Blackwater Worldwide
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Xe (prononcer Zi) est une société militaire privée américaine. Elle était précédemment connue sous le nom de Blackwater Worldwide et à l'origine sous celui Blackwater USA. Elle adopte le nom de Xe le 13 février 2009 [1]
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[modifier] Histoire
Elle fut fondée en 1997 par Erik Prince, un ancien des forces spéciales de l'US Navy, les SEAL, et un fervent supporter du parti républicain. Elle possède un domaine de plus de 24 km² à Moyock, en Caroline du Nord, au sud de la base navale de Norfolk, où plus de 50 000 militaires ont déjà suivi un entraînement [2].
Fin mars, elle a déclaré avoir 450 hommes en intervention. Pour des raisons économiques, 30 % de son personnel n’a pas de formation militaire, mais vient de la police.
Ce fut l'une des premières SMP à s'implanter en Afghanistan durant la guerre d'Afghanistan de 2001,
Lors du conflit en Irak, le 31 mars 2004, quatre membres de la société furent tués lors d’une attaque aux grenades et armes légères à Falloujah. Les corps, brulés, furent pendus à des luminaires d'un pont sur l'Euphrate et ultérieurement démembrés par une foule en furie[3].
En avril 2004, elle a embauché 134 militaires chiliens. Pour 1 000 dollars par jour, ils doivent protéger les installations pétrolières en Iraq.
En septembre 2005, la société intervient pour aider les ingénieurs de l'US Army à colmater les brèches des digues de la Nouvelle-Orléans, après le passage de l'ouragan Katrina, et assurer la sécurité dans les rues de la ville. Le montant total des sommes perçues du gouvernement nord-américain par Blackwater suite à cette catastrophe s’élevait, au milieu de l’année 2006, à 73 millions de $ (l’équivalent de 243 000 $ par jour)[4].
Suite à une fusillade, le 16 septembre 2007, ayant causé la mort de dix-sept irakiens et blessé au moins vingt autres, le gouvernement irakien a, dès le lendemain, interdit à Blackwater d'opérer sur le sol irakien. Les circonstances de cette fusillade sont floues. La porte-parole de Blackwater, Anne Tyrrell a déclaré que « les employés ont agi conformément à la loi en réponse à une attaque » et que « les civils sur lesquels il aurait été fait feu étaient en fait des ennemis armés et nos employés ont fait leur travail pour défendre des vies humaines ». Le porte-parole du ministère irakien de l'intérieur, Abdul-Karim Khalaf, a pour sa part déclaré que « le fait d'être chargé de la sécurité ne les autorise pas à tirer sur les gens n'importe comment » [5].
Le quotidien suisse Le Temps résume ainsi la fusillade : « La balle a traversé la tête de Haithem Ahmed. Pas de coup de semonce préalable, pas de tension particulière à Bagdad, mais ce projectile qui a tué instantanément l'Irakien alors qu'il circulait dans une voiture aux côtés de sa mère. Le conducteur mort, le véhicule s'emballe. Et les « mercenaires » de Blackwater aussi : ils arrosent de centaines de balles la place Nisour, noire de monde, où les passants tentent désespérément de se mettre à l'abri. Des grenades sont lancées, et les hélicoptères des gardes privés interviennent rapidement pour achever le travail. Bilan : au moins 17 civils irakiens tués, 24 blessés. » [6].
Les poursuites contre Blackwater sont difficiles car les sous-traitants continuent d'opérer jusqu'a fin 2008 selon le mémorandum 17 de l'Autorité provisoire de la coalition, édicté par Paul Bremer, qui garantit aux employés l'immunité vis-à-vis de la loi irakienne [7] La société a donc repris son activité, bien que des éléments concordants montrent que la fusillade n'aurait pas eu de justification militaire [8]. En janvier 2009, les autorités Irakiennes annonce qu'il n'a pas renouvelé l'autorisation d'exercer dans leur pays de la société.
En 2008, la société est présente dans plusieurs pays, effectuant de la protections d'installations sensibles tels les sites de radars militaires au Japon, de l'entrainement de membres de service de renseignement de Taïwan ou le sauvetage de civils au Kenya et se déclare préte à lutter contre la piraterie autour de la corne de l'Afrique [9].
En 2009, la société subit de lourdes transformations. Elle change de nom pour s'appeler désormais Xe depuis le 13 février 2009. Erik Prince, fondateur et PDG de Blackwater Worldwide, et Gary Jackson, président de l'entreprise, annonçaient leur démission le 1er mars.
