Énergie en Pologne

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Énergie en Pologne
La centrale thermique de Dolna Odra en Pologne.
La centrale thermique de Dolna Odra en Pologne.
Bilan énergétique (2012)
Offre d'énergie primaire (TPES) 97,9 M tep
(4 097 PJ)
par agent énergétique charbon : 52 %
pétrole : 24,9 %
gaz naturel : 13,9 %
électricité : 0,4 %
Énergies renouvelables 0,6 %
Consommation totale (TFC) 62 M tep
(2 595,6 PJ)
par habitant 2,54 tep/hab
par secteur ménages : 31,6 %
industrie : 22,8 %
transports : 26,5 %
services : 13,2 %
agriculture : 5,9 %
pêche : 0 %
Électricité (2012)
Production 162,14 TWh
par filière thermique : 89,3 %
biomasse/déchets : 6,3 %
éoliennes : 2,9 %
hydro : 1,5 %
autres : 0 %
Combustibles (2012)
Production pétrole : 700 ktep
gaz naturel : 3826 ktep
charbon : 57819 ktep
Réserves prouvées pétrole : 114,88 G barils
gaz naturel : 165,37 Gm3
charbon : 22,16 Gt
Commerce extérieur (2012)
Importations électricité : 9803 GWh
pétrole : 25198 ktep
gaz naturel : 10041 ktep
charbon : 6121 ktep
Exportations électricité : 12643 GWh
pétrole : 214 ktep
gaz naturel : 3 ktep
charbon : 9356 ktep
Sources
AIE[1]

Le secteur énergétique polonais se caractérise avant tout par la prépondérance massive du charbon, qui en 2012 assurait 52 % de la consommation intérieure totale d'énergie primaire (contre 76,5 % en 1990) et 84 % de la production d'électricité (contre 96 % en 1990), avec en conséquence de fortes émissions de dioxyde de carbone : 7,62 tonnes de CO2 par habitant, à comparer à la moyenne mondiale : 4,51 t/hab, à l'Allemagne : 9,22 t/hab et à la France : 5,10 t/hab. Ces émissions ont reculé de 14 % entre 1990 et 2012.

La Pologne est au 2e rang européen et au 9e rang mondial pour la production de charbon et lignite en 2012 avec 1,8 % de la production mondiale, juste derrière l'Allemagne : (2,5 %).

La consommation intérieure totale d'énergie primaire de la Pologne par habitant était de 2,54 tep en 2012, supérieure de 34 % à la moyenne mondiale (1,90 tep), mais nettement inférieure à celles de l'Allemagne : 3,82 tep/hab et de la France : 3,86 tep/hab.

Afin de remplir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Pologne a engagé une politique de développement des énergies renouvelables, en particulier de la biomasse et des éoliennes, et se prépare à construire sa première centrale nucléaire.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Pologne[2]
Population Énergie primaire Production Importations nettes Consom. électricité Émissions CO2
Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt
1990 38,03 103,11 103,87 0,87 124,71 342,14
2000 38,26 89,12 79,58 9,58 124,58 290,92
2007 38,12 96,64 72,51 25,03 139,58 303,75
2008 38,13 97,95 71,21 30,34 142,05 299,63
2009 38,15 94,30 67,39 30,23 137,00 288,61
2010 38,51 100,62 67,27 32,12 144,45 306,36
2011 38,53 101,19 68,35 34,57 147,67 300,82
2012 38,54 97,85 71,43 30,92 148,42 293,77
Var.1990–2012 +1,3 % -5,1 % -31,2 % +3454 % +19,0 % -14,1 %

La Pologne a connu une rapide amélioration de son efficacité énergétique après sa sortie du bloc soviétique : sa consommation d'énergie primaire a baissé de 13,6 % en dix ans (1990-2000), d'où une baisse de 15 % de ses émissions de CO2. Depuis 2000, la consommation et les émissions ont légèrement progressé. La production d'énergie a baissé de 31 % en 22 ans ; les importations ont donc connu une véritable explosion et représentaient 32 % de l'approvisionnement total en 2012.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La Pologne est au 2e rang européen et au 9e rang mondial pour la production de charbon et lignite en 2013 : 143 Mt (1,8 % de la production mondiale), juste derrière l'Allemagne : 191 Mt (2,4 %)[k 1].

