Charbonnage de Marcasse

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Charbonnage de Marcasse

Description de cette image, également commentée ci-après

Charbonnage de Marcasse

Création Inconnue
Disparition 24 octobre 1954 (Fin d'exploitation)
Siège social Drapeau de Belgique Petit-Wasmes (Belgique)
Activité Extraction et transport de houille
Produits Houille

Le Charbonnage de Marcasse est un site minier d'extraction de houille constitué du carreau de la fosse et de son terril situé à Wasmes, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

Quatre monstres du Charbonnage de Marcasse[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Dragon de Wasmes[modifier | modifier le code]

Gilles de Chin, propriétaire des terres de Wasmes, à son retour de Palestine, ce chevalier, seigneur de Berlaimont et chambellan de Baudouin IV de Hainaut (le Bâtisseur), tua, d'après la tradition, le terrible dragon qui désolait, au commencement du XIIe siècle, le territoire du village de Wasmes[1].

La mâchoire du dragon était terrifiante et ses pattes armées de griffes redoutables. Le déploiement de ses ailes s’accompagnait de craquements inquiétants. Son repaire se situait au pied d’une colline d’où il menaçait la ville de Mons en Belgique. Dans le village de Wasmes, on montre encore de nos jours, sur le penchant d'une des deux collines, le prétendu repaire du monstre épouvantable dont la tête se trouve conservée à la bibliothèque publique de Mons et qui semble être celle d'un imposant crocodile[2].

Le ballon de Jean-Pierre Blanchard[modifier | modifier le code]

La quatorzième expérience aérostatique de M. Blanchard accompagné du Chevalier Lépinard faite à Lille en Flandre, le 26 août 1785 (Gravé par Isidore Stanislas Helman)

La cavalcade du Dragon était organisée chaque année à Wasmes. Elle passait par une fosse à charbon, dite le ballon, en souvenir de l'accident de l'aéronaute Jean-Pierre Blanchard (1753-1809) où son ballon se déchira dans sur un arbre. Il venait de Valenciennes[3]. Ce vol eu lieu le 27 mars 1787 par un vent violent; il était suspendu à une grappe de cinq petit ballons[4].

Abbaye de Saint-Ghislain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Saint-Ghislain.

Le site du charbonnage de Marcasse est situé sentier Saint-Ghislain. Gilles de Chin donne ses terres dont Marcasse à l'Abbaye de Saint-Ghislain, donation confirmée en 1183 par le pape Lucius III[5] déjà en 1095 un autel dédié à la Sainte-Vierge est donné par Gaulcher, évêque de Cambrai[6],[7]. Le 31 juillet 1747 les abbés et religieux de l' Abbaye de Saint-Ghislain donne concession confirmée par arrêté royal de maintenue en date du 10 septembre 1828[8].

Exploitation du Charbon[modifier | modifier le code]

Historique de la Houille dans le couchant de Mons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mines de charbon de Belgique.
Article détaillé : Borinage.

L'historique de la Houille dans les environs de Mons remonte à sur prés d'un millénaire. Plusieurs auteurs le prétendent cependant aucun ne donne de preuves à l'appui, mais il est à remarquer qu'ils font allusion à sa découverte et non à son exploitation. Jean-Jacques Desandrouin disait en 1756 : « Il y a environ 750 années que la découverte et l'usage du charbon de terre sont connus dans le Hainaut impérial. »

