Bataille d'Essling

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Bataille d'Essling
La bataille d'Essling par Fernand Cormon
La bataille d'Essling par Fernand Cormon
Informations générales
Date 21-
Lieu Lobau proximité de Vienne
Issue Victoire tactique autrichienne
Statu quo stratégique
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Commandants
Napoléon Ier
Jean Lannes
Charles Louis d'Autriche
Forces en présence
66 000 hommes 95 000 hommes
Pertes
5 631 morts
18 569 blessés
2 488 prisonniers
4 200 morts ou disparus
16 300 blessés
800 prisonniers
Cinquième coalition
Batailles
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Coordonnées 48° 12′ 47″ N 16° 30′ 09″ E / 48.213055555556, 16.5025 ()48° 12′ 47″ Nord 16° 30′ 09″ Est / 48.213055555556, 16.5025 ()  

Géolocalisation sur la carte : Autriche

(Voir situation sur carte : Autriche)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Essling.

La bataille d'Essling, parfois appelée bataille d'Aspern-Essling ou bataille d'Aspern, est une bataille qui mit aux prises les troupes françaises et autrichiennes, dans la banlieue de Vienne, du 20 au . Considérée selon le point de vue comme une victoire autrichienne ou un match nul, elle se solda par la perte de 45 000 soldats des deux armées, et en particulier, du côté français, par celle du maréchal Lannes, mort le 31 mai des suites des blessures reçues le 22.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'archiduc Charles à la bataille d'Essling

En 1809, l'Autriche, voyant Napoléon embourbé dans l'interminable guerre d'Espagne et sentant son alliance avec la Russie fragile, décide de passer à l'attaque pour venger l'humiliation d'Austerlitz.

Alors que l'Autriche passe à l'attaque en Bavière, Napoléon parvient à rassembler en Allemagne une armée immense, mais de moins bonne « qualité » que ses unités de vétérans en Espagne. Il parvient à battre les Autrichiens à Eckmühl, puis gagne le siège de Ratisbonne. Rapidement Napoléon parvient à Vienne, mais l'armée autrichienne repliée en bon ordre au nord du Danube n'est pas du tout anéantie et l'Autriche refuse la paix.

Alors que Napoléon occupe Vienne, l'archiduc, après avoir détruit les ponts sur le Danube, regroupe son armée à cinq kilomètres au nord-est de la capitale, à proximité de Bisamberg, une hauteur sur la rive gauche du fleuve. Les Français doivent traverser le Danube. Lobau, une des nombreuses îles qui divisent le fleuve en canaux mineurs, est choisi comme point de passage. La nuit du 19 au 20 mai des ponts sont jetés sur les canaux de la rive droite à l'île de Lobau qui est occupée, dans la soirée du 20. Beaucoup d'hommes sont rassemblés là et un pont est jeté sur le dernier bras du Danube, entre Lobau et la rive gauche. Les divisions de Masséna passent immédiatement sur la rive gauche et esquivent les avant-postes autrichiens.

Pressé par des attaques énergiques sur ses arrières, Napoléon a transporté en bac toutes les troupes disponibles aux ponts, et à l'aube du 21, 40 000 hommes sont rassemblés, sur la rive gauche, dans la large plaine de Marchfeld, qui sera un peu plus tard la scène de la bataille de Wagram.

L'archiduc n'a pas résisté au passage. Son intention est de laisser une assez grande force traverser, et de l'attaquer avant que le reste de l'armée française ne puisse lui porter secours. Napoléon relève le défi, mais il cherche à en diminuer les risques en appelant chaque bataillon disponible. Ses forces sur Marchfeld sont rassemblées devant les ponts, et ont maintenant à leur gauche le village d'Aspern (Gross-Aspern) et à leur droite celui d'Essling (ou Esslingen). Aspern, est situé sur la rive d'un des bras du fleuve et ne peut être contourné par la gauche. Les Français avancent sur un front qui relie les deux villages.

Coté autrichien, Hiller, Bellegarde et Hohenzollern devaient converger sur Aspern, pour attaquer Essling. La cavalerie autrichienne est au centre, prête à riposter contre toute attaque de la cavalerie française à la tête des colonnes. Le 21 les ponts sont devenus de plus en plus instables, à cause de la violence du courant, mais aussi du flot des soldats qui traversent sans interruption toute la journée et pendant la nuit.

Premier jour[modifier | modifier le code]

Plan de la bataille d'Essling

La bataille commence à Aspern. Les Autrichiens de Hiller occupent le village dès les premiers assauts, mais Masséna le reprend et établit une défense tenace.

