Poussière

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Poussière accumulée sur un dissipateur de processeur d'ordinateur portable
Poussière ramassée
Apports de poussière latéritique (Queensland (Australie), 2009)

La poussière est constituée de fibres et débris fins, assez légers pour être mis en suspension dans l'air, ou plus généralement, de matériaux particulaires d'un diamètre inférieur à 500 micromètres. Elle peut poser des problèmes graves pour la santé des humains, des animaux et des plantes, mais aussi pour le fonctionnement des machines.

Les poussières sont éliminées de l'air intérieur par des aspirateurs, divers systèmes de filtres ou le procédé du Cyclone (séparation)

Typologie[modifier | modifier le code]

Sa qualité évolue avec les époques. Les poussières fossiles étudiées dans les échantillons anciens de poumons des morts du smog londonien montrent une poussière essentiellement issue de la combustion du charbon, alors qu'on y trouve aujourd'hui un nombre bien plus diversifié de polluants, et jusqu'à des particules de métaux du groupe du platine perdus par les pots catalytiques dont l'objet est d'épurer l'air.

La poussière est présente dans l'espace, et est déjà étudiée sur quelques planètes ou leurs satellites (dont la Lune). Sur Terre, elle est naturellement présente dans l'atmosphère, en proportions très variées selon la saison et le contexte biogéographique.

Dans l'environnement extérieur[modifier | modifier le code]

Elle provient de sources variées, naturelles et anthropiques, dont l'érosion du sol, les éruptions volcaniques, les tempêtes de sable ou de poussières, voire des embruns marins après les tempêtes. C'est un des composants de la pollution urbaine ou issue des cheminées et des pots d'échappement. Elle peut aussi avoir pour origine les incendies de forêts et les tempêtes qui balayent les sols arides ou vulnérables fragilisés par les labours, les abus de pesticides et d'engrais chimiques ou la surexploitation du sol.

Dans l'environnement intérieur[modifier | modifier le code]

La poussière est présente en grande quantité dans les habitations, bureaux, usines, véhicules... Elle est composée généralement de fibres textiles, de poils, particules de peau et autres phanères provenant des humains ou des animaux familiers, d'insectes morts et spores de moisissures, ainsi que de déchets alimentaires, mais sa composition varie selon les pays et l'environnement[1].

La poussière est mise en suspension et transportée par les flux d'air : courants d'air, turbulences induites par le mouvement d'objets, animaux ou personnes, ou l’exposition d'un objet empoussiéré au Soleil.

Elle est la cause de nombreuses allergies et difficultés respiratoires et peut être réduite et traitée. Elle tend, par des phénomènes liés au poids moléculaire de ses constituants, leur caractère plus ou moins hydrophile, à l’électricité statique et en fonction de l’hygrométrie, à se déposer sur les objets (meubles, objets de décorations…) ou à s’agglomérer en chatons de poussière sous et derrière les meubles. La teneur de l’air en poussière augmente avec la sécheresse de l’air.

Poussière et santé[modifier | modifier le code]

Effets négatifs[modifier | modifier le code]

Travailleurs en milieu urbain (poussière de béton découpé).
Un des moyens de protéger les travailleurs est de fixer la poussière par arrosage, ici par un camion réservoir
Arrosage d'un stock de charbon sur un quai d'embarquement (en mai 1973 sur le terminal portuaire de Dundalk aux Etats-Unis

Plusieurs problèmes majeurs sont induits par la poussière.

Autour de sites industriels ou urbains, ou à proximité de couloirs de transports, ou dans des bâtiments construits avec des matériaux toxiques (plomb, amiante…) la poussière contient souvent une proportion significative de toxines qui sont inhalés, notamment par les enfants qui sont plus actifs et inspirent proportionnellement plus d'air qu'un adulte (par rapport à leur masse corporelle). Dans ces mêmes zones, l'air est souvent acide, plus riche en ozone et en autres gaz polluants agressifs pour les poumons, ce qui favorise des phénomènes de synergie.

Même quand les poussières ne sont pas toxiques, leur inhalation chronique induit des cancers (cancer du meunier, du boulanger qui ont inhalé beaucoup de farine par exemple, ou du menuisier exposé aux sciures fines et poussières de bois[2],[3], lors du ponçage notamment).
Une des causes de la silicose est l'inhalation de poussière de charbon ou de schiste, aggravée par l'inhalation de polluants, dont le radon, un peu de mercure, ou de radionucléides dans certaines mines (d'uranium par exemple).

La poussière contient des spores de champignons, de mousses, de fougères et des pollens éventuellement naturellement allergènes et/ou dans le cas de nombreux pollens, qui le deviennent en se dégradant dans les milieux urbains où ils ne sont plus emportés par les abeilles, ni piégés et dégradés dans les sols végétalisés qui y sont rares. Les pollens sont en ville exposés à des polluants et à des phénomènes d'abrasion qui dégradent leur cuticule externe et en mettant à jour des molécules allergènes n'entrant normalement pas en contact avec les muqueuses (œil, cavité nasale, bouche, poumon, etc.)

Les poussières sont le support de nombreux microbes et autres agents pathogènes qui ne peuvent vivre longtemps en suspension dans l'air, mais subsistent dans la poussière.

