National Endowment for Democracy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir NED.

National Endowment for Democracy

Cadre
But promotion de la démocratie
Fondation
Fondation 1983
Identité
Siège Washington
Structure 501c
Président Carl Gershman
Financement 50 millions $
Site web www.ned.org

Le National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie) est une fondation privée à but non lucratif des États-Unis dont l'objectif déclaré est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde[1].

La NED a été fondée en 1983 et la plus grande part de ses fonds provient du département d'État des États-Unis, avec approbation du Congrès.

Depuis sa création conjointement par les républicains et les démocrates, la NED est restée bipartite. Elle est dirigée par un conseil équilibré entre les deux partis et est soutenue par l'ensemble des formations politiques du Congrès[1].

La NED publie le Journal of Democracy (en), diffusé mondialement, et Encuentro de la Cultura Cubana, un trimestriel spécialement publié pour Cuba, ainsi que des livres collectifs.

Programme[modifier | modifier le code]

L'ancien directeur de la CIA, William Colby, déclarait en 1982, dans le Washington Post, à propos du programme de la NED : « Il n'est pas nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui [...] étaient menés en sous main, peuvent désormais l'être au grand jour, et par voie de conséquence, sans controverse »[2].

En 1991, un des fondateurs de la NED, Allen Weinstein (en), expliquait au Washington Post que « bien des choses qu'ils [à la NED] faisaient maintenant étaient faites clandestinement par la CIA 25 ans auparavant »[3],[4].

Selon Ralph Morris Goldman, certains au Congrès soupçonnent tout effort de collaboration entre les grands partis comme une forme douteuse de connivence pour se partager les fonds publics et le parrainage. D'autres voient dans le programme de démocratie de la NED soit le prolongement des opérations politiques secrètes de la Central Intelligence Agency (CIA) soit l'instrument des préjugés idéologiques du Président Reagan. Du fait que dans les années passées la CIA a été impliquée, quelque peu maladroitement, dans la diffusion d'assistance politique, un nouveau et officiel programme d'assistance sera sans aucun doute perçu au début comme la continuation des activités de la CIA[5]. Ainsi William Blum écrit que cet organisme a été créé spécialement pour servir de substitut à la CIA[6].

Activités[modifier | modifier le code]

Des fonds vont également à plusieurs centaines d'ONG réparties dans le monde[7]. La NED a financé ou finance des groupes politiques luttant officiellement pour la démocratie en Europe occidentale dans les années 1980 ainsi que dans les années 2000 dans les pays de l'ex-union soviétique comme en Ukraine, ou encore dans les pays d'Asie centrale comme le Kirghizistan ou l'Ouzbékistan[8].

Sources de financement[modifier | modifier le code]

Le financement de la NED est voté par le Congrès et figure dans le chapitre du budget du ministère des Affaires étrangères consacré à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

De 1984 à 1990, la NED a bénéficié d'un financement annuel de 15 à 18 millions de dollars, porté à 25-30 millions de 1991 à 1993, ce financement se faisant par l'intermédiaire de l'Agence d'information des États-Unis. En 1993, la NED faillit perdre la manne du Congrès, la chambre basse ayant voté son annulation, mais une vigoureuse campagne menée par les soutiens de la NED permirent à celle-ci de retrouver son financement, porté désormais à 30-35 millions de dollars[9]. En 2004, sur un budget de 80,1 millions de dollars, 79,5 venaient d'agences gouvernementales et 600 000 d'autres contributeurs. En 2009, la NED avait un budget de 135 millions de dollars, dont la presque totalité provenait d'agences gouvernementales des États-Unis[10].

La NED reçoit en outre des dons de trois associations, elles-mêmes indirectement financées par contrats fédéraux : la Smith Richardson Foundation (en), la John M. Olin Foundation (en) et la Bradley Foundation (en)[11].

Partenaires[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, le NED a investi de l'argent, au moins 9 millions de dollars[12], en Europe orientale, afin de soutenir le développement de l'économie libérale.

Venezuela[modifier | modifier le code]

Selon William Blum, la NED a été impliquée dans le coup d'État avorté d'avril 2002 contre la présidence d'Hugo Chávez et dans les campagnes de référendum au Venezuela[13]. Des documents rendus publics montrent que la NED a attribué plus de 1 million de dollars à des projets liés au référendum anti-Chávez et à des groupes d'opposition[14]. En 2002, un rapport du ministère des affaires étrangères américain déclarait que la NED et le Pentagone, entre autres, avaient apporté leur aide à des particuliers et des organismes ayant joué un rôle actif dans l'éviction avortée du gouvernement de Chavez[15].

