Buxus sempervirens

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Buis commun

Buis commun ou
buis toujours vert

Description de cette image, également commentée ci-après

Représentation de Buxus sempervirens dans l'ouvrage Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, 1885

Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
— non-classé — stem eudicotyledons
Ordre Buxales
Famille Buxaceae
Genre Buxus

Nom binominal

Buxus sempervirens
L., 1753

Le buis commun ou buis toujours vert (Buxus sempervirens) est une espèce d'arbustes à feuilles persistantes du genre Buxus à l'odeur caractéristique, de la famille des Buxacées, qui peut atteindre une hauteur de 5 à 6 mètres. Il produit au printemps des fleurs axillaires de petite taille, sans intérêt décoratif. Les abeilles aiment visiter ses fruits au suc très sucré à l'automne.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Buxus sempervirens a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1753[1].

Synonymie[modifier | modifier le code]

    • Buxus arborescens (L.) Mill., Gard. 1768 [2]
    • Buxus colchica Pojark[3].
    • Buxus hyrcana Pojark[4].
    • Buxus myrtifolia Lamarck 1785 [5]
    • Buxus sempervirens f. angustifolia Elías & Sennen (nom invalide)
    • Buxus sempervirens f. latifolia Sennen & Elías, dans sched. (MA 75885), (nom invalide)
    • Buxus sempervirens f. macrocarpa Sennen, dans sched. (MA 75884), (nom invalide)
    • Buxus sempervirens f. microrrhina Cuatrec., Cavanillesia 3: 15. 1930.
    • Buxus sempervirens f. myrtifolia Lamarck, C.K.Schneid 1907 [6]
    • Buxus sempervirens f. pendula (Dallim.) Rehder 1949[7],
    • Buxus sempervirens f. prostrata (Bean) Rehder 1949[8],
    • Buxus sempervirens subsp. hyrcana (Pojark.) Takht. 1972 [9]
    • Buxus sempervirens var. arborescens L., Sp. Pl. 1: 983. 1753.
    • Buxus sempervirens var. suffruticosa L., Sp. Pl. 1: 983. 1753.
    • Buxus sempervirens var. emarginata Sennen, Pl. Espagne n.° 3572 (MA 75889), (nom invalide)
    • Buxus sempervirens var. myrtifolia (Lam.) Sweet
    • Buxus sempervirens var. pendula Dallim., Holly Yew Box 228. 1909.
    • Buxus sempervirens var. prostrata Bean, Trees shrubs hardy Brit. Isles 1:278. 1914.
    • Buxus suffruticosa (L.) Mill., Gard. Dict., ed. 8, no 3. 1768.

Description[modifier | modifier le code]

Tronc et écorce de Buis

Le buis est une plante à croissance très lente, qui peut vivre plusieurs siècles. Il peut atteindre alors jusqu'à 8 m de hauteur en climat tempéré et jusqu'à 20 m en zone subtropicale.

Son bois est particulièrement dur, ce qui lui valut d'être utilisé comme matériau pour fabriquer des outils durant la Préhistoire avant la maîtrise du métal.

Il forme des branches courtes. Les feuilles ovales sont d'abord vert tendre puis plus foncé. Elles mesurent de 1 à 2,5 cm de long et la moitié en largeur.

Le buis est monoïque. De mars à mai apparaissent à l'aisselle des feuilles de discrètes grappes de fleurs jaunâtres parfumées. Chaque grappe est généralement constituée d'une fleur femelle terminale et plusieurs de fleurs mâles pendantes. Une corolle est absente, il n'y a que quelques très petites sépales. Les fleurs femelles ont trois styles, chacune avec un stigmate en deux parties, les fleurs mâles ont chacune quatre étamines. Les fleurs produisent en abondance du nectar et du pollen et sont donc volontiers visitées par les abeilles et les mouches.

