Énergie au Danemark

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Énergie au Danemark
Le parc éolien de Rønland au Danemark.
Le parc éolien de Rønland au Danemark.
Bilan énergétique (2012)
Offre d'énergie primaire (TPES) 17,3 M tep
(726,1 PJ)
par agent énergétique pétrole : 36,3 %
autres renouvelables : 21,4 %
gaz naturel : 20,1 %
charbon : 14,3 %
électricité : 7,9 %
Énergies renouvelables 26,8 %
Consommation totale (TFC) 13,5 M tep
(566,2 PJ)
par habitant 3,10 tep/hab
par secteur ménages : 32,5 %
industrie : 17 %
transports : 29,7 %
services : 14,3 %
agriculture : 5,6 %
pêche : 0,8 %
Électricité (2012)
Production 30,73 TWh
par filière thermique : 49,3 %
éoliennes : 33,4 %
biomasse/déchets : 16,8 %
autres : 0,3 %
hydro : 0,1 %
Combustibles (2012)
Production pétrole : 10250 kt
gaz naturel : 5195 ktep
Commerce extérieur (2012)
Importations électricité : 15920 GWh
pétrole : 4465 kt
gaz naturel : 784 ktep
charbon : 2317 ktep
Exportations électricité : 10706 GWh
pétrole : 6959 ktep
gaz naturel : 2672 ktep
Sources
AIE[1]

Le secteur de l'énergie au Danemark bénéficie de ressources naturelles fossiles (pétrole et gaz) importantes, mais en voie d'épuisement, et de ressources renouvelables (biomasse et éoliennes) ; les ressources primaires utilisées (locales et importées) se répartissaient en 2012 pour l'essentiel en 70,7 % de combustibles fossiles (36,3 % de pétrole ; 20,1 % de gaz naturel et 14,3 % de charbon) et 26,7 % d'énergies renouvelables ; quant à la production d'électricité, elle repose pour 49,3 % sur des centrales thermiques à combustibles fossiles (surtout charbon : 34,4 % et gaz naturel : 13,6 %), et pour 48,3 % sur les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes (33,4 %) et la biomasse (11,6 %). Le Danemark a lancé depuis plus de 30 ans une politique de promotion des énergies renouvelables, et s'est fixé en 2012 l'objectif d'atteindre 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, et 50 % d'éolien dans la production d'électricité d'ici 2020, et 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, les centrales électriques danoises fonctionnent traditionnellement au charbon, mais pendant les années 1960, le charbon est supplanté par le pétrole. Ainsi, en 1972, 80 % de l'électricité est produite à partir du pétrole et 20 % à partir du charbon ; le pays dépend totalement des combustibles d'importation, dont le pétrole représente 94 %. Après le choc pétrolier de 1973, le pays s'efforce de réduire cette dépendance au pétrole : durant les années 1980, le rapport entre le pétrole et le charbon s'inverse, et au début des années 1990, le pétrole ne représente plus qu'une faible part de l'approvisionnement en électricité. Grâce aux gisements de pétrole et de gaz de la Mer du Nord, le Danemark devient peu à peu un exportateur de pétrole et en 1997, il est devenu auto-suffisant en énergie.

Le gaz naturel[modifier | modifier le code]

En mai 1979, des gisements de gaz sont découverts dans la mer du Nord, dans les eaux territoriales danoises. En 1984, ces gisements commencent à être exploités et au début des années 1990, le réseau de distribution approvisionne la totalité du Danemark en gaz naturel.

En 2002, 23 % de la consommation totale électrique du Danemark avait pour source le gaz naturel. La même année, l'ensemble des réserves danoises en mer du Nord représentait 141 milliards de m³, soit 18 années de la production de 2001.

Le pétrole[modifier | modifier le code]

En 1962-63, la compagnie danoise A.P. Møller obtient l'exclusivité de la prospection et l'extraction des hydrocarbures dans le sous-sol et le socle continental danois. Le 1er janvier 2002, les réserves totales danoises de pétrole brut représentent 313 millions de m³, soit 15 années de la production de 2001.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie est passée de 3 % en 1980 à 6 % en 1990, à plus de 11 % en 2000 et à 21,8 % en 2011.

En 2008, le Danemark était en tête des pays producteurs d'éoliennes avec 28400 emplois dans la filière et des exportations atteignant 42 milliards de DKK soit 7,2 % des exportations totales danoises[2] ; en 2010, l'emploi dans le secteur est retombé à 25000 et les exportations ont atteint 46 milliards de DKK[3]. En 2011, les éoliennes assuraient 27,8 % de la production électrique danoise contre 2 % en 1990.

Le parlement danois a voté en mars 2012 un plan visant pour 2020 des objectifs de 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, et 50 % d'éolien dans la production d'électricité. À l'horizon 2050, le Danemark veut atteindre 100 % d'énergie renouvelable[4],[5].

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

En 2012, la production d'énergie primaire du Danemark a atteint 801,2 pétajoules (PJ=1015 joules)[R 1] et 711 PJ en 2013[6] :

Production d'énergie primaire (pétajoules)
Énergie 1980 1990 2000 2010 2011 2012 2013* % 2013*
Pétrole 12,7 256,0 764,5 522,7 470,4 429,1 373,4 52,5 %
Gaz naturel 0,017 116,0 310,3 307,4 246,9 217,6 179,1 25,2 %
Déchets n.r.** 4,8 7,0 13,7 17,0 17,3 16,9 16,9 2,4 %
Énergies renouvelables 22,7 45,7 76,4 136,6 135,2 137,7 141,4 19,9 %
Total 40,3 424,6 1164,9 983,7 869,9 801,2 710,7 100 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2012[R 2] ; * 2013 : provisoire[6].
** part non renouvelable des déchets (la part renouvelable est dans les EnR).

