Crans-Montana

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Crans-Montana
Vue aérienne de la station.
Crans-Montana au bord du lac.
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Valais
District Sierre
Commune Montana
Langue Français
Site web www.crans-montana.ch
Géographie
Coordonnées 46° 18′ 37″ Nord 7° 28′ 31″ Est / 46.310278, 7.475278 ()  
Massif Alpes bernoises
Altitude 1 500 m
Altitude maximum 2 995 m
Altitude minimum 1 500 m
Ski alpin
Lié à Crans-sur-Sierre, Barzettes, Montana, Aminona
Remontées
Nombre de remontées 22
Funitels et funiculaires 1
Télécabines 4
Télésièges 7
Téléskis 9
Fils neige 1
Débit (personnes/heure)
Pistes
Nombre de pistes 39
     Noires 3
     Rouges 22
     Bleues 14
Total des pistes 140 km
Installations
Nouvelles glisses
2 snowparks
Neige artificielle
Canons ± 230

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Crans-Montana

Crans-Montana se situe sur le plus grand plateau des Alpes, face à un panorama à nul autre pareil, à 1 500 mètres d'altitude. Sa population fluctue suivant les saisons, de 6000 habitants à l'année à 50 000 habitants lors du pic de fréquentation touristique. L'entier du territoire - la station avec les villages en contrebas - compte 15 000 habitants. La destination touristique s'est développée depuis la fin du XIXe siècle: elle n'était autrefois qu'un vaste plateau parcouru par les troupeaux et leurs gardiens, elle est aujourd'hui une petite ville à la montagne de renommée internationale, grâce notamment aux compétitions de golf et de ski qu'elle accueille chaque année. De nombreuses activités de loisirs et culturelles s'y sont développées, attirant vacanciers et visiteurs en hiver comme en été. C'est pour profiter de son climat «méditerranéen» que sont venus les premiers touristes: la durée d’ensoleillement annuelle à Crans-Montana est environ 30% plus élevée que celles du nord de l’Europe.

Crans-Montana est à cheval sur six communes distinctes qui, selon la tradition valaisanne du remuage, s’étendent de la plaine du Rhône aux neiges éternelles du glacier de la Plaine Morte, à 3 000 mètres d'altitude. L’administration de ce territoire commun est confiée à l’ACCM (Association des Communes de Crans-Montana) qui réunit des représentants des six municipalités.

Histoire[modifier | modifier le code]

Crans-Montana s’est développée sur l’horizontalité topographique, mais son histoire est faite de verticalité, liée au déplacement des paysans qui suivaient la nature au fil des saisons, montant d’étage en étage avec famille et bêtes. C’est ce que l’on appelle la transhumance, ou le remuage. Cette verticalité existe toujours puisque, politiquement, le plateau touristique est découpé en six entités communales distinctes: Icogne, Lens, Chermignon, Montana, Randogne et Mollens.

Le coteau a été habité par les civilisations anciennes; monnaies romaines, vestiges d'un cimetière de l'âge du bronze, tombes du premier âge du fer témoignent de ce passé. Des noms de lieux, comme la Chaux ou la Tsa, révèlent des origines celtiques et romaines.

L'avènement du tourisme a complètement changé le développement de la région où les habitants sur le coteau vivaient de l'agriculture, de l'élevage du bétail, dans des conditions plutôt difficiles, dans une autarcie presque complète.

À la fin du XIXe siècle, dans la plaine valaisanne du Rhône, les hôtes en transit entre Paris et Milan sont toujours plus nombreux à s’arrêter. Ils jettent un regard intéressé vers ce coteau, et le plateau qu'ils imaginent accueillant. Mais seuls le visitent vaches, paysans et chasseurs. On raconte que ce sont justement deux chasseurs, Louis Antille et son ami Michel Zufferey qui, fusil à l’épaule, s’arrêtent un jour sur ce plateau en se disant que ce serait un endroit merveilleux pour y construire un hôtel. Ils le construiront en 1890.

Contrairement à nombre de stations suisses qui se sont créées autour d’un noyau villageois, le Haut-Plateau (appellation qui fait référence à la topographie du lieu) s’est donc développé dans une zone de pâturages sans aucune habitation permanente.

