Nielle des blés

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Nielle des blés

Description de cette image, également commentée ci-après

Représentation d’Agrostemma githago dans l'ouvrage Atlas des plantes de France de 1891

Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Noyau des Dicotylédones vraies
Ordre Caryophyllales
Famille Caryophyllaceae
Genre Agrostemma

Nom binominal

Agrostemma githago
L., 1753

La nielle des blés (Agrostemma githago), est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Caryophyllaceae. Cette plante commensale des champs de céréales, dispersée par l'action humaine sur tous les continents du globe, est actuellement en voie de raréfaction.

Description[modifier | modifier le code]

Fleur d'une variété blanche de nielle des blés
Graines de nielle des blés, grossies 12,5 fois

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Cette plante herbacée annuelle mesure entre 30 et 100 cm de hauteur[1]. Une grande partie de la plante est couverte de poils gris et soyeux, plus denses sur les feuilles et encore plus sur les parties florales. La tige, à port dressé, peut se ramifier dans sa partie supérieure. Les feuilles sont sessiles et de forme linéaire ou étroitement lancéolée[1]. Chaque feuille présente une nervure médiane plus visible que les autres, et mesure de 40 à 130 mm de longueur pour seulement 5 à 10 mm de largeur[2].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

La floraison a lieu entre juin et août, la fructification entre juillet et septembre, selon la localisation et les conditions climatiques.

L'inflorescence est une cyme bipare. Les fleurs pédonculées, généralement pourpres mais parfois blanches, mesurent environ 3 cm de diamètre[1]. Le calice, qui forme à la base un tube renflé, mesure de 3 à 7 cm de longueur totale[1]. Le tube de 1,2 à 1,5 cm de longueur[2] est prolongé par cinq longs sépales foliacés libres, plus longs que les pétales. La corolle est constituée de cinq pétales libres de 1,4 à 1,8 cm de longueur[2]. Ces pétales, émarginés au sommet, peuvent être entièrement blancs, mais le plus souvent, leur onglet est blanc rosé et leur lame d’un rose pourpré devenant plus intense sur le limbe. Quelle que soit la couleur du pétale, ses cinq nervures sont localement sombres, ce qui forme des stries longitudinales plus ou moins visibles et continues. La pollinisation est entomophile.

Le fruit est une capsule de forme ovoïde, de 1,2 à 1,8 cm de long[2]. Les graines grises à noires mesurent de 2,2 à 3,0 de largeur pour 2,9 à 3,5 mm de longueur[1]. Réniformes, elles sont couvertes de tubercules pointus.

La nielle des blés possède 2n = 48 chromosomes.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Elle est originaire d'Europe, d'Asie tempérée et d'Afrique du Nord. Après une dissémination par hémérochorie, son aire de répartition est devenue cosmopolite ; elle a en effet été introduite sur tous les continents du globe, notamment en Amérique du Nord et du Sud, dans la partie sud de l'Afrique, en Australie et dans certaines îles du Pacifique comme la Nouvelle-Zélande[3].

Elle pousse dans les champs de céréales, ainsi que dans les prés et sur les bords de route, en compagnie de graminées. Elle est une des plantes citées par Natura 2000 comme commensales caractéristiques de cultures extensives, notamment de céréales[4].

Elle fait partie des espèces végétales menacées de France métropolitaine et fait l'objet de mesures de protection dans les régions Limousin et Alsace (Article 1)[5].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Cette plante messicole (adventice des céréales) était redoutée à cause de la toxicité de ses graines noires et anguleuses. En effet, ces dernières contiennent des saponines qui sont toxiques pour les animaux (notamment le bétail et les oiseaux) comme pour l'humain (propriétés hémolytiques et paralysantes, sources de méfaits lorsque la plante se retrouve dans les farines)[3]. Mais en fait, les feuilles et la tige sont elles aussi toxiques[2].

Utilisée à faible dose, cette toxicité peut être mise à profit en phytothérapie pour stopper les hémorragies, comme expectorant, vermifuge et diurétique[6].

Systématique et nomenclature[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Agrostemma vient du grec « αγρος », le champ, et στεμμα, la couronne. Il s'agit donc de la « couronne des champs », du fait de la beauté de la fleur. githago pourrait provenir de l'hébreu « khitah » qui désignerait le froment, du fait de la ressemblance de ses graines, pourtant noires, avec les grains du blé[7].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été scientifiquement décrite pour la première fois par Carl von Linné en 1753, dans le volume 1 de son Species plantarum[8]. Le naturaliste italien Giovanni Antonio Scopoli en 1771 la décrit sous le nom Lychnis githago[9], mais cette appellation, considérée comme synonyme, n'a pas été retenue.

La nielle des blés et l'homme[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été disséminée sur tous les continents du globe par l'homme, le plus souvent accidentellement, dans des lots de semences de céréales contaminés par les graines de nielle (hémérochorie).

Mais du fait des techniques agricoles modernes (tri mécanique des grains, herbicides spécifiques) qui ont permis son élimination progressive dans les champs cultivés de nombreux pays, elle est de plus en plus rare aujourd'hui[3].

Certaines variétés sont cultivées comme plante ornementale dans les jardins[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (fr) HYPPA ; Unité de Malherbologie & Agronomie INRA-Dijon, « Agrostemma githago L. », sur http://www2.dijon.inra.fr, INRA (consulté en 11 décembre 2011)
  2. a, b, c, d et e (en) Flora of China, vol.6, page 100, « Agrostemma githago Linnaeus », sur http://www.efloras.org, eFloras (consulté en 12 décembre 2011)
  3. a, b, c et d (en) Flora of North America, vol.5, « Agrostemma githago Linnaeus », sur http://www.efloras.org, eFloras (consulté en 12 décembre 2011)
  4. (fr) Corine Biotope, « 82 : Cultures ; voir 82.3 : Cultures extensives », sur http://in2000.kaliop.net, Natura 2000 (consulté en 12 décembre 2011)
  5. INPN : statut
  6. Bernard Boullard, Plantes médicinales du monde : croyances et réalités, De Boeck Secundair,‎ 2001 (lire en ligne), p. 17
  7. François Couplan, Les plantes et leurs noms : Histoires insolites, Editions Quae,‎ 2012 (lire en ligne), p. 89
  8. (la) Carl von Linné, Species plantarum, vol. 1, Impensis Laurentii Salvii,‎ 1753, 560 p. (lire en ligne), p. 435
  9. (la) Ioannis Antonii Scopoli, Flora Carniolica : exhibens plantas Carnioliæ indigenas,‎ 1772, 2e éd., 448 p. (lire en ligne), p. 310-311

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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