Le fruit est une capsule brune ou grise, coriace, d'environ 1 cm de long, contenant de nombreuses graines matures en septembre. Le parfum des semences attire les fourmis, ce qui fait du buis l'une des rares plantes ligneuses d'Europe centrale dont les graines sont disséminées par les fourmis (myrmécochorie).

Culture[modifier | modifier le code]

Le buis préfère la mi-ombre, mais tolère le soleil s'il a assez d'humidité.

Préfère les sols légèrement calcaires, bien drainés et riches mais s'adapte à de moins bons sols.

Nécessite un hiver froid, résiste au gel, au vent et la sécheresse.

Propagation[modifier | modifier le code]

La propagation du buis peut se faire par semis (très lent), par marcottage ou par bouturage (méthode la plus courante car la culture de semences est très longue). Pour bouturer, on prélève de septembre à mars des branches de 10 à 15 cm de longueur dont on défolie les deux tiers inférieurs qu'on plante dans le sol jusqu'aux premières feuilles en protégeant du plein soleil. Les boutures prélevées en août forment des racines avant l'hiver.

Écologie[modifier | modifier le code]

Buxus sempervirens se trouve du Portugal, en passant par le Nord de l'Espagne et par la France, jusqu'en Allemagne, en Angleterre, au sud de la Belgique, au Luxembourg et en Suisse. Le buis fait partie de la flore belge actuelle[10] mais n'a jamais été une plante autochtone de l'Italie (malgré les textes de Pline l'Ancien et d'autres anciens). Par contre, on la retrouve dans les Balkans (l'ancienne Yougoslavie, la Grèce, le Kosovo…) et jusqu'en Bulgarie.

Il est intéressant d'observer que ce buis ne présentera pas tout à fait le même aspect selon la qualité du sol, l'ensoleillement et la pluviométrie. Dans les endroits humides ou ombragés, sa feuille verte atteindra la plus grande surface et sera de couleur sombre, alors que son bois pourra atteindre plusieurs mètres de haut. Le buis fait ainsi partie de la flore anglaise. Dans les endroits plutôt secs et ensoleillés, la feuille sera plus claire, voire presque jaune, alors que son développement restera plus réduit. De fait, la croissance du buis semble favorisée par la fraîcheur et l'humidité. Toutefois, sa présence spontanée sur des sols secs et arides (par exemple, dans le sud-est de la France) montre que la chaleur ne le rebute pas.

On pourrait le comparer avec le houx (Ilex aquifolium) et l'if (Taxus baccata), car ces espèces ont le même rôle écologique et sont les seules espèces d'arbustes à feuilles persistantes spontanées au nord de la Loire.

Ravageur[modifier | modifier le code]

Le buis est vulnérable à une chenille originaire de Chine, la Pyrale du buis (Cydalima perspectalis). Cette chenille a été observée pour la première fois en Europe à Weil-am-Rhein, en Allemagne, en 2006. Elle a été signalée en masse en Alsace[11] dès août 2008[12], et progresse très rapidement partout en Europe et en France, en absence de prédateurs naturels. La chenille détruit le buis en éliminant presque totalement son feuillage (défoliation)[13].

Usages et propriétés[modifier | modifier le code]