Production d'énergie primaire en Pologne par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 99,0 95,3 71,3 89,6 55,4 82,3 55,8 57,8 80,9 -41,6 %
Pétrole 0,2 0,2 0,7 0,9 0,7 1,1 0,7 0,7 1,0 +300 %
Gaz naturel 2,4 2,3 3,3 4,2 3,7 5,5 3,8 3,8 5,4 +61 %
Total fossiles 101,5 97,7 75,3 94,7 59,8 88,9 60,3 62,3 87,3 -38,6 %
Hydraulique 0,12 0,1 0,18 0,2 0,25 0,4 0,2 0,18 0,2 +43 %
Biomasse-déchets 2,2 2,1 4,1 5,1 7,0 10,5 7,6 8,5 11,9 +280 %
Éolien, solaire 0 3 0,004 0,17 0,2 0,3 0,44 0,6 ns
Total EnR 2,35 2,3 4,3 5,3 7,4 11,1 8,1 9,1 12,7 +286 %
Total 103,9 100 79,6 100 67,3 100 68,4 71,4 100 -31,2 %
Source des données : AIE[1]

Charbon[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de charbon de la Pologne sont estimées par BP à 5 465 millions de tonnes fin 2013, soit 0,6 % des réserves mondiales et 38 années de production au rythme actuel : 57,6 Mtep en 2013 (en baisse de 1,9 % par rapport à 2012), soit 1,5 % du total mondial[3].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves gazières prouvées de la Pologne sont estimées par BP à 100 milliards de m³ fin 2013, soit 0,1 % des réserves mondiales et 27,5 années de production au rythme actuel : 4,2 milliards de m³ (en baisse de 1,4 %), soit 0,1 % de la production mondiale[3].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation intérieure totale d'énergie primaire de la Pologne par habitant était de 2,54 tep en 2012[k 2], à comparer avec la moyenne mondiale : 1,90 tep/hab[k 3], l'Allemagne : 3,82 tep/hab et la France : 3,86 tep/hab[k 4].

Consommation intérieure brute d'énergie primaire en Pologne par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 78,9 76,5 56,3 63,2 54,7 54,3 54,7 50,9 52,0 -35,5 %
Pétrole 13,0 12,7 19,2 21,5 25,4 25,2 25,6 24,4 24,9 +87 %
Gaz naturel 8,9 8,7 10,0 11,2 12,8 12,7 12,8 13,6 13,9 +52 %
Total fossiles 100,9 97,8 85,4 95,8 92,9 92,3 93,1 88,9 90,8 -12 %
Hydraulique 0,12 0,1 0,18 0,2 0,25 0,2 0,2 0,18 0,2 +43 %
Biomasse-déchets 2,2 2,2 4,1 4,6 7,5 7,4 8,1 8,6 8,8 +287 %
Éolien, solaire 0 3 0,003 0,17 0,2 0,3 0,44 0,4 ns
Total EnR 2,35 2,3 4,2 4,8 7,9 7,8 8,6 9,2 9,4 +293 %
Solde exp.électricité -0,09 -0,1 -0,5 -0,6 -0,1 -0,1 -0,45 -0,24 -0,2 +171 %
Total 103,1 100 89,1 100 100,6 100 101,2 97,9 100 -5,1 %
Source des données : AIE[1]

