Énergie en Italie
| Énergie en Italie | |
La raffinerie SARAS, près de Sarroch, en Sardaigne. |
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| Bilan énergétique (2009) | |
|---|---|
| Offre d'énergie primaire (TPES) | 164,6 M tep (6 892,7 PJ) |
| par agent | pétrole : 40,9 % gaz naturel : 38,8 % électricité : 8,3 % charbon : 7,7 % autres renouvelables : 4,3 % |
| Énergies renouvelables | 10,2 % |
| Consommation totale (TFC) | 117,1 M tep (4 902,2 PJ) |
| par habitant | 2,74 |
| par secteur | ménages : 24,5 % industrie : 24,7 % transports : 33,4 % services : 14,3 % agriculture : 2,6 % pêche : 0,2 % |
| Électricité (2009) | |
| Production | 292,64 TWh |
| par filière | thermique : 74 % hydro : 18,3 % biomasse/déchets : 3,2 % autres : 2,3 % éoliennes : 2,2 % |
| Combustibles (2009 - ktep) | |
| Production | pétrole : 4917 gaz naturel : 6561 charbon : 46 |
| Commerce extérieur (2009 - ktep) | |
| Importations | électricité : 4048 pétrole : 82516 gaz naturel : 56700 charbon : 12609 |
| Exportations | électricité : 182 pétrole : 2300 gaz naturel : 102 charbon : 191 |
| Sources | |
| Agence internationale de l'énergie[1] | |
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L'Italie est un pays très dépendant des importations pour son approvisionnement en énergie : en 2009, 85,8 % de l'énergie consommée dans le pays provenait de l'étranger ; l'Italie est le plus gros importateur net d'électricité au monde et le 2e importateur de gaz naturel en 2011. Elle commence cependant à développer ses énergies renouvelables : elle détenait le 2e rang mondial pour la production d'électricité solaire en 2011.
Sommaire |
Comparaisons internationales [modifier]
Selon l'Agence Internationale de l’Énergie, l'Italie se classe :
- au 7e rang mondial pour les importations de pétrole brut en 2010[K 1] (84 Mt, à comparer avec les 63 Mt importées par la France, au 8e rang et les 93 Mt importées par l'Allemagne, au 6e rang) ;
- au 2e rang mondial pour les importations nettes de gaz naturel en 2011 (70 milliards de m³), derrière le Japon et devant l'Allemagne[K 2] ;
- au 9e rang mondial pour les importations nettes de charbon en 2011 (23 Mt), à comparer avec les 41 Mt importées par l'Allemagne, au 6e rang[K 3] ;
- au 10e rang mondial pour la capacité installée hydroélectrique en 2009 (21 MW), à comparer avec les 25 MW de la France, au 9e rang[K 4] ;
- au 8e rang mondial pour les exportations nettes de produits pétroliers en 2010[K 5] (16 Mt, à comparer avec les 30 Mt exportées par les États-Unis, au 4e rang ;
- au 8e rang mondial pour la capacité de distillation de ses raffineries en 2011 : 2132 kb/j (milliers de barils par jour)[K 6], derrière l'Allemagne (2183), au 7e rang ;
- au 10e rang mondial pour les importations nettes totales de pétrole (brut + produits raffinés) en 2010[K 6] (69 Mt, à comparer avec les 83 Mt importées par la France, au 7e rang et les 110 Mt importées par l'Allemagne, au 5e rang) ;
- au 6e rang mondial pour la production d'électricité à partir de gaz naturel en 2010 : 153 TWh[K 7], derrière le Royaume-Uni (175 TWh), au 5e rang) ;
- au 1er rang mondial pour l'importation nette d'électricité en 2010 : 44 TWh[K 8].
Par ailleurs, le 14e inventaire mondial d'Observ'ER[2] classe l'Italie :
- au 9e rang mondial pour la production d'électricité d'origine éolienne en 2011 : 9,9 TWh, soit 2,1 % de la production éolienne mondiale, à comparer avec les États-Unis : 120,5 TWh (1er rang - 26,2 %), la Chine : 88,6 TWh (2e rang - 19,3 %), l'Allemagne : 48,9 TWh (3e rang - 10,6 %), l'Espagne (4e rang - 9,2 %) et la France (8e rang - 2,7 %) ;
- au 2e rang mondial pour la production d'électricité solaire en 2011 : 10,8 TWh, soit 17,5 % de la production solaire mondiale, derrière l'Allemagne : 19,3 TWh (31,4 %) et devant l'Espagne : 9,2 TWh (15 %) ;
- au 7e rang mondial pour la production d'électricité à partir de la biomasse en 2011 : 10,9 TWh, soit 3,9 % de la production mondiale, à comparer avec l'Allemagne : 36,9 TWh (13,4 % - 2e rang derrière les États-Unis) et le Royaume-Uni : 13,3 TWh (4,8 % - 5e rang) ;
- au 6e rang mondial pour la production d'électricité géothermique en 2011 : 5,7 TWh, soit 8,1 % de la production géothermique mondiale ; les États-Unis, au 1er rang, produisent 18,2 TWh (26,1 %).
La consommation italienne d'énergie primaire par habitant en 2010 était de 2,81 tep[K 9] ; pour comparaison, celle de la France était de 4,04 tep, celle de l'Allemagne de 4,00 tep et celle des États-Unis de 7,15 tep.
La consommation italienne d'électricité par habitant en 2010 était de 5384 kWh ; celle de la France était de 7756 kWh, celle de l'Allemagne de 7217 kWh et celle des États-Unis de 13361 kWh.
Les émissions de CO2 de l'Italie atteignaient 6,59 tonnes par habitant en 2010 (France : 5,52 ; Allemagne : 9,32 ; États-Unis : 17,31)[K 9].
Ressources énergétiques [modifier]
Réserves [modifier]
Les réserves de combustibles fossiles de l'Italie sont modestes, mais son potentiel dans le domaine des énergies renouvelables est important, en particulier pour l'hydroélectricité et le solaire.