Les trois colonnes autrichiennes envoyées ne parviennent pas à reconquérir plus de la moitié du village. La position est toujours tenue par Masséna quand la nuit tombe. Napoléon tente de créer une diversion en envoyant sa cavalerie, située au centre, pour charger l'artillerie autrichienne qui est déployée sur une longue ligne de front concentrée sur Aspern. La première charge des Français est repoussée, mais la seconde est constituée d'une lourde masse de cuirassiers. Les cavaliers français chassent les servants des canons, contournent les positions d'infanterie de Hohenzollern, et résistent à la cavalerie de Liechtenstein. Ils ne peuvent tenir ces positions et se retirent finalement sur leurs anciennes positions.

Pendant ce temps, Essling est la scène d'un combat presque aussi désespéré que celui d'Aspern. Les cuirassiers français assaillent brutalement le flanc des troupes de Rosenberg, et encaissent un assaut. Dans le village, Lannes tient le village avec une seule division, jusqu'à ce que la nuit mette fin à la bataille. Les deux armées bivouaquent sur place. À Aspern, Français et Autrichiens s'affrontent encore à coups de pistolet. L'empereur n'est pas découragé, et réconforte chaque homme valide[réf. nécessaire].

Deuxième jour[modifier | modifier le code]

Le Lion d'Essling, monument commémorant la bataille

À l'aube du 22, la bataille reprend. Masséna dégage Aspern de l'ennemi, mais en même temps Rosenberg donne l'assaut à Essling. Lannes, qui résiste toujours désespérément, reçoit les renforts de la division de Saint-Hilaire, et repousse Rosenberg. Dans Aspern, Masséna est à son tour repoussé par une contre-attaque de Hiller et de Bellegarde.

Napoléon lance une grande attaque sur le centre autrichien. La totalité du centre français, avec Lannes du côté gauche et la cavalerie en réserve, avance. La ligne autrichienne est rompue entre la droite de Rosenberg et la gauche de Hohenzollern. La victoire est presque gagnée quand l'archiduc Charles fait donner sa réserve, menant ses soldats les couleurs à la main. Aspern est perdu. Les ponts sur le Danube, qui avaient une fois déjà été détruits, sont brisés à nouveau par de lourds chalands, que les Autrichiens ont fait dériver grâce au courant.

Essling est maintenant tombée sous un nouvel assaut de Rosenberg, qui dirige alors ses efforts sur les troupes du centre français ; celles-ci se retirent lentement des rives. La retraite est terriblement coûteuse. L'épuisement général des deux camps met définitivement fin aux combats.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La nuit du 22, le dernier pont est réparé, les Français se retirent pour attendre l'arrivée des renforts à Lobau.

Les pertes sont lourdes, du côté des Français, un maréchal, trois généraux, 120 officiers et 5 507 soldats ont été tués, 13 généraux, 616 officiers et 17 940 soldats sont blessés, 14 officiers et 2 474 soldats sont faits prisonniers. Du côté des Autrichiens, l'Archiduc Charles déclare que ses pertes sont de 4 200 morts et 16 000 blessés[1].

Napoléon perd un de ses meilleurs officiers et ami : le maréchal Jean Lannes, qui meurt des suites de ses blessures. Napoléon abandonne le commandement le temps de l'agonie de son ami.

Ces pertes considérables auront pourtant été de peu de conséquences.

Certes, la bataille d'Aspern est pour Napoléon un échec, puisqu'il n'a pas réussi le franchissement. Pour la propagande autrichienne, c'est une victoire : pour la première fois, l'empereur a été vaincu, affirment-ils. Cette opinion est reprise par nombre d'historiens. Cependant, puisque les pertes des deux empires sont comparables, que leurs armées occupent grosso modo après coup les mêmes positions qu'avant la bataille, et que la situation stratégique reste inchangée, d'autres penchent pour qualifier la confrontation de match nul. La décision se jouera quelque semaines plus tard presque sur le même terrain, lors de la bataille de Wagram.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac, Les Paysans, 1844-1855 : met en scène le général de Montcornet (Comte de Montcornet), surnommé « Le lion d'Essling » pour ses exploits. « Il a commandé les cuirassiers au combat que les Autrichiens nomment Gross-Aspern, et il n'y a pas péri quand cette belle cavalerie a été refoulée vers le Danube. Il a pu traverser le fleuve à cheval sur une énorme pièce de bois »[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des batailles de Napoléon - Alain Pigeard - Tallandier
  • Michel Arrous, Paul Noirot, Dominique Feinterie, « Les batailles napoléoniennes d'Balzac dans : Napoléon, de l'histoire à la légende », Maisonneuve et Larose, 2000, (ISBN 2706814381).
  • (en) Gilles Boue, The Battle of Essling: Napoleon's first defeat?, Histoire & Collections, 2008, 84p, ISBN 978-2-35250-055-1

Jeu d'histoire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé de Montgaillard, Histoire de France, depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu'à l'année 1825, tome VI, 1827, p.404.
  2. Les Paysans, Bibliothèque de la Pléiade, 1978, t. IX, p. 61, 63 et 151 (ISBN 2070108694)

Liens externes[modifier | modifier le code]