Énergie en Norvège

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Énergie en Norvège
Une plate-forme pétrolière de StatOilHydro dans la mer du Nord.
Une plate-forme pétrolière de StatOilHydro dans la mer du Nord.
Bilan énergétique (2009)
Offre d'énergie primaire (TPES) 28,2 M tep
(1 182,6 PJ)
par agent énergétique pétrole : 37,4 %
électricité : 36 %
gaz naturel : 19,4 %
autres renouvelables : 5,1 %
charbon : 2 %
Énergies renouvelables 43,8 %
Consommation totale (TFC) 17,7 M tep
(740,2 PJ)
par habitant 3,6 tep/hab.
(151,4 GJ/hab.)
par secteur ménages : 22,6 %
industrie : 31,6 %
transports : 26,3 %
services : 14,5 %
agriculture : 1,9 %
pêche : 2,6 %
Électricité (2009)
Production 132,78 TWh
par filière hydro : 95,7 %
thermique : 3,3 %
éoliennes : 0,7 %
biomasse/déchets : 0,2 %
autres : 0,1 %
Combustibles (2009)
Production pétrole : 108 911 ktep
gaz naturel : 90 660 ktep
charbon : 1 773 ktep
Commerce extérieur (2006)
Importations électricité : 5 650 GWh
charbon : 474 ktep
Exportations électricité : 14 633 GWh
pétrole : 88 144 ktep
gaz naturel : 85 170 ktep
charbon : 1 609 ktep
Sources
Agence internationale de l'énergie

Depuis la découverte des vastes gisements pétroliers de la mer du Nord vers la fin des années 1960, l'énergie en Norvège constitue un secteur très important de l'économie de la Norvège. Avec l'arrivée du pic de production dans la mer du Nord, la décision de poursuivre la prospection dans la mer de Barents et dans l'Arctique donne lieu à un débat public lié aux préoccupations internationales au sujet des changements climatiques.

Énergies fossiles[modifier | modifier le code]

L'extraction des énergies fossiles constitue l'épine dorsale de l'économie norvégienne. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le pétrole constituait 22 % du produit intérieur brut, 47 % de ses exportations, 26 % des investissements et 27 % des revenus du gouvernement[1].

Le pays est le troisième exportateur mondial de pétrole et de gaz naturel, immédiatement derrière la Russie et l'Arabie saoudite. La production d'énergie a quadruplé entre 1980 et 1997 et varie depuis une dizaine d'années entre 205 et 235 millions de tonnes d'équivalent pétrole (TEP). En 2009, la production d'énergie en Norvège s'est chiffrée à 220 millions de TEP[1].

La Norvège occupe le 7e des pays exportateurs de pétrole avec environ 2,1 millions de barils par jour et se classe au second rang au chapitre du gaz naturel, avec une production dépassant les 100 milliards de mètres cube[2]. Le gouvernement norvégien estime les réserves d'hydrocarbures sur le plateau continental à 84 milliards de barils (13,4 milliards m3) d'équivalent pétrole, dont 40 % —principalement du pétrole— a été extraite. Les réserves restantes sont constituées à 62 % de gaz naturel et de 38 % de pétrole. Environ 40 % des stocks sont constitués de ressources non découvertes[2]

La Norvège possède aussi d'importantes réserves de charbon potentiellement exploitables situées sous le plateau continental norvégien[3],[4].

Pétrole de la mer du Nord[modifier | modifier le code]

Évolution de la production de pétrole en mer du Nord. Source: Bureau central de la statistique de la Norvège.

La découverte d'un immense champ de gaz à Groningue aux Pays-Bas en 1959 est à l'origine de l'intérêt porté à la Mer du Nord comme zone pétrolifère. Après avoir rejeté une demande de Phillips Petroleum pour un bail d'exploration pour l'ensemble des eaux norvégiennes contre une compensation de 160 000 dollars par mois, le gouvernement de Einar Gerhardsen exerce sa souveraineté sur les ressources naturelles sur le plateau continental norvégien en mai 1963 et introduit un régime de permis d'exploration et de production[5].