Le premier hôte de la station arrive à l'Hôtel du Parc en 1892. Venu du lointain Brésil, il a ouvert le livre de l’histoire du tourisme à Crans-Montana. Pendant cinq ans, l’Hôtel du Parc sera le seul logis de la région, c’est une bâtisse d’une quarantaine de chambres chauffées chacune par un fourneau à bois. Elle existe aujourd'hui encore.

Depuis lors, la station a grandi progressivement autour de trois pôles: Montana dès la fin du XIXe siècle (avec le tourisme de cure, puis le tourisme hivernal), Crans dès le début du XXe avec le tourisme sportif (golf et ski), et enfin Aminona dès les années 1970, sur le modèle des stations intégrées de sports d’hiver.

Géographie[modifier | modifier le code]

Crans-Montana n'est pas un plateau, au sens géomorphologique du terme: le Haut-Plateau correspond à une série d'éperons rocheux alignés dans l'axe de la vallée du Rhône et séparés par des dépressions parfois occupées par des lacs[1]. Sur le coteau, les pentes sont fortes et plongent en direction de la plaine; y pousse la vigne et s'y trouvent quelques villages (Chelin, Vaas, Ollon, Corin) autrefois occupés seulement durant la saison des travaux des vignerons, maintenant habités toute l'année. À partir de 1000 mètres d'altitude, la pente s'adoucit quelque peu: ici ont pris place les villages principaux, Icogne, Lens, Chermignon-d'en-Haut, Montana-Village, Randogne et Mollens. Autour des agglomérations, les forêts ont été défrichées et transformées en cultures ou en prairies. Entre 1300 et 1400 mètres, la forêt reprend le dessus. Puis on débouche sur le Haut-Plateau proprement dit, entre 1400 et 1500 mètres. La partie plus ou moins plane est étendue sur 2 à 3 kilomètres carrés; à l'ouest, le golf alpin penche en direction de la vallée de la Liène; dès le centre de Montana, les pentes s'orientent vers l'est en direction de la vallée de la Sinièse. Si on continue à prendre de l'altitude, on arrive dans la forêt, les pâturages et les champs de ski. Tout en haut, à 3 000 mètres, trône le glacier de la Plaine Morte.

Climat[modifier | modifier le code]

C'est avant tout la situation géographique et le climat qui ont fait la fortune des stations touristiques de Montana-Vermala, Crans-sur-Sierre, puis Aminona. La région jouit d'un climat aux allures méditerranéennes. En effet, Crans-Montana n’a pas à rougir à côté des stations balnéaires: les étés sont secs et ensoleillés, le soleil est présent neuf jours sur dix, les hivers sont froids et bien enneigés, le soleil se montrant en moyenne trois jours sur quatre. C'est ce qui est ressorti d'une étude publiée en 2008, basée sur l'étude de vingt ans de données météorologiques, réalisée par METEORISK.

La durée moyenne d’ensoleillement annuelle à Crans-Montana est de 2300 heures.

Plus que la durée d’ensoleillement, c’est la fréquence des journées ensoleillées qui est remarquable: - trois jours sur quatre en hiver et neuf jours sur dix en été connaissent un temps au moins partiellement ensoleillé, - un jour sur deux en hiver et trois jours sur cinq en été voient le soleil prédominer.

La station doit ce bon ensoleillement aux conditions climatiques spécifiques du Valais central qui connaît un double effet de foehn mais aussi à sa localisation géographique particulière, sur ce haut plateau situé au pied des versants sud des montagnes de la rive droite du Rhône.

En croisant pluviosité et mesures des températures, l'auteur de l'étude Robert Bolognesi peut affirmer que «le diagramme est idéal pour une station touristique de montagne, avec de la neige assez abondante en hiver et un temps sec en été.»[2]

Une autre étude - Swiss Study On Air Pollution And Lung Diseases (SAPALDIA) - a analysé la pureté de l'air à Crans-Montana comme dans sept autres régions suisses. Si elle a prouvé l'influence néfaste de la pollution de l'air sur la santé, elle a aussi démontré que la population de Crans-Montana jouit d'un air pur, davantage qu'ailleurs, ce qui se répercute positivement sur l'état de santé de ses habitants et de ceux qui y séjournent. Les chercheurs ont pu prouver qu’en vingt ans, la pollution a régressé en Suisse. Et ils voient les conséquences sur la santé des habitants de ces régions qui ont participé à l’étude. Les habitants de Davos et des communes de Crans-Montana se portent même mieux que les gens du Plateau suisse, où la pollution est plus élevée que dans ces deux stations de montagne[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Depuis ses débuts, c'est le tourisme qui constitue le cœur de l'activité économique de Crans-Montana, aussi bien en hiver qu'en été, ou entre saisons. Tourisme de loisirs, tourisme d'affaires, tourisme culturel ou événementiel, tourisme médical ou de wellness.

