus nombreuse[2]. Suite aux blessures des deux consuls, les Romains prennent la fuite et se réfugient dans la Ville, et l'ennemi manque de faire de même, si trois hommes n'étaient pas restés en arrière pour défendre le seul accès à Rome : le Pont Sublicius, construit en bois pour être détruit en cas d'attaque. Ils barricadent le passage. Parmi ces trois hommes, Horatius Coclès, ainsi que les deux futurs consuls Spurius Larcius Flavius et Titus Herminius Aquilinus, qui se retirent bientôt[1],[3],[4],[5].

Ensuite, Horatius Coclès est seul, contre l'armée ennemie, à défendre le Pont Sublicius donnant accès à la ville de Rome, en attendant que ses concitoyens s'affairent à saboter le pont. Il résiste longtemps et lorsqu'il se voit sur le point d'être submergé par les ennemis, il s’écrie : « Père Tibre, je te supplie respectueusement de recevoir ces armes et ce soldat dans un flot bienveillant ». Puis, il demande qu'on coupe le pont derrière lui et, ainsi tout armé, il plonge dans le Tibre. Malgré la grêle de traits qui s'abat sur lui, il rejoint les siens à la nage, sans dommages, après avoir accompli un exploit qui devait demeurer pour la postérité plus fameux que digne de foi[3],[4],[5],[6].

L'État récompense un tel acte de bravoure : il a sa statue au Comitium ; on lui donne tout le terrain dont il peut faire le tour en 24 heures avec une charrue. Les particuliers lui manifestent leur reconnaissance et s'associent aux honneurs officiels : malgré la disette, chacun se prive un peu et tire de ses provisions de quoi lui apporter quelque chose, argent, victuailles[3],[4],[5],[7]...

D'après Denys d'Halicarnasse, une des blessures reçues lors de la défense du pont Sublicius le rend boiteux, et c'est la raison pour laquelle, malgré sa très grande bravoure, il n'a jamais occupé une quelconque charge militaire, et encore moins le consulat[7].

Selon la légende romaine, l'acte d'héroïsme d'Horatius Coclès, suivi de ceux de Caius Mucius Scaevola et de Clélie, impressionnent si vivement Porsenna que, renonçant à son projet d'envahir Rome, le roi étrusque propose la paix[8],[9],[10],[11],[12].

Son exploit est passé à la postérité, et est repris au XVIIIe siècle dans le manuel scolaire de latin De viris illustribus de l'abbé Lhomond.

L'« Horatius Coclès » français[modifier | modifier le code]

Le 21 mars 1797, le général Alexandre Dumas s'illustre au pont de Clausen sur la route de Blixten dans la campagne du Tyrol menée par Napoléon. Il est cité à l'ordre du jour par le général Joubert qui demande au directoire un sabre d'honneur. C'est Napoléon qui l'aurait désigné comme l'Horatius Coclès du Tyrol[13].

« Le général Dumas s'étant mis à la tête de la cavalerie (le 5e régiment de dragons), traversa le pont, chargea quelques escadrons ennemis, tua de sa main le commandant ...., accula l'infanterie dans les vignes, et continuant de poursuivre la cavalerie à bride abattue, avec une centaine d'hommes seulement, il nous chargea de ramasser tout ce qu'il laissait d'Autrichiens derrière lui. Nous prîmes 1900 hommes »[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 23 / (en)
  2. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 22 / (en)
  3. a, b et c Tite-Live, Histoire romaine, II, 10
  4. a, b et c Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 11-Horatius Coclès
  5. a, b et c Plutarque, Vies parallèles, Publicola, 16
  6. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 24 / (en)
  7. a et b Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 25 / (en)
  8. Tite-Live, Histoire romaine, II, 11-14
  9. Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 12-Mucius Scaevola
  10. Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, 13-Clélie
  11. Plutarque, Vies parallèles, Publicola, 17-19
  12. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, V, 26-35 / (en)
  13. Bernard Gainot dans Les officiers de couleur dans les armées de la République et de l'Empire (1792-1815) : De l'esclavage à la condition militaire dans les Antilles françaises, éditeur : Karthala (1er octobre 2007), p.145
  14. Ordre du jour du général Joubert le 21 mars 1797, cité par Bernard Gainot (Petit Journal Illustré)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]