  • Son bois dense et dur, de couleur jaune clair, à grain très fin est apprécié pour la sculpture et le tournage. On l'emploie notamment pour fabriquer des instruments à vent ainsi que des pièces de jeux d'échecs. La ronce de buis est également recherchée pour le placage et la sculpture pour la beauté de ses motifs.
  • Les catholiques des zones tempérées utilisent traditionnellement ses branches pour la fête des Rameaux.
  • Il en existe plusieurs variétés horticoles dans le commerce. Dans les jardins, le buis toujours vert (B. sempervirens) est employé le plus souvent sous forme de haies, de figures et de bordures taillées ; il est à la base de l'art topiaire. La variété Buxus sempervirens suffruticosa est très souvent utilisée pour la confection des bordures bien que déjà Claude Mollet, un des « pères » du « jardin à la française », l'ait trouvée peu satisfaisante.
  • L'odeur du buis pourrait être due à un composé contenant un groupement thiol, le 4-méthyl-4-sulfanylpentan-2-one (4MSP), également identifié dans le sauvignon.
  • Le contact avec la sève du buis est susceptible de provoquer des irritations cutanées. Son ingestion est toxique et peut, à forte dose, provoquer vomissements, vertiges, tremblements et paralysie spinale.
  • La décoction de ses feuilles constitue cependant un puissant sudorifique employé dans les cas d'affections rhumatismales chroniques, d'arthrite, de goutte... ainsi qu'un fébrifuge permettant de remédier aux fièvres intermittentes.
  • Il était jadis employé pour la fumure. On disait dans le Languedoc que le buis fumait un champ pour trois années.
  • Il était symbole d'éternité chez les Gaulois, et d'Hadès et Cybèle chez les Grecs[14].
  • Une coutume bretonne demande de garder toute sa vie dans son armoire un rameau de buis béni, et à la mort faire déposer par un enfant ce rameau sur son cercueil, en guise de bénédiction[14].

Toponymie[modifier | modifier le code]

En Europe occidentale, Buxenus, le dieu-arbre gaulois correspondant au buis sacré explique, par ses variantes cultuelles locales, les nombreuses traces préservées dans la toponymie :

Le buis est une plante indigène. Certains archéologues affirment que le calcaire des maçonneries gallo-romaines est propice au buis — selon une supposition tenace, le buis aimerait le calcaire —, et que ces toponymes seraient révélateurs d'un habitat gallo-romain. Il indique simplement la proximité d'un modeste sanctuaire dédié au dieu Buxenus ou d'un cimetière antique.

Les mots français buis et buisson, dérivent, selon Albert Dauzat, d'un mot germanique « bosk » (bois, broussailles). Buisson, petit bois ou bosquet sont aussi évoquées couramment en toponymie, pour écarter l'hypothèse ci-dessus. À défaut d'un sens paysager global, il faut logiquement leur trouver une fonction sociale ou religieuse pour expliquer leur préservation toponymique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Pierre Lieutaghi, Livre des arbres, arbustes et arbrisseaux, Actes Sud, octobre 2004 (précédente édition : Robert Morel, 1969), 1313 p. (ISBN 2-7427-4778-8)

  1. Linnaeus, C. (1753) Species Plantarum, Tomus II: 983
  2. (L.) Mill., Gard. Dict., ed. 8, no 1. 1768.
  3. Nauno-Issl. Rabot. Otd. Biol. Nauk 1945: 7. 1947.
  4. Nauno-Issl. Rabot. Otd. Biol. Nauk 1945, 3. 1947.
  5. Lamarck 1785 Encycl. Méth. Bot., 1, 511. 1785.
  6. Lamarck, C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 2:140. 1907.
  7. (Dallim.) Rehder 1949,Bibl. cult. trees 390. 1949.
  8. (Bean) Rehder 1949, Bibl. cult. trees 390. 1949.
  9. (Pojark.) Takht. 1972Bot. Zhurn. 57(2): 250. 1972.
  10. J. Lambinon et al., Nouvelle flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du nord de la France et des régions voisines, édition du Jardin botanique national de Belgique,‎ 6e éd. 2012, 1195 p. (ISBN 978-90-72619-88-4)
  11. Source : « Menace sur le buis », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, no 254,‎ mercredi 29 octobre 2008
  12. SAE SEM, http://sites.estvideo.net/sae/pyrale_du_buis.html%7C Société Alsacienne d'Entomologie oct. 2008
  13. Source : « Diaphania perspectalis (Lepidoptera: Pyralidae) », European and Mediterranean Plant Protection Organization (EPPO),‎ févr. 2008.
  14. a, b et c Source : http://www.aujardin.info/plantes/buis.php

Liens externes[modifier | modifier le code]

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