L'offre d'hébergement touristique compte une trentaine d'établissements hôteliers - dont plusieurs ouverts à l'année - totalisant 1'200 chambres. Depuis 2010, on assiste à un renouveau de l'hôtellerie haut de gamme avec l'ouverture ou bien la rénovation complète d'hôtels prestigieux dont certains sont désormais classés parmi les meilleurs de Suisse. D'autres ambitieux projets de développement hôtelier sont en cours. Près de 2'000 chalets et appartements sont également proposés à la location touristique, certains avec service hôtelier complet.

Le point culminant de la fréquentation de la station a été atteint en 1993 avec 1 724 828 nuitées. Crans-Montana compte en 2014 environ 1,5 million de nuitées, dont près de deux tiers sont comptabilisés auprès des propriétaires de résidences secondaires et un tiers auprès des structures d’hébergement hôtelier ou para-hôtelier. Toutefois depuis une trentaine d’années, il faut relever que la proportion de nuitées d’hôtel s’est affaiblie au profit de l'hébergement touristique en résidences secondaires, en raison principalement de la conversion de nombreux établissements hôteliers en immeubles résidentiels. Cette tendance s'est aujourd'hui stabilisée[4].

L'économie touristique de Crans-Montana est également nourrie d'une riche offre gastronomique. Plus de 100 restaurants, bars et cafés - dont 25 sur le domaine skiable - animent la station et proposent un choix élargi d'expériences culinaires suisses et du monde entier.

La vigne et les vins constituent une part importante du patrimoine gastronomique et historique local, puisque plus de 30 vignerons encaveurs cultivent la vigne et produisent des vins à Crans-Montana, issus des cépages typiquement valaisans, dont les célèbres et emblématiques Cornalin et Petite Arvine.

Le secteur commerçant constitue l'un des points forts de l'activité touristique de Crans-Montana. 180 boutiques et commerces - dont beaucoup ouverts à l'année - ont donné à Crans-Montana le qualificatif de "paradis du shopping des alpes" selon Suisse Tourisme.

La Société de développement de Montana a été fondée en août 1905, celle de Crans-sur-Sierre en 1926. Une collaboration s'est instaurée entre les deux offices du tourisme au fil des ans, notamment sous la direction de Lélio Rigassi à la fin des années 1970. Plusieurs grands événements rapprochent encore les deux entités: l'arrivée du Tour de France à Crans-Montana en 1984, les Championnats du monde de ski alpin en 1987, l'open de golf (devenu Omega European Masters, le plus grand tournoi de golf d'Europe continentale). Le 18 novembre 1997, la fusion des deux sociétés de développement est entérinée: Crans-Montana Tourisme est né. L'organisme se nomme aujourd'hui Crans-Montana Tourisme & Congrès, marquant le fait Crans-Montana se profile comme la première destination congrès du canton du Valais, en raison de ses infrastructures spécifiques dans ce domaine: centre de congrès Le Régent avec 19 salles pouvant accueillir jusqu'à 2'000 personnes, 1'200 chambres d'hôtels, et une très riche offre d'activités sportives, culturelles et gastronomiques pour les congressistes.[5].

Politique[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le Grand Lens réunissait les communes d'Icogne, de Lens, de Chermignon et de Montana, alors que les communes de Randogne et Mollens travaillaient en lien avec les communes de la Noble Contrée (Venthône, Veyras, Miège et Sierre). La Grande Bourgeoisie de la Noble Contrée est le résultat de cette collaboration. Le XXe siècle a vu la dissolution du Grand Lens, suite à la consultation populaire de 1899. Montana et Randogne ont scellé leur rapprochement par la création d'une Intercommunale, en vue de régler notamment les problèmes d'eau et de police, rapprochement signé sous forme de convention approuvée par le Conseil d'Etat du canton du Valais le 23 juin 1933. La coopération des six communes s'est intensifiée dans les années soixante. Une des réalisations concrètes de ce rapprochement est la construction du centre scolaire intercommunal de Crans-Montana en 1966; s'y trouvent des classes du primaire et du secondaire.

