Gaz intestinal

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Cette sculpture dite du "souffle au cul" date du XVIe siècle et ornait l'Hôtel de ville de Compiègne.

Le gaz intestinal est le gaz produit par les intestins. Le terme gaz désigne en médecine l'émission de gaz intestinal par l'anus, ce qui correspond à « pet[1] » ou « vent » dans le langage courant.

Production[modifier | modifier le code]

Les gaz intestinaux sont le résultat de la fermentation des matières décomposées. La présence de Lactobacillus casei et Lactobacillus plantarum (en) dans le tube digestif seraient responsables de cet effet[2].

Issus de la fermentation intestinale, chez l'être humain ces gaz sont d'autant plus présents que des protéines complexes se décomposent. La consommation de légumes secs avec leur téguments (flageolets (en raison de leur forte teneur en oligosaccharides), lentilles, soja) et de viandes rouges en augmente donc la production. La dégradation de la plupart des féculents, y compris les pommes de terre, le maïs, les pâtes et le blé (mais pas le riz[3]) est achevée par la flore du gros intestin, produisant des gaz.

Composition[modifier | modifier le code]

Le gaz intestinal est principalement composé d'azote et d'oxygène dont l'origine est extra corporelle, de méthane (inflammable, ce gaz n'est pas produit par tous), de dioxyde de carbone (produit par la respiration aérobie des organismes présents dans le tube digestif). Les autres composants du pet sont l'hydrogène (inflammable), certains gaz odorants sulfurés (odeur d'œuf pourri) ainsi que quelques autres gaz tels que les composés phosphatés, scatol et indole.[réf. nécessaire] En moyenne, une personne libère par jour de 0,5 à 1,5 litre de gaz, en 12 à 25 occasions. Les herbivores en produisent plus.[réf. nécessaire] Certains poissons expulsent du gaz de leurs branchies.

Émission des gaz[modifier | modifier le code]

L'évacuation par l'anus des gaz intestinaux accumulés se fait de façon réflexe ou intentionnelle. C'est un signal important de bon fonctionnement du côlon. Le personnel médical suit de près le retour des « gaz » après une chirurgie. Une distension pathologique de l'intestin peut survenir si une personne retient trop ses gaz. Cette distension entraîne la constipation. Si une personne retient ses gaz durant la journée, ils seront souvent libérés pendant le sommeil lorsque le corps est détendu.

Effet sur le climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Méthane.

Bien qu'aucune évaluation n'ait été effectuée pour les ruminants sauvages (gnous, gazelles, antilopes, girafes, cerfs, etc.), on estime que les gaz des ruminants domestiques sont considérés comme une source importante de gaz à effet de serre à cause de l’expulsion du méthane dans l'atmosphère qui se répartirait comme suit (compte non tenu, donc, des ruminants sauvages)[4] (1 Tg = 1 million de tonnes)  :

  1. Marécages et terres humides : 150 Tg/an
  2. Le bétail et la fermentation du fumier, donc l'agriculture : 115 Tg/an[5]. En effet une vache peut par exemple produire jusqu'à 500 L de méthane par jour, soit quelque 182 500 l·an-1.
  3. L'exploitation des ressources énergétiques : 110 Tg/an
  4. Les plantes et forêts : 75 Tg/an
  5. Les rizières : 75 Tg/an
  6. Décharges et traitement des déchets : 65 Tg/an
  7. La combustion de biomasse : 40 Tg/an
  8. Phénomènes non compris d'origine océanique : 20 Tg/an
  9. Termites : 15 Tg/an
  10. Clathrates : 10 Tg/an
  11. Permafrost : 10 Tg/an.

Pathologie[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il existe une accumulation de gaz intestinal, habituellement par augmentation de la production, il s'agit de flatulence. Le gaz intestinal peut également s'accumuler du fait d'une aérophagie ou, cas plus grave, lors d'une occlusion intestinale.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

L'Art de péter, essai de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, 1776.

Le bruit fréquemment produit lors de l’échappement des gaz est provoqué par la vibration du sphincter ou par compression des fesses. Le son produit varie principalement en fonction de la fermeture du sphincter et de la vitesse du gaz propulsé.