Après des négociations avec le Royaume-Uni et le Danemark, les trois pays s'entendent en mars 1965 sur un partage des eaux territoriales à la ligne médiane. Le 13 avril, le gouvernement norvégien accorde 22 licences exclusives de prospection, de forage et de production à des groupes d'entreprises[5].


Les travaux d'exploration débutent le 19 juillet 1966, avec le forage d'un premier puits par la plateforme Ocean Traveller. Après trois ans de recherches infructueuses, la plateforme Ocean Viking a découvert un premier gisement le 21 août 1969. Vers la fin de l'année, les travaux d'exploration ont démontré que le pays disposait d'une grande réserve de pétrole et de gaz naturel. Le premier gisement à être exploité, celui de Ekofisk, a produit 427 442 barils de brut en 1980. Depuis, d'importantes réserves de gaz naturel ont été découvertes.

Dans la foulée du référendum norvégien de 1972 qui a rejeté l'adhésion de la Norvège à l'Union européenne, le ministère norvégien de l'Industrie, dirigé par Ola Skjåk Bræk publie une politique énergétique nationale, dans laquelle la Norvège décide de ne pas adhérer à l'OPEP, de maintenir ses prix de l'énergie aux niveaux mondiaux et d'investir ses recettes pétrolières dans un fonds souverain, le Fonds pétrolier de Norvège. Le gouvernement met sur pied une compagnie pétrolière nationale, Statoil, et accorde des droits de forage et de production à Norsk Hydro et à Saga Petroleum.

L'exploitation du pétrole de la mer du Nord présente plusieurs difficultés techniques de prospection et de production. Un certain nombre d'entreprises de génie et de construction du secteur de la construction navale se sont reconverties avec succès dans la banlieue ouest de la capitale Oslo et dans la région de Stavanger, qui s'est transformée en base pour l'industrie des forages.

Pétrole de la mer de Barents[modifier | modifier le code]

On estime que la mer de Barents, au large des côtes de la Norvège et de la Russie, pourrait contenir jusqu'au tiers des réserves mondiales d'hydrocarbures non découverts. Un moratoire mis en place en 2001 pour empêcher les travaux de prospection dans le secteur norvégien, imposé pour répondre à des préoccupations environnementales, a été levé en 2005 avec l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement[6]. Un port méthanier et une installation de liquéfaction du gaz naturel sont en construction à Hammerfest pour traiter le gaz du champ de Snøhvit. La ville pourrait devenir une plaque tournante de la prospection dans le grand nord, rendue possible en raison de la fonte des glaciers polaires dans l'Arctique[7].

Électricité[modifier | modifier le code]

La centrale de Rånåsfoss (98 MW) sur le fleuve Glomma. La Norvège compte 1 166 centrales hydroélectriques, qui produisent entre 98 et 99 % de l'énergie du pays.

L'électricité en Norvège est presqu'entièrement produite au moyen de l'hydroélectricité. En fonction de la pluviométrie annuelle, elle peut produire jusqu'à 99 % de l'électricité du pays. En 2009, la production totale a atteint 132,8 TWh, dont 95,7 % provenant de la filière hydroélectrique. La génération thermique s'est placée en deuxième position avec une production de 4,7 TWh et l'éolien à la troisième place avec 1 TWh. La même année, la consommation totale du pays atteignait 123,8 TWh[8].

Fin 2009, la capacité électrique totale installée en Norvège s'élevait à 31 257 MW, dont 29 626 MW de capacité hydraulique, 1 200 MW de thermique et 431 MW de capacité éolienne[8].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

En 2012, la Norvège se situait au 6e rang mondial pour la production hydroélectrique, avec 142,9 TWh, soit 3,9 % du total mondial (le n°1 mondial, la Chine, a produit 823,3 TWh)[9].

Le développement hydroélectrique du pays a débuté à la fin du XIXe siècle et a connu deux phases d'expansion intensives, entre 1910 et 1925 et entre 1960 et 1985. Pour des raisons historiques, le système est largement décentralisé ; s'y côtoient des entreprises publiques et privées[10]. Le plus important producteur norvégien d'électricité est la société Statkraft, une entreprise publique créée en 1992 dans le cadre de la déréglementation du secteur électrique norvégien afin de regrouper les actifs de production qui étaient la propriété de l'État. En 2004, Statkraft a été réorganisée en société anonyme, mais demeure publique.

