Secteur fortifié du Dauphiné

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Carte de l'organisation en secteurs de la ligne Maginot.

Le secteur fortifié du Dauphiné (SFD) est une partie de la ligne Maginot, situé dans les Alpes entre le secteur fortifié de la Savoie au nord et le secteur fortifié des Alpes-Maritimes au sud.

Il forme une ligne discontinue le long de la frontière franco-italienne, de Névache (dans le département des Hautes-Alpes) jusqu'au hameau du Pra (commune de Saint-Dalmas-le-Selvage, dans les Alpes-Maritimes)[1]. Les fortifications du secteur barrent les vallées et les cols permettant de franchir les Alpes.

Article général Pour un article plus général, voir Ligne Maginot.

Organisation et unités[modifier | modifier le code]

D'abord sous commandement de la 14e région militaire (QG à Lyon[2]) jusqu'à la déclaration de guerre, le secteur passe alors sous commandement de la 6e armée : il est sous l'autorité du 15e corps d'armée. La grande unité de renforcement à la mobilisation est la 27e division d'infanterie alpine (27e DIA, d'active), remplacée en novembre 1939 par la 64e division d'infanterie (de réserve, série B), les meilleures divisions de l'Armée des Alpes étant envoyées sur le front du Nord-Est[3].

Article connexe : Armée française en 1940.

Le secteur était divisé en trois « secteurs[4] » découpés selon les vallées (Briançonnais, Queyras et Ubaye), eux-mêmes étant encore subdivisés en « sous-secteurs » et enfin en « quartiers »[5] :

En , les équipages des ouvrages, ainsi que les troupes d'intervalle sont fournis par la 75e DBAF (demi-brigade alpine de forteresse : 72e bataillon alpin de forteresse, 82e BAF, 92e BAF et 102e BAF), la 157e DBAF (73e BAF et 83e BAF), le 154e RAP (régiment d'artillerie de position) et le 162e RAP. Les troupes de la 64e division d’infanterie tenaient les intervalles entre les forts ainsi que les avant-postes[6]. Le PC du SFD était situé à La Roche-de-Rame (Hautes-Alpes) et celui de la 64e division d’infanterie à Embrun (Hautes-Alpes). En 1940, ils étaient dirigés respectivement par le général Cyvogt et le général de Saint-Vincent.

Composants[modifier | modifier le code]

Par rapport à la ligne Maginot du Nord-Est, la ligne Maginot alpine s’organise différemment. En effet le relief montagneux des Alpes facilite la défense. Il est plus difficile de faire avancer une armée en haute montagne que dans les grandes plaines du nord-est de la France. Les ouvrages de la ligne alpine sont donc implantés pour verrouiller les points de passage importants (cols et débouchés de vallées) et non en une ligne continue. On n'a pas, comme dans le Nord-Est, une ligne de feu continue, mais plutôt un barrage ponctuel solide soit en action frontale, soit en flanquement. On peut noter cependant que ces gros ouvrages sont moins fortement cuirassés (l’artillerie lourde est quasiment impossible à mettre en place en montagne) et certains sont même dépourvus de systèmes de filtration d'air contre les gaz de combat (une attaque aux gaz en altitude n’a quasiment aucun effet).

Centré autour de Briançon et de la vallée de l’Ubaye, ses ouvrages verrouillent les points de passage importants vers Briançon (cols de Montgenèvre à (1 854 mètres, de l’Échelle…) et d'entrée dans l’Ubaye (col de Larche à 1 948 mètres, débouchés de la vallée de la Stura…).

On retrouve autour de Briançon le gros ouvrage du Janus ainsi que les petits ouvrages du col de Buffere (inachevé), du col du Granon (également inachevé), des Aittes et du Gondran E. La position de l’Ubaye est plus importante avec les gros ouvrages de Roche-la-Croix, de Saint-Ours Haut, du Restefond (inachevé à cause de son altitude : plus de 2 000 m, le plus haut de la ligne) et les petits ouvrages de Plate-Lombarde, Saint-Ours Bas, l’avant-poste de Larche, les PO du col de Restefond, des Granges Communes et de la Moutière.

