Énergie en Autriche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Énergie en Autriche
Barrage de Klaus
Barrage de Klaus
Bilan énergétique (2011)
Offre d'énergie primaire (TPES) 33 M tep
(1 382,4 PJ)
par agent énergétique pétrole : 34,8 %
gaz naturel : 23,5 %
électricité : 12,2 %
charbon : 10,5 %
Énergies renouvelables 10,1 %
Consommation totale (TFC) 25,3 M tep
(1 058,3 PJ)
par habitant 3,92 tep/hab
par secteur ménages : 25,5 %
industrie : 29,4 %
transports : 31,4 %
services : 11,6 %
agriculture : 2,1 %
Électricité (2011)
Production 65,7 TWh
par filière hydro : 57,4 %
thermique : 31,5 %
biomasse/déchets : 7,8 %
éoliennes : 2,9 %
autres : 0,3 %
Combustibles (2011)
Production pétrole : 0,84 Mtep
gaz naturel : 1,46 Mtep
Commerce extérieur (2011)
Importations électricité : 24,97 TWh
pétrole : 7,9 Mtep
gaz naturel : 10,98 Mtep
charbon : 3,07 Mtep
Exportations électricité : 16,78 TWh
gaz naturel : 2,98 Mtep
Sources
IEA[1]

La politique énergétique de l'Autriche est relativement spécifique au sein de l'Union européenne (UE). En effet, la part des énergies renouvelables n'a pas cessé d'augmenter depuis les années 1970, période au cours de laquelle un référendum a mis fin, le 5 novembre 1978, à la mise en service effective de la centrale nucléaire de Zwentendorf[2]. En 2010, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique nationale était ainsi de 27 %, l'énergie hydraulique comptant pour 10,1 % et le reste (principalement la biomasse) pour environ 16,9 % [3]. En termes de part des énergies renouvelables dans la consommation brute d'énergie finale en 2011, avec 30,9 % l'Autriche se situait au quatrième rang, après la Suède (47,6 %), la Lettonie et la Finlande, parmi les pays de l'UE[4]. Le marché de l'électricité a été libéralisé en 2001 et celui du gaz en 2002[5].

Importation[modifier | modifier le code]

L'Autriche importe néanmoins une grande partie de son énergie (plus des 2/3 en 2000[6]).

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

L'Autriche produit de l'électricité notamment avec de nombreux barrages hydroélectriques, cependant le pays est importateur net dont environ 6 % d’électricité d’origine nucléaire[7],[8]. En effet, la consommation du pays est supérieure à la production.

Production[modifier | modifier le code]

En 2011, la production du pays se monte à 65,7 TWh, dont 37,7 TWh par des centrales hydrauliques, 20,7 TWh par des centrales thermiques et 7,2 TWh d'autres énergies renouvelables[1].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

L'énergie hydraulique est la principale source de production d'électricité en Autriche, avec 37,7 TWh soit 57,4 % de la production du pays[1]. Selon un plan présenté en mai 2008 par des représentants du gouvernement et de la Fédération des entreprises d'électricité autrichiennes (VEÖ) le potentiel d'hydroélectricité se monte à 56 TWh. Il resterait ainsi 18 TWh de gisement potentiel dans le pays. L'objectif du gouvernement autrichien est d'en réaliser 7 d'ici à 2020. Des réserves ont été émises par le parti des verts et des associations environnementales, les potentiels chiffrés sont jugés trop élevés[9].

En 1984, le projet de construction d'une centrale hydroélectrique dans le parc national Danube-Auen a fait l'objet d'un mouvement de protestation, auquel participa la première présidente des Verts, Freda Meissner-Blau. Celle-ci participa aux négociations avec le gouvernement. Les écologistes obtinrent, après des débuts difficiles et de nombreuses actions directes, que le projet de centrale hydroélectrique soit abandonné.[réf. nécessaire]

Énergie thermique[modifier | modifier le code]

Le volume d'électricité produit dans les centrales thermiques est de 20,7 TWh soit 31,5 % de la production d'électricité du pays. Ces centrales sont pour majorité des centrales à gaz, 60 % de la production d'électricité d'origine thermique. Les centrales à charbon (houille) en représentent 35 %[1].