- les réserves de pétrole prouvées et économiquement récupérables sont évaluées en 2011 à 76 Mt, et les ressources potentielles supplémentaires à 250 Mt ; la production cumulée jusqu'à 2011 atteint 175 Mt : l'Italie a donc déjà très largement entamé ses ressources ; au rythme de la production actuelle (5,3 Mt en 2011), les réserves seraient épuisées en 2025[3] ;
- les réserves de pétrole prouvées et économiquement récupérables sont évaluées en 2011 à 62 Mrds m³, et les ressources potentielles supplémentaires à 405 Mrds m³ ; la production cumulée jusqu'à 2011 atteint 728 Mt : l'Italie a donc là aussi très largement entamé ses ressources ; au rythme de la production actuelle (7,7 Mt en 2011), les réserves seraient épuisées en 2019[3] ;
- pour le charbon, l'Italie a seulement 10 Mt de réserves.
L'Italie bénéficie d'un potentiel hydroélectrique important, en particulier dans les Alpes, mais il est déjà presque entièrement exploité ; pendant la première moitié du XIXe siècle, l'hydroélectricité couvrait la quasi-totalité des besoins d'électricité du pays.
La carte des radiations solaires en Italie (cf section solaire) révèle des potentiels élevés dans le sud de l'Italie, en particulier en Sicile et en Sardaigne.
Production d'énergie nationale [modifier]
source données : Ministère du Développement Économique italien[B 1]
En 2011, la production énergétique du pays se composait de [B 1] :
- combustibles fossiles : 40,6 %, dont :
- gaz naturel : 69,2 téracalories (10⁹ calories), soit 18,2 % (couvrant 10,8 % de la consommation nationale de gaz) ;
- pétrole : 77,8 téracalories, soit 20,5 % (couvrant 7,6 % de la consommation nationale de pétrole) ;
- charbon : 7,1 Tcal, soit 1,9 % (couvrant 4,3 % de la consommation nationale de charbon) ;
- énergies renouvelables : 59,4 %, dont :
- énergie hydroélectrique : 100,8 Tcal(26,6 %) ;
- géothermie : 12,4 Tcal (3,3 %) ;
- éolien + solaire : 45,4 Tcal (12 %) ;
- déchets : 15 Tcal (4 %) ;
- bois : 23,4 Tcal (6,2 %) ;
- biomasse : 23,2 Tcal (6,1 %) ;
- biodiesel : 5,3 Tcal (1,4 %).
L'ensemble de ces ressources couvraient seulement 19,3 % des besoins du pays[B 2].
Énergies importées [modifier]
L'Italie dépend de ses importations pour une part très élevée de ses besoins d'énergie : en 2011, ses importations d'énergie atteignaient 175,7 Mtep ; après déduction de 27,6 Mtep d'exportations (produits pétroliers pour l'essentiel), les importations nettes représentaient 80,5 % de la consommation totale d'énergie du pays, alors que sa production nationale ne couvrait que 19,3 % de ses besoins[B 2].
Le pétrole est la principale énergie importée : en 2011, les importations nettes de pétrole brut ont atteint 72 Mt, soit 96 % de la consommation de pétrole du pays. Cependant, le bilan des échanges de produits pétroliers est exportateur (autrement dit, la production des raffineries italiennes : 80,2 Mt, dépasse les besoins nationaux : 69,2 Mt) : 25,6 Mt d'exportations contre 11,4 Mt d'importations.
Le gaz naturel est la deuxième énergie importée : en 2011, les importations de gaz naturel ont atteint 57,6 Mtep, soit 90,3 % de la consommation de gaz du pays[B 2].
L'Italie importe aussi 15,5 Mtep de charbon, essentiellement pour les centrales électriques (11,8 Mtep), le coke et les centrales de production de chaleur.
Même l'électricité est largement importée : 13,7 % de l'approvisionnement brut total en 2011.
Consommation énergétique [modifier]
De l'énergie primaire consommée à l'énergie finale consommée [modifier]
Les caractéristiques de la consommation d'énergie d'un pays peuvent être étudiées selon deux points de vue :
- soit au niveau de leur acquisition initiale (production en Italie ou importation) : on parle alors de « consommation d'énergie primaire » ; afin de restreindre l'analyse à la seule consommation intérieure, on en soustrait les exportations d'énergie et les soutes (consommations des avions et bateaux à destination de l'étranger) ; dans les statistiques italiennes, on conserve les soutes dans la consommation nationale, alors que dans les statistiques internationales on les en soustrait ;
- soit au niveau de leur consommation par l'utilisateur final, après toute la cascade de transformations (raffinage, production d'électricité, etc), de transport et distribution qu'elles ont subi avant de lui parvenir ; on parle alors de « consommation finale d'énergie ».
Les flux de production, échanges internationaux et transformation des énergies se résument en un tableau sous forme de bilan Ressources/Emploi, dénommé "bilan énergétique national" :
| BILAN ÉNERGÉTIQUE 2011[B 2] | |||||
| RESSOURCES | Mtep | % | EMPLOIS | Mtep | % |
| Production d’énergie primaire | 35,5 | 19,3 | Consommation et pertes branche énergie | 49,3 | 26,8 |
| Importations | 175,7 | 95,4 | Soutes | 3,4 | 1,8 |
| Exportations | -27,6 | 15,0 | Consommation finale non énergétique | 6,9 | 3,7 |
| Prélèvt sur stocks | 0,6 | 0,3 | Consommation finale énergétique | 124,6 | 67,6 |
| Total ressources | 184,2 | 100 | Total emplois | 184,2 | 100 |
| Détail consommation branche énergie | Détail consommation finale | ||||
| Pertes de conversion | - | - | Industrie | 32,7 | 26,2 |
| Usage propre branche énergie | - | - | Transport | 42,5 | 34,1 |
| Résidentiel + Tertiaire | 46,5 | 37,3 | |||
| Agriculture | 3,0 | 2,4 | |||
Consommation d'énergie primaire [modifier]
source données : Ministère du Développement Économique italien[B 1]
Le total des ressources primaires produites en Italie ou importées était en 2011 de 184,2 Mtep[B 2].
La consommation d'énergie primaire est massivement dominée par les énergies fossiles : 85,5 % en 2011 ; les énergies renouvelables ne couvrent que 12,5 % des besoins, et le solde importateur d'électricité couvre les 2 % restants[B 1].
Les énergies fossiles se décomposent en :
- charbon : 8,6 % ;
- pétrole : 44,4 % ;
- gaz naturel : 32,5 %.
Les énergies renouvelables se décomposent en :
- énergie hydroélectrique : 5,1 % ;
- géothermie : 0,6 % ;
- éolien + solaire : 2,3 % ;
- déchets : 0,8 % ;
- bois : 1,8 % ;
- biomasse : 1,2 % ;
- biodiesel : 0,7 %.