Le 31 mars, elle perd son principal contrat en Irak au profit de Triple Canopy. Xe était en charge de la sécurité au sol à Bagdad, notamment tout ce qui concernait la protection de personnalités. Il n'y a pas de somme précise pour ce contrat, mais il représenterait environ un tiers des revenus de Xe [10].
[modifier] Rapport et audition de la Chambre des représentants en 2007
Le 1er octobre 2007 un rapport de la Chambre des représentants des États-Unis est publié dans lequel est recensé, durant la période allant du 1er janvier 2005 au 12 septembre 2007, 195 fusillades impliquant Blackwater et dans 163 cas, les employés de Blackwater ont tiré les premiers [11].
Ce rapport mentionne également le meurtre le 24 décembre 2006 de l'un des gardes du corps du vice-président irakien Abdel Abdel-Mehdi par un employé ivre de Blackwater (Andrew Moonen[12]). Moins de 36 heures après, il a été autorisé par le Département d'État américain (le contractant de Blackwater) à retourner aux États-Unis sans être inquiété. Dans un premier temps le Département d'État a suggéré à Blackwater de verser 250 000 dollars à la famille de la victime, mais le service de sécurité diplomatique a pensé qu'une telle somme pourrait inciter des irakiens à se faire tuer pour mettre ainsi leur famille à l'abri du besoin. Au final, la famille aurait reçu 15 000 dollars [13] (Erik Prince évoquera quant à lui la somme de 20 000 dollars[14].)
Concernant la prise en compte des multiples dérapages, le rapport a recensé 122 licenciements, dont 28 pour usage d'arme et 25 impliquant la drogue et l'alcool [15]. Mais les rédacteurs de ce rapport notent qu'ils n'ont aucune preuve que le Département d'État a tenté de restreindre Blackwater ou qu'il se soit interrogé sur le nombre de fusillades impliquant des employés de cette société [16].
Par rapport aux deux autres sociétés militaires privées, DynCorp et Triple Canopy, présentes en Irak, Blackwater est à l'origine de plus de fusillade que les deux autres sociétés réunies [16].
Le 2 octobre 2007 Erik Prince, ainsi que trois représentants du Département d'État américain, sont auditionnés par une commission de la Chambre des représentants des États-Unis concernant leurs agissements en Irak et Afghanistan [17]. Durant leur audition, plusieurs témoins dont des militaires, ont qualifié les comportements de Blackwater comme « outrageants » et « contraires à la stratégie de l'armée ». Les employés de la société ont également été accusés d'avoir « la gâchette facile » [18].
Avant le début des auditions le 2 octobre 2007, le président de la commission de la Chambre des représentants, le démocrate Henry Waxman s'est demande si « Blackwater, une société de sécurité privée, nous aide-t-elle en Irak ou entrave-t-elle notre action? ». Il considère également que « Blackwater est responsable » de la fusillade du 16 septembre [19].
[modifier] Structure
Xe est un ensemble de 6 sociétés, ayant chacune une spécialité [20] :
- Blackwater Training Center, le centre d'entraînement de Moyock
- Blackwater Target Systems, le stand de tir
- Blackwater Security Consulting, la division protection
- Blackwater Canine, pour l'entraînement des chiens policiers
- Blackwater Air, pour le soutien aérien
- Total Intelligence Solutions', service de renseignement privé [21].
[modifier] Contrats
| Année | Valeur des contrats |
|---|---|
| 2001 | 736 906 $ |
| 2002 | 3 415 884 $ |
| 2003 | 25 395 556 $ |
| 2004 | 48 496 903 $ |
| 2005 | 352 871 817 $ |
| 2006 | 593 601 952 $ |
| Total | 1 024 519 018 $ |
Alors qu'avant la guerre en Irak la société ne fournissait principalement que des séances d'entraînement pour les forces de l'ordre et les militaires, elle a depuis très largement étendue son offre à divers domaines liés à la protections des personnes et des installations.
Le principal contractant de Blackwater est le gouvernement américain via le Département d'État. Ainsi entre 2001 et 2006, l'entreprise a vu son chiffre d'affaire augmenter de plus de 80 000 %, rien qu'avec les contrats avec le gouvernement américain [23].