Christophe Dieudonné en 1804, dans sa statistique du Nord, prétendait que l'extraction du charbon dans le Hainaut impérial avait commencé au XIe siècle[9]. Auguste Drapiez, en 1823 dans son ouvrage Coup d œil minéralogique sur le Hainaut « prétend que l'exploitation de la houille y remonte à des époques très reculées, puisque des chartes qui datent de plus de 800 ans en font mention ». M. C. Pajot-Descharmes dit lui en 1826, « Vers l'an 1000, dit, des mines abondantes de houille furent découvertes autour de la ville de Mons; bientôt leur exploitation suffit à la consommation des habitants du Hainaut; poussée avec vigueur, elle ne tarda pas à fournir aux provinces limitrophes. » Le premier document évoquant le charbonnage est une lettre du Chapitre de Sainte-Waudru qui accorde par lettres un bail du charbonnage de Cuesmes à Gérard Laderière et ses trois associés le 26 janvier 1426. Au XIXe siècle la description du bassin houiller n'est pas aisé ainsi en 1877, Gustave Arnould dans sa description du Bassin houiller du couchant de Mons (page 67) évoque la difficulté de compréhension du système de concession, de compagnies et de charbonnage : « Rien n'est plus compliqué que ce système d'anciennes concessions qui, par suite de réunions successives par accessions et acquisitions. »

Page 72.« La mine de Grisœuil qui elle-même forme avec les mines de l'Agrappe, de l'Escouffiaux et de Jolimet et Roinge, la propriété de la Compagnie connue sous le nom de Charbonnages-Belges. »

Gilles-Joseph de Boussu; écrivain de Mons dans son livre Histoire admirable de Notre-Dame de Wasmes publiée vers 1735,dit de Wasmes « Son territoire fournit abondamment une espece de Charbon de terre que l' on appelle de la Houille qui est une pierre noire tendre & sulphureuse »[10].

Le site de Marcasse a appartenu à divers sociétés par actions, à la Compagnie de Charbonnages-Belges, en 1920 Charbonnage de Frameries cette société détient 11 puits et dont le directeur-gérant est Georges Cotton.

Terril[modifier | modifier le code]

Terril du Charbonnage de Marcasse

Le terril de forme cône et plateau s'étend sur 16 hectares d'un volume de 3 465 m3 provenant du puits no 7 Saint-Antoine Escouffiaux anciennement Charbonnage de Marcasse pour terminer en 1958 dans la concession minière de Agrappe Escouffiaux et Hornu-Wasmes[11].

Exploitation sur le territoire de Wasmes[modifier | modifier le code]

  • 1925 : fermeture des puits no 5 dit "Sainte-Caroline" de La Bouverie et du "Grand Bouillon d'en haut" à Wasmes.
  • 1930 : fermeture des puits no 3 du "Grand-Buisson" et no 8 "Bonne-Esperance" à Wasmes.
  • Novembre 1948 : fermeture du puits no 6 de la S.A du charbonnage d'Hornu et Wasmes.
  • 13 janvier 1953 : un coup de grisou au puits de "L'Escouffiaux" de Wasmes fait 17 victimes.
  • 29 décembre 1956 : fermeture du puits no 3 d'Hornu et Wasmes, rue du Pont d'Arcole.
  • 1957 : fermeture du puits no 5 de la S.A. du charbonnage d'Hornu et Wasmes.
  • 20 juillet 1957 : fermeture du puits no 5 à Wasmes.
  • 27 décembre 1958 : fermeture des puits du "Grand Trait" à Frameries et des no 7 et 8 dit des "Vanneaux" de la S.A. des charbonnages d'Hornu et Wasmes.

Catastrophe du 13 janvier 1953[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative du cinquantenaire de la catastrophe du 1953

Selon le témoignage d'Albert Campion dernier survivant en 2008 Vingt et une heures et des poussières… Le 13 janvier 1953, un terrible coup de grisou éclate au charbonnage de Marcasse à Colfontaine. Dix sept trouvent la mort. Trois autres décèdent des suites de leurs blessures et de leurs brûlures. La dernière victime s’éteint le 17 mars[12]. Trois Belges, dix Italiens, deux Ukrainiens et deux Algériens sont tués et neuf sont blessés, tous âgés entre 25 et 30 ans.

La ruine[modifier | modifier le code]

Démolition[modifier | modifier le code]

La commune assigne les propriétaires pour exiger la démolition des bâtiments du site. Les jugements des tribunaux annulent cette mise en demeure.