Le 31 mars 1969, Randogne, Montana, Chermignon, Lens et Icogne signent une convention en vue de former une commission intercommunale pour l'aménagement du plateau de Montana-Crans.

En 1972, les présidents et conseillers des cinq municipalités se réunissent et décident de créer un organe intercommunal indépendant, la Commission de coordination et d'exécution, présidée par le divisionnaire Rünzi. Fin 1977, Mollens rejoint ce qui désormais s'appelle la Commission de coordination, s'installe alors une présidence tournante entre les six présidents de chaque commune. La Commission préavise, toutes les décisions sont au final prises au niveau du conseil municipal de chacune des communes, les dépenses communes sont réparties entre les six selon une clé de répartition ad hoc. Si la gestion des tâches s'est améliorée, depuis la réflexion intercommunale de la gestion du territoire commun, le système n'en reste pas moins lourd et engendre une certaine lenteur. Or la gouvernance de Crans-Montana doit gérer des problèmes toujours plus complexes.

La loi du canton du Valais sur les communes permet désormais de gérer un territoire commun par le biais d'une association. Le 11 mars 2007, les citoyens des six communes acceptent à une forte majorité des votants la création de l'Association des Communes de Crans-Montana. L'organisation se compose d'une assemblée des délégués, forte de 45 personnes (les conseillers municipaux des six communes plus des délégués nommés par ceux-ci), d'un comité directeur (composé par les six présidents), et de commissions permanentes[6] [7].

Transports[modifier | modifier le code]

Plusieurs routes permettent d'accéder à Crans-Montana depuis la plaine du Rhône en une demi-heure de voiture. Une quinzaine de kilomètres séparent le Haut-Plateau de l'autoroute qui mène à Genève, Zurich ou l'Italie (via le Simplon).

Les trains CFF desservent les aéroports de Genève, Zurich (via le Lötschberg) et Milan. L’aéroport de Sion est à 25 minutes de la station touristique. À noter qu'une place d'atterrissage pour les hélicoptères se situe en contrebas de la station (Chermignon), permettant aux particuliers de s'y poser.

En transports publics, depuis les gares ferroviaires de Sierre et de Sion, la montée peut se faire en autobus par les compagnies Car Postal (au départ de Sion) et SMC (au départ de Sierre). Crans-Montana est atteignable également grâce au funiculaire qui monte de Sierre en 12 minutes. Les transports en commun dans la station sont gratuits.

Les remontées mécaniques permettent d’atteindre une altitude de 3 000 mètres (Glacier de la Plaine Morte).

Hôtes prestigieux[modifier | modifier le code]

En consultant les premiers registres de l’Hôtel du Parc (premier hôtel de Crans-Montana), les historiens ont repéré les noms d’hôtes illustres: Lord Roberts, général britannique vainqueur de la guerre du Transvaal; Louis Lépine, gouverneur de l’Algérie, préfet de police à Paris; Paul Kruger, créateur de la république sud-africaine du Transvaal; Jean Jaurès, leader du socialisme français; le comte Ferdinand von Zeppelin, constructeur de dirigeables; Alfred Dreyfus, officier français condamné puis innocenté, venu se reposer de ses péripéties judiciaires à l'Hôtel du Parc. On pense notamment à Paul Klee ou à Katherine Mansfield. L’écrivaine ne semble pas se plaindre de son séjour, tout en avouant s’ennuyer un peu. De son balcon au chalet Les Sapins (à l’emplacement de l’actuel appart’hotel Helvetia Intergolf), elle décrit le panorama extraordinaire des Alpes. Une allée de Montana porte aujourd’hui encore son nom.

Alors que des personnalités célèbres viennent se soigner à Montana, d’autres viennent pratiquer le golf et le ski à Crans: on rencontre durant la Seconde Guerre mondiale et dans l’immédiat après-guerre les membres des familles royales de Belgique, d’Espagne, d’Italie et des Pays-Bas, des industriels et financiers comme les Philips et les Carnegie. À l’Hôtel du Golf, en été, on aperçoit des écrivains comme Jean Cocteau et André Malraux. Aujourd’hui, on croise toujours à Crans-Montana des personnalités du monde politique ou du show business[8] [9] [10].