Éolien[modifier | modifier le code]

En 2013, l'Autriche se situe au 15e rang européen pour la production d'électricité éolienne : 2882 GWh, en progression de 17 %. Sa puissance installée éolienne atteint 1 684 MW fin 2013 (15e rang européen), en augmentation de 307 MW (+22 %). La puissance éolienne par habitant est de 199 W/hab, au 8e rang européen (moyenne UE : 233 W, Allemagne : 430 W, France : 124 W)[10].

Programmes gouvernementaux[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, l'État a versé plus de 25 millions d'euros dans la recherche énergétique[6]. Le Ministère des transports, de l'innovation et de la technologie (BMVIT) a mis en place le programme Nachhaltig Wirtschaften (« Les économies durables ») visant à promouvoir le développement durable[6]. L'État soutient ainsi des recherches concernant la pile à combustible[6].

Le Conseil national a adopté une « Stratégie du climat autrichienne 2008-2012 » afin de remplir les exigences du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique[5]. Celui-ci prévoit une concertation entre l'État et les Länder afin d'augmenter la part d'utilisation de la biomasse [5].

Depuis 1996, une écotaxe sur le gaz et l'électricité a été mise en place[5]. La loi de 2002, intitulée Energie-Eco, prévoyait de faire passer en 2008 de 1 à 4 % la part dans la production nationale énergétique des centrales « éco-électriques », c'est-à-dire utilisant des énergies renouvelables autres que l'énergie hydraulique (dont l'énergie solaire, éolienne, la biomasse, le biogaz, l'énergie géothermique, ou encore le gaz issu des égouts - sewer gas (en)) [5].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

L'Autriche ne produit pas d'électricité d'origine nucléaire sur son sol et ne l'a jamais fait. Une centrale nucléaire a été construite entre 1972 et 1977. Construite par Siemens, la centrale nucléaire de Zwentendorf n'a jamais été mise en activité[2]. Au cours d'un référendum le 5 novembre 1978, le peuple autrichien a voté contre sa mise en service à 50,5 %. Par la suite, le gouvernement autrichien a voté, en 1978, une loi de non utilisation de l'énergie nucléaire (Atomsperrgesetz), puis l'a intégré à la constitution en 1999. Ce consensus sur la non production d'énergie nucléaire demeure aujourd'hui de l'ordre du consensus politique[2],[9] tout en n'empêchant pas, à ce jour, l'importation d'environ 6 % d'électricité d'origine nucléaire [7], [8]. Le producteur et distributeur d'électricité de Basse-Autriche, EVN, a racheté le site, et compte aujourd'hui le transformer en site de production d'énergie solaire[2],[9]. L'objectif est à la fois de satisfaire les critères du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique, en réduisant les émissions de CO2, et d'augmenter la part d'énergie renouvelable de 70 % à 78 % d'ici 2010[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en)Données 2011 sur l'Autriche, sur le site IEA consulté le 10 novembre 2013.
  2. a, b, c, d et e Laurence Monnot, L'Autriche convertit sa centrale nucléaire fantôme... à l'énergie solaire, Le Monde, 11 novembre 2008.
  3. (de)Fakten & Service / Energie in Zahlen - Endenergieverbrauch - Struktur des Bruttoinlandsverbrauches 2010, sur le site de l'Agence autrichienne de l'Énergie.
  4. Baromètre bilan 2012 Etat des énergies renouvelables en Europe, sur le site d'Observ'ER.
  5. a, b, c, d et e Renewable Energy in Austria, Ministère autrichien des Affaires économiques, Federal Ministry for Economic Affairs, 2e édition, 2003 (en)
  6. a, b, c et d Jean-Michel Nataf, attaché pour la science et la technologie à l’ambassade de France en Autriche, L'Energie en Autriche, document de deux pages sur le site du Programme interdisciplinaire Energie du CNRS 2006-2009.
  7. a et b Le nucléaire en Autriche : un (nouveau) survol - avril 2011
  8. a et b L’Autriche à la pointe du combat contre le nucléaire - Le Temps du 6 avril 2011
  9. a, b et c Office fédéral de l'énergie (Suisse), Magazine Energeia, mars 2009, Notre voisin autrichien, cet autre château d'eau de l'Europe.
  10. EurObserv'ER Baromètre éolien 2013 (février 2014).