La production 2012 était supérieure de 5,4 % à la consommation totale d'énergie du pays : le Danemark était donc globalement exportateur, mais en 2013 la production est tombée au-dessous de la consommation ; le Danemark est devenu importateur. Le degré d'autosuffisance, calculé par rapport à la consommation brute corrigée du climat, était de 102 % en 2012, 108 % en 2011 et 121 % en 2010, mais tombe à 93 % en 2013 ; le Danemark est devenu auto suffisant pour la première fois en 1997 ; le degré d'autosuffisance, qui était de 52 % seulement en 1990, a atteint son apogée en 2004 à 156 %[R 1].

La production d'énergie primaire a baissé de 11,6 % en 2011, 7,9 % en 2012 et 11,3 % en 2013 ; son pic a été atteint en 2005 à 1315 PJ ; la production de pétrole a reculé de 8,8 % en 2012 et de 13 % en 2013, et celle de gaz naturel de 11,9 % en 2012 et de 17,7 % en 2013, tandis que celle des énergies renouvelables progressait de 1,3 % en 2012 et 2,7 % en 2013.

Pétrole[modifier | modifier le code]

Les réserves (y compris les ressources contingentes[n 1]) sont estimées à 181 millions de m³ à la fin 2011, soit 14 ans de production au rythme actuel[R 3].

Le Danemark a atteint l'autosuffisance en pétrole en 1993 ; en 2012, le degré d'autosuffisance en pétrole atteignait 148 % contre 155 % en 2011 et 168 % en 2010 ; après son pic atteint en 2004, il diminue depuis 8 ans[R 1].

Bilan ressources-emplois du pétrole[R 1]
PJ 2011 2012
RESSOURCES 604,1 613,7
Production d’énergie primaire 470,4 429,1
Importations 129,9 186,9
Stocks et différences statist. 3,8 -2,3
EMPLOIS 604,1 613,7
Exportations 318,5 291,4
Raffinage 285,6 322,3

Les raffineries danoises ont produit 320,2 PJ de produits pétroliers en 2012 ; 226,8 PJ ont été importés et 242,7 PJ exportés, plus 21,8 PJ consommés en soutes maritimes internationales[R 1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves (y compris les ressources contingentes) sont estimées à 95 milliards de Nm³ à la fin 2011, soit 15 ans de production au rythme actuel[R 3].

Bilan ressources-emplois du gaz naturel[R 1]
PJ 2011 2012
RESSOURCES 278,4 257,3
Production d’énergie primaire 264,6 217,6
Importations 13,8 32,8
Variation stocks - diff. stat. - 6,9
EMPLOIS 278,4 257,3
Exportations 117,1 111,9
Variation stocks - diff. stat. 4,7 -
Extraction et gazéification 25,1 25,0
Transformation (cogénération, etc) 65,3 55,9
Consommation finale 66,2 64,4

La consommation de gaz pour l'extraction du pétrole et du gaz et leur transport (24,8 PJ en 2012) représente 17,1 % de la consommation totale de gaz ; par ailleurs, le gaz brûlé par les torchères a atteint 2,8 PJ en 2012 (3,2 PJ en 2001 et 4,6 PJ en 2010)[R 3].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La production d'énergies renouvelables a été de 137,7 PJ en 2012 (+1,8 %) ; en 2011, elle avait baissé de 1,1 % du fait de la douceur du climat, qui a réduit la production de chaleur à partir de bois et de déchets. Elle a connu une très vive croissance sur les deux dernières décennies : +201 % de 1990 à 2012. La production éolienne a progressé de 5,1 % à 37,0 PJ, celle de la biomasse a baissé de 1,4 % : bois 43,9 PJ, paille 17,5 PJ et déchets renouvelables 20,6 PJ ; les importations d'énergies renouvelables (surtout biomasse) ont été de 46,8 PJ, nettes des exportations (biocarburants) ; la consommation d'EnR a été de 184,4 PJ, en hausse de 5,4 % ; les importations couvrent 25 % de la consommation[R 4].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

En 2012, la consommation d'énergie primaire au Danemark a été de 785 pétajoules (PJ) en valeurs ajustées[n 2] et de 767 PJ en 2013, dont 36,7 % de pétrole ; 18,0 % de gaz naturel ; 18,6 % de charbon ; 24,5 % d'énergies renouvelables et 2,2 % de déchets (part non-renouvelable)[6]. Cette consommation s'est faite sous la forme d'électricité pour 32,6 %, de chauffage urbain pour 11,3 %, de consommation directe de combustibles pour 47,7 % (produits pétroliers : 35,8 % ; gaz naturel : 11,3 % ; charbon et coke : 0,6 %)[S 1].