Les sports[modifier | modifier le code]

Dès sa création, Montana acquiert une réputation de station de sports de neige: la première saison d’hiver est inaugurée en décembre 1905. C’est la Compagnie Sir Henry Lunn Ltd qui amène (amena) de nombreux clients: le pasteur méthodiste créa le Public Schools Alpine Sports Club dont les membres – tous issus de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie anglaise – fréquentaient ses hôtels, notamment le Palace Hôtel à Montana. Arnold, le fils d’Henry Lunn, a écrit plusieurs livres sur la méthode du ski. Il est l’inventeur du slalom. Henry Lunn a marqué l’histoire de Montana puisque c’est lui qui, en 1911, a organisé la première descente, la «Kandahar», qui s’appelait plus exactement The Roberts of Kandahar Challenge Cup. Les dix concurrents étaient partis la veille à pied pour gagner, après six heures de marche, la cabane du Wildstrubel où ils passèrent la nuit. Le lendemain, les sportifs prirent le départ tous en même temps. Le vainqueur fut Cecil Hopkinson: l’Anglais mit 61 minutes pour relier la Plaine-Morte à la station. Cette épreuve révolutionna l’histoire mondiale du sport blanc. En 2011, Crans-Montana a commémoré dans la bonne humeur le centième anniversaire de la première compétition de ski alpin de l’histoire.

Sir Arnold Lunn n’a pas seulement vanté dans ses ouvrages les charmes de l’hiver à Crans-Montana: il a décrit une vingtaine d’excursions et randonnées à pratiquer en été. Car, rappelons-le, les touristes venaient en Suisse d’abord en été pour escalader des sommets. Arnold Lunn en 1907 concède qu’à Montana, si l’offre en matière d’alpinisme ne peut concurrencer d’autres lieux dans les Alpes connus pour leurs sommets, la région offre des excursions idéales pour les débutants. Il ajoute qu’il n’est pas nécessaire, comme d’autres stations, de faire des heures de marche pour jouir d’une belle vue: le panorama est imposant à toutes les altitudes.

C’est aussi au dynamisme de la Cie Lunn que Crans-Montana doit son premier terrain de golf. Histoire d’attirer les hôtes anglais en été, le Palace construit un jeu de golf à proximité, neuf trous inaugurés en 1906 qui seront complétés par un dix-huit trous en 1908. C’est là, entre ces deux parcours, que se construit cette buvette qui donnera naissance en 1914 à l’Hôtel du Golf. Crans-Montana peut se targuer dès ce moment-là de disposer du plus haut golf du monde.

Le Golf-Club Crans-sur Sierre est devenu petit à petit le plus important du Valais. Deux figures mondialement connues ont dessiné les parcours 9 et 18 trous qui portent leur nom: Jack Nicklaus et Severiano Ballesteros.

Chaque année a lieu à Crans-Montana l'Omega European Masters, compétition de golf parmi les plus importantes en Europe après le British Open; elle a lieu chaque année au début du mois de septembre depuis 1939.

En 2014, Crans-Montana accueille le 15e Championnat du monde universitaire de golf, sur le parcours Ballesteros.

Le Golf-Club Crans-sur Sierre a réalisé le premier centre européen d'entraînement de golf en altitude reconnu par l'European Tour qui accueille, tout au long de l'année, dans sa structure indoor, débutants et joueurs confirmés<refSource: DUCREY Pierre. Histoire du golf de Crans 1906 - 2006. Editions Monographic, Sierre, 2006.</ref>.

Les balades équestres se développent et une première piste de chevaux est étudiée à Crans dès 1951; le manège de Montana sera construit dix ans plus tard, entre 1961 et 1963 par M. Roh et un Américain nommé Sherman; le centre équestre est rénové en 2010 et inauguré en 2011.

Le tennis prend de l’importance lui aussi au fil des années, des courts sont construits en 1930 à Crans, en 1932 à Montana.

Lorsque l’Hôtel du Golf est transformé (en 1928-1930), une plage est aménagée pour les clients au bord de l’Etang Long. Perpétuant la tradition, cet emplacement de choix voit désormais s'installer chaque été depuis 2012 le "Crans-Montana Beach Club" ouvert à tout public, avec plage de sable blanc, matelas et parasols, terrains de Beach Volley, buvette, parc de jeux et structures gonflables pour la baignade surveillée des enfants, et aussi le plus haut téléski nautique de Suisse. Sur les rives d’un autre lac, le Lac Moubra, on se baigne aussi en été. On y pratique également le pédalo et la voile. Un parcours accrobranches et des installations de fittness en plein air complètent l'offre sportive du lieu. C'est là qu'est projetée la construction d'un centre aquatique et ludique, qui a fait l'objet d'un concours d'architecture et d'une étude de la part du porteur du projet, l'Association des Communes de Crans-Montana.

