Sphinx tête de mort

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Acherontia atropos

Description de cette image, également commentée ci-après

Sphinx "tête de mort" - - MHNT

Acherontia atropos
Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Insecta
Ordre Lepidoptera
Famille Sphingidae
Sous-famille Sphinginae
Genre Acherontia
Description de l'image  File: Acherontia atropos MHNT ventre.jpg.

Acherontia atropos - △ - Muséum de Toulouse

Nom binominal

Acherontia atropos
(Linnaeus, 1758)

Le Sphinx tête de mort, Acherontia atropos, est un insecte appartenant à l'ordre des lépidoptères, à la famille des Sphingidae, sous-famille des Sphinginae, de la tribu des Acherontiini et au genre Acherontia.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Acherontia atropos a été scientifiquement décrite pour la première fois par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Sphinx atropos [1] Le terme Acherontia fait référence à l'Achéron de la mythologie grecque, l'un des fleuves de l'enfer qu'il fallait traverser pour atteindre le séjour des morts. Atropos est le nom d'une des trois Parques, celle chargée de couper le fil de la vie[2].

Il s'agit de l'espèce type pour le genre Acherontia.

Synonymie [3].[modifier | modifier le code]

  • Sphinx atropos Linnaeus, 1758 protonyme
  • Acherontia solani Oken, 1815 [4]
  • Acherontia sculda Kirby, 1877[5]
  • Acherontia atropos conjuncta Tutt, 1904
  • Acherontia atropos extensa Tutt, 1904
  • Acherontia atropos flavescens Tutt, 1904
  • Acherontia atropos imperfecta Tutt, 1904
  • Acherontia atropos intermedia Tutt, 1904
  • Acherontia atropos obsoleta Tutt, 1904
  • Acherontia atropos suffusa Tutt, 1904
  • Acherontia atropos variegata Tutt, 1904
  • Acherontia atropos virgata Tutt, 1904
  • Acherontia atropos violacea Lambillion, 1905
  • Acherontia atropos charon Closs, 1910
  • Acherontia atropos diluta Closs, 1911
  • Acherontia atropos obscurata Closs, 1917
  • Acherontia atropos myosotis Schawerda, 1919
  • Acherontia atropos confluens Dannehl, 1925
  • Acherontia atropos moira Dannehl, 1925
  • Acherontia atropos pulverata Cockayne, 1953
  • Acherontia atropos radiata Cockayne, 1953
  • Acherontia atropos griseofasciata Lempke, 1959

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Le Sphinx tête de mort se nomme Death's Head Hawk-moth en anglais, Totenkopfschwärmer en allemand et Calavera, Cabeza de Muerto ou Mariposa de la Muerta en espagnol.

Le terme "sphinx" fait référence au fait que la chenille, capable de relever la tête, a alors une posture présentant une faible ressemblance avec celle du sphinx grec ou égyptien[2].

L'expression "tête de mort" est une allusion directe au dessin porté par la face supérieure du thorax de l'insecte.

Description[modifier | modifier le code]

Adultes[modifier | modifier le code]

Comme tous les sphingidés, c'est un papillon au corps massif fusiforme, aux antennes plumeuses et aux ailes repliées à plat en "toit" sur l'abdomen selon un angle caractéristique. L'adulte présente une marque caractéristique rappelant la forme d'une tête de mort sur la partie dorsale du thorax densément couvert de poils, alors que les segments de son abdomen, tout aussi poilus, sont noirs et jaunes à la manière d'un gros frelon.

C'est le lépidoptère européen le plus lourd (1,5 g pour une femelle adulte de 6 cm d'envergure) et le plus grand que l'on puisse rencontrer en Europe après le Grand Paon de nuit. Son corps mesure environ 6 cm pour une envergure moyenne de 13 cm.

Chenilles et chrysalides[modifier | modifier le code]

Les chenilles sont de couleur vert-bleu, elles se distinguent par leurs V bleus dorsaux. Elles possèdent une corne (scolus) à l'extrémité de l'abdomen, sur le huitième segment.

Très grosses, elles atteignent 15 cm de longueur, et consomment de juillet à octobre diverses Solanacées, principalement le feuillage de la pomme de terre, où de grosses crottes signent leur présence. Elles s'enterrent, comme beaucoup de chenilles de la famille des sphingidés, pour se transformer en chrysalides dans le sol.

Les chenilles possèdent des soies minuscules et pratiquement invisibles.

La chrysalide est brun foncé tirant sur le rouge, avec un aspect laqué.