Le premier contrat obtenu en Irak l'a été lorsque l'Autorité provisoire de la coalition, dirigée par Paul Bremer, a demandé en août 2003 à Blackwater d'assurer la protection des civils américain envoyés officiellement en Irak par le gouvernement au premier rang desquels le même Paul Bremer. Ce contrat a été obtenu sans appel d'offre[24]. En janvier 2009, le contrat n'a pas été renouvelé suite aux exactions de ses employés [25]
Moins d'un an plus tard, en juin 2004, Blackwater a obtenu un contrat (toujours sans appel d'offre) bien plus important. Connu sous le nom de Worldwide Personal Protective Services (WPPS), ce contrat définissait que la société devait fournir protection aux citoyens américains et à certains responsables étrangers de haut rang. Les termes de ce contrat sont vagues et ne précisaient pas le type de protection que devait assurer Blackwater, ni le nombre d'interventions. Le contrat ne pouvait excéder 332 millions de dollars, mais du 14 juin 2004 au 6 juin 2006, Blackwater a reçu plus de 488 millions de dollars. Le 8 mai 2006, le Département d'État a passé un nouveau contrat similaire dans les termes (WPPS II) et incluant cette fois-ci deux autres sociétés (DynCorp et Triple Canopy). Il définissait les zones géographiques d'intervention de chacune des trois sociétés et le montant ne pouvait excéder 1,2 milliard de dollars par entreprise ou 3,6 milliards au total [23].
[modifier] Controverse et critiques
Dans son livre, Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde, le reporter américain Jeremy Scahill dresse un tableau accablant des activités de la société. Il l'accuse notamment d'agir telle une garde prétorienne en Irak, bénéficiant d'une immunité quasi totale face aux allégations de violence envers les civils Irakiens.
[modifier] Notes et références
- ↑ Blackwater Puts on a New Public Face, The Wall Street Journal, 14 février 009
- ↑ (en) Blackwater USA - Training, Blackwater USA. Consulté le 4 octobre 2007
- ↑ (en)Residents hang slain Americans' bodies from bridge
- ↑ Jeremy Scahill, Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008, p. 273.
- ↑ (fr) Corine Lesnes, « La société Blackwater impliquée dans une fusillade à Bagdad », 18 septembre 2007, Le Monde. Mis en ligne le 18 septembre 2007, consulté le 20 septembre 2007
- ↑ (fr) Luis Lema, « Les «mercenaires» de Blackwater sous le feu des critiques », 4 octobre 2007, Le Temps. Mis en ligne le 4 octobre 2007, consulté le 4 octobre 2007
- ↑ (fr) La mise en cause de Blackwater enfle à Bagdad, La Tribune.fr. Mis en ligne le 23 septembre 2007, consulté le 24 septembre 2007
- ↑ (fr) Une société de sécurité américaine mise en cause, NouvelObs.com. Mis en ligne le 23 septembre 2007, consulté le 24 septembre 2007
- ↑ (en) Blackwater: We'll Fight Somalia's Pirates, Wired blog network. Mis en ligne le 16 octobre 2008, consulté le 17 octobre 2008
- ↑ (en) Blackwater gets replaced in Iraq, ABC News. Mis en ligne le 1er avril 2009, consulté le 13 avril 2009
- ↑ (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 7. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ Jeremy Scahill, op. cit., p.39.
- ↑ (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 9 à 12. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ Jeremy Scahill, op. cit., p.39.
- ↑ (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 13. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ a b (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 2. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ (fr) Hearing on Private Security Contracting in Iraq and Afghanistan, Chambre des représentants des États-Unis. Mis en ligne le 2 octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ (fr) Sylvain Cypel, « Erik Prince, PDG de Blackwater, défend ses hommes au Congrès », 3 octobre 2007, Le Monde. Mis en ligne le 3 octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ (fr) Sue Pleming, « Blackwater sous le feu des questions du Congrès américain », 2 octobre 2007, Reuters. Mis en ligne le 2 octobre 2007, consulté le 3 octobre 2007
- ↑ (en) Blackwater USA - About Us, Blackwater USA. Consulté le 4 octobre 2007
- ↑ (fr) B estrade, Géopolitique.com http://www.geopolitique.com/enquetes-analyses/blackwater-redore-son-blason-et-etend-son-mercenariat-451.html
- ↑ (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 3. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 4 octobre 2007
- ↑ a b (en) Chambre des représentants des États-Unis, « Additional Information about Blackwater USA », 1er octobre 2007, p. 4. Mis en ligne le 1er octobre 2007, consulté le 4 octobre 2007
- ↑ Jeremy Scahill, Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008, p.23.
- ↑ (fr) Jugée aux Etats-Unis, la société Blackwater voit son contrat annulé en Irak, Agence France-Presse, 29 janvier 2009
[modifier] Lien externe
- (en) Site officiel