Consommation finale d'énergie [modifier]
source données : Ministère du Développement Économique italien[B 1]
La consommation finale d'énergie était en 2011 de 134,9 Mtep[B 2].
Elle se répartissait en 77 % d'énergies fossiles, 3,6 % d'énergies renouvelables et 19,4 % d'électricité ; sur ces 19,4 % d'électricité, 14,7 % étaient produits à partir de combustibles fossiles et 4,7 % à partir d'énergies renouvelables ; au total, la consommation finale est à 91,7 % d'origine fossile et à 8,3 % d'origine renouvelable (hydro : 2,9 % ; bois : 2,7 % ; éolien +solaire : 1,3 % ; biodiesel : 1 % ; géothermie : 0,4 %[B 1].
Sa répartition par usages était[B 2] :
- usages non énergétiques : 5,1 % (chimie surtout) ;
- soutes : 2,5 % (consommations des avions hors vols et intérieurs et bateaux lignes interntionales) ;
- usages énergétiques intérieurs : 124,6 Mtep (92,4 %), dont :
- industrie : 32,66 Mtep (26,2 %) ;
- transport : 42,47 Mtep (34,1 %) ;
- résidentiel-tertiaire : 46,45 Mtep (37,3 %) ;
- agriculture : 3,0 Mtep (2,4 %).
Secteur de l'électricité [modifier]
L'Italie produit de l'électricité notamment à partir de centrales thermiques, de centrales hydrauliques et de diverses installations d'énergies renouvelables. Elle est importatrice nette d'électricité[4].
Le graphique ci-contre fait bien ressortir :
- l'essor très rapide de la demande, stoppé en 2008 par la crise économique ;
- la prépondérance écrasante des combustibles fossiles ;
- le recours massif aux importations d'électricité ;
- la contribution récente, encore modeste mais rapidement croissante, des nouvelles énergies renouvelables.
Production [modifier]
La production nette d'électricité en Italie a été de 291,4 térawattheures (TWh) en 2011 (+0,9 %), dont 75 % assurés par les centrales thermiques, 16,2 % par les centrales hydrauliques et 8,8 % par les autres énergies renouvelables[TS 1].
| TWh | 1960 | 1970 | 1980 | 1990 | 2000 | 2005 | 2009 | 2010 | 2011 | % 2011 |
| Thermique classique | 8,0 | 70,2 | 133,3 | 178,6 | 220,5 | 253,1 | 226,6 | 231,2 | 228,5 | 75,5 |
| Thermique nucléaire | 3,2 | 2,2 | ||||||||
| Hydraulique | 46,1 | 41,3 | 47,5 | 35,1 | 50,9 | 42,9 | 53,4 | 54,4 | 47,8 | 15,8 |
| Géothermique | 2,1 | 2,7 | 2,7 | 3,2 | 4,7 | 5,3 | 5,3 | 5,4 | 5,7 | 1,8 |
| Éolien+Photovoltaïque | 0,6 | 2,3 | 7,2 | 11,0 | 20,7 | 6,8 | ||||
| Production brute | 56,2 | 117,4 | 185,7 | 216,9 | 276,6 | 303,7 | 292,6 | 302,1 | 302,6 | 100,0 |
| Consommation propres | 1,4 | 5,0 | 9,0 | 11,6 | 13,3 | 13,1 | 11,5 | 11,3 | 11,1 | 3,7 |
| Production nette | 54,9 | 112,4 | 176,7 | 205,3 | 263,3 | 290,6 | 281,1 | 290,8 | 291,5 | 96,3 |
La crise économique de fin 2008 a fait baisser la demande d'électricité de 5,7 % en 2009.
| Puissance brute (MW) |
1960 | 1980 | 2000 | 2010 | 2011 | Variation 2011 (%) |
FC (%)* |
| Thermique classique | 4 556 | 30 654 | 56 431 | 78 341 | 79 711 | +1,7 | 33,0 |
| Thermique nucléaire | 1 471 | ||||||
| Hydraulique | 11 468 | 15 904 | 20 658 | 21 893 | 22 109 | +1,0 | 24,7 |
| Géothermique | 287 | 440 | 627 | 772 | 772 | 0 | 83,6 |
| Éolien+Photovoltaïque | 370 | 9 284 | 19 710 | +112,3 | 16,3 | ||
| Puissance totale | 16 311 | 48 469 | 78 086 | 110 380 | 122 302 | +10,9 | 29,7 |
| * Facteur de charge 2011 : le calcul prend en compte l'échelonnement des mises en service. | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
Centrales thermiques fossiles [modifier]
Les centrales thermiques à combustibles fossiles assurent la majeure partie de la production d'électricité en Italie, avec un total de 227,7 TWh en 2011, soit 75 % de l'électricité produite dans le pays. Au cours de la décennie 1997-2007, les centrales à gaz ont connu une forte progression passant de 24 à 55 % de la production d'électricité totale ; en 2011 elles ont légèrement reculé à 48,2 %, mais représentent encore 63,5 % de la production thermique ; le reste de cette production est assuré par le charbon (19,6 %), en hausse de 13 % par rapport à 2010 comme dans toute l'Europe du fait de la baisse des prix du charbon causée par le boom du gaz de schiste aux États-Unis, les gaz dérivés des process (2,4 %), les produits pétroliers (3,7 %), les autres combustibles (orimulsion, gaz de raffinerie, etc) représentant (10,8 %)[DS 3], dont environ 24,4 TWh, soit 8 % de la production totale, sont des énergies renouvelables (biomasse, biogaz, déchets, ...)[TS 2].
Leur puissance installée totale atteignait 79711 MW fin 2011 ; en 2010, sur un total de 78341 MW (puissance maximale brute), on comptait 1146 unités, d'une puissance totale de 53965 MW, consacrées uniquement à la production électrique et 1391 unités, d'une puissance totale de 53965 MW, de cogénération (production combinée chaleur+électricité). Les unités à cycle combiné (gaz) étaient au nombre de 161 et totalisaient une puissance de 39645 MW (dont 107 unités de cogénération : 16538 MW), et les turbines à gaz 191 unités (3409 MW); les unités à condensation de vapeur (charbon) étaient 148 (21803 MW)[TR 1].