Le projet de réhabilitation[modifier | modifier le code]

En 1993 l'ensemble complet ruine est racheté par Nadine Gravis et Riccardo Barberio avec le projet de réhabiliter ce site historique pour l' accueil d'artistes, d'un développement touristique avec la construction d'un gite. Une association est créée l' ASBL Marcasse & Mémoire.

Vincent van Gogh et le Borinage 1879-1880[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Vincent van Gogh et Borinage.

Vincent van Gogh vie 37 ans. Le 30 juillet 1869, à l'âge de 16 ans, Van Gogh quitte la maison familiale et devient apprenti chez Goupil & Cie à La Haye, filiale fondée par son oncle Hein. Cette firme internationale vend des tableaux, des dessins et des reproductions. Il est choqué de voir l'art traité comme un produit et une marchandise, et le dénonce à certains clients, ce qui provoque son licenciement le 1er avril 1876.

Van Gogh se sent alors une vocation spirituelle et religieuse. Il retourne en Angleterre où, pendant quelque temps, il travaille bénévolement, d'abord comme professeur suppléant dans un petit internat donnant sur le port de Ramsgate, où il est engagé. Il dessine quelques croquis de la ville. À son frère Theo, il écrit:« À Londres, je me suis souvent arrêté pour dessiner sur les rives de la Tamise en revenant de Southampton Street le soir, et cela n'aboutissait à rien ; il aurait fallu que quelqu'un m'explique la perspective. »

Le soutenant dans son désir de devenir pasteur, sa famille l'envoie en mai 1877 à Amsterdam, où il séjourne chez son oncle Jan, qui est amiral. Vincent se prépare pour l'université et étudie la théologie avec son oncle Johannes Stricker, théologien respecté. Il échoue à ses examens. Il quitte alors le domicile de son oncle Jan, en juillet 1878. En cet automne 1878, il a une chambre sur un chemin de Halage prés du Port de Bruxelles, il confie à son frère Théo son envie de partir vers le Borinage[13]. La décision prise par Vincent van Gogh est prise suite à la lecture d'un manuel de géographie qui va changer sa vie.

La décision de venir dans le Borinage[modifier | modifier le code]

Vincent van Gogh en 1872

Vincent van Gogh arrive dans le Borinage non pas comme peintre mais comme prédicateur laïc désirant devenir Pasteur comme son père. Début décembre 1878, il obtient une mission de six mois à partir du 1er février 1879, mission d'évangéliste en Belgique, auprès des mineurs de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Lors de sa traversée du Borinage en Belgique Vincent van Gogh commence à Pâturages(aujourd'hui dans la commune de Colfontaine) en 1878. Le Pasteur Bonte l'installe chez M. Van der Haegen, colporteur, dans le centre du village au 39 Rue de l’Église. En janvier 1879 il part pour Wasmes tout proche à moins d'un kilomètre pour prendre le poste d’évangéliste dans la communauté du Petit-Wasmes.

Le Prêtre ouvrier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prêtre ouvrier.

Il s'installe dans la maison d'un boulanger Jean-Baptiste Denis. Vincent van Gogh commence ses prêches au Salon du bébé situé Rue du Bois. Le Salon du bébé était un salon de Danse où la fête était déclenchée par la découverte d'un bébé sciemment caché dans la forêt avoisinante. Comparativement aux cabanes des mineurs, très vite, il juge la maison de Jean-Baptiste Denis trop luxueuse et occupe également une cabane et se livre complètement à sa charge dépassant celle-ci en sacrifiant son indemnité, sa nourriture et ses vêtements pour apporter de l'aide aux mineurs.

Vincent van Gogh est affecté par un événement à la proximité de Wasmes, le coup de grisou du 17/04/1879 à l' étage 620 : 121 morts au puits de L’Agrappe Puits no 2 : le meurtrier du bassin borain des Charbonnage de Frameries. Il y soigne des blessés. Il devient mineur parmi les mineurs. Des gréves se déclenchent et il devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat prenant un rôle de leader. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres en avril 1879 dans la mine au puits B du charbonnage de Marcasse. Lors d'un coup de grisou à Marcasse, il sauve un mineur. Pour le comité synodal d'évangélisation, le révérend Emile Rochedieu rend visite à van Gogh en cet été 1879, le révérend voit en vincent son dévouement et son sacrifice mais pas le don de la parole nécessaire au Prêcheur.