Le graphique ci-contre montre l'évolution du mix énergétique danois :

  • on remarque la stabilité de la consommation totale : sur 40 ans, elle a fluctué entre 756 PJ (en 1983) et 874 PJ (en 2007), avec une valeur moyenne de 823 PJ ; l'écart à la moyenne est toujours resté inférieur à 8 % ;
  • la consommation 2012 est en forte baisse par rapport à 2007 : -10,2 %, l'essentiel de cette baisse s'étant réalisé en 2009 : -5,6 % ; la crise économique a donc eu un impact bien visible ;
  • le pétrole était en position hégémonique en 1972 : 91,8 % ; sa part n'a cessé de baisser avec l'épuisement progressif des gisements danois, que le pays a anticipé par une diversification progressive des sources d'énergie ;
  • le charbon a compensé dans un premier temps le déclin du pétrole : parti de 6,3 % en 1972, il est arrivé à son apogée en 1990 : 39,9 % ; depuis, il a régressé de 55 % ;
  • le gaz naturel a pris le relai : apparu en 1981 avec 0,8 %, il atteint 10 % en 1990 et culmine à 23,7 % en 2002, puis décline à son tour avec l'épuisement progressif des gisements gaziers ;
  • enfin, les énergies renouvelables se développent progressivement sur toute la période : 1,5 % en 1972 ; 2,7 % en 1980 ; 5,9 % en 1990 ; 9,6 % en 2000 ; 14,5 % en 2005 ; 23,4 % en 2012.

Bilan énergétique[modifier | modifier le code]

Le bilan énergétique retrace les flux d'énergie de la production locale et des importations jusqu'à la consommation par les utilisateurs finaux :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2011[S 2]
RESSOURCES PJ % EMPLOIS PJ %
Production d’énergie primaire 801 105 Consommation branche énergie 140 18
Importations 649 85 Consommation finale énergétique 620 82
Exportations -686 -90
Soutes -22 -3
Prélèvt sur stocks 17 2
Total ressources[n 3] 760 100 Total emplois[n 4] 760 100
Détail consommation branche énergie Détail consommation finale
Usage propre branche énergie 46 33 Industrie + agric. 130 21
Pertes de transformation 59 42 Transport 205 33
Pertes de distribution 35 25 Ménages 191 31
Tertiaire 82 13
Usages non énerg. 11 2

Consommation finale[modifier | modifier le code]

Consommation finale d'énergie au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

La consommation finale d'énergie au Danemark a atteint 619,6 PJ en 2012, en baisse de 2,3 %[S 3].

Répartition de la consommation finale d'énergie (%)
Source 1972 1990 2000 2010 2011 2012 var.
1972-2012
Pétrole 78,7 54,0 48,7 43,3 43,9 42,6 -47,7 %
Gaz naturel 0 8,1 10,9 11,0 10,7 10,4 ns
Charbon 0,9 2,9 1,9 0,9 1,0 0,8 -18,1 %
Déchets n.r.* 0 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 +350 %
EnR thermiques 1,0 4,4 4,8 9,2 9,8 10,5 +895 %
Électricité 8,8 17,6 18,5 17,5 18,0 18,1 +98,6 %
Chauffage urbain 9,5 12,7 14,9 18,0 16,5 17,4 +76,8 %
Gaz manufacturé 1,0 0,3 0,1 0,1 0,1 0,1 -91,5 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[S 3].
* part non renouvelable des déchets (la part renouvelable est dans les EnR).

La consommation finale d'énergie du Danemark se caractérise avant tout par sa stabilité exceptionnelle : de 1972 à 2012, elle n'a varié que de -3,4 % ; en fait, elle avait légèrement augmenté jusqu'en 2007 (+4 %), puis est retombée de 7 % sous l'effet de la crise.

Le pétrole reste prédominant, mais décline progressivement en faveur du gaz, des énergies renouvelables thermiques (bois, biogaz, etc) et du chauffage urbain ; l'électricité a progressé de 115,5 % entre 1972 et 2006, puis a régressé de 7,8 % en 6 ans ; le gaz naturel est monté en flèche de ses débuts en 1982 jusqu'à son apogée en 1996 (à 11,4 %) puis s'est stabilisé autour de 11 %.

Consommation finale d'énergie par secteur au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

L'utilisation de l'énergie est répartie par secteur comme suit[S 3] :

  • usages non énergétiques : 1,9 % ;
  • transport : 33,1 % ;
  • industrie : 15,7 % ;
  • ménages : 30,9 % ;
  • services : 13,2 % ;
  • agriculture, sylviculture, pêche : 5,4 %.

De 1972 à 2012, tous les secteurs ont vu leur consommation finale baisser, sauf les transports : +52,8 % ; l'industrie a baissé de 22,7 %, les ménages de 20,5 %, les services de 0,8 % et l'agriculture de 15,4 %.

Les consommations des ménages et de l'industrie ont baissé au cours des années 1970 et 1980, puis sont restées stables (en dehors des fluctuations dues aux températures pour les ménages) ; la crise de 2008 a fait plonger l'industrie de 21 % entre 2006 et 2012.

La consommation des transports a progressé fortement sur toute la période, sauf en 1980-81 et surtout lors de la crise : -8,6 % de 2007 à 2012. La route représente 76 % de la consommation des transports, suivie par l'aviation : 17,9 %, le cabotage : 3 % et le rail : 2,3 %. Depuis 1972, la route a progressé de 75 % et l'aviation de 52,5 % ; le cabotage a reculé de 21 % et le rail de 6 %.

De 1990 à 2012, la consommation d'essence a baissé de 16,8 %, celle de diesel a augmenté de 68 % et celle de carburéacteur de 29 %[R 5].

La consommation d'énergie des transports se répartissait en 2012 en 72,3 % pour les transports de passagers et 27 % pour le fret (solde : transports militaires)[R 6]. Ces consommations ont progressé de 25,3 % pour les transports de passagers et 9,3 % pour le fret entre 1980 et 2012.

