Élection présidentielle algérienne de 2014

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Élection présidentielle algérienne de 2014
17 avril 2014
Électorat et résultats
Inscrits  22 880 678
Votants 11 600 984
  
50,7 %
Votes valables 10 468 848
Votes nuls 1 132 136
Bouteflika (Algiers, Feb 2006).jpeg
Abdelaziz Bouteflika – FLN
Voix 8 531 311 Voix 1er tour
  
81,49 %
No flag.svg
Ali Benflis – Indépendant
Voix 1 288 338 Voix 1er tour
  
12,30 %
No flag.svg
Abdelaziz Belaid – Front El Moustakbal
Voix 328 030 Voix 1er tour
  
3,06 %
Luisa Hanoune en 2014.jpg
Louisa Hanoune – Parti des travailleurs
Voix 157 792 Voix 1er tour
  
1,37 %
Black flag waving.svg
Ali Fawzi Rebaïne – Ahd 54
Voix 105 223 Voix 1er tour
  
1,22 %
Orange flag waving.svg
Moussa Touati – FNA
Voix 58 154 Voix 1er tour
  
0,56 %
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle algérienne de 2014 s'est tenue le 17 avril 2014. Le 19 janvier était le dernier délai pour la convocation du corps électoral. Il était d'abord acquis que le président sortant Abdelaziz Bouteflika, affaibli par des problèmes de santé, ne se représenterait pas, mais cette perspective était moins sûre à l'approche de l'élection[1].

Le 22 février 2014, le premier ministre Abdelmalek Sellal officialise la candidature du président sortant[2].

Le 5 mars 2014, dernier délais pour le dépôt des dossiers, 10 candidatures ont été enregistrées auprès du conseil constitutionnel, qui en valide six le 14 mars 2014[3]; la campagne débute le 23 mars[4].

Le 17 avril 2014, au soir du scrutin, le ministère de l'Intérieur annonce un taux de participation de 51,7 %, en net recul par rapport à celui de 2009 (74 %)[5].

Le 22 avril 2014, les résultats de l'élection sont proclamés par le Conseil constitutionnel[6].

Candidats[modifier | modifier le code]

Candidat Fonction Candidature Slogan
Abdelaziz Belaïd Président du Front El-Moustakbel Front El-Moustakbel L'avenir c'est Maintenant
Ali Benflis Ancien Premier ministre Indépendant
Abdelaziz Bouteflika Président de la République FLN-RND "Notre serment pour l'Algérie"
Louisa Hanoune[7],[8] Secrétaire générale du Parti des travailleurs Parti des travailleurs "L'Audace de fonder la deuxième république"
Ali Faouzi Rebaïne Ahd 54
Moussa Touati Président du Front national algérien Front national algérien

Le 1er mars 2014, Soufiane Djilali annonce qu'il annule sa participation après la décision du président sortant de se représenter pour un 4e mandat[9]. Le 3 mars 2014, l'ancien premier ministre Ahmed Benbitour et le général à la retraite Mohand Tahar Yala annoncent également qu'ils se retirent de la compétition, jugeant le scrutin joué d'avance en faveur du président sortant[10].

Bulletins de vote des candidats[modifier | modifier le code]

Avant l'élection[modifier | modifier le code]

Au Conseil constitutionnel[modifier | modifier le code]

Le 4 mars à minuit, est le dernier délai pour le dépôt des dossiers de candidature à l'élection présidentielle d'avril 2014. Le conseil constitutionnel a reçu douze dossiers, Moussa Touati du parti du Front national algérien, Abdelaziz Belaïd du Front El Moustakbal, Ali Zaghdoud du Rassemblement algérien, Louisa Hanoune du Parti des travailleurs, le président sortant Abdelaziz Bouteflika du Front de libération nationale et du Rassemblement national démocratique, Mahfoud Adou du Ennasr El-watani, Ali Fawzi Rebaïne du Ahd 54, Mohamed Benhamou du parti Karama, Ali Benouari, Sadek Temache, Ali Benflis et Abdelhakim Hamadi, candidats indépendants[11].

Rachid Nekkaz n'a pu déposer son dossier à cause de son retard[11],[12]. Le candidat n'a pas pu présenter les signatures collectées lors de son tour[12]. Selon le candidat, la voiture qui transportait les signatures collectées et son frère ont disparu[12]. le Conseil constitutionnel a accordé une heure de plus au candidat pour qu'il retrouve le véhicule[12]. Le 7 mars, les médias ont rapporté que des citoyens ont retrouvé des formulaires du candidat près d'un champ d'orangers à Blida[12].

Finalement, seulement six candidats ont été retenus : Abdelaziz Bouteflika, Louisa Hanoune, Ali Benflis, Ali Fawzi Rebaïne, Moussa Touati et Abdelaziz Belaïd[13].

Dérapage de Sellal et lettre de Zerouel[modifier | modifier le code]

Après un dérapage filmé par la chaine privée Ennahar TV[14] du directeur de campagne du candidat-président Abdelaziz Bouteflika, dans lequel Abdelmalek Sellal dit « Nous à Constantine, quand on veut parler des Chaouis, on dit Hacha naâmat rabbi » formule qu’on utilise lorsqu’on évoque une chose sale ou répugnante dans le langage local[15],[16],[17].

