Massif des Bauges

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45° 38′ N 6° 10′ E / 45.633, 6.17

Massif des Bauges
Massifs des Alpes occidentales
Géographie
Altitude 2 217 m, Arcalod
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Départements Savoie, Haute-Savoie
Géologie
Roches Roches sédimentaires

Le massif des Bauges, ou plus communément les Bauges, est un massif montagneux calcaire des préalpes françaises du nord, se situant à cheval sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie et culminant à plus de 2 200 mètres d'altitude.

Le cœur du massif forme le pays des Bauges, façonné par l'élevage laitier traditionnel, alors que les pentes externes du massif appartiennent historiquement aux versants des grandes vallées environnantes. Tant par la richesse de la faune que par celle de la flore, le patrimoine naturel est remarquable et constitue l'un des atouts majeurs du Parc naturel régional du Massif des Bauges créé en 1995.

Depuis les années 1990, le massif des Bauges, entouré de villes dynamiques (Annecy, Aix-les-Bains, Chambéry, Albertville), bénéficie d'investissements, attire une nouvelle population et se repeuple légèrement.

Les natifs et habitants des Bauges s'appellent les Baujus.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Partie méridionale du massif depuis la pointe de la Galoppaz.
Les Bauges vues d'avion, côté Combe de Savoie (sud-est du massif) : la Dent d'Arclusaz (synclinal perché). Noter les traînées de condensation laissées par les avions.
Les Bauges vues du lac d'Annecy (nord du massif).

Dans la succession des massifs subalpins (préalpes), les Bauges sont comprises entre, au nord-est, l'ensemble formé par la chaîne des Aravis et le massif des Bornes et, au sud-ouest, le massif de la Chartreuse. Elles sont bordées au nord par la cluse de Faverges et le lac d'Annecy (qui les séparent du massif des Bornes), au nord-ouest par la plaine de l'Albanais, à l’ouest et au sud-ouest par le lac du Bourget et la cluse de Chambéry (qui les séparent du Bugey et de la Chartreuse), au sud-est par la Combe de Savoie (moyenne vallée de l'Isère) et à l'est par la basse vallée de l'Arly. Elles font face aux hauts massifs alpins que sont, au sud de la Combe de Savoie, la chaîne de Belledonne et le massif de la Vanoise et, à l'est de l'Arly, le Beaufortain.

Les Bauges sont constituées de chaînons calcaires orientés nord-nord-est sud-sud-ouest, coupés transversalement par plusieurs torrents. Côté sud, les Bauges surplombent la Combe de Savoie en un front difficilement pénétrable de montagnes et de falaises culminant à plus de 2 000 m (tout comme la Chartreuse au-dessus du Grésivaudan). Elles offrent un visage plus avenant côté nord où les chaînons viennent mourir sur les rives du lac d'Annecy, prenant, vus de profil, l'aspect de pittoresques pains de sucre. Ils se terminent au nord-ouest par l'anticlinal peu élevé (1 4001 700 m) que forment le Revard, au-dessus d'Aix-les-Bains, et le Semnoz, au-dessus de l'Albanais jusqu'à Annecy. Le Châtelard, bourg principal, qui occupe une cluse centrale traversée par la rivière Chéran, marque la limite entre les « Bauges devant », au sud-est, enchâssées entre les plus hauts sommets, et les « Bauges derrière », au nord-ouest, ouvertes sur de larges plateaux.

Administrativement, les Bauges regroupent 14 communes : Aillon-le-Jeune, Aillon-le-Vieux, Arith, Bellecombe-en-Bauges, Doucy-en-Bauges, École, Jarsy, La Compôte, La Motte-en-Bauges, Le Châtelard (chef-lieu du canton), Le Noyer, Lescheraines, Saint-François-de-Sales et Sainte-Reine.

Géologie[modifier | modifier le code]

La surrection des Alpes a entraîné l'élévation et le plissement des grandes couches calcaires formées par sédimentation marine à l'ère secondaire. Les sommets des Bauges sont ainsi principalement constitués de calcaires urgoniens. Les reliefs sont typiquement de type subalpin avec de magnifiques synclinaux perchés comme celui de l'Arclusaz (relief inverse).