Crans-Montana a accueilli en 1987 les Championnats du monde de ski alpin. Depuis 2008, le domaine skiable a été adapté aux impératifs liés à l'accueil de compétitions internationales de ski alpin. Plusieurs manches de la Coupe du monde Dames ont été organisées avec succès. Crans-Montana possède deux pistes homologuées par la FIS: la «Nationale» et, depuis l'hiver 2013-2014, la piste «Mont-Lachaux» inaugurée lors de la Coupe du monde Dames en mars 2014. La Coupe du monde Dames reviendra à Crans-Montana en 2016, 2017 et 2018, de quoi devenir une classique du circuit. À noter que Crans-Montana est candidate pour accueillir, comme en 1987, les championnats du monde de ski alpin.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

«Crans-Montana est une véritable cité à la montagne, écrit Patrimoine Suisse. Une ville chaotique à dominante automobile, au premier abord. Mais une ville qui, avec ses immeubles, ses parcs et ses galeries commerçantes, révèle de nombreux joyaux de l'architecture moderne et raconte une histoire passionnante.» Avec des constructions au caractère affirmé, les architectes ont donné à la station une identité.

Patrimoine Suisse a édité un guide qui invite le visiteur à partir à la découverte du patrimoine architectural de Crans-Montana.

Parmi les bâtiments dignes d'intérêt pour le patrimoine architectural suisse, retenons l'hôtel Bellalui, classé «Monument historique» en 2003. De style Bauhaus, le bâtiment est considéré comme une figure emblématique de l'architecture moderne dans les Alpes. Construit en 1929 par Flora Steiger-Crawford (première femme diplômée d’architecture en Suisse), Rudolf Steiger, Arnold Itten et Otto Senn, l’Hôtel Bellalui est l’un des derniers témoins du Neues Bauen dans les Alpes: toits plats servant également de terrasse, grandes baies vitrées continues. Autrefois maison de cure, il est aujourd'hui un hôtel rénové dans le respect de son style d'origine[11].

Culture[modifier | modifier le code]

Crans-Montana a très tôt proposé à ses hôtes une offre culturelle de qualité. De grands noms de la musique classique se sont produits à Crans-Montana. La musique, c'est aussi une tradition ancestrale dans les villages, avec les fanfares qui, stimulées par la concurrence (elles se distinguent par l'origine politique de leurs membres), produisent d'excellents musiciens. À Chermignon, l'Ancienne Cécilia est montée plusieurs fois sur la première place du podium: elle fut par exemple Championne Suisse 2011 catégorie Brass Band Excellence.

Aujourd'hui, la station cherche à donner à la culture une place d'importance. La musique classique est présente chaque année à Crans-Montana, au travers de l'organisation de magnifiques concerts mis sur pied par des organisations locales.

La musique contemporaine est à Crans-Montana synonyme de Caprices Festival, qui réunit des dizaines de milliers de spectateurs chaque année depuis 2004. Ses fondateurs - des étudiants de la région - avaient choisi le mot Caprices comme référence au capriccio, cette forme musicale qui donne son nom à des pièces ou à des mouvements (capriccioso) le plus souvent enjoués et de forme libre. Le Caprices Festival est aujourd'hui une organisation professionnelle qui amène à Crans-Montana des têtes d'affiche de renommée internationale[12].

En hiver 2013 a ouvert la Fondation Pierre Arnaud, dotant la région d'un centre d'art d'envergure internationale. Situé à Lens, le centre d'art accueille des expositions temporaires, une en été, une en hiver[13].

L'Ecomusée du remuage à Colombire retrace les étapes de la transhumance. Des mayens (démontés et reconstruits pour constituer le Hameau de Colombire) sont reliés par un chemin, le visiteur découvre le système d’exploitation verticale de la terre nécessaire pour répondre aux besoins de l’élevage et l’agriculture (remuage saisonnier entre les villages, les mayens et l’alpage)[14].