Mais son implication ouvrière ne plait donc pas à l'union des églises protestantes de Belgique[14] et il est désavoué dans sa mission en ces termes:« L'essai qui a été fait en acceptant les services d'un jeune hollandais, M. Vincent van Gogh, qui se croyait appelé à évangéliser le Borinage n'a pas donné les résultats que l'on attendait. Si aux admirables qualités qu'il déployait auprès des malades et des blessés, au dévouement et à l'esprit de sacrifice dont il a fourni maintes preuves en leur consacrant ses veilles et en se dépouillant pour eux de la meilleure partie de ses vêtements et de son linge s'était joint au don de la parole, indispensable à quiconque est placé à la tête d'une congrégation, M. Van Gogh aurait été certainement un évangéliste accompli. Il ne serait pas raisonnable d'exiger des talents extraordinaires. Mais il est constant que l’absence de certaines qualités peut rendre l'exercice de la principale fonction de l'évangéliste tout à fait défectueux.C'est malheureusement le cas de M. Van Gogh. Aussi le temps d'essai expiré at-il fallu renoncer à l'idée de la conserver plus longtemps »

Pour lui c'est une décision injuste[15]. En août 1879, il part pour Cuesmes pour loger chez un autre évangéliste le pasteur Francq qui réside dans une annexe de la maison d'un mineur et sa famille M.Decrucq au numéro 3 de la Rue du pavillon jusqu’en octobre 1980.

Œuvres de van Gogh et le Borinage[modifier | modifier le code]

Il s'agit le plus souvent de rares dessins noir et blanc au fusain sur le travail dans les mines ou sur quelques maisons.

Mon crayon est devenu docile[modifier | modifier le code]

Carte Arrondissement de Valenciennes - 1887
Nature morte avec la Bible, de Vincent van Gogh, où apparaît une édition de La Joie de vivre d’Émile Zola.

Début mars 1880 il prend une valise sous le bras avec quelques dessins et 10 francs, dans le but de rencontrer le peintre Jules Breton qui exerce à Courrières dans le Pas-de-Calais.

Jules Breton peint essentiellement la misère laborieuse et s’inspire pour son travail de son pays natal, l’Artois.

Vincent van Gogh avait déjà rencontré chez Goupil à Paris Jules Breton et ses deux filles sans lui parler et il l'évoque élogieusement Jules Breton dans ses lettres à son frère Théo Van Gogh[16].

Il prend donc le train de Mons pour Valenciennes. Arrivé par un temps exécrable pluies, bourrasques, ouragan et pour éviter la Forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers il passe par Denain peut être par le tram Hippomobile tracé sur la carte d'arrondissement de Valenciennes puis Escaudain, Aniche, Auberchicourt, Lewarde, Douai pour arriver à Courrières[17]. Jules Breton n'est pas présent. Sa maison et son atelier lui semblent trop cossu. Le voyage de retour se fera complètement à pieds, dans des conditions difficiles, un pèlerinage vers le Borinage. Il vend quelques dessins pour subsister.

Le 24 septembre 1880 il écrit à son frère Théo que c'est sur ce chemin de retour qu'il a enfin trouvé sa voie, la peinture.« Il s’agit pour moi d’apprendre à bien dessiner, à être maître soit de mon crayon, soit de mon fusain, soit de mon pinceau, une fois cela obtenu je ferai de bonnes choses presque n’importe où, et le Borinage est tout aussi pittoresque que le vieux Venise, que l’Arabie, que la Bretagne, la Normandie, Picardie, ou Brie ». Il lui reste dix ans de vie pour réaliser quelques 2000 œuvres. L'association de la Bible et de ses deux ans de vie avec les mineurs Vincent van Gogh en fera un tableau en 1884 Nature morte avec la Bible , où apparaît non pas Germinal mais une édition de La Joie de vivre d’Émile Zola.