Le karst du massif contient une ressource précieuse : une grande partie de l'eau qui alimente le lac d'Annecy, le lac du Bourget et la combe de Savoie, ce qui représente une énorme quantité d'eau potable.

Relief[modifier | modifier le code]

Cluse du Chéran, vue du Pont de l'Abîme dans l'Albanais
Modèle numérique de terrain du massif des Bauges

Le Chéran, torrent local, traverse les Bauges du sud-est au nord-ouest, coupant perpendiculairement les lignes de crêtes et contribuant à unifier les hautes vallées autour de l'axe de cette rivière.

Le massif comprend 14 sommets de plus de 2 000 mètres :

  • l’Arcalod, 2 217 m, point culminant du massif
  • la pointe de la Sambuy, 2 198 m
  • le Pécloz, 2 197 m
  • le Trélod, 2 181 m
  • la pointe de Chaurionde, 2 173 m
  • le mont d’Armenaz, 2 158 m
  • la Petite Sambuy, 2 107 m
  • la pointe des Arces, 2 076 m
  • le mont de la Coche, 2 070 m
  • la Dent de Cons, 2 062 m
  • la pointe des Arlicots, 2 060 m
  • le mont Colombier, 2 043 m
  • la dent d’Arclusaz, 2 041 m
  • le Grand Parra, 2 012 m.

Autres montagnes remarquables :

  • la montagne du Charbon, 1 932/1 907 m, située au sud de Doussard, constituée d'un bloc calcaire « posé » au-dessus d'une forêt. Ses deux sommets principaux sont la Dent des Portes (1 932 m) et la pointe de Banc-Plat (1 907 m)
  • les rochers de la Bade, 1 850 m, au sud du mont Colombier
  • le mont Margériaz, 1 845 m, domine le Col de Plainpalais par son versant ouest aux falaises abruptes et abrite une station de ski sur les pentes modérées de son versant est.
  • le roc des Bœufs, 1 774 m et le mont Julioz, 1 662 m, à l'ouest de la montagne du Charbon.
  • la dent de Pleuven, 1 771 m, dans le prolongement de la montagne du Charbon et du Trélod
  • la Négresse, 1 720 m, domine l'agglomération d'Albertville
  • le Semnoz, 1 699 m, dont le sommet principal, le crêt de Châtillon, domine l'agglomération d'Annecy
  • la pointe de la Galoppaz, 1 681 m, au sud du massif, surplombant le bassin chambérien
  • le Nivolet, 1 547 m, dont le sommet principal, surmonté par la croix du Nivolet, domine l'agglomération de Chambéry
  • le mont Revard, 1 563 m, domine l'agglomération d'Aix-les-Bains
  • la montagne de Bange, 1 434 m, et vallon du Mariet.

Écologie[modifier | modifier le code]

L’environnement du massif des Bauges est particulièrement préservé, avec une importance marquée des alpages (6 500 hectares[1] de terres pastorales) et de la forêt (34 000 hectares[2]), mais aussi de prairies, de pelouses sèches et alpines, de falaises, de grottes, de mares et de tourbières.

Cinquante espèces de fleurs sont protégées sur un total de 1 600 espèces végétales poussant dans le massif.

Une réserve nationale de faune, qui s'étend sur 5 205 hectares[3], existe depuis 1950 dans les Hautes Bauges. Depuis 1987, une zone restreinte de 900 ha (9 km2) de protection intégrale a été créée.

Parmi les mammifères qui peuplent le massif : les chamois, les mouflons, les marmottes, les chevreuils, loups, hermines, la barbastelle ; parmi les 117 espèces d'oiseaux : le tétras lyre, l'aigle royal, la perdrix bartavelle, la chouette chevêchette, le tichodrome échelette ; parmi les amphibiens : le triton alpestre ; parmi les insectes : la rosalie des Alpes et l'apollon.