À Lens, le musée Le Grand Lens a ouvert en 1992 et a été réaménagé et rénové depuis. Il est une vitrine des mutations de la région du Grand Lens (Icogne, Lens, Chermignon, Montana,)[15].

En 2006, des passionnés de modélisme créent une fondation ayant pour but de conserver et mettre en valeur des pièces uniques de trains modèles réduits. Le Musée des trains miniatures de Crans-Montana est unique en Suisse. Il présente une rétrospective sur l’histoire ferroviaire et les modes de vie du passé jusqu’à nos jours au travers de plusieurs expositions. Il est à visiter après une montée depuis Sierre avec le funiculaire, construit en 1911, qui arrive à Montana; il est aujourd'hui le plus long funiculaire d’Europe à ciel ouvert[16].

Crans-Montana dispose d'une bibliothèque très bien fournie qui est aussi est un agréable lieu de rencontre[17]. La salle de cinéma - équipée pour les films 3D - présente un programme riche et souvent avec des films en VO, répondant aux attentes d'une clientèle touristique internationale[18].

Éducation et formation[modifier | modifier le code]

Si Crans-Montana est d'abord synonyme de vacances, l'endroit est aussi un lieu propice aux études. Les Roches International School of Hotel Management - classée 2e meilleure école hôtelière au monde par l'institut TNS Sofres - accueille chaque année 1200 étudiants des quatre coins du globe sur son campus à Bluche. L'International Summer Camp Montana est depuis 50 ans la référence des camps d'été pour les jeunes de 9 à 17 ans. Dès 2015, Le Régent Crans-Montana Collège préparera les enfants et les jeunes au Bac international (l'établissement est en cours de construction)[19].

Domaine skiable[modifier | modifier le code]

Vue sur le plateau de Crans-Montana (fin d'hiver)

Une station de sports d'hiver renommée internationalement a été aménagée sur les hauteurs très exposées au soleil de Crans-Montana et d'Aminona. Le premier téléski a été construit en 1928. Elle propose un vaste domaine skiable de 140 km de pistes de ski balisées, d'une surface de plus de 350 hectares, desservi par 22 remontées mécaniques dont certaines très récentes, à l'image du nouveau télésiège de la piste de ski de la Nationale. En 1987, la piste desservie par ce télésiège a accueilli les championnats du monde de ski. Le domaine culmine à 2 927 mètres à Plaine Morte, au sommet du funitel et où ont été aménagées deux courtes pistes de ski alpin, ainsi qu'une piste de ski de fond directement sur le glacier. Une longue piste part du sommet et rejoint le point de liaison avec le sous-domaine d'Aminona. Il comporte aussi un snowpark à Cry d'Err, inauguré en 2011.

Le sous-domaine d'Aminona est relativement excentré et difficilement relié avec le domaine principal au moyen d'un lent télésiège qui rejoint la gare de départ du funiculaire. Il est principalement constitué de courtes pistes et de routes de liaison enneigées. Il comporte aussi une piste de luge de 7 km de longueur ainsi qu'un snowpark. L'accès direct depuis Aminona au secteur d'altitude par la vieille télécabine n'existe plus depuis la fin de la saison 2014 et le démantèlement de la remontée. Son remplacement est conditionné à la réalisation d'un nouveau projet immobilier à Aminona.

Un projet de liaison existe avec le domaine skiable voisin d'Anzère. Il reste conditionné à l'obtention du budget nécessaire pour la construction des remontées.

Le domaine offre aussi un jardin des neiges, une cascade de glace et une piste de Kilomètre lancé. Des pistes de ski de fond sont également proposées, notamment sur le Glacier de la Plaine Morte (12 km) et sur le plateau.

Le domaine skiable comporte 22 remontées mécaniques :

  • 1 Funitel, télécabine double-câble débrayable très longue portance,
  • 4 Télécabines, dont trois avec station intermédiaire (Merbé pour le Cry d'Er "Montana-Cry d'Er', Signal pour le Grand Signal "Montana-Cry d'Er", et Marolires pour les Violettes "Montana-Violettes"),
  • 7 Télésièges, dont deux avec étape intermédiaire,
  • 9 Téléskis,
  • 1 tapis roulant.

La saison hivernale s'y termine généralement à la fin avril, quoique la forte exposition des pistes au soleil impose alors parfois le retour en station en cabines.