Lettres au Borinage[modifier | modifier le code]

Vincent van Gogh - lettre (suite) du 19 juin 1879 de Wasmes

Vincent van Gogh écrit les lettres numéro 149 à 152 de Wasmes à partir du Printemps 1879, alors que les lettres 153 à 158 ont

Extraits de lettres à son frère Théo[modifier | modifier le code]

Pâturages, décembre 1878[modifier | modifier le code]

« Spectacle curieux ces jours-ci que de voir, le soir, à l'heure du crépuscule, passer des mineurs sur un fond de neige. Ils sont tout noirs quand ils remontent des puits à la lumière du jour, on dirait des ramoneurs. En règle générale, leurs masures sont petites, on devrait dire des cabanes; elles sont disséminées le long des chemins creux, dans les bois ou sur les versants des collines. Ça et là, on aperçoit un toit recouvert de mousse et, le soir, les fenêtres à petits carreaux brillent d'un éclat accueillant »

Wasmes, avril 1879[modifier | modifier le code]

« Cher Théo,
Il n'y a pas longtemps j'ai fait une expédition très intéressante, j’ai passé six heures au fond d’une mine dans une des plus anciennes et les plus dangereuses du voisinage que l’on nomme le 'charbonnage de Marcasse. Elle a une mauvaise réputation parce que beaucoup y périssent, que ce soit de descendre ou de monter, ou par l'air empoisonné, coup de grisou, les infiltrations d'eau, éboulements, etc. C'est un endroit sombre et, tout autour, tout est triste et désolé. »

« La plupart des mineurs sont maigres et pâles de fièvre, ils ont l'air fatigués et épuisés, ils sont tannés et vieillis avant l'heure. En règle générale, leurs femmes sont fanées et blêmes. Autour de la mine ce sont des cabanes de mineurs pauvres, quelques arbres morts noir de fumée, des haies d'épines, de fumiers, de dépôts de cendres, des tas de charbon inutiles, etc. Mans pourrait faire une belle photo. »

« J'ai eu un bon guide, un homme qui a déjà travaillé là pendant trente-trois ans, gentil et patient, il explique tout très bien et a essayé de me faire comprendre la situation. » Le bon guide s'appelle Joseph Quinet que Van Gogh évoque dans sa lettre à Eugène Boch du 2 octobre 1888.

« Alors, ensemble, nous sommes descendus à 700 mètres et avons exploré les recoins les plus cachés de ce monde souterrain. Les maintenages ou gredins [cellules où le travail des mineurs], qui sont situés plus loin de la sortie sont appelés des caches [cachettes, des endroits où les hommes recherchent la houille.

Cette mine a cinq niveaux, mais les trois couches supérieures ont été épuisées et abandonnées, on n’y travaille plus car il n'y a pas plus de charbon. Une image des maintenages serait quelque chose de nouveau et inouï de - ou plutôt, jamais vue auparavant. Imaginez une rangée de cellules dans un peu étroites, passage bas, étayé de bois brut. Dans chacune de ces cellules, un mineur dans un costume de toile grossière, sale et noir comme un ramoneur, occupé à tailler le charbon à la lumière pâle d'une petite lampe. Le mineur peut se tenir debout dans certaines cellules, dans d'autres, il est couché (tailles à droit, tailles à plat). La disposition ressemble à celle des alvéoles d'une ruche) ou comme le sombre passage d’une prison souterraine, ou comme une rangée de petits métiers à tisser, ou plutôt plus comme une rangée de fours de boulangerie tels que les paysans ont, ou comme des cloisons dans une crypte. Les tunnels sont eux-mêmes comme les grandes cheminées des fermes du Brabant.