Les combustibles consommés pour la production d'électricité étaient en 2011[DS 4] de :
- 16 614 kt de charbon et lignite ;
- 27 857 millions de m³ de gaz naturel et 10 016 de gaz dérivés ;
- 1 802 kt de produits pétroliers ;
- 18 387 kt d'autres combustibles solides.
Énergie nucléaire [modifier]
À la suite d'un référendum approuvé par 62 % de la population, l'Italie a renoncé à l'utilisation du nucléaire civil en 1987. Les centrales nucléaires alors en activité (1312 MW) ont été progressivement arrêtées. En mai 2008, le gouvernement de Silvio Berlusconi annonce un retour à l'énergie nucléaire afin de résoudre la dépendance énergétique du pays. Un accord est signé le 24 février 2009 visant à la création d'une société détenue à moitié par Électricité de France et Enel. L'objectif était la construction d'au moins quatre réacteurs de type EPR[6]. L'émotion soulevée par la catastrophe de Fukushima de mars 2011 a contraint le gouvernement à abandonner ce projet[7].
Énergies renouvelables [modifier]
Le rapport statistique annuel 2011 de GSE (Gestore dei servizi energetici), agence chargée de la promotion des énergies renouvelables, dénombre 335 151 unités de production EnR à la fin 2011, totalisant une puissance installée de 41 399 MW contre 18 335 MW en 2000, soit +126 % en 11 ans ; leur production a atteint 82 961 GWh, en hausse de 8 % en un an[G 1].
En 2012 (données provisoires), leur puissance installée a atteint 47 092 MW et leur production 92 460 GWh, soit 27,5 % de la consommation brute finale[8].
| Filière | 2010 | 2011 | variation % | 2012prov. | |||
| nombre | MW | nombre | MW | nombre | MW | MW | |
| Hydraulique | 2 729 | 17 876 | 2 909 | 18 092 | 6,3 | 1,2 | 18 200 |
| Éolien | 487 | 5 814 | 807 | 6 936 | 65,7 | 19,3 | 7 970 |
| Solaire | 155 977 | 3 470 | 330 196 | 12 773 | 111,7 | 268,1 | 16 350 |
| Géothermie | 33 | 772 | 33 | 772 | 0 | 0 | 772 |
| Bioénergie | |||||||
| Biomasse | 142 | 1 243 | 170 | 1 289 | 19,7 | 3,7 | |
| Biogaz | 451 | 508 | 819 | 773 | 81,6 | 52,3 | |
| Bioliquides | 97 | 601 | 275 | 763 | 183,5 | 27,0 | |
| total bioénergie | 669 | 2 352 | 1 213 | 2 825 | 81,3 | 20,1 | 3 800 |
| total EnR | 159 895 | 30 284 | 335 151 | 41 399 | 109,6 | 36,7 | 47 092 |
| Filière | 2010 | 2011 | variation % | 2012 | |||
| GWh | réelle | corrigée* | réelle | corrigée* | réelle | corrigée* | réelle prov. |
| Hydraulique | 51 117 | 43 393 | 45 823 | 44 012 | -10,4 | +1,4 | 41 940 |
| Éolien | 9 126 | 8 787 | 9 856 | 10 266 | +8,0 | +16,8 | 13 900 |
| Solaire | 1 906 | 1 906 | 10 796 | 10 796 | +466,5 | +466,5 | 18 800 |
| Géothermie | 5 376 | 5 376 | 5 654 | 5 654 | +5,2 | +5,2 | 5 570 |
| Bioénergie | |||||||
| Biomasse | 4 308 | 4 308 | 4 730 | 4 730 | +9,8 | +9,8 | |
| Biogaz | 2 054 | 2 054 | 3 405 | 3 405 | +65,7 | +65,7 | |
| Bioliquides | 3 078 | 3 078 | 2 697 | 2 697 | -12,4 | -12,4 | |
| total bioénergie | 9 440 | 9 440 | 10 832 | 10 832 | +14,7 | +14,7 | 12 250 |
| total EnR | 76 964 | 68 902 | 82 961 | 81 561 | +7,8 | +18,4 | 92 460 |
| part de la consommation finale brute | 22,4 % | 20,1 % | 24,0 % | 23,5 % | 27,5 % | ||
| * production corrigée des effets des variations des précipitations (hydro) et des vents (éolien). | |||||||
La part des EnR dans la consommation finale brute d'électricité italienne est passée de 14 % en 2005 à 24 % en 2011 (production EnR corrigée des variations climatiques)[G 4].
| Filière | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | moyenne |
| Hydro | 21,4 | 26,9 | 31,7 | 32,7 | 28,9 | 28,3 |
| Éolien | 20,4 | 18,8 | 18,0 | 20,0 | 17,8 | 19,0 |
| Solaire | 13,7 | 13,2 | 13,3 | 13,6 | 15,1 | 13,8 |
| Géothermie | 89,4 | 88,4 | 84,0 | 81,2 | 83,6 | 85,3 |
| Bioénergie | 43,3 | 44,9 | 43,7 | 45,6 | 43,4 | 44,2 |
| facteur de charge = production / (puissance installée x nombre d'heures de l'année). | ||||||
Le facteur de charge est une caractéristique technique essentielle d'un moyen de production d'électricité : selon ce critère, la géothermie est de loin la meilleure énergie, et le solaire la moins bonne ; mais d'autres critères sont aussi importants, en particulier la dispatchabilité (possibilité pour le gestionnaire du système électrique d'arrêter/démarrer rapidement une centrale, ou au moins de moduler sa puissance, en fonction de la demande instantanée des consommateurs) ; de ce point de vue, les centrales hydrauliques dotées d'un réservoir sont très précieuses ; enfin, le critère du coût de production est bien évidemment crucial.
Selon le Plan d'Action National Énergies Renouvelables de 2011, l'Italie n'atteindra pas en 2020 son objectif de 17% d'électricité renouvelable. L'objectif de l'Italie pour l'électricité renouvelable est de 100 TWh en 2020, dont 20 TWh d'éolien, 42 TWh d'hydro, 19 TWh de biomasse, 12 TWh de solaire et 7 TWh de géothermie[9].