Les consommations pour le chauffage des logements sont restées quasiment inchangées depuis 1990 : +0,9 %, mais cette stabilité résulte d'une augmentation de 20,8 % des surfaces chauffées et d'une baisse de 16,5 % de la consommation d'énergie par mètre carré ; les modes de chauffage des 2,75 millions de logements danois se répartissaient, au 1er janvier 2012, en[R 7] :

  • chauffage urbain : 62 % :
  • chaudières à gaz naturel : 15,4 % ;
  • chaudières au fioul : 12,5 % ;
  • autres : 9,9 % (pompes à chaleur, chauffage électrique, chaudières à bois).

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

logo de DONG Energy
  • DONG Energy, opérateur historique de la production de gaz et d'électricité, fondé par l'État danois en 1972 sous le nom de Dansk Naturgas A/S pour exploiter les gisements de gaz de Mer du Nord, a étendu ses activités à la production d'électricité, puis fusionné en 2005 avec 5 autres compagnies danoises d'énergie[7] ; l'État danois contrôle 80 % du capital[8] et doit en conserver la majorité jusqu'en 2025. DONG Energy emploie 7000 salariés et a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 9 Mds €. Sa branche exploration-production produit 78 000 barils équivalent pétrole/jour de pétrole et gaz, et vise un objectif de 150000 bep/j en 2020[9] ; sa branche production thermique exploite 13 centrales (10 au Danemark, 1 aux Pays-Bas, 1 en Norvège et 1 au Royaume-Uni - total : 6000 MW) et 3 unités d'incinération de déchets (67 MW) ; ces centrales ont assuré en 2012 48 % de la production d'électricité de Dong, le reste provenant d'éoliennes et de centrales hydroélectriques en Suède ; Dong remplace progressivement le charbon par de la biomasse (bois, paille) afin de réduire ses émissions de CO2 ; la branche éolienne gère des parcs éoliens depuis 20 ans et en 2012 emploie 1950 employés pour gérer des éoliennes au Danemark, au Royaume-Uni, en Suède, Norvège, Pologne et France ; elle a construit 1,7 GW d'éoliennes offshore, soit 38 % de la capacité éolienne offshore de l'Europe et son objectif 2020 est de 6,5 GW ; sa branche ventes et distribution fournit en électricité un million de clients et en gaz 120000 clients ; ses ventes d'électricité 2012 ont atteint 7,5 TWh, et ses ventes de gaz 36,8 TWh, dont 25 % au Danemark, 46 % au Royaume-Uni et 20 % aux Pays-Bas ; sa part de marché au Danemark est de 20 % ; dans la distribution, sa part est de 30 % (19 000 km de réseaux ; les lignes aériennes sont progressivement remplacées par des câbles souterrains) ; la branche trading emploie 320 personnes.
logo de VESTAS
  • Vestas Wind Systems A/S[10] était depuis 2000 et jusqu'en 2011 le plus grand fabricant mondial d'éoliennes ; il aurait cédé la première place à l'américain General Electric Wind en 2012 ; Vestas a souffert de difficultés (perte nette de 963 millions d'euros en 2012) après avoir surestimé la croissance du secteur des éoliennes, mais son activité a continué à croître (6,2 GW installés en 2012 contre 5,2 GW en 2011 ; le chiffre d'affaires est en hausse de 23 % à 7,2 Mds €) et après quatre plans de restructuration successifs le groupe a réduit sa masse salariale de 22 %[11]. Vestas a joué un rôle de pionnier dans le secteur, installant sa première turbine (30 kW)en 1979. En 2013, son catalogue va de 2 MW à 8 MW : Vestas a installé à Østerild, au nord du pays, son prototype d’éolienne de 8 MW, la V164 ; avec une hauteur de mât de 140 m et un rotor de 164 m de diamètre, cette éolienne remporte le record de puissance au niveau mondial, précédemment établi à 7,5 MW par Enercon ; la V164 est destinée à l’offshore et doit entrer en production de série à partir de 2015[12].
  • Energinet.dk, entreprise d'État dépendant du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction, gestionnaire des réseaux de transport de gaz et d'électricité, exploite 800 km de gazoducs et le réseau danois de transport d'électricité (en 400 kV : 1 180 km de lignes aériennes, 228 km de câbles souterrains et 163 km de câbles sous-marins ; et en 150/132 kV)[13].

Secteur de l'électricité et du chauffage urbain[modifier | modifier le code]

Au Danemark, les secteurs de la production d'électricité et de la production de chaleur pour les réseaux de chauffage urbain sont indissolublement liés, la majeure partie des centrales étant des centrales de cogénération : en 2012, 74,6 % de l'électricité thermique était produite conjointement avec de la chaleur ; ce pourcentage était de 36,8 % en 1990, 55,9 % en 2000 et 61 % en 2010 ; le chauffage urbain était approvisionné à 73 % par ces centrales de cogénération (55,8 % en 1990 et 81,6 % en 2000)[R 8].

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin des années 1990, l'électricité était entièrement contrôlé par un monopole d'état. Au cours de la première moitié des années 1990, l'industrie a revendiqué le droit de choisir ses fournisseurs d'électricité, puis l'Union européenne a publié sa première directive sur le marché intérieur de l'électricité, demandant aux états d'ouvrir le secteur électrique à la concurrence ; une première étape de libéralisation en 1998 a concerné seulement les grands comptes (> 100 GWh), puis en juin 1999 une nouvelle loi sur la fourniture d'électricité a organisé l'ouverture à la concurrence : libre accès au réseau, séparation des activités de monopole (réseaux) et des activités concurrentielles (production et fourniture), en trois étapes dont la dernière aboutit à l'ouverture complète le 1er janvier 2003 ; l'État ne possède plus que l'opérateur de réseaux Energinet.dk qui gère le marché de l'électricité conjointement avec ses confrères scandinaves et baltes[14] ; il conserve aussi une part majoritaire dans l'opérateur historique DONG Energy jusqu'à 2025.

