Binic

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Binic
L'avant-port de Binic à marée basse
L'avant-port de Binic à marée basse
Blason de Binic
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Saint-Brieuc
Canton Étables-sur-Mer
Intercommunalité Communauté de Communes du Sud Goëlo
Maire
Mandat
Christian Urvoy
2014-2020
Code postal 22520
Code commune 22007
Démographie
Gentilé Binicais
Population
municipale
3 735 hab. (2011)
Densité 627 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 09″ N 2° 49′ 27″ O / 48.6025, -2.82416666667 ()48° 36′ 09″ Nord 2° 49′ 27″ Ouest / 48.6025, -2.82416666667 ()  
Altitude 10 m (min. : 0 m) (max. : 86 m)
Superficie 5,96 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-binic.fr

Binic [binik] est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor en Région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Binic se situe dans la partie ouest de la baie de Saint-Brieuc, la Côte du Goëlo (qui va du sillon de Talbert à l’anse d’Yffiniac). Son port de plaisance, accessible seulement à marée haute, propose 500 places à flot. Il est fréquenté par quelques bateaux de pêche côtière.
Selon le recensement de 1999, elle compte 3 110 habitants. Sa population est à peu près multipliée par trois l’été.
Binic est divisé en plusieurs quartiers :

  • les Fontaines-Gicquel
  • la Ville-Biard
  • la Ville-Even
  • la Ville-Garnier
  • la Ville-Gilbert
  • la Ville-Jacob

Histoire[modifier | modifier le code]

Binic tire son nom du préfixe pen (qui signifie chef) et de Ic qui est le nom de la rivière voisine qui se jette dans la mer. Binic est donc l’embouchure de l’Ic. On la surnomme Cité des Embruns ou encore Le Grain de Beauté des Côtes-d'Armor.
L'histoire de Binic remonte au Néolithique (entre 3500 et 1800 av. J.-C.). En effet, on y a retrouvé des monuments mégalithiques tel le dolmen La Table de Margot (détruit en 1816 lors de travaux du port).
Au Moyen Âge, Binic (alors appelée Benic) était un petit village d'au plus une vingtaine de maisons. Mais c'était toutefois un grand lieu de foires et de marchés où venaient les habitants des villages alentour.
En 1821, grâce à François Le Saulnier de Saint-Jouan, un armateur binicais, avec l'appui de la Duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI, Binic devient une commune à part entière en se détachant de la paroisse d'Étables-sur-Mer. Elle compte alors 1611 habitants. Il faut attendre 1840 pour que les limites entre Binic et les communes d'Étables-sur-Mer et de Pordic soient définitivement arrêtées.
Au XIXe siècle, Binic connut son apogée en devenant, en 1845, le premier port français pour la Grande Pêche. Le port recevait annuellement 150 à 160 navires et l'activité se partageait entre la pêche à Terre-Neuve et le cabotage (importation de sel, de vin, de bois du Nord, de farines et légumes). Binic était alors le premier port de pêche à la morue.
La période correspondant au premier quart du XXe siècle, jusqu'au seuil des années 1930, est pour la commune celle d'une mutation en profondeur car l'activité de pêche à la morue à Terre-Neuve et en Islande y vit tant bien que mal ses dernières décennies.
Confrontées durant la guerre aux sous-marins allemands, à la hausse des coûts d'armement et aux réglementations sur la pêche de plus en plus strictes -notamment en Islande- dans les années 1920 et à la concurrence des chalutiers à vapeur, les goélettes qui depuis les années 1860 étaient emblématiques des ports du Goêlo finissent par disparaître.
C'est pour le port une période très morose qui débute. Elle va durer une trentaine d'années.
Plus récemment s'est développée la pêche à la coquille Saint-Jacques, spécialité de la baie de Saint-Brieuc. Depuis 1992, les chalutiers binicais débarquent leur pêche au nouveau port de Saint-Quay-Portrieux, ville voisine de 6 kilomètres.
Entre 1906 et 1956 Binic a été desservie par le Chemin de Fer départemental des Côtes-du-Nord et a eu sa gare sur l'esplanade de la Banche, vaste espace remblayé et gagné sur la grève d'ailleurs construit à cet effet par l'ingénieur Briochin Louis Auguste Harel de la Noë.
Le chemin de fer a laissé à Binic des traces importantes : citons notamment les deux viaducs (viaduc de la Hasée dit du Chien noir en face de la station d'épuration et viaduc de Beaufeuillage en face de la zone artisanale) situés tous les deux le long de la D4 en direction de Lantic.