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production brute d'électricité en Pologne par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 131,0 96,1 137,7 94,8 138,4 87,8 141,6 136,5 84,2 +4 %
Pétrole 1,6 1,2 1,9 1,3 2,9 1,8 2,5 2,0 1,3 +30 %
Gaz naturel 0,1 0,1 0,9 0,6 4,8 3,0 5,8 6,3 3,9 x50
Total fossiles 132,7 97,4 140,5 96,8 146,1 92,7 149,9 144,8 89,3 +9 %
Hydraulique 3,3 2,4 4,1 2,8 3,5 2,2 2,8 2,5 1,5 -26 %
Biomasse 0,06 0,04 0,22 0,2 6,3 4,0 7,6 10,1 6,2 x183
Déchets 0,2 0,15 0,33 0,2 0,07 0,04 0,07 0,06 0,04 -70 %
Éolien 0 5 0,003 1,7 1,1 3,2 4,7 2,9 ns
Solaire 0 0 0 0 1 ns
Total EnR 3,6 2,6 4,7 3,2 11,5 7,3 13,6 17,4 10,7 +386 %
Total 136,3 100 145,2 100 157,7 100 163,5 162,1 100 +19 %
Source des données : AIE[1]

Centrales thermiques classiques[modifier | modifier le code]

Centrale thermique de Bełchatów ; photo : 30/10/2011.
Mine de lignite de Bełchatów ; photo : juin 2007.

La Centrale thermique de Bełchatów, dans la Voïvodie de Łódź, est la centrale thermique la plus puissante d'Europe et la 5e mondiale avec une capacité de 5 053 MW. Elle produit près de 20 % de l'électricité polonaise à partir de lignite. En 2011 a été mise en service une nouvelle unité supercritique de 858 MW, construite par Alstom[4] qui a aussi modernisé 12 turbines et a signé en 2012 un contrat pour réhabiliter 6 unités[5] ; des travaux de modernisation en cours porteront la puissance de la centrale à 5 474 MW d'ici 2015.

Nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Pologne.

La Pologne envisageait en 2011 de se doter de deux centrales nucléaires de 3 000 mégawatts chacune d'ici à 2024[6] ; le programme a depuis lors pris du retard.

Le gouvernement polonais a officiellement adopté le 28 janvier 2014 son premier programme nucléaire : la première centrale, dotée de deux ou trois tranches, aura une puissance de 3 000 MW ; son coût est estimé entre 9,5 et 14,3 milliards d’euros ; les travaux devraient débuter en 2019 et elle devrait être mise en service en 2024. La construction de la seconde centrale ne devrait pas être lancée avant 2025, pour une mise en service en 2035[7],[8].

Éolien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne en Pologne.

Transport d'électricité[modifier | modifier le code]

Le réseau de transport électrique polonais est constitué de 12 692 km de lignes à haute tension, dont 114 km de lignes à 750 kV, de 4 677 km à 400 kV, de 7 901 km à 220 kV et de 27 km à 110 kV. Il possède également 274 km de lignes de moyen voltage et 380 000 km de lignes de bas voltage[9].

Le pays possède des interconnexions de son réseau électrique avec l'Allemagne, le Bélarus, la République tchèque, la Slovaquie, la Suède et l'Ukraine. Une connexion avec la Lituanie était en cours d'étude en 2002[9].

Structure du marché électrique[modifier | modifier le code]

La principale entreprise du secteur énergétique polonais est la société publique Polskie Sieci Energetyczne (PSE), elle contrôle et gère notamment le réseau de transport. PSE produit environ 12 GW avec près de 5 millions de clients essentiellement dans la partie centrale et orientale du pays[10]. Viens, ensuite la société Koncern du Sud (PKE), crée en 2001, qui concentre son activité en Silésie.

Il existait après 1989, 35 entreprises de production et 33 compagnies de distribution d'électricité[10]. Cependant en 2006, il ne restait déjà plus que 7 sociétés de distribution[9].