Hydroélectricité [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hydroelectricity in Italy » (voir la liste des auteurs)
Les centrales hydrauliques ont produit 47 702 GWh en 2011, soit 16,2 % de l'électricité produite dans le pays ; en 2010, elles avaient produit 53 795 GWh ; la baisse de 12,3 % de cette production en 2011 donne la mesure des variations des précipitations[TS 3].
En 2011, les 2 902 centrales hydrauliques italiennes totalisaient une puissance installée de 18 092 MW ; en un an, le nombre de centrales a augmenté de 6,3 % et leur puissance de 1,2 % ; les 301 centrales de plus de 10 MW totalisent 15196 MW, soit 84 % du total, alors que les 1858 centrales de moins de 1 MW (64 % en nombre) ne totalisent que 568 MW (3,1 %)[G 6]. Depuis 2000, le nombre de centrales s'est accru de 48,2 % et leur puissance totale de 8,7 % ; ce développement est marqué surtout par la mise en service de nombreuses petites centrales au fil de l'eau, et ce trait devrait rester dominant à l'avenir[G 7].
De 2000 à 2011, les petites centrales (≤ 1 MW) ont augmenté leur production de 41 % (de 1 553 GWh à 2 190 GWh), les centrales de taille moyenne (1 à 10 MW) de 19 % (de 6 577 GWh à 7 858 GWh) et les grandes centrales (> 10 MW) n'ont pas connu d'évolution significative, les fortes variations dues au climat (précipitations) dissimulant la tendance de l'évolution (36 070 GWh en 2000, 35 775 GWh en 2011, mais 40 160 GWh en 2010)[G 8] ; la production normalisée (corrigée des effets des variations climatiques, selon la directive 2009/28/EC) est passée de 43314 GWh en 2004 à 44012 GWh en 2011, soit +1,6 % en 7 ans[G 9].
Les principales régions productrices sont en 2011[G 8] d'abord les provinces alpines qui regroupent 79 % de la production nationale :
- Lombardie : 11049 GWh ;
- Trentin-Haut-Adige : 9773 GWh ;
- Piémont : 6575 MW ;
- Vénétie : 4228 MW ;
- Val d'Aoste : 2743 GWh ;
- Frioul-Vénétie julienne : 1832 GWh.
Mais les Apennins ont un apport non négligeable :
- Abruzzes : 1840 GWh ;
- Ombrie : 1574 GWh ;
- Calabre : 1470 GWh, etc
Les centrales hydroélectriques italiennes sont réparties selon leurs caractéristiques techniques en trois types[G 10] :
- centrales au fil de l'eau (qui turbine simplement les apports naturels) : 43 % de la production 2011 pour 27 % de la puissance installée totale ;
- centrales d'éclusée (doté d'une capacité de modulation faible : réservoir de capacité inférieure à une journée de production) : 31 % de la production pour 28 % de la puissance installée totale ;
- centrales de lac (ou de réservoir) : 26 % de la production pour 45 % de la puissance installée totale.
| Exploitant | Centrale | Puissance (MW) |
Localité | Province |
| Enel | Entracque | 1317 | Entracque | Cuneo |
| Enel | Roncovalgrande[10] | 1016 | Maccagno | Varèse |
| Enel | Domenico Cimarosa (Presenzano) | 1000 | Presenzano | Caserte |
| Enel | Centrale d'Edolo | 1000 | Edolo | Brescia |
| Enel | San Fiorano | 568 | Sellero | Brescia |
| Endesa Italia | Centrale di Galleto | 530 | Terni | Terni |
| Enel | Centrale di San Giacomo | 448 | Fano Adriano | Teramo |
| A2A | Centrale di Grosio | 428 | Grosio | Sondrio |
| Edipower | Nucleo di Mese - C.le Mese | 377 | Mese | Sondrio |
| Edipower | Nucleo di Udine - C.le di Somplago | 309 | Cavazzo Carnico | Udine |
Le graphique ci-dessous permet de bien voir l'importance considérable qu'a eue l'hydroélectricité depuis les débuts de l'histoire de l'électricité en Italie jusqu'au boom des énergies fossiles des années 1960 :
Géothermie [modifier]
L'Italie détient en 2011 le 6e rang mondial pour la production d'électricité géothermique : 5,7 TWh, soit 8,1 % de la production géothermique mondiale ; les États-Unis, au 1er rang, produisent 18,2 TWh (26,1 %)[2].
En 1818, François de Larderel, un Français considéré comme le père de la géothermie, met au point une technique permettant de recueillir la vapeur émise par les "lagoni" et de la faire sortir à une pression suffisante pour alimenter les chaudières d'évaporation nécessaires à l'extraction de l'acide borique des boues naturellement riches en substances boriquées. La technique sera perfectionnée en 1827, puis en 1833, lorsque seront effectués les premiers travaux de forage qui permettront d'augmenter la quantité de vapeur qui, plus tard, conduira à produire de l'électricité. Le grand-duc Léopold II de Habsbourg-Toscane soutient l'entreprise de Larderel et lui accorde le titre de comte de Montecerboli. Une ville, baptisée Larderello en hommage à l'action de l'industriel, est fondée pour accueillir les ouvriers travaillant dans l'usine de production de l'acide borique.
La production d'énergie à partir des sources géothermales sera expérimentée pour la première fois en 1904, lorsque cinq ampoules seront allumées grâce à l'électricité produite par la vapeur émergeant des trous dans le sol - première démonstration pratique du pouvoir de la géothermie. En 1911, la première centrale géothermique était construite dans la Valle del Diavolo ("la Vallée du Diable"). Elle restera la seule usine d'électricité géothermique du monde jusqu'en 1958, date à laquelle la Nouvelle-Zélande s'en dotera à son tour. Rappelons toutefois que c'est sans doute aux États-Unis, à Boise, dans l'Idaho, qu'on utilisa pour la première fois l'énergie géothermique à d'autres fins, en 1890 et 1891, lorsque la ville creusa deux puits géothermiques dans le but de fournir de l'eau chaude à la ville.
Larderello produit aujourd'hui 8 % de la production mondiale d'énergie géothermique, soit plus de 5000 GWh/an, fournissant en électricité environ 1 million de foyers italiens. Sa géologie exceptionnelle lui permet de produire de l'énergie géothermique grâce à des roches de granite chaudes affleurant à la surface du sol et produisant de la vapeur dont la température peut atteindre 220 degrés Celsius. Néanmoins, au cours des dernières années, des doutes se sont fait jour quant à la durabilité de ses réserves de vapeur, car une baisse de 30 % du niveau de pression a été enregistrée par rapport aux niveaux records des années 1950.
