Canson

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CANSON

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Création 1557
Fondateurs Famille de Montgolfier
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Papiers d'Inspiration depuis 1557
Siège social Drapeau de France Annonay (France)
Activité Fabrication de papiers pour le dessin
Produits Beaux-Arts, scolaire, technique et numérique
Société mère Groupe Hamelin
Effectif 450 personnes
Site web Site officiel

Canson est une entreprise de papeterie française.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

L'entreprise Canson est issue d'une tradition familiale de plusieurs siècles. Jean Montgolfier, fait prisonnier lors des croisades à Damas, aurait, au XIIe siècle, appris à fabriquer du papier. Après son évasion, il aurait rapporté le secret en Europe, se serait installé dans la production de papier, afin de remplacer le parchemin[1].

Annonay, un creuset pour l'industrie papetière et pour la première montgolfière[modifier | modifier le code]

En 1557, une papeterie s'installe à Vidalon-lès-Annonay, sur le bord de la Deûme, rivière qui descend du Mont Pilat et dont l'eau claire permet de fabriquer des pâtes à papier bien blanches. En 1689, Antoine Chelles acquiert le moulin de Vidalon-lès-Annonay. Originaire du Beaujolais, il est ami avec Jean Montgolfier qui exploite le moulin de Réveillon à Beaujeu. Jean Montgolfier lui envoie ses deux fils dans le but de parfaire leur métier.

Michel et Raymond Montgolfier se marient rapidement avec des filles du maître des lieux, Françoise et Marguerite Chelles. L'histoire de Canson se confond avec celle de la famille Montgolfier, qui s'est illustrée par son activité dans le domaine de la papeterie mais aussi par la conception de la première montgolfière, en 1782, dont l'enveloppe était constituée de papier issu d'une de ses fabriques. Le logo de Canson représente encore aujourd'hui une montgolfière. Cette alliance signe l’enracinement des Montgolfier en Vivarais[1].

Pierre Montgolfier (1700-1793), fils de Raymond, est un industriel tourné vers l'avenir et la modernisation de la profession, et sous son action, les moulins de Vidalon connaissent un essor considérable. C'est lui, notamment, qui installe des piles à cylindres hollandais pour remplacer les antiques maillets[1].

Parmi les seize enfants de Pierre Montgolfier, se trouve Joseph Montgolfier à l'origine de nombreuses inventions comme le Bleu de Prusse qui donnera au papier la couleur tant recherchée[réf. nécessaire]. Il invente le bélier hydraulique, qui permet d'élever l'eau « à toutes les hauteurs et d'un seul jet » sans utiliser d'autre force motrice. Avec son frère Étienne Montgolfier, il invente la première montgolfière, dont l'enveloppe était constituée de papier issu d'une de leurs fabriques, et qui s'élève dans la cour de la manufacture de Vidalon le 14 décembre 1782 (Une stèle existe toujours à l'endroit de ce premier envol, près de la maison natale de Joseph et Étienne). Le logo de Canson représente encore aujourd'hui une montgolfière[2].

En 1783, Louis XVI anoblit Pierre Montgolfier et sa famille pour les nombreuses innovations et perfectionnements dont ils font bénéficier l'industrie papetière. L'année suivante, le 19 mars 1784, la papeterie des Montgolfier se voit décerner le titre de Manufacture Royale, titre qui assure le manufacturier contre toute concurrence déloyale ou usurpation de marque[2].

Barthélémy Barou de la Lombardière de Canson, l'héritier des Montgolfier[modifier | modifier le code]

En 1798, Étienne de Montgolfier décède. Son gendre, Barthélémy Barou de la Lombardière de Canson (1774-1859), lui succède par son mariage avec Alexandrine[3] et en 1801 l'entreprise devient « Montgolfier et Canson », puis « Canson-Montgolfier » en 1807[2]. Barthélémy de Canson développe les manufactures et met au point de nombreux procédés techniques : coloration en pâte, machine à papier en continu, caisse aspirante pour accélération de l'égouttage de la feuille en formation, le collage en pâte… Il invente aussi le papier calque (ou papier végétal à calquer à l'époque) en 1807, pour les 250 ans de la fabrique[4]. grâce à un procédé de très fort raffinage de la pâte à papier, pour faire disparaître les éléments qui rendent le papier opaque, ainsi qu'un calandrage supplémentaire[5]. Il fait installer la première machine Robert, vers 1820[6]. Une société anonyme voit le jour en 1881 sous la marque commerciale Anciennes Manufactures Canson & Montgolfier.

En 1853, les papeteries Canson inventent un papier photographique positif et négatif, pour lequel de nombreux brevets seront accordés en France et à l'étranger. Ce procédé simplifie les opérations de tirage tout en étant d'un coût inférieur et en permettant des noirs de qualité.

Canson, le papier des artistes[modifier | modifier le code]

Canson créa spécialement pour Jean-Auguste-Dominique Ingres, ami d'Adélaïde de Montgolfier, fille de d'Étienne de Canson, un papier à dessin vergé[7].

En 1910, Gustave Maillol met au point, pour son oncle Aristide, un papier adapté aux exigences de l'artiste. Il installe sa petite fabrique à Montval près de Marly-le-Roy. La guerre de 1914-1918 interrompt ses travaux. Lorsqu'il rentre chez lui en 1919, Gaspard Maillol s'aperçoit que son matériel a été dispersé. Il se tourne alors vers les papeteries Canson et Montgolfier pour lui fabriquer les « Papiers Montval », qui font toujours partie de la gamme de l'entreprise[8].

Beaucoup de grands artistes ont utilisé les papiers Canson : Edgar Degas, Joan Miró, Fernand Léger, Marc Chagall, Picasso[7]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1926, Canson se développe en créant une filiale à New York aux États-Unis, qui se situe aujourd'hui à South Hadley, Massachusetts.