Les fuites d'eau par certains, et la lumière de lampe de mineur fait un effet curieux, reflète comme dans une grotte de stalactites. Certains des travaux mineurs dans les maintenages, d'autres la charge du charbon coupé en petits chariots circulant sur des rails, comme un tramway. Cela est principalement effectué par des enfants, garçons comme filles. Il y a également une écurie, là-bas, à 700 mètres sous terre, avec environ sept vieux chevaux qui tirent un grand nombre de ces charrettes accrochées approximativement du lieu d'où elles sont arrachées vers la surface. D'autres mineurs réparent les vieilles galeries pour éviter leur effondrement ou font de nouvelles galeries dans la veine de charbon. Comme les marins ont à terre la nostalgie de la mer, malgré tous les dangers et les épreuves qui les menacent, si le mineur serait plutôt sous la terre qu'au-dessus. Les villages ici ont l’air désolés, morts et abandonnés, la vie se passe sous terre au lieu de ci-dessus. On pourrait vivre ici pendant des années et ne jamais connaître l'état réel des choses si l'on ne descendait pas dans les mines.

Les gens ici sont très ignorants et incultes - la plupart d'entre eux ne savent pas lire - mais, en même temps, ils sont intelligents et rapides pour leur travail difficile, courageux et francs, ils sont de petite taille, mais les épaules carrées, avec mélancolie des yeux profondément enfoncés dans les orbites. Ils sont habiles et dégourdis, ils abattent beaucoup de besogne, mais le travail terriblement dur. Ils ont un tempérament nerveux - je ne veux pas dire faible, mais très sensible. Ils ont une haine innée, des racines profondes et une méfiance forte pour toute personne qui est dominateur. Avec des mineurs, il faut avoir le caractère d'un mineur et de tempérament, et pas d'orgueil prétentieux ou maîtrisé ou on ne pourra jamais bien s'entendre avec eux ou de gagner leur confiance.

Je vous avais parlé, à l'époque, du mineur qui a été si gravement blessé par une explosion de grisou? Dieu merci, il a récupéré et il va de nouveau, et commence à marcher sur une certaine distance juste pour l'exercice, et ses mains sont encore faibles et il faudra un certain temps avant de pouvoir les utiliser pour son travail, mais il est hors de danger. Depuis ce temps il y a eu de nombreux cas de fièvre typhoïde et maligne, de ce qu'ils appellent la fièvre sotte, qui leur donne de mauvais rêves comme les cauchemars et les met à délirer. Là encore, il ya beaucoup de gens malades et grabataires - émaciés, faibles et misérables.

Dans une maison, ils sont tous atteints de fièvre et n'ont que peu ou pas d'aide, ils se soignent entre eux. « Ici ce sont les malades qui soignent les malades", a dit une femme du genre: "Le pauvre est l'ami du pauvre." »

« Descendre dans une mine est une sensation très désagréable. On va dans une sorte de panier ou une cage, comme un seau dans un puits, mais dans un puits de 500 à 700 mètres de profondeur, de sorte que quand on regarde vers le haut par le bas, la lumière du jour est d'environ la taille d'une étoile dans le ciel.

C'est comme être sur un navire en mer pour la première fois, mais elle est pire, heureusement cela ne dure pas longtemps. Les mineurs s'y habituent, mais ils gardent un sentiment invincible d'horreur et de peur qui reste raisonnable et juste avec eux.

Mais une fois en bas, le pire est passé, et on est largement récompensé de la peine par ce qu'on voit. »

Mon adresse est – Vincent van Gogh, C/o Jean-Baptiste Denis, Rue de Petit Wasmes, Wasmes (Borinage, Hainaut)

Wasmes, juin 1879[modifier | modifier le code]

Tout près d'ici, il y a une hauteur d'où l'on aperçoit dans le lointain, au fond de la vallée, une partie du Borinage avec ses cheminées, ses monticules de houille, ses maisons ouvrières, et pendant la journée toute une agitation de silhouettes noires qu'on prendrait pour des fourmis. Au bord de l'horizon, on distingue quelques bois de sapins sur lesquels se détachent des maisonnettes blanches, des clochetons, un vieux moulin, etc. La plupart du temps, il flotte là-dessus une sorte de brume, ou bien c'est un effet capricieux de lumière et d'ombre amené par les nuages; cela fait penser aux tableaux de Rembrandt, de Michel ou de Ruysdaël

Le 24 septembre 1880 il écrit à son frère Théo: Il s’agit pour moi d’apprendre à bien dessiner, à être maître soit de mon crayon, soit de mon fusain, soit de mon pinceau, une fois cela obtenu je ferai de bonnes choses presque n’importe où, et le Borinage est tout aussi pittoresque que le vieux Venise, que l’Arabie, que la Bretagne, la Normandie, Picardie, ou Brie». (Lettre à Théo, 24 septembre 1880)[18],[19].