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Puissance installée électrique (MW) au 31/12
Type de centrale 1994 2000 2005 2010 2011 2012 var.
2012/1994
Centrales de grande taille 9 126 8 160 7 710 7 448 7 175 7 175 -21,4
- électriques pures 2 186 1 429 834 840 840 840 -61,6
- cogénération 6 940 6 731 6 877 6 608 6 335 6 335 -8,7
Centrales de petite taille 773 1 462 1 579 1 820 1 820 1 830 +137
Autoproducteurs 339 574 657 614 598 590 +74
Hydroélectricité 9 10 11 9 9 9 0
Éolien 527 2 390 3 128 3 802 3 952 4 163 +690
Solaire 0 2 3 7 17 399 ns
Total 10 774 12 598 13 088 13 700 13 570 14 166 +31,5
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[R 8].

La part des grandes centrales décroit au bénéfice des petites installations. La cogénération domine largement.

Production d'électricité au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie[S 4].

Sur le graphique, les pics de 1996, 2003 et 2006 correspondent à des soldes exportateurs exceptionnellement élevés (années de faible hydraulicité en Suède et Norvège).

Production brute d'électricité (GWh)
Source 1994 % 1994 2000 2005 2010 2011 2012 % 2012 var.
2012/1994
Pétrole 2 652 6,6 % 4 435 1 370 768 453 403 1,3 % -85 %
Gaz naturel 2 279 5,7 % 8 775 8 779 7 907 5 841 4 193 13,6 % +84 %
Charbon 33 290 82,8 % 16 673 15 463 17 006 13 976 10 564 34,4 % -68 %
Déchets (non renouv.)* 232 0,6 % 556 816 747 778 730 2,4 % +215 %
Énergies renouvelables 1 743 4,3 % 5 572 9 813 12 431 14 184 14 838 48,3 % +751 %
- Hydroélectricité 33 0,1 % 30 23 21 17 17 0,05 % -46 %
- Éolien 1 137 2,8 % 4 241 6 614 7 809 9 774 10 270 33,4 % +803 %
- Solaire 0 0 1 2 6 15 104 0,3 % ns
- Biomasse 573 1,4 % 1 300 3 174 4 595 4 378 4 446 14,5 % +675 %
Total 40 197 100 % 36 049 36 241 38 863 35 232 30 728 100 % -23,6 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[S 4].
* part non renouvelable des déchets urbains.

Les centrales au charbon, qui en 1994 assuraient 82,8 % de la production d'électricité, n'en couvrent plus que 34,4 % en 2012 ; le pétrole disparait peu à peu, et le gaz décline après avoir couvert près du quart de la production au début des années 2000 ; les énergies renouvelables progressent d'année en année et représentent en 2012 plus de 48 % du total ; les éoliennes sont en tête des renouvelables avec 33,4 % devant la biomasse (14,5 %) ; l'hydroélectricité et le solaire sont marginaux.

Production de chaleur (chauffage urbain)[modifier | modifier le code]

En 2012, les centrales de cogénération et les centrales de production de chaleur ont produit pour le chauffage urbain 136,1 PJ (à comparer avec la production d'électricité : 110,6 PJ), dont 24,1 % à partir de gaz naturel ; 23,7 % de charbon ; 1,7 % de pétrole ; 7,9 % de déchets (part non renouvelable) ; 1,9 % de chaleur résiduelle issue des process industriels ; et 40,6 % de sources d'énergie renouvelables, surtout de la biomasse (38,7 %) : bois 22,0 %, paille 6,4 %, déchets 9,7 %, etc ; cette production est bien évidemment très sensible au climat : ainsi, en 2010, année froide, elle a bondi de 15,3 % avant de retomber en 2011 de 12 % ; depuis 1994, la production de chaleur a progressé de 20,3 % ; le gaz naturel a progressé de 29,2 % aux dépens du charbon (-42,1 %) ; les déchets ont progressé de 76,7 % et les renouvelables de 227,5 %[S 5].

Thermique classique[modifier | modifier le code]

Centrale au charbon Asnæs de DONG Energy à Kalundborg.

Les centrales thermiques à combustible fossile totalisent une puissance installée de 9595 MW en 2012, soit 67,7 % du parc électrique danois. La plupart sont des centrales de cogénération : 74,6 % de la production thermique est issue de la cogénération[R 8]. Elles ont produit 49,3 % de l'électricité danoise en 2012[S 4].

La plus grande centrale thermique du Danemark est la centrale au charbon Asnæs à Kalundborg, dont la puissance installée est de 1057 MW. Elle appartient à l'opérateur historique danois DONG Energy.

Une liste des centrales thermiques danoises est disponible : List of power stations in Denmark (en).

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Production d'électricité renouvelable au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

Les énergies renouvelables assuraient 48,3 % de la production d'électricité danoise en 2012, ainsi que 40,6 % de la production de chaleur pour le chauffage urbain ; l'éolien est largement en tête (33,4 %) pour l'électricité, mais la contribution de la biomasse (bois, paille, déchets, biogaz) est substantielle : 13,2 % de la production électrique et 38,7 % de celle de chaleur, alors que l'hydroélectricité est marginale et le solaire encore en début de démarrage.

Éoliennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne au Danemark.

Solaire[modifier | modifier le code]

Irradiation solaire globale et potentiel photovoltaïque pour des modules d'inclinaison optimale.

