Phalanstère

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Vue perspective d'un phalanstère

Un phalanstère (du grec Phalanx, formation militaire rectangulaire, et stereos, solide) est un regroupement organique des éléments considérés nécessaires à la vie harmonieuse d'une communauté appelée la Phalange. Le concept, très en faveur dans les milieux intellectuels au XIXe siècle, fut élaboré par Charles Fourier et promu par des industriels idéalistes comme Jean-Baptiste André Godin.

C'est un ensemble de logements organisés autour d'une cour couverte centrale, lieu de vie communautaire.

Description[modifier | modifier le code]

Dans le binôme spirituel de Charles Fourier, le phalanstère est une sorte d'hôtel coopératif pouvant accueillir quatre cents familles (environ deux mille membres) au milieu d'un domaine de quatre cents hectares où l'on cultive les fruits et les fleurs avant tout. Fourier décrira à loisir les couloirs chauffés, les grands réfectoires et les chambres agréables.

Destiné à abriter mille huit cents à deux mille sociétaires, le phalanstère est un bâtiment de très grande taille: une longueur de six cents toises, soit un peu plus d'un kilomètre, à comparer aux quelque quatre cents mètres du château de Versailles ; une surface occupée – bâti et non bâti - d'environ quatre kilomètres carrés ; des arcades, de grandes galeries facilitant les rencontres et la circulation par tous les temps ; des salles spécialisées de grande dimension (Tour-horloge centrale, Bourse, Opéra, ateliers, cuisines) ; des appartements privés et de nombreuses salles publiques ; des ailes réservées au « caravansérail » et aux activités bruyantes ; une cour d'honneur de six cents par trois cents mètres, dans laquelle tiendrait la grande galerie du Louvre ; une cour d'hiver de trois cents mètres de côté (à comparer aux cent mètres de la place des Vosges) plantée d'arbres à feuillage persistant ; des jardins et de multiples bâtiments ruraux.

Applications[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal du phalanstère, La Colonie, de Condé-sur-Vesgre
Le familistère de Godin à Guise

Les phalanstères ont fait l'objet de tentatives d'application nombreuses en France et aux États-Unis au XIXe siècle. Le plus célèbre fut le familistère de Guise, créé par Godin sur des plans qu'il avait établis lui-même, et qui conserva sa fonction à l'identique jusqu'en 1968. Il est aujourd'hui classé au titre des Monuments historiques et toujours habité.

Godin a créé un autre phalanstère en 1887 à Bruxelles, à côté de ses usines, qui a également fonctionné jusqu'en 1968. Le bâtiment, lui aussi classé, appelé Familistère Godin, subsiste toujours le long du canal de Willebroek, quai des Usines. La société Godin, pour sa part, existe toujours également (2004).

Presque tous les autres phalanstères ont échoué plus ou moins rapidement, une autre exception est celle de la Colonie sociétaire de Condé-sur-Vesgre. Créée en 1832 avec le soutien de Charles Fourier et Victor Considerant notamment grâce aux moyens du Dr. Alexandre Beaudet Dulary, médecin et député de Seine-et-Oise. Les bâtiments existent encore dans l'actuel département des Yvelines, et les sociétaires continuent de se réunir sous l'influence de Charles Fourier[1].

Un phalanstère appelé La Réunion fut créé au Texas, avec l'appui de Godin, par le philosophe Victor Considerant.

L'idée a stimulé certaines initiatives dans les années 1970, notamment la Communauté de Longo Maï en Provence.

Autres exemples de phalanstères[modifier | modifier le code]

Le lycée Pierre du Terrail
  • Phalanstère de Pontcharra-sur-Bréda. Le bâtiment principal est l'actuel Lycée Pierre du Terrail, les autres sont des habitations.

Anecdote[modifier | modifier le code]

C'est au n°110 de la rue Broca à Paris qu'en 1904, Jean Mollet, Edmond-Marie Poullain et André Salmon s'installent et fondent le Phalanstère, adeptes du concept fouriériste.

Postérité idéologique du phalanstère[modifier | modifier le code]

Les colons qui se sont installés au Brésil[2] avaient lu Charles Fourier ainsi qu'Auguste Comte. Des phalanstères ou des communautés ont été créés par des disciples de Fourier partout dans le monde, en Argentine, au Brésil, au Mexique et aux États-Unis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émission de France Culture la fabrique de l'histoire du 15 octobre 2013
  2. Voir «Phalanstère au Brésil et voyage dans l'Amérique méridionale» par Louise Bachelet, Paris [sans mention d'éditeur], 1842

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]