Biologie[modifier | modifier le code]

Après leur arrivée en juin-juillet, les adultes migrateurs déposent leurs œufs à l'envers des feuilles de la plante choisie. Après vingt jours de croissance[réf. nécessaire], pendant lesquels elle mue quatre fois[réf. nécessaire], la chenille s'enterre, se transforme en chrysalide dans une chambre souterraine et ressort sous la forme d'adulte au bout d'une période variant de vingt jours à deux mois[réf. nécessaire].

Ce papillon, (ainsi que plusieurs espèces voisines d'origine asiatique[6]) est capable de produire un cri provenant du pharynx. Lorsqu'il est dérangé, excité ou stressé il produit un son (couinement, ou grincement[7]) grâce à une petite lame située à l'entrée du pharynx de l'adulte et de la chenille. Cette lame vibre lorsque, saisi, l'animal expulse violemment de l'air. Le cri produit ressemble à un couinement de souris et peut être audible jusqu'à une quarantaine de mètres[2].

Remarque : un autre papillon sud-européen peut émettre des sons, mais pas par le pharynx : l'écaille pudique ou écaille tesselée, (Cymbalophora pudica Esper) : le mâle « cymbalise » en volant : il émet un bruit de crécelle produit par un appareil thoracique.

Le sphinx tête de mort est extrêmement friand de miel. Il détecte les ruches et pénètre à l'intérieur par le trou d'envol. Bien protégé par son pelage et ses écailles, insensible au venin, il est capable, en faisant vrombir ses ailes, de se débarrasser des abeilles qui défendent leur ruche. Ayant atteint les rayons de miel, il perce sans difficulté les opercules des alvéoles pleines à l'aide de sa trompe courte et solide. Cependant, gorgé de miel, il lui arrive parfois d'être incapable de ressortir de la ruche et de finir étouffé par une grappe compacte d'abeilles. Le cadavre est alors recouvert de propolis pour éviter la décomposition.
Il butine aussi certaines fleurs, comme les fleurs de jasmin[2].

Période de vol[modifier | modifier le code]

Les imagos volent en Europe en deux générations d'avril à août.

C'est un papillon migrateur sur de longues distances.

Plantes hôtes[modifier | modifier le code]

Ses plantes hôtes sont des Solanaceae : Solanum tuberosum, Solanum dulcamara, et diverses autres Datura, Cannabis, Atropa belladonna, Lycium, Philadelphus, Nicotiana, Nerium, Olea[3], une cinquantaine d'espèces[2].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Il est résident en Afrique, Asie Mineure et migrateur en Europe[3]. Cette espèce vit et hiberne dans le sud du bassin méditerranéen et en Afrique et dans une partie de l'Asie. Elle migre au début de l'été en Europe et peut remonter jusqu'au sud de la Scandinavie ou en Islande, mais ce papillon est devenu très rare dans les zones urbanisées ou d'agriculture intensive.

Les adultes émergent en septembre-octobre avant de prendre leur envol pour migrer vers le Sud. Cette espèce est présente mais en régression sur l'île de la Réunion. En 2003, pendant la canicule en France, on en trouvait dans des jardins, dans toutes les régions, inadaptés dans leur milieu[8].

En France métropolitaine, il est présent comme migrateur dans presque tous les départements[9].

Biotope[modifier | modifier le code]

Le Sphinx tête de mort et l'Homme[modifier | modifier le code]

Protection[modifier | modifier le code]

Pas de statut de protection particulier.

Le Sphinx tête de mort dans la culture[modifier | modifier le code]

Cette espèce est présente sur l'affiche du film américain Le Silence des agneaux avec Anthony Hopkins.

Dans la série de livres A comme Association de Pierre Bottero et Erik L'homme, le personnage de Sphinx est nommé ainsi à cause de sa passion pour ces insectes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, 1758; Syst. Nat. (Edn 10) 1 : 490
  2. a, b, c, d et e Dourlot S. Petite collection d'insectes de nos régions, p 22, Paris, Larousse 2008, ISBN 978-2-03-583816-2
  3. a, b et c funet
  4. Oken, 1815; Lehrbuch Naturgesch. 3 (Zool.) (1): 762
  5. Kirby, 1877; Trans. ent. Soc. Lond. 1877 : 242
  6. Danesch, Othmar Papillons nocturnes, 1971, Paris, Hatier pour le texte français, 256 p., p.93
  7. http://insectes-net.fr/atropos/atropos2.htm
  8. http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=875815&clef=ARC-TRK-NC_01
  9. lepinet

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]