Le Danemark a atteint dès 2012 l'objectif gouvernemental 2020 de 200 MWc de cellules solaires. En 2012, 36 MW sont installés chaque mois. Le secteur énergétique danois estime que cette tendance va aboutir à 1 000 MW en 2020 et 3 400 MW en 2030[15].

La production d'énergie solaire était en 2012 de 1 254 TJ, soit 0,9 % de la production totale d'énergie renouvelable[S 6], dont 375 TJ d'électricité, soit 0,3 % de la production totale d'électricité[S 4].

Parc solaire de Marstal (18 365 m2).

Le Danemark est de loin le premier pays européen en termes de développement des centrales de chauffage solaire. Fin 2012, 193 MWth étaient en fonctionnement dans le pays pour un total de 37 centrales. L'Allemagne arrive deuxième en Europe avec 27,3 MWth installés répartis en 21 centrales. Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'explosion du nombre de centrales au cours des dernières années, notamment les taxes élevées sur les énergies fossiles ainsi que la forte décentralisation du système de production énergétique[16], s'appuyant notamment sur des réseaux de chaleur largement développés, pour couvrir les besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage du pays.

Cette capacité est amenée à augmenter très fortement dans les années à venir. Dans un document de planification à long terme paru en 2010, les compagnies danoises de distribution de chaleur envisagent d'ici 2020 de construire de nouvelles centrales solaires, pour atteindre une surface de 4 millions de mètres carrés de panneaux solaires installés, et de continuer le développement jusqu'à 8 millions de mètres carrés d'ici 2030. Cela permettrait de couvrir 10 % de la chaleur produite par ces entreprises de distribution[17].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Amager, architecte : hans chr. hansen, 1901-1978

Le réseau danois de transport se compose de 1 508 km de lignes à très haute tension (400 kV), dont 371 km de câbles souterrains ou sous-marins, et 702 km de lignes à haute tension (220-285 kV), dont 231 km de câbles[18]. Il est interconnecté avec les réseaux des trois pays voisins : Allemagne, Norvège et Suède. Il appartient à Energinet.dk, entreprise publique gérée par le Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction[19].

Consommation[modifier | modifier le code]

En 2012, la consommation finale d'électricité (corrigée des variations climatiques) se répartit en :

  • transport : 1,2 % (rail) ;
  • agriculture : 5,7 % ;
  • industrie : 27,6 % ;
  • services : 33,3 % (commerce de gros : 4,9 % ; commerce de détail : 5,7 % ; services privés : 14,9 % ; services publics : 7,9 %) ;
  • ménages : 32,1 % (maisons individuelles : 23,8 % ; habitat collectif : 8,3 %)[S 7].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Konti-Skan près de Vester Hassing (haute tension, courant continu) pour les échanges d'électricité avec la Suède.

Le Danemark est interconnecté avec les trois pays voisins :

  • la Norvège : 3 câbles sous-marins partant de Tjele vers Kristiansand (2 en 250 kV, un en 350 kV) avec une capacité totale de 850 MVA ;
  • la Suède : 6 câbles sous-marins partant de Vester Hassing vers Lindome (285 kV), de Gørløsegård vers Söderåsen (400 kV), de Hovegård vers Söderåsen (400 kV), de Bornholm vers Borrby (60 kV) et de Teglstrupgård vers Mörarp (130 kV), avec une capacité totale de 2750 MVA ;
  • l'Allemagne : 6 lignes dont 3 partant de Kasso (220 kV et 2x380 kV) vers Flensburg et Audorf, 2 de Ensted (220 kV et 150 kV) vers Flensburg et 1 de Bjæverskov vers Bentwisch en 400 kV, avec une capacité totale de 2680 MVA[18].

Les échanges internationaux d'électricité du Danemark sont très variables, en fonction des prix sur le marché des échanges d'électricité scandinave, Nordpool, qui est à son tour influencé par les fluctuations des précipitations sur la Norvège et la Suède, où la production électrique est dominée par l'hydroélectricité. D'une année à l'autre, les échanges varient fortement et peuvent s'inverser ; ainsi, le Danemark a été importateur net en 1990, 1992 et 1993, mais exportateur en 1991, puis toutes les années de 1994 à 2007, sauf 2000 et 2005 ; depuis, les soldes nets globaux sont faibles, mais les soldes par pays varient fortement ; en 2012, le solde a été largement importateur : 5,2 TWh[R 9].

En 2012, le Danemark a été globalement importateur de 5,4 TWh, ce solde résultant d'importations nettes de Norvège (4,8 TWh) et de Suède (7,4 TWh) et d'exportations nettes vers l'Allemagne (6,7 TWh), mais en 2013 les flux se sont inversés : le solde est légèrement importateur (0,3 TWh), mais il résulte d'exportations nettes vers la Norvège (0,3 TWh) et la Suède (2 TWh) et d'importations nettes de l'Allemagne (2,5 TWh) ; on remarque que les soldes s'étaient déjà inversés entre 2010 et 2011, et que pour chaque pays les flux sont importants dans chaque sens ; au niveau mensuel également, les variations sont très importantes. Ces échanges jouent donc bien leur rôle d'optimisation des mix énergétiques à très court terme.