Statkraft exploite 149 centrales hydroélectriques avec une capacité totale de 10 281 MW, trois parcs éoliens, une centrale au gaz naturel et dessert 399 000 clients en Norvège. Elle est également active en Suède, en Finlande, en Allemagne, au Royaume-Uni et possède aussi des actifs en Amérique latine et en Asie[11].

Les administrations locales et de comté exploitent 854 des 1 376 centrales hydroélectriques réparties sur le territoire. Les centrales sont généralement de petite taille — avec une moyenne de 22 MW par installation[12] — et seulement 35 centrales hydroélectriques ont une puissance installée supérieure à 200 MW[13]. En 2009, la puissance installée totale du parc de production hydraulique norvégien était de 29 626 MW[8].

Hydroliennes[modifier | modifier le code]

La Norvège fait figure de pionnière dans le développement commercial des hydroliennes. Un prototype de turbine sous-marine a été mis en service en septembre 2003 dans le Kvalsund, au sud de la ville de Hammerfest[14].

Réseau électrique[modifier | modifier le code]

Le réseau électrique norvégien est exploité par la société publique Statnett. Il est interconnecté aux réseaux des autres pays scandinaves. Depuis le 6 mai 2008, les réseaux électriques norvégien et néerlandais sont reliés par NorNed, un câble sous-marin à courant continu de 580 km. Construit au coût de 600 millions d'euros, le câble de ±450 kV possède une capacité maximale de 700 MW[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AIE 2011, Energy Policies of IEA Countries - Norway 2011 Review, p. 13
  2. a et b AIE 2011, Energy Policies of IEA Countries - Norway 2011 Review, p. 51
  3. (en) R. J. Wideroe et J. D. Sundberg, « 3000 billion tons of coal off Norway's coastline », Energy Bulletin,‎ 29 décembre 2009 (lire en ligne)
  4. (en) Alister Doyle, « Norway Has Vast, Inaccessible Seabed Coal – Statoil », Reuters,‎ 21 décembre 2005 (lire en ligne)
  5. a et b (en) Ministère norvégien du pétrole et de l'énergie, « Norway's oil history in 5 minutes », sur regjeringen.no,‎ novembre 2010 (consulté le 22 décembre 2012)
  6. (en) John Acher, « Norway Takes Oil Bids For Barents Sea Frontier », Reuters,‎ 16 novembre 2005 (lire en ligne)
  7. (en) Clifford Krauss, Steven Lee Myers, Andrew C. Revkin et Simon Romero, « As Polar Ice Turns to Water, Dreams of Treasure Abound », The New York Times,‎ 10 octobre 2005 (lire en ligne)
  8. a, b et c AIE 2011, Energy Policies of IEA Countries - Norway 2011 Review, p. 95-97
  9. [PDF] Observ'ER La production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - 15è inventaire - édition 2013 - chapitre 2 - aperçu des dynamiques régionales par filière, consulté le 5 février 2014.
  10. Norvège, « History », sur Norway.org (consulté le 11 décembre 2009)
  11. (en) Statkraft AS, Statkraft annual report 2008, Oslo,‎ 2009 (lire en ligne), p. 41
  12. Statistics Norway, « Capacity of installed machinery, by type, county and ownership group. 2007 (Corrected 19 May 2010) », sur ssb.no,‎ 19 mai 2010 (consulté le 11 octobre 2013)
  13. Statistics Norway, « Hydro-electric power stations, by size (maximum output) and county/ownership group. 2007 (Corrected 19 May 2010) », sur ssb.no,‎ 19 mai 2010 (consulté le 11 octobre 2013)
  14. Danny Penman, « First power station to harness Moon opens », New Scientist,‎ 22 septembre 2003 (lire en ligne)
  15. (en) TenneT, « The longest electricity cable in the world is operational », sur tennet.org,‎ 6 mai 2009 (consulté le 11 décembre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]