Le rôle de la NED dans la campagne hostile à Hugo Chávez depuis les années Bush est au centre du livre d'Eva Golinger (en) Bush versus Chávez. Washington’s War on Venezuela[16].

Haïti[modifier | modifier le code]

Selon les journalistes canadiens Pierre Dubuc et Vincent Larouche, la NED est impliquée dans le renversement de Jean-Bertrand Aristide à Haïti en 2004[17].

Honduras[modifier | modifier le code]

L'association Hagamos Democracia, financée par la NED, annonce 47 % de participation aux élections présidentielles de 2009 contre les 25 % donnés par les partisans du président déposé lors du coup d'État, Manuel Zelaya[18].

Russie[modifier | modifier le code]

De même, selon Stephen Lendman, le blogueur Alexeï Navalny est lié à la NED : il reconnaît en recevoir des fonds[19].

Serbie[modifier | modifier le code]

Le groupement serbe, Otpor, se réclament de l'Albert Einstein Institution, est financé par la NED[20], ainsi que l'Open Society Institute du milliardaire américain George Soros[21] et Freedom House[22]. Elle est présidée par l'ancien dirigeant de la CIA, James Woolsey. Cette organisation a servi au renversement du gouvernement Serbe de Slobodan Milošević[20]. Elle fournit également, en Serbie, des prestations de formation et d’entraînement pour des activistes de différents pays du monde.

Tunisie[modifier | modifier le code]

L'ONG tunisienne AlBawsla reçoit également une subvention de la part de NED[23].

Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

Selon l'essayiste Salim Lamrani, Reporters sans frontières recevrait un financement du NED[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b À propos de la NED, site ned.org
  2. (en) William I. Robinson, Promoting Polyarchy: Globalization, US Intervention, and Hegemony, Cambridge university Press, 1996, 466 p., pp. 87-88 : « This new entity would not only play the role of skillful political surgeon, but it would overcome the taint associated with the covert political operations that the CIA had been carrying out abroad. Specifically, NED would take over much of the funding and political guidance for political parties, trade unions, business groups, news media, and civic organizations that the CIA had traditionally supplied. [...] the NED's work "resembles the aid given by the Central Intelligence Agency in the 1950s, 60s and 70s to bolster pro-American political groups." 33 Former CIA director Willima Colby commented in regard to the NED program: "It is not necessary to turn to the covert approach. Many of the programs which ... were conducted as covert operations [can now be] conducted quite openly, and consequentially, without controversy," 34. (note p. 398 : 34 William E. Colby, "Political Action - In the Open," Washington Post, March 14, 1982, D-8.) »
  3. (en) Democracy promotion: America’s new regime change formula, RT, 18 novembre 2010 : « Allen Weinstein, one of the founders of the National Endowment for Democracy (NED) explained to the Washington Post in 1991, "A lot of what we do now was done covertly by the CIA 25 years ago.” »
  4. (en) Gerald Sussman, Branding Democracy: US Regime Change in Post-Soviet Eastern Europe, Peter Lang, 2010, 232 p., p. 45 : « One of NED's founders and its first acting president, Allen Weinstein, told the Washington Post that "A lot of what we [NED] do today was done covertly 25 years ago by the CIA." »
  5. (en) Ralph Morris Goldman, The Future Catches Up: Transnational parties and democracy iUniverse, 2002, (ISBN 0595228887 et 9780595228881), p. 140 : « There are those in Congress who suspect any cooperative effort between the major parties as an unsavory form of collusion to divide up public funds and patronage. Others see the Democracy Program as either an extension of the Central Intelligence Agency's covert political operations or an instrument of President Reagan's ideological bias. » p. 142 : « Because the Central Intelligence Agency has in prior years been involved, somewhat awkwardly, in the dissemination of political aid, a new and overt aid program will undoubtedly be initially perceived as a continuation of CIA activities. »
  6. (en) William Blum, Killing Hope: US Military and CIA Interventions Since World War II, Zed Books, 2003, 469 pages, p. 315 : « the National Endowment for Democracy, Washington's specially created stand-in for the CIA ».
  7. (en) Grants Program, site web de la NED
  8. (en) Afshin Rattansi, dans « Bush admin. disconnected from reality » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-04-26, un article publié le 16 août 2008 sur le site iranien PRESSTV, cite cette affirmation de Paul Craig Roberts, ancien responsable du Trésor aux États-Unis : « le but de la Dotation nationale pour la démocratie est d'acheter et de manipuler les élections dans les anciennes parties constitutives de l'ancien empire soviétique » (« its purpose is to buy and rig elections in the former constituent parts of the Soviet empire »).
  9. (en) Thomas Carothers, "The NED at 10", Foreign Policy, No. 95 (Summer, 1994), pp. 123–138.
  10. (en) « 2008 Independent Auditors’ Report », National Endowment for Democracy,‎ 2008 (consulté le 2 avril 2010)
  11. (en) « Recipient Grants: National Endowment for Democracy » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-04-26 - Media Transparency, 1987 à 2005.
  12. (en) US Financing of Udekomuna
  13. (en) William Blum, Rogue State: A Guide to the World's Only Superpower, Zed Books, 2006, 393 pages, p. 217 : « Washington also financed the plotters. The Endowment for democarcy (NED) was on the scene, [...] giving in excess of a million dollars in the two years preceding the coup to organizations opposed to Chávez. These organizations initiated work stoppages and protest demonstrations which galvanized opposition to the Venezuelan leader. Following the aborted coup, the opposition tried to unseat Chávez through a recall referendum, a drive that was funded in part, if not in full, by NED. This too failed. »
  14. (en) Hugo Chavez Accuses U.S. of Spending Over $1 Million To Help Oust Him, DEMOCRACYNOW!, 4 mars 2004 : « Newly publicized documents show how the National Endowment for Democracy has given over $1 million in projects related to an anti-Chavez referendum and opposition groups. »
  15. Hugo Chavez Accuses U.S. of Spending Over $1 Million To Help Oust Him, op. cit. : « In the summer of 2002, the State Department’s Inspector General’s office also released a report that [...] did state the NED, the Pentagon and other US assistance programs "provided training, institution building and other support to individuals and organizations understood to be actively involved in the brief ouster of the Chavez government." »
  16. (en) Eva Golinger, Bush versus Chávez. Washington’s War on Venezuela, (ISBN 978-1-58367-165-8), Revues : Le Monde diplomatique, mai 2008
  17. Pierre Dubuc, Les dessous du coup d’État américain en Haïti, www.mondialisation.ca, 4 mars 2004
    Vincent Larouche, Haïti : Le Canada a financé la minorité anti-Aristide, www.mondialisation.ca, 2 décembre 2005.
  18. Anne Vigna, Au Honduras, comment blanchir un coup d’État, Le Monde diplomatique, janvier 2010 : « Financée par Washington à travers la Fondation nationale pour la démocratie (NED en anglais), Hagamos Democracia réalise pour sa part un décompte rapide et annonce 47 % de participation. Dix jours après l’élection, le tribunal devra s’aligner et reconnaître qu’elle n’a été que de 49 %. Quant aux partisans de M. Zelaya, ils l’estiment, sur la base de leurs pointages à la sortie de mille quatre cents bureaux de vote, à 25 %. « On ne saura jamais la vérité car les bulletins sont aux mains des autorités, qui ont déjà manipulé les résultats, estime Mme Laura Carlsen, directrice du programme Americas Policy Program du Center for International Policy (3). ».
  19. (en) Stephen Lendman, [ Putin Wins], International, March 6th, 2012 : « [lawyer Alexei] Navalny has NED ties. His LiveJournal blog admits receiving funding. »
  20. a et b Otpor ! Et « La révolution électorale » en Serbie sur socio-anthropologie.revues.org
  21. Tbilissi entre Moscou et Washington Trois ans auparavant, l'Open Society avait, de la même façon, conseillé et financé le mouvement estudiantin serbe Otpor (« Résistance » en serbo-croate) qui contribua au renversement pacifique de Slobodan Milosevic.
  22. Dans l’ombre des « révolutions spontanées », Régis Genté et Laurent Rouy, Le Monde diplomatique, janvier 2005
  23. comme l'indique son site web [1]
  24. Salim Lamrani, Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela, Salim Lamrani, AgoraVox, 22 juin 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]