Gene Sharp

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Gene Sharp

Description de l'image  Gene Sharp.jpg.
Naissance 21 janvier 1928 (86 ans)
North Baltimore, Ohio Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence États-Unis
Profession politologue
Activité principale théoricien et stratège de la non-violence et de la résistance civile
Autres activités

Gene Sharp (né le 21 janvier 1928) est un politologue anticommuniste américain connu pour ses nombreux écrits sur la lutte non-violente. Il a été parfois surnommé le « Machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre non-violente »[1].

Il est le fondateur de l'Albert Einstein Institution, une association sans but lucratif qui étudie et promeut la résistance non-violente dans les zones de conflits actuelles. En 2012, il reçoit le Right Livelihood Award pour « avoir développé et articulé les principes fondamentaux et les stratégies de résistances non-violentes et les avoir diffusés dans des zones en conflit[2]. »

Biographie[modifier | modifier le code]

La contribution de Gene Sharp aux mouvements de résistance[modifier | modifier le code]

L'enseignement de Gene Sharp a influencé de nombreux mouvements de résistance autour du monde. Un exemple récent est l'ensemble des Révolutions de couleur en Europe de l'Est. Le manuel De la dictature à la démocratie (« From Dictatorship to Democracy ») a servi de base pour les campagnes des mouvements Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Kelkel au Kirghizistan et Zubr en Biélorussie.

Les écrits de Gene Sharp sur la défense non-violente ont été utilisés par les gouvernements de Lituanie, de Lettonie et d'Estonie au temps de leur séparation d'avec l'Union soviétique en 1991.

L'analyse politique et la résistance non-violente[modifier | modifier le code]

Le livre le plus connu de Gene Sharp, Les politiques de l'action non-violente (« The Politics of Nonviolent Action », 1973), offre une analyse politique pragmatique de l'action non-violente comme méthode utilisant le pouvoir dans un conflit.

Son idée centrale est que le pouvoir n'est pas monolithique, qu'il ne provient pas d'une quelconque qualité inhérente aux leaders d'un pays. Pour lui le pouvoir d'un État dérive de l'obéissance de ses sujets et chaque structure de pouvoir dispose de systèmes pour encourager ou obtenir l'obéissance de ses sujets. Gene Sharp fait référence à Étienne de La Boétie qui affirme que sans le soutien de ses sujets, un chef d'État est impuissant.

Les États ont des systèmes spécifiques comprenant la police et les tribunaux pour obtenir le soutien de leurs sujets, mais la dimension culturelle pousse aussi à l'obéissance en prenant pour acquis que le pouvoir est monolithique (le culte de l'or des pharaons égyptiens, la révérence due au président d'un État, les normes morales ou éthiques, les tabous). Au travers de ces systèmes, les sujets sont confrontés à un ensemble de sanctions (emprisonnement, amendes, ostracisme) et de récompenses (titres, santé, honneurs) qui influencent leur degré d'obéissance.

Ceci est finalement en lien avec la résistance non violente qui est supposée offrir aux sujets une occasion d'obtenir des changements dans un pays.

Démentis[modifier | modifier le code]

L'Institution Albert Einstein a publié plusieurs études et témoignages en réponse à ces critiques[Lesquelles ?][3].

Il y a d'abord les démentis de Gene Sharp lui-même[4]. Puis l'étude du professeur Stephen Zunes, chercheur en relations internationales[5]. Ajouter à cela le travail de Caroline Fourest qui dans son émission sur France 5 du 5 février 2013 montre qu'il s'agit là de l'une des théories du complot, dont Thierry Meyssan est le spécialiste. On peut aussi s'en convaincre auprès du site Irenees[6] et surtout auprès de l'École de la paix de Grenoble[7] qui travaille en collaboration avec Gene Sharp et son Institution Albert Einstein à Boston.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Des textes de Gene Sharp ont paru dans au moins 23 langues[8].

Ouvrages originaux en anglais[modifier | modifier le code]

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

Certains ouvrages sont diponibles en format pdf sur le site de l'Albert Einstein Institution [2].

  • La guerre civilisée : La défense par actions civiles [« Civilian-Based Defense: A Post-Military Weapons System »], Grenoble, UG,‎ 1995, 192 p. (ISBN 978-2706106231) (avec l'assistance de Bruce Jenkins)
  • Gene Sharp, A la recherche d'une solution au problème de la guerre, Alternatives non violentes,‎ 1980
    Pages 3-16 in : Alternatives non violentes, n°39, décembre 1980. - Version révisée d'un article paru dans "The Future of Collective Violence" (Lund, Suède, Studentlitteratur, 1974) et à paraître dans "Social Power and Political Freedom", trad. Ch. Mellon
  • La force sans la violence [« There are realistic alternatives »], Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités »,‎ 16 novembre 2009, 100 p. (ISBN 978-2296108707)
  • L'anti-coup d'Etat [« The Anti-Coup »], Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités »,‎ 16 novembre 2009, 110 p. (ISBN 978-2296108714)
  • De la dictature à la démocratie : un cadre conceptuel pour la libération [« From Dictatorship to Democracy : Conceptual Framework for Liberation »], Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités »,‎ 7 décembre 2009, 22 cm, 137 p. (ISBN 978-2-296-10872-1, notice BnF no FRBNF42111853)
    Texte publié à l'initiative de l'École de la paix de Grenoble.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Thomas Weber, Gandhi as Disciple and Mentor, Cambridge University Press, Cambridge, 2004.
  2. Site du Right Livelihood Award
  3. « Albert Einstein Institution: Responses to Attacks ». Voir aussi (en) The dictator slayer, article d'Adam Reilly dans The Boston Phoenix du 5 décembre 2007.
  4. « Corrections, an open letter from Gene Sharp », 12 juin 2007.
  5. Stephen Zunes, « Open Letter in Support of Gene Sharp and Strategic Nonviolent Action », juin 2008.
  6. « Gene Sharp et The Albert Einstein Institution », mars 2006.
  7. « Enseignement supérieur et Recherche ».
  8. Worldcat.

Sources[modifier | modifier le code]