Le bord de mer à marée basse

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom breton de la commune est Binig.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à deux poissons d'argent nageant l'un sur l'autre (superposés en fasce), au chef d'hermine.
Commentaires : Ce blason, institué en 1969 par le docteur Boulard, maire de Binic, est inspiré du blason de la famille Le Saulnier de Saint-Jouan, d'azur à trois poissons d'or, posés en fasce l'un sur l'autre.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1821 1847 François Le Saulnier de Saint-Jouan    
1847 1849 Jacques Le Pommelec    
1849 1852 Louis Marie    
1852 1870 Jacques Le Pommelec    
1870 1871 Albert Mancel    
1871 1874 Jacques Le Pommelec    
1874 1874 François Le Saulnier de Saint-Jouan    
1874 1881 Yves Le Suave    
1881 1884 Louis Le Saulnier de Saint-Jouan    
1884 1908 Jacques Le Pommelec    
1908 1912 Gaspard Le Pommelec    
1912 1927 Louis Piquenais    
1927 1929 Henri Oriou    
1929 1935 Joseph Corbille    
1935 1938 Marcel Duval    
1938 1941 Joseph Corbille    
1941 1941 Jules Le Bras    
1941 1944 Charles Bernard    
1944 1944 Henri Collin    
1944 1944 Joseph Corbille    
1944 1944 Joseph Corbille    
1944 1947 Robert Bouvier    
1947 1953 Joseph Le Goaster    
1953 1968 Ange Rossignol    
1968 1970 Louis Boulard    
1970 1977 Suzanne Joret    
1977 1983 Georges Le Gonidec    
1983 1989 Jean Burlot    
1989 1995 Michel Laudrin PS  
1995 1997 Alain Guilloux    
1997 2008 Yvon Batard UMP  
2008 en cours Christian Urvoy PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 735 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1831. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872
1 828 2 229 2 324 2 407 2 640 2 811 2 673 2 738 3 458
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
2 457 2 231 2 379 2 222 2 305 2 247 2 231 2 356 2 342
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
2 223 2 141 2 140 2 241 2 261 2 099 2 212 2 326 2 602
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
2 798 3 110 3 436 3 528 3 735 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Binic comporte une zone artisanale où sont notamment situées les entreprises Binic Gastronomie et la minoterie Hinault.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Binic est riche en monuments et lieux touristiques. Pour retracer son histoire, le Musée des traditions populaires regorge d'objets du passé, donnés par des institutions ou des particuliers, et présentés dans leur cadre d'origine. Ce sont aussi bien des objets de la vie quotidienne, que des instruments de pêche ou des vêtements traditionnels. Le musée évoque la vie quotidienne à Binic il y a un siècle, à travers une collection de coiffes, de costumes bretons et de d'objets divers se rapportant à la vie maritime et à la grande pêche. Des reconstitutions (salle de classe, forge, atelier de menuisier) complètent la visite.

Les bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église de Binic s'appelle Notre-Dame de Bon Voyage. Sa construction a été décidée à la place de l'ancienne chapelle Saint-Julien après l'instauration de Binic comme commune indépendante d'Étables-sur-Mer en 1821.
  • Binic compte également la chapelle Saint-Gilles dans le quartier de la ville-Jacob, où a lieu une procession chaque premier dimanche de septembre.
  • La chapelle privée Sainte-Anne est située rue de la Griselle.

Le cimetière[modifier | modifier le code]

Binic possède un très beau cimetière, situé sur les hauteurs qui dominent le bourg.

Certains personnages connus y sont inhumés :

Les monuments les plus intéressants sont les suivants :

  • La chapelle des Verry-Carfantan, famille d'armateur de Binic.
  • L'enclos de la famille Le Saulnier de Saint-Jouan,
  • L'enclos de la famille Le Suavé, Galerne, Le Noan, Petitjean.
  • L'enclos de la famille Besnier-Guilloux,
  • Les stèles de Louis, Samuel et Ange Fichet des Grèves, dont la tradition rapporte qu'ils étaient enterrés debout,
  • La tombe de L. Marie qui porte un crâne et deux tibias, sans doute pour rappeler que, quelle que soit la notoriété du défunt, les hommes sont égaux devant la mort,
  • Le monument funéraire insolite de Yoko Tani.