L'Italie compe, en 2011, 33 centrales géothermiques, toutes situées en Toscane, d'une puissance installée totale de 772 MW ; 27 centrales ont moins de 20 MW et 4 plus de 40 MW ; de 2000 à 2011, le nombre de centrales n'a pas changé, leur puissance s'est accrue de 627 MW à 772 MW (+23 %) et leur production de 4705 GWh à 5654 GWh (+20 %) ; la disponibilité de la source géothermale est constante, si bien que le facteur de charge est élevé (7500 heures de facteur d'utilisation, soit 86 %)[G 11].
Éolien [modifier]
La production éolienne de l'Italie a été de 9774 GWh en 2011 (+8 %)[TS 3].
L'Italie était en 2011 au 9e rang mondial pour la production d'électricité éolienne[2] : 9,9 TWh, soit 2,1 % de la production éolienne mondiale, à comparer avec les États-Unis : 120,5 TWh (1er rang - 26,2 %), la Chine : 88,6 TWh (2e rang - 19,3 %), l'Allemagne : 48,9 TWh (3e rang - 10,6 %), l'Espagne (4e rang - 9,2 %) et la France (8e rang - 2,7 %).
A la fin de 2011, les parcs éoliens étaient au nombre de 807, avec une puissance installée de 6 936 MW, soit 17 % de la puissance totale des moyens de production EnR. Les 214 parcs de plus de 10 MW représentaient 91,4 % de la puissance totale[G 12].
De 2000 à 2011, la puissance éolienne a été multipliée par 19 et la part de l'éolien dans la production électrique EnR est passée de 2 % à 17 %[G 13].
Les principales régions productrices en 2011 étaient[G 14] :
- la Sicile : 2 370 GWh ;
- les Pouilles : 2 256 GWh ;
- la Campanie : 1 344 GWh ;
- la Calabre : 1 281 GWh ;
- la Sardaigne : 1 048 GWh.
L'objectif 2020 de production éolienne, 5,3 % des besoins d'électricité, est le 6e plus bas de l'Union européenne, dont l'objectif éolien global est de 14 % en 2020. L'analyse de l'EWEA sur les plans de l'Italie exprime son désappointement du fait que le plan d'action suggère un ralentissement du taux de croissance de la capacité de production éolienne et des autorisations de nouveaux parcs éoliens[9].
Solaire [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Solar power in Italy » (voir la liste des auteurs)
L'Italie figure au 2e rang mondial pour la production d'électricité solaire en 2011 : 10,8 TWh, soit 17,5 % de la production solaire mondiale, derrière l'Allemagne : 19,3 TWh (31,4 %) et devant l'Espagne : 9,2 TWh (15 %)[2].
La puissance installée était de 12 750 MW à la fin 2011, et la production 2011 de 10 668 GWh (+469 %), soit 3,7 % de la production italienne d'électricité[TS 3]. La puissance installée photovoltaïque a triplé en 2010 par rapport à 2009 et presque quadruplé en 2011, grâce à de fortes incitations économiques en faveur du développement des renouvelables.
La taille moyenne des centrales est de 53,4 kW en 2011, contre 27,5 kW en 2010 ; elle augmente d'année en année depuis 2007 (10,4 kW)[G 15]. Le nombre de centrales de plus de 5 MW est passé de 28 en 2010 (354 MW) à 143 en 2011 (1312 MW)[G 16].
En 2012, la puissance installée est passée à 16 350 MW et la production à 18 800 GWh[8].
A la fin 2012, la puissance installée approche 17 GW, et la production atteint un tel niveau en été en milieu de journée que les centrales à gaz ne fonctionnent plus qu'à la moitié de leur puissance ; l'essor du photovoltaïque est dû au système du « Conto energia fotovoltaico » (analogue aux systèmes allemand : EEG-Umlage, et français : CSPE) qui garantit des tarifs d'achat incitatifs pendant 20 ans pour les producteurs d'électricité photovoltaïque ; institué par des décrets de 2005 et 2006, en remplacement d'un ancien système de subventions directes lors de l'installation des panneaux photovoltaïques, ce système a eu un succès massif, mais coûte 6,5 milliards d'euros par an aux consommateurs d'électricité, selon GSE ; ses partisans font valoir que la filière photovoltaïque représente 100 000 emplois directs ; or le législateur avait fixé un plafond de dépenses de 6,7 milliards d'euros par an qui va être atteint au printemps 2013 ; le soutien au photovoltaïque devrait donc cesser, et seuls les projets qui ont déjà atteint la parité réseau (coût de production égal au prix d'achat de l'électricité sur le réseau public) pourront se réaliser, ce qui restreindrait le territoire potentiel du solaire aux régions les plus ensoleillées (la Sicile pour l'essentiel) et aux centrales de grande taille avec une part élevée d'autoconsommation ou une intégration optimisée de la production solaire à un process industriel ; afin d'éviter un effondrement du marché, les associations professionnelles réclament un soutien sous forme de déduction fiscale analogue à celle attribuée aux investissements améliorant l'efficacité énergétique[11].
Les principales régions productrices sont en 2011[G 17] :
- les Pouilles : 2096 GWh ;
- l'Émilie-Romagne : 1092 GWh ;
- la Lombardie : 995 GWh ;
- la Vénétie : 913 GWh ;
- le Piémont : 830 GWh ;
- le Latium : 807 GWh ;
- la Sicile : 670 Gwh.
La plus grande centrale solaire d'Italie (et d'Europe à fin 2010) a été mise en service en plusieurs étapes de fin 2009 à fin 2010 à Montalto di Castro dans la Province de Viterbe (Latium) ; sa puissance installée de 85 MWc lui permet d'éviter l'émission de 78 000 tonnes de CO2 par an ; sa surface est de 283 hectares[12].
La première centrale solaire à concentration (CSP) d'Italie, baptisée « Archimède », a été inaugurée le 14/07/2010 à Priolo Gargallo dans la Province de Syracuse par ENEL ; elle utilise des sels fondus pour transférer et stocker l'énergie, ce qui lui permet de prolonger son fonctionnement après le coucher du soleil ; elle est intégrée à une centrale à gaz[13].