Ouvrages
Forts Séré de Rivières
  • Croix de Bretagne
  • Infernet
  • L'Olive
Avant-postes
Observatoire
  • Serre la Plate
Casernements

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la ligne Maginot.

Le royaume d'Italie déclare la guerre à la République française et au Royaume-Uni le . Étant donné l'enneigement tardif pour la saison, les Italiens retardent leur attaque ; l'offensive ne commence qu'à partir du 20 juin, malgré le mauvais temps (interdisant les bombardements aériens).

Article détaillé : Bataille des Alpes.

Dans le secteur du Dauphiné, le 4° Corpo d'Armata italien, chargé de prendre le Briançonnais, est bloqué au col de Montgenèvre ; le 21 juin, quatre mortiers français de 280 mm neutralise le fort italien du Chaberton (dont les huit tourelles d'artillerie bombardaient l'ouvrage du Janus). En Ubaye, le 2° Corpo d'Armata (opération Maddalena) est arrêté juste après le col de Larche par les avant-postes soutenus par les tirs des ouvrages de Saint-Ours Haut et de Roche-la-Croix.

L'armistice du 24 juin 1940 entre l'Italie et la France est signé à Rome, avec application le 25 juin à h 35. Les fortifications du Sud-Est se trouvent dans la zone d'occupation italienne en France et sont évacuées (avec une partie du matériel) avant le 5 juillet[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'une part de la ligne de crêtes séparant les départements des Hautes-Alpes et de la Savoie jusqu’à d'autre part la ligne marquée par la crête de Rougne, la crête de la Blanche et la Tête de Vinaigre.
  2. La 14e région militaire comprend les départements des Hautes-Alpes, de la Savoie, de la Haute-Savoie, de la Drôme, de l'Isère, du Rhône, de l'Ain et une partie des Basses-Alpes (cantons de Saint-Paul, de Barcelonnette et du Lauzet).
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 5, p. 22-44.
  4. Sans le titre fortifié.
  5. L'espace géographique couvert par un secteur fortifié était découpé en plusieurs échelons organiques subordonnés les uns aux autres mais leur appellation n'a jamais été formalisée par un texte. Voir : Philippe Truttmann, La Muraille de France, ou La Ligne Maginot, Thionville, Editions Klopp, 1985.
  6. Général Étienne Plan et Eric Lefevre, La bataille des Alpes, 10-25 juin 1940, Charles Lavauzelle, 1982.
  7. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 5, p. 90-107.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Étienne Plan (général) et Éric Lefevre, La bataille des Alpes, 10-25 juin 1940, Charles Lavauzelle,‎ 1982.
  • Jean-Yves Mary, La ligne Maginot, ce qu'elle était, ce qu'il en reste, Sercap,‎ 1985.
  • Philippe Truttmann (ill. Frédéric Lisch), La Muraille de France ou la ligne Maginot : la fortification française de 1940, sa place dans l'évolution des systèmes fortifiés d'Europe occidentale de 1880 à 1945, Thionville, Éditions G. Klopp,‎ 1988 (réimpr. 2009), 447 p. (ISBN 2-911992-61-X).
  • Pierre Rocolle, 2000 ans de fortifications françaises, Lavauzelle,‎ 1989.
  • Henri Béraud, La seconde guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l'Ubaye, Société d'Études des Hautes-Alpes,‎ 1990.
  • Bernard Morel et Gérard Lesueur, Forts de Roche-la-Croix et du haut de Saint-Ours : la ligne Maginot en Haute Ubaye, Barcelonette, Association des fortifications de l'Ubaye,‎ 1998, 28 p. (ISBN 2-908103-05-2).
  • Philippe Lachal, Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945 : Ubaye-Ubayette-Restefond, Éditions du Fournel,‎ 2006.
  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 4, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2),‎ 2009, 182 p. (ISBN 978-2-915239-46-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 5 : Tous les ouvrages du Sud-Est, victoire dans les Alpes, la Corse, la ligne Mareth, la reconquête, le destin,‎ 2009, 182 p. (ISBN 978-2-35250-127-5).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]