Bernard de Lattre de Tassigny

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Bernard de Lattre de Tassigny
Naissance 11 février 1928
Paris 16e
Décès 30 mai 1951 (à 23 ans)
Ninh Binh (Tonkin)
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Arme blindée et cavalerie
Grade Lieutenant
Années de service 19441951
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Commandement Escadron
Distinctions Légion d'honneur (chevalier)
Médaille militaire
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Médaille des évadés
Ordre national du Vietnam (chevalier)
Famille Jean de Lattre de Tassigny, maréchal de France, son père
Simonne Calary de Lamazière, sa mère

Bernard de Lattre de Tassigny est un officier français, né le 11 février 1928 à Paris (16e) et mort le 30 mai 1951 près de Ninh Binh (Tonkin).

Histoire[modifier | modifier le code]

Bernard de Lattre de Tassigny est le fils unique du maréchal Jean de Lattre de Tassigny et de Simonne Calary de Lamazière. En septembre 1943, il organise, avec sa mère puis le concours de la Résistance, l'évasion de son père de la prison de Riom[1],[2],[3]. En 1944, il est jugé trop jeune pour être admis dans l'armée de libération qui se prépare pour le débarquement de Provence. Néanmoins, devant sa volonté de combattre, le général de Gaulle lui accorde une dispense d'âge[4],[5]. Le 8 août 1944, il est affecté au 2e régiment de dragons. Lors de la bataille pour la libération d'Autun, le 8 septembre 1944, il est sérieusement blessé[5]. Il reçoit la médaille militaire des mains du colonel Demetz, commandant le 2e dragon, lors d'une prise d'armes à Masevaux, le 23 février 1945[6] au cours de laquelle son père lui donne l'accolade[7].

Entré à l'École militaire interarmes, le 1er août 1945 (promotion Victoire), il choisit l'arme blindée et cavalerie à sa sortie. Le 26 novembre 1945, il est aspirant. Stagiaire à l'École de cavalerie de Saumur, il est nommé sous-lieutenant le 26 novembre 1946. Affecté ensuite au 4e régiment de cuirassiers, à Mourmelon-le-Grand il est promu lieutenant le 26 novembre 1948[5].

Il quitte la métropole pour l'Indochine le 1er juillet 1949. Chef d'un peloton blindé du 1er régiment de chasseurs, il est commandant du poste de Yen My, qui contrôle quinze villages et une population d'environ 20 000 habitants[8]. Il est cité à l'ordre de la brigade le 21 avril 1950.

Le 6 décembre 1950, le général de Lattre devient haut-commissaire, commandant en chef en Indochine et commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.

Bernard de Lattre prend le commandement d'un escadron composé en grande partie de volontaires vietnamiens, le 1er mars 1951. À la suite des combats de Maï Dien, il est cité à l'ordre du corps d'armée le 11 mai. Il meurt à la tête de ses hommes, le 30 mai 1951, près de Ninh Binh au Tonkin[9], au cours de l'offensive vietminh qui marque le début de la bataille du Day, « transpercé de quatre-vingts blessures »[5] lors de l'attaque du poste qu'il tient avec son escadron du 1er chasseurs. Son corps est transporté depuis les lignes de front après que le commando Vandenberghe a repris la position[10].

Ses obsèques sont célébrées par l'aumônier militaire Xavier Louis de la promotion Galliéni en la cathédrale Saint-Joseph de Hanoï (dite cathédrale des Martyrs de Hanoï), en présence de son père. Sa dépouille et celles du lieutenant Mercier et du brigadier Mellot, tombés à ses côtés, sont ensuite rapatriées en métropole, accompagnées par le général de Lattre, où une cérémonie officielle, en forme d'hommage aux combattants d'Indochine, est organisée[11] à l'église Saint-Louis-des-Invalides en présence de membres du gouvernement et de l'État-Major des armées[12].

La mort de Bernard de Lattre reçut un large écho dans la presse nationale et internationale, en particulier par des articles dans Le Figaro, Le Monde, Paris Match[13], The New York Times[14] ainsi que dans le TIME magazine[15]. Ses funérailles furent présentées dans LIFE comme Picture of the Week[16].

Peu de temps avant son départ pour l'Indochine, le 28 mai 1949, Bernard de Lattre avait eu l'occasion d'ouvrir le bal avec la princesse Margaret à l'ambassade du Royaume-Uni en France — bal donné en l'honneur de la princesse — ; la revue Radar avait fait paraitre un dessin en couverture, dessin qui fut offert à la famille après sa mort[17].