De nombreux événements sportifs de grande renommée ont été organisés sur le domaine skiable de la station, comme les championnats du monde de ski en 1987, la coupe du monde femme de descente et combiné en 2008, et Interski 2003 en 2003.

En été, certaines installations sont ouvertes pour les promeneurs ainsi que pour les VTT, pour lesquels il existe plusieurs pistes de descente. La station offre à ses visiteurs le choix d'un grand nombre de promenades de tous niveaux, sur un réseau de chemins de 135 km.


Manifestations importantes[modifier | modifier le code]

  • Tournoi de golf Omega European Masters
  • Concours Hippique International Crans-Montana Jumping International***
  • Festivals de musique Caprices festival (printemps), Les Sommets du ClassiquE (été) et Les semaines musicales de Crans-Montana (hiver)
  • Divers séminaires au centre de congrès Le Régent
  • Meeting International Fiat 500, chaque année fin août[20]
  • Session du Forum de Crans Montana à la fin de chaque été
  • Meeting de Jeep américaines "Jeep-Heep-Heep", chaque année fin septembre depuis 1997
  • Relais multi-sport Terrific[21]
  • Manche de l'IRC et du championnat d"Europe des Rallyes. Étape à Crans-Montana (du 28 au 30 octobre 2010).
  • Coupe du Monde de Super G et Slalom Géant masculin du 24 aù 26 février 2012 à Crans-Montana.
  • La station accueille régulièrement l'arrivée d'étapes du Tour de Romandie et du Tour de Suisse (mi juin).
  • Le Cristal Festival, concours international de publicité, en décembre.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Roger Moore (*1927), acteur anglais, habite à Crans-Montana et à Monaco
  • Sophia Loren (*1934), actrice italienne, possède un appartement à Crans-Montana

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source: REYNARD Emmanuel. La trame naturelle: un plateau qui n'en est pas un! Un siècle de Tourisme à Crans-Montana, Editions Porte-Plumes, Ayer, 2005, p. 24 et ss.
  2. Source: METEORISK, Le climat de Crans-Montana - Etude climatologique pour la période 1985-2005. Sion, octobre 2008.
  3. Source: EMERY MAYOR Danielle, Prenez l'air à Crans-Montana, Sixième Dimension, 6 avril 2011, N. 39, p. 1. http://sixieme-dimension.ch/wp-content/uploads/2011/12/6D39_06-04-2011.pdf.
  4. Source: Règlement Intercommunal sur les résidences secondaires (RIRS), documentation d'information de l'Association des Communes de Crans-Montana, 2014. http://www.cransmontana.ch/documents/reglement-sur-les-residences-secondaires.aspx
  5. Source: Un siècle de tourisme à Crans-Montana, Editions Porte-Plumes, Ayer, 2005.
  6. Sources: De la Commission Rünzi à l'Association des Communes de Crans-Montana, L'Encoche, revue d'information de la Commune de Montana, décembre 2007, N. 11 http://www.montana.ch
  7. Statuts de l'Association des communes de Crans-Montana, www.cransmontana.ch
  8. Source: THURRE Pascal. Crans-Montana, un autre regard. 1893 - 1993. Edité par les 6 communes de Crans-Montana, 1992.
  9. Source: BAGNOUD Marius, BARRAS François. Crans-sur-Sierre, Montana-Vermala. Editions Craviolini et Grand, Sierre, 1980.
  10. Source: Un siècle de tourisme à Crans-Montana, Editions Porte-Plumes, Ayer, 2005.
  11. Source: Crans-Montana, une cité à la montagne. Edité par Patrimoine suisse http://www.patrimoinesuisse.ch/fileadmin/heimatschutz_vs/user_upload/documents/crans-montana.pdf Collection "Découvrir le patrimoine"
  12. http://www.caprices.ch
  13. http://www.fondationarnaud.ch
  14. http://www.colombire.ch
  15. http://www.lens.ch/_fr/index.php?option=com_content&view=article&id=98&Itemid=345
  16. http://www.trains-miniatures.ch
  17. http://biblio.cransmontana.ch
  18. http://www.cinecran.com
  19. Source: Brochure touristique 2014, éditée par Crans-Montana Tourisme http://issuu.com/cransmontanatourisme/docs/cmtc_moodmaking_fr
  20. organisé par l'association Amicale valaisanne de la 500 des Alpes
  21. Terrific Crans--Montana

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]