La poussière déposée par les semelles de chaussures amène dans les maisons des restes d'excréments de chiens, chats, oiseaux, rats, etc. Des particules toxiques, radioactives contaminantes peuvent être apportées au domicile avec les vêtements de travail par ceux dont le métier les expose à un environnement pollué.

Les poussières d'origine organique (issues par exemple de la dégradation de plumes ou de la desquamation de notre peau) contiennent des acariens dont les excréments peuvent être très allergènes pour les personnes sensibles.

C'est pourquoi l'hygiène veut qu'on opère dans des salles blanches, qu'on traque les poussières dans les hôpitaux et les lieux de soins, tout particulièrement autour des allergiques (asthmatiques en particulier). Les masques à poussières de type FFP1, FFP2, ou FFP3 (les plus efficaces) peuvent protéger les travailleurs et les bricoleurs. Des filtres peuvent débarrasser l'air des poussières les plus grossières ou de poussières plus fines (filtration par voie humide, ou électrostatiques, ou par passage au travers d'une masse fibreuse dense).

  • L'architecture HQE vise notamment à réduire les facteurs d'empoussièrement de l'air.
  • Dans les zones circumpolaires où les étés peuvent être secs, le salage est parfois utilisé en été pour stabiliser la poussière sur les routes, grâce au caractère hygroscopique du sel, mais ce sel finit par s'accumuler et pose des problèmes de toxicité pour la flore et certains animaux (poissons et certains amphibiens notamment).

Autres effets possibles[modifier | modifier le code]

Les taux d'empoussièrement sont naturellement très bas dans les milieux végétalisés grâce à la rosée, aux mousses et lichens qui piègent efficacement de grandes quantités de poussières. Ce sont la neige, la pluie, le brouillard et les bruines qui lessivent l'air des poussières qu'il contient. Celles-ci peuvent d'ailleurs contribuer à nucléer les gouttes d'eau et à faire pleuvoir (particules soufrées, ou certaines bactéries du genre Pseudomonas notamment).

Selon certains chercheurs de l'Université de Bristol et de l'University College de Londres en Angleterre, l'exposition à une certaine espèce de bactéries présentes dans la poussière agirait sur notre santé mentale. Ces bactéries (Mycobacterium vaccae) ont un effet semblable aux antidépresseurs en stimulant dans le cerveau la production de sérotonine, le neurotransmetteur qui fait qu'en cas de manque on plonge en dépression. Ces études menées sur des rongeurs, permettent de mieux comprendre le rôle de certaines poussières sur le système immunitaire des êtres vivants[4],[5]

De nombreux animaux prennent des bains de poussière pour se nettoyer ou se débarrasser des parasites.

Mesure de l'empoussièrement[modifier | modifier le code]

  • L'appareil qui sert à mesurer l'empoussièrement des sols s'appelle le bassoumètre. Les réseaux d'alerte et de mesure de la qualité de l'air utilisent aussi depuis quelques décennies en extérieur des jauges Owen qui recueillent passivement les dépôts de poussière, dont on peut ensuite analyser des échantillons, sachant qu'une fraction biodégradable pourra avoir disparu, et que des bactéries pourront s'y être multipliées si les délais d'analyse sont importants.
  • Le laser (Lidar) peut être utilisé pour mesurer la teneur de l'air en particules, à distance.
  • Un simple filtre en amont d'une pompe dont le débit d'air est connu permet des mesures quantitatives simples.

Une personne souffrant de la phobie de la poussière est dite amatophobe ou koniphobe.

Étude de la poussière[modifier | modifier le code]

L'étude de la poussière peut se faire de façon pluridisciplinaire :

Art[modifier | modifier le code]

En art, des artistes comme Man Ray et Marcel Duchamp ont pratiqué l'accumulation de poussière. Marcel Duchamp laissa ainsi s'accumuler sur son œuvre le grand verre une couche de poussière suffisamment épaisse pour qu'il puisse peindre, à l'aide d'un pinceau, par élimination de couches successives. Aujourd'hui, la photographie Élevage de poussière de Man Ray, donne un aperçu de cette expérience.

Biologie[modifier | modifier le code]

Des microbes et les acariens sont présents et parfois abondants dans les poussières, et les allergies qu'ils engendrent sont de plus en plus fréquentes.

Chimie[modifier | modifier le code]

Les poussières sont des particules organiques (suies, pollens, poils) ou minérales (roches érodées par le vent) qui peuvent être analysées.

Surfusion de l'eau[modifier | modifier le code]

Dans les conditions courantes, l'eau gèle à zéro degré Celsius. Ce phénomène est lié à la présence de poussière.

En conditions « stériles » (sans poussière), l'eau ne gèle pas, même jusqu'à -20 °C et peut rester en équilibre métastable jusqu'à ce qu'on y introduise une impureté ou un cristal de glace : c'est la surfusion.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Symboliquement, le mot poussière désigne parfois le déchet, ou une quantité négligeable, avec une éventuelle connotation négative. Ce que rappelle aux catholiques la formule rituelle du mercredi des cendres « Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'élimination de la poussière dans votre maison par la Société canadienne de l’asthme
  2. Poussières de bois. Prévenir les risques Guide (10 pages) de bonnes pratiques de l'INRS, sur les risques lié aux poussières de bois : ED 974 ; 2006
  3. Poussières de bois, et Guide de bonnes pratiques dans le secteur des scieries (32 pages)
  4. La poussière, nid de bonne humeur, Libération
  5. L’éloge de la poussière

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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