Épicormique

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Bourgeons épicormiques, qui ici ne produiront finalement pas de branches suite à un ombrage trop important en été

Le mot et adjectif « épicormique » désigne toutes les structures apparaissant à la surface des troncs des arbres vivants.

Le sylviculteur craint les bourgeons épicormiques qui - s'ils poussent en groupe sur le tronc ou se transforment en branche gourmande - altèrent l'aspect du bois (légère coloration à l'endroit d'un bourgeon épicormique), en diminuant sa valeur commerciale.

Origine[modifier | modifier le code]

Bourgeons et gourmands qui sont les principales structures épicormiques apparaissent naturellement à partir de stimuli (lumière, blessures, infections, tensions, etc.). D'autres structures (type balais de sorcière par exemple) sont d'origine parasitaire, fongique, tumorale ou microbienne.

Une fois apparues, certaines « structures épicormiques » évoluent avec l'âge de l'arbre et selon l'essence et le contexte considéré, mais elles peuvent perdurer toute la vie de l'arbre.

Le cas des bourgeons épicormiques[modifier | modifier le code]

Ils sont composés d'un méristème terminal entouré d'écailles à la base desquelles de nouveaux bourgeons sont produits en continu, durant la croissance de l'arbre, mais la plupart mourront.

  • On les dits primaires quand ce sont des bourgeons axillaires primaires non développés.
  • Ils sont dits secondaires s'ils apparaissent suite au développement ou à la mort d'un bourgeon axillaire primaire.

Une étude récente sur les bourgeons épicormiques de chêne sessile (Quercus petraea Matt. Liebl.) a montré qu'une fois apparus, ils pouvaient perdurer au moins 40 ans sur l'écorce d'un chêne sessile. Les traces colorées laissées dans le bois par ces bourgeons sont d'origine vasculaire et proviendraient du cambium de l'arbre et non du bourgeon même[1].

Potentiel épicormique[modifier | modifier le code]

En sylviculture, le potentiel épicormique d'un arbre est donné par le nombre de bourgeons épicormiques (primaires et secondaires) présents à un moment donné pour une unité de longueur définie[2]. Dans la forêt, ces bourgeons sont normalement rares, mais ils peuvent apparaître brutalement suite à une mise en lumière (trouée, chablis) qui réveille ce potentiel sur le tronc et les branches charpentières. Inversement, l'ombre, le froid tardif, des insectes ou maladies peuvent diminuer ce potentiel par exemple en transformant des bourgeons épicormiques en gourmands ou en les tuant.

Certaines pratiques sylvicoles ou de gestion des arbres d'ornement, ou fruitiers cherchent à éliminer les épicormiques du tronc pour le rendre plus rectiligne et produire un bois sans traces colorées, ou simplement bien rectiligne ; par l'émondage traditionnel d'arbres isolés, ou d'arbres émergeant du bocage par exemple. Dans une forêt dense l'ombre et un certain autoélagage joue ce rôle naturellement, mais les coupes d'éclaircies peuvent induire la pousse de centaines gourmands sur les troncs. Ils sont parfois coupés à la main par le forestier, au moyen d'outils spéciaux, mais au risque de provoquer des plaies vectrices de maladies pour l'arbre.

En lisière ou après des coupes rases, des épicormiques se développent sur les semenciers conservés pour la régénération naturelle ou les arbres brutalement exposés au soleil.

Structures et pousses épicormiques[modifier | modifier le code]

Elles regroupent[3] ::

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche INIST/CNRS relative à un travail de Florence Fontaine et Jean Claude Audran, Université de Reims, 1999
  2. Exemple pour le chêne
  3. COLIN F., FONTAINE F., NINGRE F. [2007]. Gourmands et autres épicormiques du chêne et du hêtre. Partie I : un renouvellement des concepts pour une réactivation des recherches. Forêt Wallonne 87 : 36-48 (13 p., 7 fig., 1 tab., 9 réf.).