Buddleia de David

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Buddleia de David (Buddleja davidii), aussi appelé buddleia du père David ou plus communément arbre aux papillons (en raison de son odeur qui allèche les papillons), est un arbuste originaire de Chine et appartenant à la famille des Loganiacées (classification classique) ou des Scrofulariacées[1] (classification phylogénétique).

Synonyme[modifier | modifier le code]

  • Buddleia variabilis Hemsley

Il existe deux autres orthographes acceptées de Buddleia, soit avec un y (Buddleya) soit avec un j (Buddleja).

Description[modifier | modifier le code]

Fleurs
Fleurs de B. davidii × fallowiana

C'est un arbuste de 2 à 5 m de hauteur, aux tiges anguleuses, veloutées. Il a une durée de vie assez courte.

Les feuilles sont caduques (ou semi-caduques), opposées, vertes ou grisâtes, lancéolées, de 10 à 30 cm de long, dentées, à pétiole court (1–5 mm). Le revers est duveteux.

Les fleurs très agréablement parfumées — certains peuvent cependant trouver l'odeur nauséabonde, notamment en fin de floraison — sont disposées en panicules denses, terminaux, de 10 à 75 cm de long. Elles sont de couleur lilas pâle à violet au centre orangé, à corolles en long tube évasé à l’extrémité en quatre larges lobes. Les 4 étamines fixées à l’intérieur du tube alternent avec les lobes. La floraison s’étale de fin juin à début octobre.

Le fruit est une capsule brune de 5 à 9 mm de long.

Écologie[modifier | modifier le code]

Dans son milieu originel, le buddleia du père David pousse dans les fourrés arbustifs en milieu montagneux, en Chine, dans une large aire de répartition (du Gansu au Guangxi).

Il a été introduit comme plante ornementale dans de nombreuses régions tempérées, hors de Chine. Il a alors une tendance à s’échapper des jardins et à se naturaliser. On le considère comme une plante envahissante, en particulier sur les friches urbaines et périurbaines et le long de certains axes (routes, canaux, voies ferrées), sur des milieux artificialisés qu'il colonise facilement grâce à ses facultés d'espèce pionnière (formation de « buddleiaies »).

En France, le buddleia du père David colonise très facilement les terrains secs, les friches, les talus, les bâtiments en ruine, les abords des voies ferrées et des autoroutes, les berges des rivières, les plages de graviers, voire les murs et les trottoirs. Il se rencontre sur de nombreux types de sols mais préfère cependant les sols drainés pauvres en matière organique et ensoleillés, alors que la renouée du Japon préférera les sols plus frais et plus riches.

Son intérêt apparent pour les papillons (source importante de nectar et pollen) peut être « pondéré » par les arguments suivants :

Le buddleia est ainsi une des espèces qui modifient fortement la composition de la flore et de la faune des milieux où il a été introduit[5].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs[6]
Graines (3 millions de graines par plante et par an) 
  • Type de fruit : capsule
  • Mode de dissémination :
Habitat et répartition
  • Habitat type : fourrés arbustifs médioeuropéens, planitiaires-montagnards, méso à eutrophiles
  • Aire de répartition : introduit (aire d'origine : Chine centrale et méridionale).

Utilisations[modifier | modifier le code]

Buddleia de David en fleurs

Le buddleia du père David a d'abord été utilisé comme plante médicinale en Chine où l'écorce de ses racines et ses rameaux feuillés sont utilisés comme matière médicale sous le nom de 酒药花 jiuyaohua[7]. 

Sa culture comme plante ornementale est répandue en Europe et en Australie. Elle a favorisé la création de nombreuses variétés horticoles.

Propriétés / toxicité[modifier | modifier le code]

Cette essence contient des molécules toxiques (aucubine en particulier) ce qui explique que ses feuilles, son écorce et ses racines ne sont pas mangées par la plupart des espèces autochtones là où il a été introduit).
Les analyses phytochimiques d’espèces de Buddleja ont montré la présence de flavonoïdes, d’iridoïdes (d’aucubine et de ses dérivés, et de buddlédines), de sesquiterpénoïdes, de phényléthanoïdes et de lignanes. À partir de la racine de Buddleja davidii ont été isolés 13 glycosides de phényléthanoïdes, un glycoside d’iridoïde et 4 complexes de glycosides d’iridoïde-lignane[8].

La toxicité pour les poissons du Buddleia davidii a été confirmée par l’isolation des buddlédines A, B et C, dans l’écorce de la racine[9]. L’activité antifongique significative des extraits de B. davidii est due à la buddlédine A.

Aspects historiques[modifier | modifier le code]

En chinois, ce buddleia est nommé 大叶醉鱼草 da ye zuiyucao, formé de zuiyucao « buddleia », morphologiquement « plante enivrant les poissons » et da ye, « grande feuille ». Les fleurs mises dans l’eau sont réputées enivrer les poissons, ce qui n’est pas surprenant sachant que des terpénoïdes ont été découverts dans la plante.

Il est possible que la première mention de zuiyucao 醉鱼草 (buddleia) se trouve dans le Grand Traité de Matière Médicale (Bencao gangmu 本草綱目), rédigé par Li Shizhen dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Mais l’usage ornemental semble lui, très récent. D’après Peter Valder[10] ce buddleia n’aurait commencé à être utilisé comme plante ornementale en Chine que sous l’influence occidentale. Il déclare d’ailleurs ne l’avoir jamais vu dans les jardins traditionnels.

