Babar

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Babar
Personnage de fiction apparaissant dans
Histoire de Babar (1931).

« Mariage et couronement du roi Babar et de la reine Céleste », aquarelle extraite d'Histoire de Babar, le petit éléphant (1931).
« Mariage et couronement du roi Babar et de la reine Céleste », aquarelle extraite d'Histoire de Babar, le petit éléphant (1931).

Sexe Masculin
Espèce Éléphant
Activité(s) Roi
Famille Céleste (épouse), Pom, Flore, Alexandre et Isabelle (leurs enfants), Arthur (son cousin et petit frère de Céleste), Badou (petit fils de Babar et Céleste)
Ennemi(s) Rataxès (le roi des rhinocéros)

Créé par Jean de Brunhoff

Babar est un éléphant de fiction, héros de la littérature d'enfance et de jeunesse créé par Jean de Brunhoff.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est l'épouse de Jean de Brunhoff, Cécile, qui est à l'origine de Babar[1]. Elle a coutume de raconter des histoires à ses deux fils, Laurent et Mathieu. Parmi celles-ci, celle qui décrit les aventures d'un petit éléphant qui s'enfuit à pied de la forêt pour échapper au chasseur et arrive dans une ville où il s'habille comme un homme. Revenu chez lui en voiture, il y rapporte les bénéfices de la civilisation et est couronné roi des éléphants.

Ce récit de leur mère pianiste leur plaît tellement qu'ils le racontent à leur père, artiste peintre. L'idée lui vient alors d'en faire un livre illustré pour un usage familial. Son frère Michel de Brunhoff et son beau-frère Lucien Vogel, enthousiasmés, le publient en grand format aux Éditions du Jardin des Modes sous le titre L'Histoire de Babar le petit éléphant (1931), à l'époque de l'Exposition coloniale.

Les albums connaissent un succès inouï avec quatre millions d'exemplaires vendus avant 1939, après que la maison Hachette a racheté en 1936 les droits aux Editions du Jardin des Modes. Babar rencontre également un grand succès aux États-Unis et en Grande-Bretagne. De 1940 à 1946, Francis Poulenc en réalise une mise en musique pour récitant et piano, plus tard orchestrée par Jean Françaix. À la disparition de son père en 1937, c'est Laurent de Brunhoff qui poursuit les aventures de Babar et les adapte pour la télévision française en 1969.

Laurent de Brunhoff s'installe en 1985 aux États-Unis et confie en 1987 à la Clifford Ross Company la charge de choisir les sociétés à qui accorder les licences de produits dérivés. La société Nelvana, détenant la franchise au Canada et voulant multiplier ces produits dérivés, entre en conflit avec la Clifford Ross Company, la bataille judiciaire ne s'achevant qu'en 2000[2].

La famille Brunhoff ayant fait don de dessins préparatoires de trois des premiers albums à la Bibliothèque nationale de France, 2006 voit la consécration de Babar en France, avec son entrée dans les collections de cette bibliothèque[3].

En 2011, 13 millions d'exemplaires des 75 albums sortis ont été vendus dans le monde et traduits en 27 langues[4].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Après que sa mère a été tuée par un chasseur, Babar l'éléphanteau quitte sa jungle et arrive épuisé dans une grande ville[5], où il se lie d'amitié avec la Vieille Dame qui pourvoit à son éducation. Après peu de temps, il retourne finalement dans le clan des éléphants fuyant le chasseur. À la suite de la la mort du roi ayant mangé des champignons vénéneux, et pour avoir déjoué les plans du chasseur et libéré les siens, Babar est couronné roi (royaume de Babar (en)), se marie avec sa cousine Céleste, restaure la paix et fonde la ville de Célesteville[6] dans laquelle chaque peuple animal construit sa maison avec son architecture particulière et vit selon ses propres coutumes.

La mort de sa maman, qui débute la première aventure de Babar en langue française, est absente de la version américaine.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Céleste : la cousine et femme de Babar, elle est reine
  • Pom, Flore, Alexandre et Isabelle : les quatre enfants de Babar et Céleste
  • Zéphir : un des plus anciens amis de Babar (c'est un singe)
  • Arthur : le jeune beau-frère malicieux de Babar (petit frère de Céleste)
  • la vieille dame : une amie (humaine) de Babar. C'est elle qui lui a enseigné la vie en ville.
  • Cornélius : le plus vieil éléphant et le conseiller de Babar
  • Pompadour : l'autre conseiller de Babar
  • Poutifour : le jardinier de Babar
  • Rataxès : le roi des rhinocéros
  • Dame Rataxès : la femme de Rataxès
  • Basil : le conseiller de Rataxès
  • Victor : le fils de Rataxès
  • Podular : le sculpteur de chaises
  • Badou : le fils de Pom et petit fils de Babar et Céleste
  • Rhudy : le fils de Victor et petit fils de Rataxès et Dame Rataxès
  • Zilean : le mangeur de tables

Symbolique[modifier | modifier le code]

Babar introduit chez les éléphants une forme très française de civilisation occidentale (entre autres il les fait s'habiller en costume occidental), certains y ayant pu voir une apologie de la colonisation par Jean de Brunhoff[7]. La Vieille Dame comme les peuples animaux peuvent symboliser des Républiques, alors que Babar représente une monarchie pacifiée. En passant du statut de l'enfant à celui d'adulte et du statut d'animal à celui d'homme (anthropomorphisation qui permet à l'enfant de s'identifier), le héros marque des rites de passage classiques du ressort[8].

Apport de Babar à la littérature de jeunesse[modifier | modifier le code]

Le format choisi par la famille Brunhoff pour éditer les histoires de Babar est une révolution. Avant cela, les albums illustrés pour la jeunesse étaient de petite taille et les images ressemblaient plutôt à des vignettes. Avec Babar, c'est l'avènement de l'album grand format aux doubles pages illustrées[9].