Echanges physiques extérieurs d'électricité du Danemark
GWh 2010 2011[18] 2012[20] 2013[21]
Pays Import Export Solde Import Export Solde Import Export Solde Import Export Solde
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 6 471 2 707 +3 764 2 906 5 055 -2 149 1 439 8 177 -6 738 5 772 3 233 +2 539
Drapeau de la Norvège Norvège 1 458 4 055 -2 597 3 600 2 414 +1 186 5 456 675 +4 781 2 558 2 846 -288
Drapeau de la Suède Suède 2 656 4 978 -2 322 5 141 2 807 +2 334 9 001 1 629 +7 372 3 134 5 093 -1 959
Total 10 585 11 740 -1 155 11 647 10 276 +1 371 15 896 10 481 +5 415 11 464 11 172 +292
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

La base de données d'Eurostat[22] fournit les prix moyens de l'électricité pour consommateurs domestiques (2500 à 5000 kWh) au 2e semestre 2013 :

  • hors taxes : 0,1249 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,1381 ; Allemagne : 0,1489 ; France : 0,1099)
  • toutes taxes comprises : 0,2936 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,2009 ; Allemagne : 0,2921 ; France : 0,1589)

Les taxes majorent le prix HT de 135 % au Danemark (moyenne UE-28 : 45 % ; Allemagne : 96 % ; France : 45 %).

Pour les consommateurs industriels (500 MWh à 2000 MWh) :

  • hors taxes : 0,0871 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,0931 ; Allemagne : 0,0905 ; France : 0,0661)
  • toutes taxes comprises : 0,2421 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,1438 ; Allemagne : 0,1727 ; France : 0,0942)

Les taxes majorent le prix HT de 178 % au Danemark (moyenne UE-28 : 54 % ; Allemagne : 91 % ; France : 43 %).

Le prix de l'électricité en 2012 pour les ménages était composé de 43,7 % de prix HT, 20 % de TVA et 36,3 % de taxes (taxe sur l'électricité, taxe sur la distribution d'électricité, contribution aux économies d'électricité, taxe carbone)[R 10].

Le taux des taxes sur l'énergie en 2012 est de 206,11 DKK/GJ (0,742 DKK/kWh) et celui de la taxe CO2 de 17,78 DKK/GJ (0,064 DKK/kWh)[R 11].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie au Danemark (ajustées)[n 2] sont passées de 59,9 Mt CO2 (millions de tonnes de CO2) en 1972 à 43,9 Mt CO2 en 2012, en baisse de 26,8 % ; leur répartition par combustible en 2012 est : 46 % pétrole, 19 % gaz naturel, 32 % charbon, 3 % déchets ; 5 % sont émis au stade de la production primaire (1,9 % pétrole, 3,4 % gaz), 42,6 % au stade de la transformation et 52 % au stade de la consommation finale ; les émissions au stade de la consommation finale se répartissent en : 81,7 % pétrole, 15,9 % gaz et 2,0 % charbon ; 62,6 % de ces émissions proviennent des transports, 15,9 % de l'industrie, 11,5 % des ménages, 2,8 % des services et 7,2 % de l'agriculture[S 8]. Les émissions de 2013 sont estimées à 42,4 Mt CO2[6].

Par habitant, le Danemark émettait 6,64 tonnes de CO2 en 2012 (émissions de CO2 liées à l'énergie) ; l'Allemagne émettait 9,22 tonnes/hab, la France 5,10 t/hab, la Suède 4,25 t/hab, les États-Unis 16,15 t/hab et la Chine 6,08 t/hab[23]. Les émissions danoises se situent 3,9 % au-dessous de la moyenne de l'Union européenne (6,91 t/hab)[24].

L'Agence internationale de l’énergie fournissait pour 2010 la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[25] : pour le Danemark, en 2010 :

  • industrie et construction : 1,33 t CO2/hab (16 % des émissions totales) ; en France : 1,16 t/hab, et en Allemagne : 2,99 t/hab ;
  • transport : 2,34 t/hab (27,6 %), dont transport routier : 2,14 t/hab (25 %) ; en France : 1,93 t/hab, et en Allemagne : 1,88 t/hab ;
  • résidentiel (ménages) : 2,465 t/hab (29 %) ; en France : 1,15 t/hab, et en Allemagne : 2,384 t/hab ;
  • autres (services, agriculture) : 1,866 t/hab (22 %) ; en France : 0,986 t/hab, et en Allemagne : 1,65 t/hab.

L'énergie dans l'économie[modifier | modifier le code]

Les dépenses d'énergie (taxes comprises) ont atteint 161,1 milliards de couronnes (DKK) en 2012, dont 77,7 Mds DKK pour les ménages, 24,5 Mdes DKK pour l'industrie et l'agriculture et 47,5 Mds DKK pour les services[R 12]. Elles représentent 21,6 Mds €, soit 8,8 % du PIB (245,25 Mds € en 2012[26]).

Les taxes sur l'énergie (taxe carbone incluse) totalisaient 40,1 Mds DKK en 2012, soit 4,6 % des revenus fiscaux du Danemark[R 13]. Les taxes sur l'énergie (à l'origine : sur l'électricité et le pétrole) ont été créées en 1977 pour inciter les consommateurs à économiser l'énergie ; depuis, elles ont été augmentées à plusieurs reprises et étendues au charbon et au gaz ; en 1992, des téxes sur le CO2 ont été ajoutées ; l'industrie est exonérée en tout ou partie de ces taxes afin d'éviter de la défavoriser dans la compétition internationale. Le niveau de ces taxes est beaucoup plus élevé que dans les autres pays, sauf dans le secteur du transport où elles sont à un niveau proche de celui de l'Allemagne. L'Accord sur l'Énergie de 2012 entre les partis politiques ayant décidé d'aller vers la disparition des combustibles fossiles, ces taxes risquaient de rapporter de moins en moins ; une "taxe de sécurité d'approvisionnement" a donc été créé sur toutes les énergies, renouvelables comprises, utilisées pour le chauffage. Sur les 40 Mds DKK de taxes sur l'énergie, 45 % sont supportés par les transports, près de 50 % par le chauffage et l'électricité et 8 % par les process industriels[14].