Le nom du genre « Buddleja » est dédié au révérend Adam Buddle (1660-1715), un médecin, pasteur et botaniste amateur anglais. Le nom d’espèce davidii est dédié au père Armand David, missionnaire lazariste, qui parcourut la Chine dans les années 1860-70 à la recherche de plantes et d’animaux inconnus des occidentaux. Il découvrit ce buddleia en 1869 au centre de la Chine et en fit une première description avant que son correspondant au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, le botaniste Franchet en donne une description officielle publiée en 1887.

Son nom commun « arbre aux papillons » vient du fait que ses fleurs produisent un nectar très parfumé qui attire un grand nombre de papillons, abeilles et autres insectes.

Malgré une première description botanique faite en 1869 par le père David, ce buddleia resta inconnu en Europe jusqu’à ce que le docteur Augustine Henry, un botaniste anglais, ne le redécouvre en 1890 dans le Sichuan[11]. En 1895, les premiers semis français sont faits dans la propriété de la famille Vilmorin à Verrières-le-Buisson. Maurice de Vilmorin avait reçu des graines du père Soulié, missionnaire au Tibet. La plante sera largement cultivée à partir de 1916[11].

Plante invasive[modifier | modifier le code]

Le buddleia du père David, était autrefois prisé comme plante ornementale et en raison de son attrait pour les papillons, dans les jardins de particuliers mais aussi dans certains aménagements paysagers (autoroutiers ou communaux par exemple). Toutefois il a tendance à se propager facilement dans les décombres et à se répandre le long des voies de chemin de fer. Il est devenu une espèce invasive en de nombreux endroits. La première conséquence est que, paradoxalement, il peut contribuer à l'extinction des papillons : en effet, « ses feuilles ne participent pas à leur cycle biologique : le buddleia ne nourrit pas les chenilles comme certaines plantes-hôtes indigènes (orties, graminées, buissons,…) », auxquelles il se substitue[12].

Il s’est naturalisé et est devenu envahissant dans de larges régions d'Europe de l’Ouest jusqu’à Bergen (Norvège). Il pose aussi problème en Nouvelle-Zélande et dans le Sud-Est de l’Australie. En France, il est présent de manière envahissante dans le Sud-Ouest, le Sud-Est, en Bretagne et dans le Bassin Parisien[11],[13]. Le Centre semble la région la moins touchée.

Il est donc important de contrôler sa culture dans les jardins. Il peut par exemple être remplacé par différentes espèces de lilas, la menthe en arbre (Rostrinucula dependens), le gattilier ou des Buddleia hybrides stériles : Buddleia × weyeriana.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Orthographe des dictionnaires
  2. République et canton de Genève, « Buddleia davidii »
  3. « Database of Insects and their Food Plants »
  4. Douglas A. Findley, Gary J. Keever, Arthur H. Chappelka, D. Joseph Eakes and Charles H. Gilliam ; Differential response of buddleia (Buddleia davidii Franch.) to ozone Environmental Pollution, Volume 98, Issue 1, 1997, Pages 105-111 (résumé)
  5. Owen DF, Whiteway WR. 1980 Buddleia davidii in Britain: history and development of an associated fauna. Biol. Conserv. 17. (2): 149 - 155 (1980). Geog=1 Systematics: ANGIOSPERMAE (LOGANIACEAE: BUDDLEJA) (KR, 198004953)
  6. données d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.
  7. Francine Fèvre, Georges Métailié, Dictionnaire RICCI des plantes de Chine ; chinois-français, latin, anglais, Association Ricci, les Editions du Cerf,‎ 2005
  8. (en) ATSUSHI YAMAMOTO, SHIGEHIKO NITTA, TOSHIO MIYASE, AKIRA UENO and LI-JUN WU, « PHENYLETHANOID AND LIGNAN-IRIDOID COMPLEX GLYCOSIDES FROM ROOTS OF BUDDLEJA DAVIDII », Phytochemistry, vol. 32, no 2,‎ 1993, p. 421-425
  9. (en) Takashi Yoshida, Junko Nobuhara, Michiko Uchida and Takuo Okuda, « BUDDLEDIN A, B AND C, PISCICIDAL SESQUITERPENES FROM BUDDLEJA DAVIDII FRANCH. », Tetrahedron Letters, vol. 41,‎ 1976, p. 3717-3720
  10. Peter Valder, The Garden Plants of China, Timber Press,‎ 2005
  11. a, b et c Serge Muller (coord.), Plantes invasives en France, Publications scientifiques du MNHN,‎ 2004 (réimpr. Muséum national d’Histoire naturelle), 168 p.
  12. Fiche Info du Buddleia Davidii, plantes envahissantes du Canton de Vaud (Suisse)
  13. Liste des plantes envahissantes, éditée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (juillet 2003)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Fitter, A. Fitter, M. Blamey, Guide des fleurs sauvages, Delachaux et Niestlé, Paris (1re éd. 1976), 7e éd. 2011, 352 p., p. 314 ISBN 978-2-603-01638-1