Le tombeau de Bernard de Lattre de Tassigny est situé au cimetière de Mouilleron-en-Pareds, aux côtés de ceux de ses parents[18],[19].

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une chapelle a été érigée à sa mémoire à Wildenstein[25],[26]. Cette chapelle est située près de l'ancien centre de repos et de vacances « Rhin et Danube », dont la construction avait été décidée par le général de Lattre, en 1949, pour accueillir les orphelins de l'armée ; inaugurée par lui le 1er septembre 1951, il décida qu'elle porterait le nom de « Bernard de Lattre »[27],[28],[29].
  • La 24e promotion (1984-1985) de l'École militaire interarmes porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Aron, Grands dossiers de l'histoire contemporaine, Paris, CAL (Club des amis du livre),‎ 1964 (1re éd. : Grands dossiers de l'histoire contemporaine ; Nouveaux grands dossiers de l'histoire contemporaine, Paris, Librairie Académique Perrin, 1962-1964), 494 p., « L'évasion de De Lattre de Tassigny », p. 277-283.
  2. Robert O. Paxton (trad. Claude Bertrand, préf. Stanley Hoffmann), La France de Vichy – 1940-1944, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points-Histoire »,‎ 1997 (réimpr. novembre 1999) (1re éd. 1973), 475 p. (ISBN 978-2-02-039210-5), p. 337.
  3. Robert O. Paxton (trad. Pierre de Longuemar), L'Armée de Vichy – Le corps des officiers français 1940-1944, Paris, Éditions Tallandier,‎ 2004 (réimpr. Le Seuil, coll. « Points-Histoire », 2006 (postface de Claude d’Abzac-Epezy) 567 p. (ISBN 2020679884)) (1re éd. 1966), 588 p. (ISBN 2847341390), p. 407 et 427.
  4. Archives départementales de la Vendée. Bernard de Lattre de Tassigny.
  5. a, b, c et d « Site de la promotion Bernard-de-Lattre à l'EMIA », sur emia.delattre, archivé par wikiwix (consulté le 6 décembre 2013).
  6. a et b Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. I : 25 septembre 1926 – 8 mai 1945, Paris, Presses de la Cité, 1972, 507 p., p. 476.
  7. [vidéo] « Dans l'Alsace libérée », sur ina.fr, Les Actualités Françaises,‎ 9 mars 1945 (consulté le 17 mars 2014).
  8. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II : 8 mai 1945 – 11 janvier 1952, Paris, Presses de la Cité, 1972, 417 p., p. 183.
  9. « Jean de Lattre de Tassigny », sur ordredelaliberation.fr, ordre de la Libération,‎ 2 juin 2013 (consulté le 5 décembre 2013).
  10. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 294.
  11. René Gilli, « La « Marque » du général de Lattre en Indochine », sur Saint-Cyr.org, archivé par wikixwix,‎ 2002 (consulté le 13 décembre 2013).
  12. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 295-296.
  13. « Ici fut tué Bernard de Lattre, il est vengé par ce drapeau », Paris Match, no 118, 23 juin 1951.
  14. (en) « French Chief's Son Slain; Lieut. Bernard de Lattre Dies in Combat in Indo-China », sur select.nytimes.com,‎ 31 mai 1951 (consulté le 17 mars 2014).
  15. (en) « War: Soldier's Son », sur time.com, TIME magazine,‎ 11 juin 1951 (consulté le 17 mars 2014).
  16. Kiss for a Soldier Son, LIFE, 25 juin 1951, p. 27
  17. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 169-170.
  18. « De Lattre de Tassigny Bernard Jean Marie Michel », sur memorial-genweb.org (consulté le 16 mars 2014).
  19. « Patrimoine », sur mairie-mouilleronenpareds.fr, commune de Mouilleron-en-Pareds (consulté le 17 mars 2014).
  20. a et b Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. I, op. cit., p. 492.
  21. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 283.
  22. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. I, op. cit., p. 464.
  23. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 299.
  24. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 129.
  25. « Chapelle Saint-Bernard à la mémoire du fils du maréchal de Lattre de Tassigny », sur souvfrancais-stamarin.com (consulté le 17 mars 2014).
  26. « Chapelle Saint-Bernard à la mémoire du fils du maréchal de Lattre de Tassigny », sur wildenstein.fr, commune de Wildenstein (consulté le 17 mars 2014).
  27. Simonne de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre, mon mari, t. II, op. cit., p. 325-329.
  28. 47° 58′ 57″ N 6° 57′ 26″ E / 47.9825, 6.95722
  29. Pierre Normand, Histoire d'un chantier, Centre Bernard de Lattre – Wildenstein (Haut-Rhin), 1972, 61 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]