Biomasse [modifier]
L'Italie figure en 2011 au 7e rang mondial pour la production d'électricité à partir de la biomasse : 10,9 TWh, soit 3,9 % de la production mondiale, à comparer avec l'Allemagne : 36,9 TWh (13,4 % - 2e rang derrière les États-Unis) et le Royaume-Uni : 13,3 TWh (4,8 % - 5e rang)[2].
| Source | 2010 | 2011 | variation % | |||
| nombre | MW | nombre | MW | nombre | MW | |
| Biomasse | 142 | 1 243 | 170 | 1 289 | 19,7 | 3,7 |
| déchets urbains | 71 | 798 | 71 | 828 | 0 | 3,7 |
| autres | 71 | 445 | 99 | 461 | 39,4 | 3,7 |
| Biogaz | 451 | 508 | 819 | 773 | 81,6 | 52,3 |
| de déchets | 228 | 341 | 260 | 356 | 14,0 | 4,4 |
| de boues | 47 | 15 | 60 | 30 | 27,7 | 104 |
| d'excréments animaux | 95 | 41 | 165 | 89 | 73,7 | 116 |
| de déchets agricoles et forestiers | 81 | 110 | 334 | 298 | 312 | 170 |
| Bioliquides | 97 | 601 | 275 | 763 | 183,5 | 27,0 |
| huiles végétales | 86 | 510 | 234 | 654 | 172 | 28,2 |
| autres | 11 | 91 | 41 | 110 | 273 | 20,1 |
| total bioénergie | 669 | 2 352 | 1 213 | 2 825 | 81,3 | 20,1 |
Le tableau ci-dessus ne prend pas en compte les centrales hybrides, qui produisent de l'électricité à partir de combustibles fossiles avec un appoint de biomasse. En nombre de centrales, le biogaz (65 %) domine, mais en capacité installée c'est la biomasse (46 %) qui arrive en tête. Les unités à biogaz ont une capacité moyenne d'un peu plus de 1 MW, alors que les unités à biomasse sont en moyenne de 8 MW ; les unités à bioénergie représentaient 6,8 % de la capacité totale des centrales EnR en 2011[G 18].
De 2000 à 2011, le nombre d'unités à bioénergie s'est accru au rythme de 19 % par an, et leur capacité à 14 % par an ; cette croissance s'est accélérée au cours des 3 dernières années, avec une forte baisse de la taille moyenne des unités : 2,3 MW en 2011 contre 4,8 MW en 2009[G 19].
| GWh | 2010 | 2011 | variation % |
| Biomasse | 4 308 | 4 730 | 9,8 |
| déchets urbains | 2 048 | 2 218 | 8,3 |
| autres | 2 260 | 2 512 | 11,2 |
| Biogaz | 2 054 | 3 405 | 65,7 |
| de déchets | 1 415 | 1 528 | 8,0 |
| de boues | 28 | 63 | 121 |
| d'excréments animaux | 221 | 362 | 63,6 |
| de déchets agricoles et forestiers | 390 | 1 453 | 272 |
| Bioliquides | 3 078 | 2 697 | -12,4 |
| huiles végétales | 2 682 | 2 531 | -5,6 |
| autres | 397 | 166 | -58,1 |
| total bioénergie | 9 440 | 10 832 | 14,7 |
En 2011, la bioénergie a fourni 13 % de la production d'électricité EnR ; la baisse de 12 % de la production à partir de bioliquides s'explique par les prix élevés des combustibles (huile de palme surtout) qui ont dégradé sa rentabilité malgré les subventions ; la très forte hausse du biogaz et surtout due aux centrales utilisant les résidus de l'agriculture et de la sylviculture[G 20].
Les principales régions productrices sont en 2011 ;
- la Lombardie (biogaz et déchets urbains) : 2 319 GWh ;
- l'Émilie-Romagne : 1 543 GWh ;
- les Pouilles (surtout bioliquides) : 1 414 GWh.
De 2000 à 2011, la production a progressé au rythme de 32 % l'an, passant de 1 505 GWh à 10 832 GWh ; les biogaz ont crû de 25 % par an et l'incinération des déchets urbains de 33 % l'an ; les bioliquides, quasiment inexistant jusqu'en 2008, ont connu une croissance explosive en 2009*2010, puis un tassement de 12 % en 2011 à cause de la hausse du prix de l'huile de palme[G 21].
Transport et distribution [modifier]
Le transport de l'électricité en haute tension est assuré par Terna, société cotée à la bourse italienne, qui se présente comme « le 1er opérateur de réseau de Transport en Europe et le 6ème au monde en termes de km de lignes gérées ». Le réseau de transport compte 63 500 km de lignes HT, 22 lignes d'interconnexion avec l'étranger, 445 stations de transformation[14]. Terna est également responsable du dispatching économique.
| Longueur (km) | 1960 | 1980 | 2000 | 2010 | 2011 |
| 120-150 kV | 23 395 | 36 268 | 44 046 | 45 758 | 45 649 |
| 220 kV | 9 889 | 14 470 | 11 980 | 11 284 | 10 327 |
| 380 kV | 4 813 | 9 782 | 10 713 | 10 254 | |
| Longueur totale | 33 284 | 55 551 | 65 808 | 67 755 | 66 230 |
Échanges internationaux [modifier]
En 2011, l'Italie a importé 47,5 TWh d'électricité (+3,3 %) et exporté 1,8 TWh ; le solde importateur de 45,7 TWh représente 13,7 % de la demande du pays[TS 3].
| GWh | Importations | Exportations | Soldes | |||
| Pays | 2009 | 2010 | 2009 | 2010 | 2009 | 2010 |
| 11 939 | 11 678 | 1 238 | 1 140 | 10 701 | 10 538 | |
| 24 975 | 23 185 | 502 | 493 | 24 473 | 22 692 | |
| 1 192 | 1 328 | 0 | 2,5 | 1 192 | 1 325 | |
| 6 772 | 7 484 | 60 | 124 | 6 712 | 7 360 | |
| 2 192 | 2 312 | 311 | 67 | 1 881 | 2 245 | |
| Total | 47 070 | 45 987 | 2 111 | 1 827 | 44 959 | 44 160 |
| Source: Terna, statistiques 2011[TR 2]. | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| solde des échanges extérieurs : négatif si exportateur | ||||||
Les exportations vers la France sont destinées à la Corse, via deux câbles 220 kV sous-marins, l'un depuis la Sardaigne, l'autre depuis le continent, près de l'Ile d'Elbe.