En 1947, elle crée la pochette de feuilles à dessin Canson, afin que les professeurs de dessin ne ploient plus sous le poids des cahiers à corriger et qu'ils puissent exposer les dessins des enfants sur les murs.

En 1956, Blanchet et Kléber de Rives rejoignent les papeteries Johannot d'Annonay, d'Arches et du Marais pour former Arjomari (ARches, JOhannot, MArais, RIves). En 1976, la société Arjomari devient l’actionnaire majoritaire de Canson & Montgolfier. En 1990, Arjomari fusionne avec le groupe Wiggins Teape Appleton pour donner naissance au groupe ArjoWiggins.

Depuis janvier 2007, Canson appartient au groupe papetier français Hamelin déjà propriétaire des marques Oxford et Elba, et spécialisée dans les articles de classements, les cahiers et le dessin et les arts graphiques.

Canson aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Canson, qui emploie 415 personnes en Europe, en Amérique du Sud et en Australie, a réalisé, en 2006, un chiffre d'affaires de 90 millions d'euros[9].

Le logo de Canson[modifier | modifier le code]

En 1784, lorsque la manufacture devient manufacture royale, la papeterie prend devise et armoiries. Ces dernières rappellent le blason d'Annonay (damier sang et or), l'invention de la montgolfière par Joseph et Étienne, ainsi que la fabrication du papier, notamment le velin. La devise Ite per Orbem (Allez par le monde) évoque la diffusion, déjà internationale, des papiers Montgolfier[10].

Les Armoiries des manufactures Royales Montgolfier en 1784

Le logo de Canson a ensuite évolué plus clairement vers une montgolfière et des feuilles de papier, jusqu'au logo d'aujourd'hui qui montre une montgolfière stylisée.

Logo Canson 2011

Marques et produits[modifier | modifier le code]

De nombreux produits ont été créés par l'entreprise au cours de ses 450 années d'existence

  • Montval : une gamme de produits pour l'aquarelle
  • Mi-Teintes : un papier couleur notamment utilisé par les pastellistes et les écoliers. Il doit son nom aux couleurs mises au point en demi-teintes, afin d'augmenter la variété de la gamme[10].
  • Ingres Vidalon: un papier couleur vergé
  • "C" à Grain : un papier au grain fin pour le dessin
  • 1557 : un papier au grain léger pour le dessin
  • Figueras : un papier pour la peinture à l'huile
  • Infinity : des papiers pour l'édition et la photographie d'art numérique
  • XL : des carnets pour les étudiants[11]

Fonds Canson pour l'Art et le Papier[modifier | modifier le code]

En 2010, le groupe Hamelin et l'entreprise Canson créent le Fonds Canson pour l'art et le papier. L'objectif de ce fonds est de mettre en place des actions de mécénat en faveur des artistes dont le support principal de création est le papier. Son action principale est la remise du Prix Canson, à un talent émergent, dont la recherche et le travail avec le papier sont remarquables[12].

En 2010, le prix Canson a été décerné pour la première fois au dessinateur Fabien Mérelle, par un jury présidé par Gérard Garouste[13]. En 2011, c'est à Ronald Cornelissen, artiste néerlandais, que revient le Prix Canson[14]. La lauréate du Prix Canson 2013 est Virginia Chihota, une jeune artiste zimbabwéenne dont les dessins explorent les relations entre les humains et en particulier la haine, l'indifférence, le silence et l'indifférence[15].

Canson et le Louvre[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, Canson est mécène du Louvre. L'entreprise soutient le site Internet du musée, la numérisation de la collection du département des Arts Graphiques. Elle a également mécéné une exposition présentée par le Louvre et Canson de juin à septembre 2011 Le Papier à l’œuvre, sur le thème du papier, de ses interactions avec les artistes et des grandes techniques du travail du papier. Plusieurs œuvres sur papier Canson étaient présentées comme le Nu bleu IV de Henri Matisse et Combustion, mèche noire et traces de brûlures sur papier Canson II de Christian Jaccard[16],[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Livre Une Histoire de Papier, Marie-Hélène Reynaud, juin 1989.
  2. a, b et c Livre d'Art et de Papier, Marie-Hélène Reynaud, novembre 2008, Éditions textuel.
  3. Les fonds d'archives Seguin - aux origines de la révolution industrielle en France M. Cotte, 1790-1860, Privas, Archives départementales de l'Ardèche, 1997
  4. Canson, le papier qui fait un carton, Direct Soir no 295 du 11/02/2008, page 10
  5. le Papier à l'œuvre - Catalogue de l'exposition au Louvre, 2011.
  6. Le Monde. Les Petits papiers des Montgolfier; Jacques-Marie Vaslin, 29 mars 2011.
  7. a et b Beaux-Arts magazine. Quand les artistes créent le mythe Canson; Vincent Huguet, juin 2010.
  8. Libération. On connaît la chanson; Catherine Mallaval, 20 septembre 2010.
  9. « Le groupe Hamelin a finalisé l'acquisition de Canson », article de la revue Caractère, 15/01/2007
  10. a et b d'Art et de Papier. Marie-Hélène Reynaud. Éditions Textuel. Novembre 2008
  11. www.canson.com et www.lateliercanson.com
  12. Beaux-Arts Magazine, juin 2010.
  13. Libération, 8 juin 2010.
  14. Le Monde, 12/13 juin 2011.
  15. Tomber les Murs. Virginia Chihota/Paroles sur le Vif. Cassandre. Automne 2013.
  16. Le Parisien. Chefs d'Œuvre sur papier, 9 juin 2011.
  17. la Gazette de l'Hôtel Drouot. Le Paier à l'œuvre, 24 juin 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]