Lettre de souvenirs du Borinage[modifier | modifier le code]

Vincent van Gogh - lettre du 2 octobre 1888 à Eugène Boch - souvenir du Borinage

Vincent van Gogh évoque ses souvenirs du Borinage dans sa lettre à son ami peintre de Mons Eugène Boch du 2 octobre 1888.

« Merci bien de votre lettre qui m’a fait bien plaisir. Je vous en félicite de ne pas avoir hésité cette fois-ci et d’avoir attaqué le Borinage. Voilà un champ où vous pourrez travailler votre vie durant tant le paysage extraordinaire que la figure. Les scloneuses a en loques de jutte sont surtout superbes. Si vous allez jamais au Petit Wasmes voulez-vous vous informer si Jean Baptiste Denis (cultivateur) et Joseph Quinet (charbonnier) y vivent encore et leur dire de ma part que je n’ai jamais oublié le Borinage et que j’aurais toujours encore envie de le revoir. »

« Car j’espère bien que nos rapports une fois commencés dureront toujours.Car tout ce que vous ferez va m'intéresser extraordinairement puisque j’aime tellement ce triste pays du Borinage qui toujours me sera inoubliable.Si je viens à Paris l’année prochaine alors je suis à peu près décidé de pousser jusqu’à Mons.Et peut-être jusqu’à mon pays pour y prendre des endroits connus d’avance.Ainsi dans le Borinage 'Marcasse ou St-Antoine au Petit Wasmes. Et puis la cour de l’Agrappe chez vous à Frameries. C’est en somme dans le Borinage que j’ai pour la première fois commencé à travailler sur nature.Mais naturellement tout cela je l’ai depuis longtemps détruit. Mais cela me remue le cœur qu’enfin tous ces endroits vont être peints. Vous allez voir comme les idées vous viendront. »

La Société Anonyme du Charbonnage d’Hornu et Wasmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Compagnie de Charbonnages-Belges.

Les lettres HW de la tête de puits no 7 Saint-Antoine révèle que Marcassse a appartenu à la Société Anonyme du Charbonnage d’Hornu et Wasmes puis aussi à la Compagnie de Charbonnages-Belges.

Réserves Naturelles[modifier | modifier le code]

Les arts et Marcasse[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas dans le rôle de Vincent van Gogh

En 1955 Kirk Douglas achète les droits du roman d'Irving Stone Lust for life (1934) à la Metro-Goldwyn-Mayer et confie la réalisation à Vincente Minnelli. La Vie passionnée de Vincent Van Gogh entraîne Kirk Douglas aux limites de la schizophrénie, l'acteur ayant du mal à entrer sans conséquences dans l'âme tourmentée du peintre. Kirk Douglas dans le rôle de Vincent van Gogh et Anthony Quinn dans celui de Paul Gauguin en 1955 dans le film Van Gogh : Darkness Into Light (titre original) diffusé sous Lust for Life participèrent à quelques séquences de tournage sur le terril.