Consommation [modifier]
Le graphique montre :
- la prépondérance de l'industrie, et sa sensibilité à la conjoncture économique (chute de 6 % en 2009) ;
- l'ascension ininterrompue et très rapide du tertiaire ;
- le ralentissement de la progression du résidentiel depuis les années 1990.
La consommation d'électricité en 2011 a été de 313,8 térawattheures (TWh), en hausse de 1,3 % ; sa répartition par secteur est la suivante[TS 3] :
- industrie : 140 TWh (+1,2 %), soit 44,6 % de la consommation totale ;
- résidentiel : 70,1 TWh (+0,8 %), soit 22,4 % de la consommation totale ;
- services : 97,7 TWh (+1,5 %), soit 31,1 % de la consommation totale ;
- agriculture : 5,9 TWh (+5,3 %), soit 1,9 % de la consommation totale.
Impact environnemental [modifier]
Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Italie sont passées de 397,4 Mt CO2 en 1990 à 398,5 Mt CO2 en 2010, en très faible progression de 0,3 % sur 20 ans, alors que celles de l'Union européenne baissaient de 9,6 %. Cependant, après une forte croissance jusqu'en 2005 (460,8 Mt, soit +16 % en 15 ans), elles ont reculé à 435 Mt en 2008, puis se sont effondrées en 2009 du fait de la crise : -8,4 %[15].
Par habitant, l'Italie émettait 6,59 tonnes de CO2 en 2010 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit 10 % de moins que la moyenne de l'Union européenne (7,29 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,135 tonnes/hab, la France 5,518 t/hab, les États-Unis 17,3 t/hab et la Chine 5,39 t/hab[16].
L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[16] : pour l'Italie, en 2010 :
- industrie et construction : 1,88 t CO2/hab (28,6 % des émissions totales) ; en France : 1,16 t/hab, et en Allemagne : 2,99 t/hab ;
- transport : 1,85 t/hab (28 %), dont transport routier : 1,685 t/hab (25,6 %) ; en France : 1,93 t/hab, et en Allemagne : 1,88 t/hab ;
- résidentiel (ménages) : 1,31 t/hab (20 %) ; en France : 1,15 t/hab, et en Allemagne : 2,384 t/hab ;
- autres (services, agriculture) : 1,065 t/hab (16 %) ; en France : 0,986 t/hab, et en Allemagne : 1,65 t/hab.
Notes et références [modifier]
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Produzione di energia elettrica in Italia » (voir la liste des auteurs)
- (en)[PDF]International Energy Agency (IEA), IEA Key World energy statistics 2012, International Energy Agency (IEA) - Agence Internationale de l’Énergie, 2012 [lire en ligne]
- p. 11
- p. 13
- p. 15
- p. 19
- p. 21
- p. 23
- p. 25
- p. 27
- p. 53
- (it)Bilancio Energetico Nazionale, sur le site du Ministère du Développement Économique italien.
- p. 16
- p. 2
- (en)Statistical Data on electricity in Italy - 2011 - Summary, sur le site de Terna.
- p. 1
- p. 4
- p. 3
- (en)Statistical Data on electricity in Italy - 2011, sur le site de Terna.
- p. 38-41
- p. 8
- (it)Dati Storici, sur le site de Terna.
- p. 159
- p. 161
- p. 162-165
- p. 169
- p. 172-181
- (en)[PDF]GSE - Statistical Report 2011 - Renewable Energy Power Plants in Italy -version définitive du 15-11-2012, sur le site de GSE.
- p. 2
- p. 5
- p. 7
- p. 13
- p. 10
- p. 32
- p. 33
- p. 34
- p. 36
- p. 35
- p. 46-48
- p. 24
- p. 25
- p. 26
- p. 19
- p. 18
- p. 20
- p. 39
- p. 40
- p. 41
- p. 42
- Autre références :
- (en)Agence Internationale de l’Énergie Statistiques Italie 2009, sur le site de l'AIE (Agence internationale de l'énergie).
- Observ'ER 14e inventaire de la production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - 2012, sur le site énergies-renouvelables.org.
- (de)[PDF]Rapport annuel 2012 sur les réserves de matières premières de l'Agence Fédérale Allemande pour les Sciences de la Terre et les Matières Premières, consulté le 11 février 2013.
- Office fédéral de l'énergie (Suisse), Magazine Energeia, mai 2009, L'Italie à la recherche d'une plus grande autonomie énergétique.
- La centrale "Eugenio Montale", sur le site de l'ENEL.
- Yann Le Guernigou, « EDF va aider Enel à construire des centrales EPR en Italie », Bourse.fr, 24 février 2009 [texte intégral (page consultée le 21 décembre 2009)].
- Nucléaire : l'Italie fera sans, journal Libération du 20/04/2011.
- (it)[PDF]Impianti a fonti rinnovabili settore elettrico : dati provvisori 2012, sur le site de GSE.
- Rapport EWEA sur la politique énergétique de l'Union européenne, mars 2011 pages : tableaux 43-47, plan national : 58
- (it) Impianti: Roncovalgrande - Maccagno, Enel. Consulté le 12 janvier 2012
- (it)Il fotovoltaico in Italia ha una potenza di 17 GW e dà lavoro a 100mila. Quale futuro senza incentivi?, sur le site du quotidien « Il Sole 24 ore ».
- (en)Montalto di Castro, sur le site du constructeur allemand SMA.
- (en)Sicily plant offers Italy new impetus on solar front, sur le site de l'agence Reuters.
- (en)About Terna, version anglaise du site de Terna.
- (en)CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights, page 48, sur le site de l'AIE.
- (en) CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights, sur IEA, p. 105. Consulté le 22 avril 2013
Liens externes [modifier]
- (it) Ministero dello Sviluppo Economico - Dipartimento per l'Energia - Statistiche dell'Energia, statistique énergétiques sur le site du Ministère du Développement Économique italien.
- (it) Autorità per l'energia elettrica e il gas, Autorité italienne pour l'énergie électrique et le gaz - (en) version anglaise
- (it) Terna, gestionnaire du réseau électrique Haute tension italien.
- (it) GSE S.p.A (Gestore dei Servizi Energetici), Agence de gestion des services énergétiques, émanation du Ministère de l'Économie et des Finances.