La vidéo a été visualisée sur les réseaux sociaux, ce qui a amené à organiser le 15 mars un sit-in de protestation devant le théâtre régional de Batna, et à créer le mouvement B'zayed, qui ce traduit de la darija par « ça suffit », afin de dénoncer cette atteinte à l’honneur des habitants des Aurès[15],[17]. Le 16 du même mois, des étudiants se sont rassemblés à l'intérieur du campus de l’université de Batna Hadj Lakhder, avant de partir vers l'extérieur avec des emblèmes nationaux, drapeau amazigh et t-shirts avec le slogan « Non au 4e mandat »; ils ont traversé l'avenue de l'Indépendance (route de Biskra) en direction de la maison de la culture. La marche a pris fin devant la résidence de l'ex-président de la République Liamine Zeroual, qui était absent[17]. le même jour, des étudiants ont organisés un sit-in à l'entrée de la ville d'Oum El Bouaghi, au niveau du campus universitaire Larbi Ben M'hidi[17].

Sur Ennahar TV, Sellal a dit « regretter » ce malentendu et estimé que ses propos ont été « mal interprétés », et a mis en garde le peuple algérien contre les « tentatives de manipulation » qu’ourdissent sempiternellement les « ennemis de l’Algérie »; il a expliqué qu’il taquinait un ami et qu'il n'avait nullement l'intention d'injurier qui que ce soit[15],[14]. Le 20 mars, après les excuses de Sellal, une grande manifestation est organisée a Batna, avec des slogans comme « Oulech smeh », ce qui veux dire pas de pardon en chaoui et « Sellal dégage »[16].

Le 19 mars, l'ancien président de la République Liamine Zeroual s'est exprimé contre le quatrième mandat, et a estimé que la révision constitutionnelle de 2008 a compromis « le processus de redressement national »; il a plaidé pour un mandat de transition[18]. Cette lettre a fait réagir la classe politique algérienne[19].

Manifestations anti-4e mandat[modifier | modifier le code]

Le mouvement Barakat a fait rassembler la société civile qui s'est organisée et mobilisée à travers Facebook et Twitter, avec en tête l'activiste Amira Bouraoui, pour appeler à une mobilisation contre le 4e mandat de Bouteflika[20]. Le mouvement a commencé à faire ses manifestations à Alger[20]. La police a fait des interpellations répétitives de citoyens ayant pris part à ce rassemblement. Plusieurs personnalités politiques ont dénoncé les arrestations des manifestants et le manque de liberté d'expression[20].

Dans les Aurès, la section locale de Barakat, le collectif B'zayed a organisé le 20 mars une manifestation dans laquelle il a voulu regrouper le plus grand nombre de manifestants[21].

La campagne électorale de Bouteflika[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs villes où la campagne électorale de Bouteflika a eu lieu, elle a tourné mal pour ses organisateurs. Parmi les villes, on peut citer Bir Ater dans la wilaya de Tébessa, où la circulation automobile été coupée[22], Béjaïa, où Abdelmalek Sellal n’a pu accéder au centre-ville pour un meeting à la maison de la culture Taos Amrouche, Oum El Bouaghi, où Ahmed Ouyahia a été chassé avec des pots de yaourt sur sa voiture, Ras El Aioun dans la wilaya de Batna et à M’sila, où Abdelmalek Boudiaf, le ministre de la Santé, s’est réfugié au commissariat de police de la ville à cause de sa peur de la population locale, Relizane, où Benyounès Ghoul a été empêché d’animer un meeting et même dans des villes françaises comme à Lille et Marseille[23].

Le meeting de Sellal dans la ville de Batna a été annulé pour des raisons de sécurité[24].

Résultats[modifier | modifier le code]

Abdelaziz Bouteflika a été réélu pour un quatrième mandat avec 81,53 % des voix, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaïz. Son principal rival, Ali Benflis, a recueilli 12,18 % des suffrages, a déclaré le ministre.

Le taux de participation est en baisse avec 51,70 %.


Candidat à la présidence Parti ou coalition Premier tour Président(e) élu(e)
Voix % Voix %
Abdelaziz Bouteflika (FLN) Notre Sérment pour l'Algérie
(FLN, RND, MPA, et autres ...).
8 531311 80,49 % 8 531311 80,49 %
Ali Benflis (Indépendant) Pour une société des Libertés
(Indépendant)
1 288338 12,30 %
Abdelaziz Belaid (FM) L'avenir c'est Maintenant
(Front El Moustakbal)
328 030 3,06 %
Louisa Hanoune (PT) L'Audace de fonder la deuxième république
Parti des travailleurs
157 792 1.37 %
Ali Fawzi Rebaine (Ahd 54) Ali Fawzi Rebaine , est l'alternative
Ahd 54
105 223 1.22 %
Moussa Touati (FNA) {...}
Front national algérien
58 154 0.56 %
Inscrits 22 880 678
Abstention 11 279694 49.3 %
Votants 11 600984 50.7 %
Nuls 1 132136 9,76 %
Exprimés 10 468848 90.24 %