Parc naturel régional[modifier | modifier le code]

Le roc des Bœufs et le crêt du Char, dans le parc naturel régional du massif des Bauges

Un parc naturel régional, le « Parc naturel régional du Massif des Bauges » a été créé en décembre 1995. Outre les villes-portes, Annecy, Albertville, Aix-les-Bains, Chambéry, Ugine et Rumilly, il comporte 64 communes et s’étend sur 85 643 hectares (856 km2) avec plus de 64 000 habitants.

Une nouvelle charte a été signée le 30 juillet 2008, elle s'étalera jusqu'en 2019 ; son président est André Guerraz.

En septembre 2011, le parc naturel des Bauges a obtenu le label Géoparc[4], le troisième en France et le trente-huitième en Europe.

Haut-lieux naturels[modifier | modifier le code]

  • cavités du plateau du Revard, où l'on trouve les cavités les plus longues et les plus profondes de Savoie.
  • sentier des tannes et glacières du Margériaz
  • sentier d'interprétation du Nant des Granges
  • sentier d'interprétation et tourbière des Creusates
  • sentier d'interprétation des Îles du Chéran
  • chemin des vignes en Combe de Savoie
  • synclinaux perchés de l'Arclusaz et du Trélod
  • sentier du mont Colombier

Activités[modifier | modifier le code]

Paysage depuis Le Revard, vers l'est : le mont Blanc émergeant derrière la montagne du Charbon et le Trélod
Flore et paysage remarquable de la Pointe de Galoppaz
Montagnes au-dessus des nuages dans les Alpes françaises - Photo prise depuis le Revard

Productions locales[modifier | modifier le code]

Fromages[modifier | modifier le code]

L’activité principale des Bauges a longtemps été l’élevage laitier, reconnue depuis le début des années 2000 par l’AOC fromagère « tome des Bauges »[5]. Cette tome (avec un seul « m » pour la différencier de la tomme de Savoie) est généralement fabriquée directement par les éleveurs en alpage (au chalet) ou éventuellement en demi-saison dans la vallée (à la ferme). Le même procédé peut être employé avec du lait de chèvre pour la fabrication de tomettes de « chevrotin des Bauges »[6].

Le lait est également collecté par des coopératives fruitières pour la fabrication du « Gruyère des Bauges »[7] et de l'« Emmental de Savoie »[8]. Certaines fromageries ont également élaboré des fromages qui leur sont propres[9] comme le Montpela, le Valbleu, etc.

On peut aussi signaler le « vacherin des Bauges »[10], un fromage rare de type Mont-d'or, ainsi que le « fromage de Tamié » produit par les moines cisterciens de l'Abbaye Notre-Dame de Tamié[11] qui est vendu à la boutique du monastère et dans les magasins de la région.

Divers[modifier | modifier le code]

La forêt est bien exploitée et fournit du bois de construction et de chauffage, ressource de nombreuses chaufferies municipales et de particuliers.

Les plantes aromatiques et médicinales sont utilisées pour la production de liqueurs, baumes, huiles, sirops, tisanes et apéritifs. Une marque « Produit du parc » protège (janvier 2008) la production de 6 producteurs et cueilleurs.

Le tourisme[modifier | modifier le code]

Randonnée[modifier | modifier le code]

Le tourisme vert l’été et de neige l’hiver est devenu une activité très importante (300 km de sentiers balisés).

Le massif se prête merveilleusement à la randonnée, qu'elle soit pédestre, à cheval ou VTT (préférer la région ouest, moins escarpée). Lescheraines, au cœur du massif, en est une base renommée.

Stations de sports d’hiver[modifier | modifier le code]

Les Bauges procurent des impressions alpines à une altitude pourtant modeste.

Un projet de station de ski avait également été initié sur la montagne de l’Arclusaz près du village d'École. Face aux oppositions et aux problèmes d'accès (la création de la route a provoqué un éboulement massif), ce projet a été abandonné.

Parapente[modifier | modifier le code]

Décollages au Revard et au Sire, à Montlambert au-dessus de Saint-Jean-de-la-Porte, au Morbié aux Aillons, au Semnoz, etc.