Les plages[modifier | modifier le code]

Il existe à Binic trois plages donnant sur la Manche.

  • L'avant-port est une plage encadrée de pierres : des rochers à chaque extrémité et la digue la surplombant. Au-dessus de la plage, le sentier des douaniers offre un point de vue magnifique sur la mer. La plage de l'avant-port devient touristique à partir de 1906 avec la construction des premières cabines de bain en bois. La rampe en zigzag dite Suavé-Galerne est construite avant 1939. Le tunnel sous la falaise du Goulet est construit pendant la seconde guerre mondiale par les soldats allemands[3].
  • La Banche est la plus grande plage de Binic. On y trouve une piscine, un bassin d'eau de mer et un club de plage pour animer les journées des plus jeunes.
  • La plage du corps de garde est elle située dans un décor plus sauvage et est nettement moins fréquentée que les deux précédentes.

Le port[modifier | modifier le code]

Celui qui vit partir tant de marins au large de Terre-Neuve accueille aujourd'hui plus de 600 unités sur ponton et mouillage dans le bassin et l'avant-port. Ceinturé par 1 300 m de quais, il est constitué d'un avant-port, de 4 hectares, et d'un bassin à flot, de 3,35 hectares.

Le marché[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIe siècle, la situation géographique privilégiée du marché et sa vocation maritime ont inscrit Binic dans l'histoire des Foires et Marchés. À l'époque, on y trouvait toute sorte de produits : produits de la mer, de la terre, du négoce et de l'armement de navires. Plusieurs foires se déroulaient à date fixe chaque année.
Depuis la Révolution française, ce marché a lieu chaque jeudi matin. Aujourd’hui, en saison, près de 200 commerçants s'y installent, proposant des produits régionaux, des produits frais et divers autres produits…

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Massignon (1883-1962), islamologue, avait une villa ("Les Roseraies") à Binic[4].
  • François Truffaut a passé plusieurs étés à la villa Ty Rosen que sa grand-mère, Geneviève de Monferrand, louait à Binic. La villa se situait rue de l'Ic. Il y a séjourné pendant l'année scolaire 1939-1940[5].

Festivités[modifier | modifier le code]

  • Festival littéraire des Escales, mer et aventures en mars
  • Festival des Marionnet'ic en avril
  • La Morue en fête en juin[6]
  • l'Aqua Bomb en juin : compétition officielle de lancer de bombe à eau de mer en origami
  • Les Animakids en juillet-août
  • Le Sandball Tour[7] en juillet
  • Binic Folks Blues Festival en août. Chaque année depuis 2009, un grand festival de Folks et Blues organisé par l'association La Nef D Fou[8]. En 2011, le festival a notamment accueilli Radio Moscow, les Black Diamond Heavies, Johnny Walker et Left Lane Cruiser[8].
  • Couleurs de Bretagne[9] en août
  • Magic Binic en octobre, festival de magie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  3. « Front de mer du Goulet et plage de l'avant-port », sur Archives départementales des Côtes-d'Armor,‎ 2007 (consulté en 12/08/2011)
  4. « Présentation de la commune de Binic », sur Archives départementales des Côtes-d'Armor,‎ 2006 (consulté en 13/08/2011)
  5. Antoine de Baecque et Serge Toubiana, François Truffaut, Éditions Gallimard,‎ 2001 (1re éd. 1996), p. 28
  6. site officiel de la Morue en fête
  7. site officiel du Sandball
  8. a et b Céline Millecam, « 5, 6, 7 août : Festival Folks Blues de Binic », Rock Times,‎ 20 juillet 2011 (lire en ligne)
  9. site officiel de Couleurs de Bretagne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Querré, Binic, port du Goëlo : histoire des origines à nos jours, Éditions du Dahin, Binic, 1987, 285 p.
  • Christian Querré et Philippe Leribaux, Souvenirs de Binic, 1900-1960, Éditions du Dahin, Binic, 2004
  • Jean-Pol Dumont Le Douarec, Binic, Éditions Celtics Chadenn, 2005
  • R. Brouté, La naissance de la commune de Binic, Les Carnets du Goëlo no 3 (1988), bulletin de la Société d'études historiques et archéologique du Goëlo.
  • Jean-François Jacq. L'âge d'or des Corsaires. Apogée. Rennes. 2011. ISBN 978-2-84398-398-6.

Liens externes[modifier | modifier le code]