À cette époque le cinéma américain tournait ses films en studios. Mais la réalisation Vincente Minnelli et George Cukor décide de tourner sur place avec les extérieurs puits de mine, terrils. Kirk Douglas vient donc dans le Borinage avec sa deuxième épouse (mariage en 1954) Anne Buydens (née en 1930). Enceinte, elle accouche lors du tournage le 23 novembre 1955, tellement pris par son rôle Kirk Douglas ; donne un deuxième prénom à son fils celui de Vincent qui deviendra le producteur Peter Vincent Douglas[22]. Pour ce film, il est nommé pour l'Oscar du Meilleur Acteur sans toutefois l'obtenir. Kirk Douglas est une figure majeure du cinéma américain, Kirk Douglas fut un des acteurs les plus populaires dans le monde entier dans les années 1950 et 1960.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annales de la province et comté d'Haynau, où l'on voit la suitte des comtes depuis leur commencement, les antiquitez de la religion et de l'Estat depuis l'entrée de Jules César dans le pays, ensemble les évesques de Cambray... les fondations pieuses... et, J. Havart,‎ 1648, 468 p. ([10/02/2011 résumé], lire en ligne)
  2. La Belgique monumentale, historique et pittoresque, vol. 2, A. Jamar,‎ 1844 (lire en ligne)
  3. Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique, Bureau des Archives,‎ 1829 (lire en ligne)
  4. Jean-Pierre Blanchard, Bureau des Archives,‎ 1911 (lire en ligne)
  5. ANNALES DU CERCLE ARCHEOLOGIQUE DE MONS,‎ 1869 ([21/11/2006 résumé], lire en ligne)
  6. Auguste-Joseph De Reume, Les Vierges miraculeuses de la Belgique: histoire des sanctuaires ou Elles sont vénérées : légendes, pèlerinages, confréries, bibliographie, Parent,‎ 1856, 444 p. ([7/8/2007 résumé], lire en ligne)
  7. A. Lacroix, Archives du Clergé, de la Noblesse et du Tiers état du Hainaut, Emm. Hoyois,‎ 1852, 563 p. ([7/8/2007 résumé], lire en ligne)
  8. Les sociétés anonymes de Belgique en 1857[-1873]:,‎ 1859 (lire en ligne)
  9. Christophe Dieudonné, Statistique du Département du Nord, Marlier,‎ 1804 ([14/10/2011 résumé], lire en ligne)
  10. [[Gilles-Joseph de Boussu|Gilles-Joseph de Boussu]], Histoire admirable De Notre-Dame De Wasmes. Ecrit en faveur de la Confrérie érigée canoniquement sous ce tître en l'église Paroissiale dudit Wasmes, avec la Bulle des Indulgences accordées a ladite Confrérie & quelques Prières très-dévotes, Michel Varet,‎ 1735 (lire en ligne), page 3
  11. (wa) « Inventaires des terrils » (consulté le 28/04/2013)
  12. (wa) « Charbonnage de Marcasse - Charbonnage N°7 Saint Antoine, Société Anonyme des Charbonnages d'Hornu-Wasmes »,‎ 28/04/2013
  13. Bruno Vouters, Van Gogh : au fond de la Mine,‎ avril 2013 (ISBN 9782843931673)
  14. Bernard Zurcher, Vincent van Gogh : vie et œuvre, Fribourg, Office du livre, 1985 (ISBN 2092847325)
  15. Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, t. 2, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1991 (ISBN 2221052226)
  16. Lettres de Vincent Van Gogh
  17. Vincent van Gogh : Vincent van Gogh dans le Douaisis, Lewarde,‎ mai 2013, 21671e éd.
  18. Gogh, Vincent van, « Vincent van Gogh aan Theo van Gogh », Europeana (consulté le 2013-04-28)
  19. Vincent van Gogh, Vincent van Gogh : Lettres à son à son frère Théo, Grasset,‎ avril 2002, 369 p. (ISBN 2246801168 et 9782246801160, lire en ligne)
  20. (wa) « Réserve naturelle de Marcasse et alentours Colfontaine » (consulté le 28/04/2013)
  21. Forces murales: un art manifeste : Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville, Éditions Mardaga,‎ 2009, 258 p. (ISBN 2804700194 et 9782804700195, lire en ligne)
  22. Kirk Douglas, Le fils du chiffonnier - Mémoires, Paris, Presses de la renaissance,,‎ 1989
  23. « reportage RTBF, Mons 2015 »