Spéléologie[modifier | modifier le code]

Le massif des Bauges recèle de nombreuses cavités souterraines. On distingue trois grands secteurs : le Margériaz, le secteur du Revard et le bois de Pré Poulain. Le secteur du Margériaz est réputé pour la longueur et la difficulté de ses méandres, en faisant ainsi des cavités particulièrement difficiles à explorer.

Canyoning[modifier | modifier le code]

Canyoning dans les gorges du Pont du Diable

Il existe quelques canyons de taille modeste. Le plus célèbre et le plus intéressant est le pont du Diable, gorge très étroite et très encaissée mais également très courte. Sa visite nécessite cependant un équipement spécifique et une bonne connaissance de l'activité.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Tamié[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Tamié.

Implantée à l'est du massif dans le vallon isolé de Tamié, sur le territoire de la commune de Plancherine, l'abbaye Notre-Dame de Tamié accueille une communauté monastique depuis sa fondation en 1133.

L'argenterie des Bauges[modifier | modifier le code]

L’« argenterie des Bauges », vaisselle traditionnelle en bois tourné, de préférence de l'érable sycomore[13] (Acer pseudoplatanus), qui faisait la renommée du pays et particulièrement du village de la Magne à Saint-François-de-Sales, n’est plus fabriquée que par un seul artisan. Elle avait pourtant la réputation de ne pas fendre même au contact de liquides brûlants et permettait donc la fabrication de louches, d'écuelles ou de pots à soupe.

Des tourneurs d'écuelles sont signalés autour du Mont Peney dès 1345 par un texte en latin consultable aux archives de Savoie. Leur technique est très certainement celle des tourneurs de la forêt : le tour à perche.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

De nombreux témoins de son patrimoine culturel jalonnent les routes, les sentiers des Bauges et les villages : croix de chemins, grangettes à colonnes ou à claies, séchoirs à tavalans, granges à clayonnages, fours à pains, bassins, oratoires…

Le cœur historique et culturel du massif comprend 14 villages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Lansard, Jean-Michel Asselin, Les Bauges : Chemins de vie, Glénat, coll. « Livres », 2006 (ISBN 2723455343)
  • Françoise Dantzer, Les Bauges : Terre d'art sacré, La Fontaine De Siloe, coll. « Les savoisiennes », 2005 (ISBN 2842062728)
  • Eric Alibert, Parc naturel régional du massif des Bauges, Gallimard, coll. « Carnet de parc », 2001 (ISBN 2742408339)
  • François Gex, Les Bauges, chemins et vie d'autrefois, Cabedita, coll. « Sites et Villages », 2000 (ISBN 2882951671)

Romans

  • Yvonne Dubois, paysanne-romancière, habitant Allèves a écrit quatre romans se situant dans les Bauges, dont La Vallée des cyclamens (1983) et Couleur de terroir (2007) pour lequel elle a reçu le Prix spécial du Parc naturel régional du Massif des Bauges en décembre 2007.
  • Patrick Galan, Rififi dans les Bauges, 191 pages. Une rivalité passionnelle entre deux familles qui se disputent l'eau d'un torrent.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biplan : Le PNR du Massif des Bauges adopte son plan pastoral territorial
  2. Euromountains : Forêt et filière-Bois sur le massif des Bauges
  3. Parc naturel régional du Massif des Bauges : la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
  4. « Géoparc : le parc des Bauges rejoint la liste du patrimoine géologique mondial », sur Actu-Environnement, Cogiterra,‎ 19 septembre 2011 (ISSN 2107-6677, consulté le 14 juillet 2012)
  5. Coopératives laitières et viticoles de la Savoie :Tome des Bauges
  6. Le guide des fromages : Le chevrotin des Bauges
  7. Coopératives laitières et viticoles de la Savoie : Chambéry, Bauges, Combe de Savoie
  8. Coopératives laitières et viticoles de la Savoie : Emmental de Savoie
  9. Les Aillons : fromagerie du val d'Aillon
  10. Fromages de terroir : le vacherin des Bauges
  11. Abbaye Notre-Dame de Tamié : la fromagerie
  12. Office de Tourisme des Aillons-Margériaz
  13. Office de tourisme du Coeur des Bauges : Jean-Paul Pernet - Argenterie des Bauges