La technique de dessin employée par Jean Brunhoff est également une innovation dans le domaine : en premier lieu tracés à l'encre de chine, les dessins sont ensuite colorés par de riches aplats d'aquarelle. En résultent des couvertures et des illustrations aux couleurs lumineuses et éclatantes[9].

Lieux[modifier | modifier le code]

Babar a été créé à Chessy, petite bourgade de Seine-et-Marne, qui baptise actuellement de nombreux noms de rues et de bâtiments selon des noms de lieux de la bande dessinée. La maison qui a été le berceau de Babar existe toujours. Chessy, fier de cette histoire, a même édifié une statue de Cornélius dans l'une de ses écoles maternelles.

La chanson des éléphants[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la vieille chanson des mammouths. Le vieux Cornélius lui-même ne se rappelle plus la signification des paroles.

Patali Dirapata, Cromda Cromda Ripalo, Pata Pata, Ko Ko Ko
Bokoro Dipoulito, Rondi Rondi Pepino, Pata Pata, Ko Ko Ko
Emana Karassoli, Loucra Loucra Ponponto, Pata Pata, Ko Ko Ko.

Le roi Babar[10]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par Jean de Brunhoff[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Babar - Paris : Éditions du Jardin des Modes, groupe de publications Condé Nast, 1931
  • Le Voyage de Babar - Paris : Éditions du Jardin des Modes, groupe de publications Condé Nast, 1932
    • Le Roi Babar - Paris, Editions du Jardin des Modes, groupe de publications Condé Nast, 1933
    • A.B.C. de Babar, Paris, Editions du Jardin des Modes, groupe de publications Condé Nast, 1934
  • Les Vacances de Zéphir - Paris : Hachette, 1936
  • Babar en famille - Paris : Hachette, 1938
  • Babar et le Père Noël - Paris : Hachette, 1941

Par Laurent de Brunhoff[modifier | modifier le code]

  • Babar et ce coquin d'Arthur, 1948
  • Pique-nique chez Babar, 1949
  • Babar dans l'Île aux oiseaux, 1952
  • La fête de Celesteville, 1954
  • Babar et le professeur Grifaton, 1956
  • Le château de Babar, 1961
  • Babar en Amérique, 1965
  • Je parle anglais avec Babar, 1966
  • Je parle allemand avec Babar, 1966
  • Je parle espagnol avec Babar, 1966
  • Babar à New York, 1966
  • L'anniversaire de Babar
  • Babar sur la planète molle
  • Babar et le Wolly-Wolly
  • Babar et les 4 voleurs
  • Babar et le fantôme, 1981
  • Babar et sa fille Isabelle, 1988
  • La victoire de Babar, 1992
  • Babar et la cité perdue, 1995
  • Coup de foudre aux Jeux de Célesteville, 2011
  • L'île du Paradis, 2014

Adaptations[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

Ces adaptations de 1957, composées par Maritie et Gilbert Carpentier et interprétées par plusieurs artistes dont François Périer et Jean Desailly, ont reçu le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros.

  • N°1: Histoire de Babar, le petit éléphant
  • N°2: Le voyage de Babar
  • N°3: Le Roi Babar
  • N°4: Babar en famille
  • N°5: Babar et le père Noël
  • N°6: Babar et le professeur Grifaton
  • N°7: Babar et ce coquin d'Arthur

Des adaptations sont également sorties en 1970, composées par Antoine Duhamel, racontées et interprétées par Jean-Marc Bory.

  • Babar dans l'île aux oiseaux
  • Babar au cirque
  • Babar musicien

Musique[modifier | modifier le code]

Films d'animation[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Jeu de société[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Droits et domaine juridique[modifier | modifier le code]

C'est le 1er janvier 2008 que les productions de Jean de Brunhoff sont tombées dans le domaine public français.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. lemonde.fr, 8 décembre 2011
  2. Myriam Bahuaud, Droits dérivés - Le cas Babar, L'Harmattan, 1999, 191 p.
  3. Paul Fournel et Maurice Sandak, De mémoire de Babar, Hachette, 1998
  4. D'après Christine Foulquiès, éditrice de Babar chez Hachette, in lemonde.fr, 8 décembre 2011
  5. Elle a été parfois identifiée à Paris bien qu'aucun bâtiment caractéristique ne permette de l'affirmer.
  6. L’historien de l’art Laurent Grison a étudié les représentations de la ville dans L’Histoire de Babar et Le Roi Babar. Il met notamment en lumière les liens entre Célesteville et l’urbanisme des années 1930. Cf. Laurent Grison, Les Stries du temps. L’artiste, le lieu et la mémoire, Éditions Champ social, « Les collections Théétète. Esthétique », 2005, chapitre « Babar urbaniste », pages 95 à 107.
  7. Myriam Bahuaud, op. cité, p. 73
  8. Nicholas Weber, L'Art de Babar - L'œuvre de Jean et Laurent de Brunhoff, Nathan, 1991
  9. a et b Marion Point "Un éléphant qui ne trompe pas", le 2 janvier 2011. Article à lire sur L'Intermède.
  10. Histoire de Babar, Paris, Hachette, 1931
  11. Article de 20 minutes
  12. Site du Musée des Arts décoratifs
  13. Site de la BNF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le Jardin des Gogottes, jardin public situé à Guyancourt dans les Yvelines. Le jardin est organisé autour des sculptures de quatre Gogottes inspirées par l'album Les Vacances de Zéphir. Le jardin est une œuvre du sculpteur Philolaos.
  • Babar : série télévisée
  • Babar : magazine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]