Blegny-Mine

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Blegny-Mine
Installations techniques de la mine : à gauche le triage-lavoir, à droite la tour N°1 pour l'extraction du charbon.
Installations techniques de la mine : à gauche le triage-lavoir, à droite la tour N°1 pour l'extraction du charbon.
Présentation
Destination initiale Charbonnage
Destination actuelle Musée
Protection  Patrimoine mondial (2012, Sites miniers majeurs de Wallonie)
Site web www.blegnymine.be
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Localité Blegny
Localisation
Coordonnées 50° 41′ 12″ N 5° 43′ 26″ E / 50.686783, 5.724011 ()50° 41′ 12″ Nord 5° 43′ 26″ Est / 50.686783, 5.724011 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Blegny-Mine
Vue des installations depuis le terril.

Blegny-Mine, anciennement Société anonyme des Charbonnages d'Argenteau, est un ancien charbonnage situé à Trembleur au nord-est de la ville de Liège, en Belgique (Région wallonne).

Sa concession se situait à l'est de Liège et en aval de la ville dans la vallée de la Meuse sur les territoires des anciennes communes d'Argenteau, Feneur, Saint-Remy, Trembleur, Mortier, et Dalhem, dorénavant Visé, Blegny et Dalhem[1],[2].

La concession se trouvait au nord de celle de la Société anonyme des Charbonnages du Hasard.

Ce charbonnage fut le dernier du bassin liégeois, il arrêta ses activités commerciales et industrielles en 1980 pour ensuite s'ouvrir au public comme espace touristique. Ce charbonnage comprenait deux puits pour assurer la ventilation des galeries qui étaient ici sur 8 étages descendant jusqu'à la profondeur de 530 m. À partir de ces galeries, l'exploitation se faisait par la méthode de la « taille chassante » qui consiste à avancer parallèlement à la ligne de la plus grande pente de la veine de charbon. Ces veines pouvaient être exploitées jusqu'à une épaisseur minimum de 30 cm.

Une visite de la mine est possible avec une exploration des galeries à -30 et -60 mètres. Les guides sont toujours pour partie d'anciens mineurs du site[3]. La descente et la montée sont opérées par l'ascenceur toujours en fonction de la tour N°1, et se conclut par un tour des installation de triage du lavoir.

Les installations hébergent également le CLADIC (Centre Liégeois d'Archives et de Documentation de l'Industrie Charbonnière), regroupant de nombreuses archives des charbonnages de la région.

Le site est accessible en transports en commun, depuis l'arrêt Route de Mortier à Trembleur, desservi quotidiennement par le bus 67 Liège - Visé.

L'endroit était associé à un train touristique, Li Trimbleu, dont l'exploitation a cessé après un accident mortel en 1991.

Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012 lors de la 36e session du Comité du patrimoine mondial[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La tour du puit N°1.
Wagonnets à l'interieur du triage-lavoir.

La première fosse du site date de 1779. Formellement ouverte par Gaspard Corbesier, l'exploitation aurait cependant débuté dès le XVIe siècle sous l'impulsion des moines de l'Abbaye de Val-Dieu[5]. Les terrains houillers du Pays de Herve et de Blegny en particulier ont la particularité de se trouver à très faible profondeur, voire en surface pour certaines veines. Le puits Marie est creusé en 1849, nommé d'après la fille de Gaspard. Les premières machines à vapeur sont installées en 1850[6].

L'entreprise Corbier Frères connait des difficultés techniques et économiques chroniques, notamment pour son éloignement des voies de communication et des consommateurs importants. Elle devient la Société anonyme des Charbonnages d'Argenteau-Trembleur le 23 février 1882[7].

Les descendants de Gaspard Corbesier acquièrent également une concession voisine située à Argenteau. Les deux concessions totalisent 879 ha et sont fusionnées en 1883. Des voies de chemin de fer sont établies la même année. La société est cependant mise en liquidation en 1887. Toute activité d'extraction du charbon cesse alors pendant 30 ans. Le site est alors repris en 1919 par une nouvelle Société anonyme des Charbonnages d'Argenteau, contrôlée par Charles de Ponthière et la famille Ausselet. Le puits n°1 est creusé en 1920. Le charbonnage prospère alors jusqu'en 1931, année où sont extraites 84 000 tonnes de charbon (contre 10 000 tonnes avant la première fermeture)[7].

Une partie du triage-lavoir est démolie au cours de la Seconde Guerre mondiale. La tour d'extraction du puits n°1 est elle entièrement détruite le 10 mai 1940 par les forces armées belges pour empêcher qu'elle ne serve de tour d'observation à l'envahisseur allemand. La production de charbon se fera alors au ralenti via le puits Marie. La reconstruction s'étalera de 1942 à 1948, avec notamment la construction d'un nouveau lavoir, que l'on peut voir à l'entrée du site. La tour du puits n°1 permettra l'extraction du charbon et le transport du matériel et des hommes, alors que le puits Marie servira au retour d'air et au transport de personnes. Le charbonnage atteindra sa meilleure production en 1970, avec 232 000 tonnes de charbon extraites, et un effectif d'environ 680 personnes[7].

Suite à la crise notamment issue du premier choc pétrolier, le Comité Ministériel de Coordination Economique et Sociale décide en 1975 d'arrêter la subsidiation de l'État aux charbonnages wallons. Les Charbonnages d'Argenteau-Trembleur seront les derniers à cesser leur activité, le 31 mars 1980. Gilbert Mottard, gouverneur de la Province de Liège à l'époque, prendra cependant en 1978 l'initiative de transformer le charbonnage en site touristique. Les premiers visiteurs descendent dans la mine en juin de la même année. La mine doit cependant faire face à d'importants problèmes d'exhaure. En 1982, l'aide financière de la Communauté française de Belgique permet de résoudre ces problèmes d'évacuation des eaux et de développer le site. Les fonds FEDER dans les années 1990 permettront de développer les infrastructures d'accueil[7].

Reconversion[modifier | modifier le code]

Une des galeries visitable de la mine, avec une ancienne motrice diesel.

Le charbonnage a été conservé et a rapidement fait l'objet d'un classement après sa fermeture. Les installations techniques, puits et lavoir, ont été entretenus et présentés pour une exploitation touristique, de même que le terril. La ligne vicinale a été conservée et exploitée jusqu'en 1991 sous l'appelation Li Trimbleu, date d'un tragique accident mortel.

Quelques galeries sont toujours entretenues dans la cadre de cette activité touristique.

Outre les puits N° 1 et Marie sur le site de Blegny-Mine, un troisième puits est toujours visible dans la vallée de la Julienne.

Géolocalisation approximative des anciens sites d'exploitation [1][modifier | modifier le code]

Terrils[modifier | modifier le code]

l'ancien puits Marie.

Les terrils[8],[9]:

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]