Après l'élection[modifier | modifier le code]

Avant même l'annonce des résultats officiels, Ali Benflis dénonce un grand nombre de fraudes et d'incidents[25]. Le 20 avril, il affirme avoir recueilli la majorité des suffrages[26].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mélanie Matarese, «[Bouteflika s'attaque aux services secrets algériens », in Le Figaro, jeudi 12 septembre 2013, page 8.
  2. Algérie : Bouteflika sera candidat pour un quatrième mandat présidentiel, Le Monde.fr, 22 février 2014.
  3. Six candidats
  4. Algérie : 10 candidatures enregistrées pour la présidentielle, Le Point.fr, 4 mars 2014.
  5. « Algérie : 51,7 % de participation à l'élection présidentielle », sur Le Monde.fr,‎ 18 avril 2014.
  6. http://www.joradp.dz/Jo2000/2014/023/FP4.pdf
  7. Louisa Hanoune annonce sa participation à la présidentielle de 2014, El Watan, 18 janvier 2014.
  8. Candidature à la présidentielle 2014 : Louisa Hanoune ménage un semblant de suspense, Algérie Focus, 18 janvier 2014.
  9. http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/politique/sofiane-djilali-se-retire-de-la-course-22-02-2014-167787_363.php
  10. Algérie : Bouteflika dépose sa candidature à la présidence, deux candidats se retirent, Le Monde.fr, 3 mars 2014.
  11. a et b « Douze dossiers de candidature à la présidentielle d'avril 2014 à l'examen du Conseil constitutionnel », Le Temps d'Algérie,‎ 5 mars 2014 (ISSN 1112-9344, lire en ligne).
  12. a, b, c, d et e Brahim Takhroubet, « Nekkaz crée la surprise à Alger: « Des centaines de personnes devant la grande-poste » », L'Expression,‎ 9 mars 2014 (ISSN 1112-3397, lire en ligne).
  13. K. A., « Six candidats pour un fauteuil: « Le Conseil constitutionnel a statué sur les dossiers des 12 postulants » », Le Temps d'Algérie,‎ 14 mars 2014 (ISSN 1112-9344, lire en ligne).
  14. a et b Lyas Hallas, « Abdelmalek Sellal présente ses excuses pour ses propos controversés sur les Chaouis », Maghreb émergent,‎ 18 mars 2014 (lire en ligne).
  15. a, b et c Jugurtha Hanachi, « La plaisanterie de Abdelmalek Sellal ne fait pas rire les Chaouis », Le Matin,‎ 15 mars 2014 (lire en ligne).
  16. a et b L. Messaoudi, Rachid Hamatou et Z. M., « Tout en rejetant les excuses d’Abdelmalek Sellal: « La Coordination des aârouch organise un sit-in aujourd’hui à Batna » », Liberté,‎ 20 mars 2014 (ISSN 1111-4290, lire en ligne).
  17. a, b, c et d Lounes G. et Sami Methni, « Les étudiants s'insurgent à Batna et Oum El Bouaghi: « Propos de Sellal sur les chaouis » », El Watan, no 7126,‎ 17 mars 2014, p. 4 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  18. Souhila Hammadi, « Il qualifie la fonction présidentielle de "lourde charge morale et physique" : « Zeroual plaide pour un "mandat-transition" » », Liberté,‎ 20 mars 2014 (ISSN 1111-4290, lire en ligne).
  19. Moncef Wafi, « La classe politique réagit après la sortie de Zeroual : Entre adhésion et «incompréhension» », Le Quotidien d'Oran,‎ 22 mars 2014 (ISSN 1111-2166, lire en ligne).
  20. a, b et c Moncef Wafi, « Manifestations contre le 4e mandat de Bouteflika : « Le mouvement "Barakat" est né » », Le Midi libre,‎ 3 mars 2014 (ISSN 1112-7449, lire en ligne).
  21. Lounes G. et Nouri Nesrouche, « Manifestations dans certaines localités des Aurès : « Plaisanterie de Sellal sur les chaouis » », El Watan,‎ 17 mars 2014 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  22. Zoubir Oubernine, « Tebessa : « la population de Bir Ater bloque la campagne électorale » », Le Midi libre,‎ 29 mars 2014 (ISSN 1112-7449, lire en ligne).
  23. S. A. I., « 4e mandat: « La campagne vire au cauchemar ! » », Le Soir d'Algérie,‎ 6 avril 2014 (ISSN 1111-0074, lire en ligne).
  24. « Le meeting de Sellal à Batna annulé pour des raisons de sécurité », El Watan 2014,‎ 5 avril 2014 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  25. Yves Bourdillon, « Algérie : le camp Benflis dénonce des fraudes », sur lesechos.fr,‎ 17 avril 2014 (consulté le 18 avril 2014).
  26. Propos recueillis par Armin Arefi, « Ali Benflis : « C'est moi qui ai été élu ! » », sur Le Point.fr,‎ 20 avril 2014 (consulté le 21 avril 2014).