Dans les classes dominantes des sociétés occidentales contemporaines, le pet en public est pensé comme un manque de savoir-vivre et de maîtrise corporelle ; il peut aussi être interprété comme une offense[réf. nécessaire]. Selon le contexte le pet peut également manifester l’humour ou le mépris.[réf. nécessaire] Chez les Koma des monts Alantika (Cameroun), les bouffons pratiquent le pet lors des cérémonies rituelles. Les premiers administrateurs coloniaux sont à l’origine du qualificatif « péteurs » longtemps associé au nom des Koma. Comme le précise Edmond Dounias, « ceci tient à l’accueil qui leur fut fait par les bouffons lors d’une tournée inopinée en pleine cérémonie rituelle. Aujourd’hui encore, cette dénomination racoleuse et irrespectueuse est reprise par les Occidentaux avides d’« exotisme », alors que ce comportement anecdotique propre aux bouffons, est signalé dans nombre d’autres sociétés africaines. »[6]. Le pet est également symbole de relâchement vis-à-vis des contraintes sociales concernant le corps, en témoigne le pet du personnage de Michel Piccoli dans La Grande Bouffe qui meurt de s'être trop retenu. Dans South Park Kenny meurt dans un épisode d'une combustion spontanée causée par une trop forte restriction, il meurt aussi dans le film en tentant d'enflammer ses pets.

Panneau humoristique

On peut relever comme pratiques humoristiques visant à reproduire le son du pet l'existence du coussin péteur à poser sur un siège : on fait asseoir une personne sur le coussin et le coussin produit un bruit. Il est également possible de produire un son s'apparentant à celui du pet avec la bouche ou avec la main placée sous l'aisselle. Le pet est considéré dans les classes dominantes comme un manque d'éducation, le contrepied étant présenté dans La Soupe aux choux, un extra-terrestre est attiré par les pets lâchés par deux paysans du centre de la France interprétant ces signaux comme des signes amicaux. Le film ainsi que le livre étant un pied de nez à la société moderne laissant de côté les « rustres » qui se voient récompensés pour leur humanité. Le pet peut être utilisé en vue de produire un effet. Certains usent leurs talents de maîtrise musculaire pour jouer diverses mélodies avec leurs pets tels Le Pétomane et Mr. Methane, tandis que d'autres arrivent à enflammer leurs pets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Définition du mot pet », Encyclopédie Larousse (consulté le 25 septembre 2010).
  2. Marisela Granito de l'université Simón Bolívar à Caracas et ses collègues, « Fart-free beans », Journal of the Science of Food and Agriculture (dépêche relayée par Reuters),‎ 26 avril 2006
  3. Gas in the Digestive Tract a publication of National Digestive Diseases Information Clearinghouse, part of the US National Institute of Health
  4. Burguet Véronique, De Vroey Séverine, Rinaldi Valérie, « Traitement des effluents gazeux : Le méthane », Exposé réalisé par des étudiants de MAPR,‎ 9 novembre 2006
  5. Daniel Sauvant, « La production de méthane dans la biosphère : le rôle des animaux d'élevage », INRA,‎ décembre 1992
  6. Edmond Dounias, Contribution à l'étude ethnoécologique et alimentaire des Koma G+'Mbé, Le Havre : ORSTOM, 1988, (Mémoire de l'Institut supérieur technique d'Outre-Mer, 1987), p. 27 (en note) Archives ouvertes IRD fdi:010012446.

Annexes[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Exemple de gaz (info)

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Feixas et Romi, Histoire anecdotique du pet, de l'antiquité à nos jours, préface d'Alphonse Boudard, Ramsay - J.-J. Pauvert, Paris, 1991
  • Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, L'Art de péter, 1751
  • Jean Poirier (Dir.), Histoire des mœurs, « L'Homme et l'excrétum », tome 1.
  • Livestock’s long shadow: environmental issues and options, H. Steinfeld, P. Gerber, T. Wassenaar, V. Castel, M. Rosales et C. de Haan, 2006, Rome, FAO, (ISBN 92-5-105571-8)
  • Serge Gainsbourg, Evguénie Sokolov, Gallimard, 1980, le conte parabolique d'un génie du pet artiste peintre
  • Mercier de Compiègne, Éloge du pet (édition limitée), dissertation historique, anatomique et philosophique, Apolline - An VII de la Liberté, Paris, 131 p., (ISBN 2-84556-016-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]