Diana Mitford

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Diana Mitford (née le 17 juin 1910 à Belgravia en Londres - ou le 10 juin[1], - et morte à Paris le 11 août 2003), une des sœurs Mitford, est une personnalité du mouvement fasciste anglais et une amie d'Adolf Hitler.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Elle est une des filles de David Mitford, second Lord Redesdale, et de Sydney Bowles, et quatrième enfant, après Nancy, Pamela et Thomas ; trois autres sœurs viendront : Unity, Jessica et en 1920 Deborah, future duchesse de Devonshire.

Son grand-père paternel, lord Redesdale, pair du royaume, grand propriétaire foncier dans les Cotswolds, où vers 1890 il fit démolir le château XVIIIe de Batsford à Moreton-in-Marsh, jugé démodé et incommode, pour le remplacer à grands frais par un immense manoir de style « Tudor victorien », entouré d'un somptueux jardin oriental (devenu un arboretum de 25 hectares) avec arbres rares, pavillon japonais et grand statue en bronze de Bouddha - que sa famille fut obligée de vendre en 1919 à lord Dulverton - ancien diplomate, lettré et connaisseur de la Chine et du Japon, collectionneur, avait traduit des ouvrages en japonais et publié en 1873 Tales of old Japan, ouvrage adoré par l'écrivain Robert Louis Stevenson et que le peintre et poète Dante Gabriel Rossetti gardait à son chevet[2].

Jeunesse et vie mondaine[modifier | modifier le code]

Diana grandit dans l'ombre de sa sœur Nancy qu'elle admire beaucoup et avec qui elle partage sa passion pour la lecture. Sa jeunesse est plutôt morne : l'éducation qu'elle reçoit, surtout de sa mère, est sévère, et il n'est pas question, comme pour toutes les jeunes filles de l'aristocratie anglaise, qu'elle reçoive un enseignement en dehors de la musique et des bases nécessaires.

Dès l'année de son entrée dans le monde, en 1929, elle épouse le richissime Bryan Walter Guinness, lord Moyne, héritier d'un propriétaire de brasseries. Ils auront deux enfants, Jonathan et Desmond, et elle mène pendant ces quelques années une vie mondaine.

Devenant l'une des égéries des Bright Young Things, son foyer est sans cesse occupé par des réceptions somptueuses et elle reçoit tous les jours ses nombreux amis, parmi lesquels Evelyn Waugh, qui deviendra un célèbre écrivain, Lytton Strachey, pilier du Bloomsbury Group, Emard Cunard, le compositeur et homosexuel Lord Berners (en), etc.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Elle rencontre en 1932 Oswald Mosley, le chef des « fascistes » anglais et devient sa maîtresse ; finalement, elle divorce, mais afin de ne pas perdre son statut financier, aux seuls torts - inventés - de son époux en juin 1933. Mosley ne voulant pas « perdre » son autre maîtresse et belle-sœur, Alexandra Metcalfe, dite « Baba » (épouse d'un ami intime du prince de Galles), ils se marient secrètement en 1936 en Allemagne, chez le couple Goebbels, et en présence d'Hitler, qui les félicitera.

Deux enfants naissent de ce mariage : Alexander et Max, et ce n'est qu'en 1938 que le mariage sera révélé, suscitant un nouveau scandale dans la presse britannique.

Avec sa sœur Unity, elle avait en effet rencontré plusieurs fois Adolf Hitler en Allemagne et lui vouait un véritable culte, quoique plus « raisonnable » que sa sœur. Devenue une proche amie de Magda Goebbels, elle réussit à obtenir des fonds pour les Blackshirts (l'équivalent britannique des Chemises noires italiennes), les miliciens du British Union of Fascists.

Elle tentera également de négocier un projet commercial d'émission radiophonique à destination du Royaume-Uni, à partir d'Allemagne, afin de renflouer les caisses du BUF. Après de longues négociations et malgré l'opposition de Goebbels, elle obtient finalement l'accord des dignitaires nazis, mais celui-ci échouera avec le début de la guerre ; le projet ne sera révélé que bien plus tard.

De retour en Angleterre, Mosley et Diana, signalés aux autorités britanniques - ce qu'elle n'apprit jamais - par sa sœur Nancy, qui la jugeait plus dangereuse que son époux, sont arrêtés en juin 1940 pour lien avec l'ennemi et incarcérés à la prison londonienne de Holloway jusqu'en 1943 où ils seront libérés (Mosley pour raisons de santé) mais ils n'obtiendront la restitution de leur passeport qu'en 1947 ; en 1951, ils s'installeront en Irlande.

Retraite dorée en France[modifier | modifier le code]

En décembre 1950, les Mosley découvrirent et acquirent l'ex-« Temple de la Gloire  » du général Moreau à Orsay (France, Essonne) qu'ils aménagèrent et décorèrent pour y vivre en famille et mener à nouveau une vie politico-mondaine fastueuse, étant proche du duc et de la duchesse de Windsor, qui partageaient d'ailleurs leurs opinions extrêmistes.

Veuve en décembre 1980, Diana Mosley continua d'y vivre jusqu'en 1999 ; celle qu'une nurse avait trouvé à sa naissance « trop belle pour vivre longtemps » mourra à plus de 93 ans dans un appartement parisien orné seulement du portrait de sa mère par Paul Helleu que celle-ci avait connu lorsqu'elle accompagnait son père, Thomas Gibson-Bowles, sur son voilier, qu'il amarrait à Trouville, à côté de celui du peintre.

Vers 1920, lors d'un séjour à Paris avec ses filles, lady Redesdale lui rendit visite ; il remarqua la beauté de Diana (16 ans) et la peindra à son tour.

S'étant mise à écrire comme ses sœurs, elle publia en 1977 son autobiographie, A Life of Contrasts, puis un hommage aux amis de la famille Mitford, Loved Ones (1985).

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Annick Le Floc'hmoan (op. cit, p. 15).
  2. Annick Le Floc'hmoan, op. cit, p. 16.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]