L'auto-production d'électricité représente une puissance installée de 2 641 MW et produit 8 159 GWh par année, soit 7,7 % de la production d'électricité[9].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Les questions énergétiques sont parmi les rares sur lesquelles les parlementaires polonais de tous bords parviennent à faire front commun. Favorables en grande majorité au développement du gaz de schiste, ils sont également réservés sur la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre[11].

La politique énergétique actuelle de la Pologne repose sur un document d’orientation publié en 2009 et élaboré avant la crise économique et financière ; il définit la trajectoire énergétique du pays jusqu’en 2030. Le principal objectif polonais est de réduire l’intensité énergétique au niveau de l’UE15 de 2005 et de limiter la consommation d’énergie : système de « certificats blancs », programme d’amélioration de l’isolation des habitations financé par les fonds européens. Le second objectif est de diversifier le mix énergétique actuellement dominé à 84% par le charbon : afin d’assurer son approvisionnement en gaz naturel, la Pologne s’est lancé dans la construction d’infrastructure, dont un terminal GNL à la frontière avec l’Allemagne, afin de réduire sa dépendance au gaz russe (80%) et d'augmenter les échanges avec l’Allemagne, dont provient 15,5 % de son gaz. La Pologne a prévu la construction de 2 centrales nucléaires d’ici à 2020, mais une seule pourrait être opérationnelle à l’horizon 2024. La Pologne souhaite développer les énergies renouvelables (EnR) à condition qu’elles soient fiables et peu chères. Afin de respecter les directives européennes, l’objectif polonais est d'atteindre une part de 15 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020 contre 11% actuellement. A l’horizon 2030 la Pologne prévoit de produire 18,2% de l’électricité à partir des EnR. Les principaux programmes portent sur les éoliennes, les centrales de cogénération charbon-biomasse et les panneaux solaires thermiques[12].

La « Politique énergétique de la Pologne jusqu'en 2050 » (PEP 2050) élaborée par le ministère de l'Économie donne la priorité à la sécurité des approvisionnements : assurer l'indépendance énergétique, grâce à un recours prioritaire aux ressources nationales, et notamment au charbon. Selon le scénario dit « équilibré » qui a la faveur du ministère de l'Économie, la houille et le lignite devraient continuer à occuper en 2050 une part majoritaire (autour de 60 %) dans la production nationale d'électricité et de chaleur, le reste étant assuré par des centrales nucléaires et au gaz ainsi que des EnR. Pour ces dernières, quel que soit le scénario retenu, la Pologne ne devrait guère aller au-delà des seuils minimaux fixés par l'UE. Le manque de bonne volonté en la matière se manifeste notamment par la mauvaise transposition de la directive de 2009 sur les EnR. Le gouvernement polonais, désireux de faire preuve d'une attitude constructive pendant les négociations sur les objectifs 2030 de l'Union européenne, a choisi de ne pas s'opposer à la cible de 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en demandant des mécanismes de compensation. Ainsi, la Pologne a obtenu l’obtention jusqu'en 2030 de quotas d'émission gratuits pour son secteur énergétique dans le cadre du marché européen du carbone et pourra affecter une partie des recettes générées par ce système au financement d'investissements visant à améliorer l'efficacité énergétique et moderniser les systèmes énergétiques. La Pologne devra en effet compenser au cours des dix prochaines années la fermeture programmée de 5,2 GW de puissance installée sur un total de 38 GW, certaines centrales devant bientôt atteint leur limite d'âge tandis que d'autres sont considérées comme excessivement polluantes au regard des normes fixées par la directive européenne sur les émissions industrielles[13].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

La prépondérance du charbon entraîne de fortes émissions de dioxyde de carbone : 293,8 Mt en 2012, soit 7,62 tonnes de CO2 par habitant[k 2], à comparer à l'Allemagne : 9,22 t/hab et à la France : 5,10 t/hab[k 4]. La moyenne mondiale était de 4,51 t/hab en 2012[k 3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 15
  2. a et b p. 54-55
  3. a et b p. 49
  4. a et b p. 51
  • autres références :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]