Le solde de la balance commerciale des produits énergétiques était de 5,1 Mds DKK en 2012 (pétrole : 9,9 Mds DKK, gaz : 2,6 Mds DKK, charbon : -2,4 Mds DKK, électricité : -2,6 Mds DKK, biomasse : -2,4 Mds DKK) ; ce solde a culminé à 30 Mds DKK en 2006[R 13].

Les dépenses pour obligations de service public (équivalent danois de la CSPE) ont atteint 4,7 Mds DKK en 2012 contre 3,3 Mds DKK en 2011 ; cette forte hausse est surtout due à la baisse des prix de marché de l'électricité, sur la base desquels sont calculées ces dépenses ; le soutien aux énergies renouvelables représentait 4,2 Mds DKK, dont 2,2 Mds DKK pour l'éolien, 0,6 Mds DKK pour la biomasse, 1,3 Mds DKK pour les petites cogénérations, etc[R 13].

La valeur du pétrole brut produit en Mer du Nord a été de 47,3 Mds DKK en 2012, et celle du gaz naturel de 10,2 Mds DKK ; par rapport à 1990, ces valeurs ont été multipliées par six grâce à la hausse des prix pétroliers[R 14].

Les exportations de technologies et équipements énergétiques (éoliennes, canalisations de chauffage urbain, pompes, thermostats, etc) ont connu un pic à 69,7 Mds DKK en 2008, puis ont chuté en 2009-10 et ont repris leur progression, à 61,1 Mds DKK en 2012 ; elles représentent 10 % des exportations danoises[R 14].

En 2012, le prix spot du marché de l'électricité Nordpool a chuté à 0,23 DKK/kWh contre 0,35 DKK/kWh en 2011, du fait du niveau d'eau particulièrement élevé des barrages nordiques ; au 1er semestre 2013 il est remonté à 0,30 DKK/kWh[R 15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ressources contingentes : techniquement récupérables, mais économiquement non rentables dans les conditions actuelles.
  2. a et b corrigées des variations climatiques et de l'énergie contenue dans le solde net exportateur d'électricité.
  3. ou : approvisionnement en énergie primaire.
  4. ou : consommation totale d'énergie primaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f p. 4
  2. p. 5
  3. a, b et c p. 6
  4. p. 7
  5. p. 25
  6. p. 26
  7. p. 36
  8. a, b et c p. 14
  9. p. 13
  10. p. 49
  11. p. 59
  12. p. 44
  13. a, b et c p. 45
  14. a et b p. 46
  15. p. 47
  1. tab.2
  2. tab.29
  3. a, b et c tab.13
  4. a, b, c et d tab.24
  5. tab.26
  6. tab.23
  7. tab.9
  8. tab.10
  • autres références :
  1. (en)Denmark : Balances for 2012, site AIE, 14 octobre 2014.
  2. (en)Wind turbines in Denmark, p. 8, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  3. (en)The wind turbine industry : a historical flagship, p. 4 et 5, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  4. (en)Energy Agreements, sur le site du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction.
  5. Énergies renouvelables: le Danemark veut être 100% vert d’ici 2050, sur le site SmartPlanet.
  6. a, b, c et d (en)Preliminary Energy Statistics 2013, DEA, 2014
  7. (en)Background, sur le site de DONG Energy.
  8. (en)Ownership (Actionnariat), sur le site de DONG Energy.
  9. (en)activities Business activities, sur le site de DONG Energy.
  10. (en)about VESTAS, site de Vestas.
  11. Vestas, le roi déchu du vent, sur le site de la Tribune.
  12. Danemark : un pays dans le vent, site du Journal des Énergies Renouvelables consulté le 23 février 2014.
  13. (en)Electricity facilities, sur le site d'Energinet.
  14. a et b (en)[PDF]Energy policy in Denmark, sur le site de l'agence Danoise de l'Énergie.
  15. (en)Denmark reaches 2020-goal for solar energy before time, sur le site du Ministère danois des Affaires Etrangères, 12.09.2012.
  16. (en) Franz Mauthner et Werner Weiss, « Solar Heat Worldwide - Markets and Contribution to the Energy Supply 2011 (Edition 2013) », sur www.iea-shc.org,‎ mai 2013 (consulté le 19 novembre 2013), p. 42.
  17. (da) Rambøll et Université d'Aalborg, « Varmeplan Danmark 2010 », sur www.fjernvarmen.dk,‎ 8 septembre 2010 (consulté le 20 novembre 2013), p. 124.
  18. a, b et c (en)ENTSO-E Statistical Yearbook 2011, sur le site d'ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity).
  19. (en)Présentation d'Energinet.dk, sur le site d'Energinet.dk.
  20. (en)Memo 2012, site d'ENTSO-E consulté le 10 juin 2014.
  21. (en)Statistical factsheet 2013, site d'ENTSO-E consulté le 10 juin 2014.
  22. accès à la base de données Eurostat, sur le site d'Eurostat.
  23. (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA) Key World Energy Statistics 2014, octobre 2014.
  24. (en)European Union-28 : Balances for 2012, site AIE, 14 octobre 2014.
  25. (en)« CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights », sur IEA (consulté le 22 avril 2013), p. 105
  26. Produit intérieur brut aux prix de marché, site Eurostat consulté le 10 juin 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]