Énergie en Suède

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Énergie en Suède
Le barrage de Stornorrfors au nord de la Suède
Le barrage de Stornorrfors au nord de la Suède
Bilan énergétique (2011)
Offre d'énergie primaire (TPES) 2 108,6 PJ
(50,4 M tep)
par agent énergétique électricité : 41,2 %
pétrole : 30,2 %
autres renouvelables : 22,5 %
charbon : 3,9 %
gaz naturel : 2,5 %
Énergies renouvelables 34,9 %
Consommation totale (TFC) 1 392,8 PJ
(33,3 M tep)
par habitant 146,9 GJ/hab.
(3,5 tep/hab.)
par secteur ménages : 21,8 %
industrie : 38,1 %
transports : 25,6 %
services : 11,6 %
agriculture : 2,8 %
Électricité (2011)
Production 151,15 TWh
par filière hydro : 44,4 %
nucléaire : 40 %
biomasse/déchets : 7,6 %
éoliennes : 4 %
thermique : 3,2 %
autres : 0,7 %
Commerce extérieur (2011)
Importations électricité : 12 481 GWh
pétrole : 1 183 PJ
gaz naturel : 1 228 Mm3
charbon : 3 224 kt
uranium : 2 000 tonnes
Exportations électricité : 19 714 GWh
pétrole : 488 PJ
charbon : 25 kt
Sources
[B 1],[EH 1]

La Suède est un important consommateur d'énergie, consommant en 2010 42 MWh/an/habitant (consommation finale), en partie à cause du climat froid et en partie de son industrie très développée et très consommatrice en énergie. Cependant, la Suède n'émet « que » 5,07 tonnes de CO2 par habitant en 2010, un des taux les plus bas parmi les pays développés. Ceci s'explique :

  • par une production électrique presque entièrement dé-carbonée : elle se répartit en 2011 entre l'énergie hydraulique à 45 %, l'énergie nucléaire à 40 %, l'énergie éolienne à 4 %, la biomasse à 8 % et les combustibles fossiles à 3 % ;
  • par un système de chauffage urbain fondé sur des réseaux de chaleur alimentés par des centrales de cogénération utilisant 83 % d'énergies renouvelables (biomasse, déchets, pompes à chaleur) ;
  • par la taxe carbone (à plus de 100€/tonnes CO2) qui oriente les consommateurs vers les énergies décarbonées.

Au cours de son histoire, en partie grâce à l'existence d'abondantes ressources hydroélectrique mais aussi grâce à son industrie (en particulier ASEA devenu ensuite ABB), la Suède a été parmi les pionnières dans le domaine de l'électricité. Härnösand fut une des premières villes en Europe à avoir un éclairage publique électrique, la première ligne 380 kV fut installée en Suède, tout comme le premier câble HVDC. Le pays fut aussi parmi les premiers à électrifier son réseau ferroviaire. De nos jours, cette tendance continue, avec le développement par exemple d'écoquartiers mondialement connus (en particulier Hammarby Sjöstad et Västra hamnen).

Sommaire

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

Ressources domestiques[modifier | modifier le code]

Carte du pays. On distingue le relief plus important au nord, entaillé de nombreux fleuves

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Grâce aux Alpes scandinaves, et à l'humidité apportée par le Gulf stream, la Suède est parcourue de nombreux cours d'eau dont plusieurs ayant à leur embouchure un débit moyen supérieur à 200 m3⋅s-1, en particulier dans le nord du pays. Par débit décroissant, on peut citer le Göta älv (570 m3⋅s-1), l'Ångermanälven (495 m3⋅s-1), le Luleälven (490 m3⋅s-1), l'Indalsälven (450 m3⋅s-1), l'Umeälven (440 m3⋅s-1), le Torneälven (390 m3⋅s-1), le Dalälven (353 m3⋅s-1), le Kalixälven (290 m3⋅s-1) et le Ljusnan (227 m3⋅s-1)[1].

Bois[modifier | modifier le code]

Les forêts suédoises couvrent près de 28 millions d'hectares, ce qui représentent 54 % de la superficie du pays et 19 % des forêts de l'Union européenne[2]. La Suède est le deuxième plus important exportateur mondial de papier, pâte à papier et bois (après le Canada)[3]. L'industrie forestière créé de nombreux déchets, tels que la liqueur noire, la sciure et les granulés de bois dont la combustion peut être exploitée à des fins énergétiques.

Autres énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Tout comme pour son voisin le Danemark, les côtes suédoises ont un important potentiel éolien. Ainsi, la côte ouest suédoise (Bohuslän, Västergötland et Halland), la Scanie et l'île de Gotland par exemple possède un potentiel énergétique de plus de 300 W⋅m-2[4].

C'est aussi au niveau des côtes au sud du pays que se trouve le plus important potentiel solaire. Ainsi, la Scanie, l'île de Gotland et toute une zone située autour de Stockholm bénéficient d'un ensoleillement annuel allant jusqu'à 1 200 kWh⋅m-2[5] comparable à celui du nord de la France[6] malgré une latitude supérieure, mais tout de même très modeste en comparaison des 1800 à 2 000 kWh/m² de l'Andalousie.

Ressources importées[modifier | modifier le code]

Uranium[modifier | modifier le code]

Usine fermée de traitement des produits de la mine d'uranium de Ranstad

À partir de 1950, des activités de prospection ont été réalisées en Suède pour trouver des gisements d'uranium[7]. Plusieurs furent trouvés et entre 1965 et 1969, 213 tonnes d'uranium furent extrait de Ranstad, au sud-ouest de Skövde[8]. Cependant, du fait des coûts importants d'extraction, liés à la faible concentration en uranium, l'activité fut arrêtée et les prospections ont été cessées en 1985[7]. Cependant, récemment, les explorations ont repris, motivées par l'augmentation du prix de l'uranium, ainsi que l'amélioration des techniques d'exploitation. La Suède rassemblerait 27 % des ressources en uranium d'Europe[9].

Pour l'instant, la Suède importe la totalité de son uranium, principalement de l'Australie, Namibie et Canada, ce qui représente environ 2 000 tonnes par an[EY 1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Le gaz naturel a été introduit en Suède au début des années 1980 ; sa consommation est passée de 0,7 TWh en 1983 à 17,6 TWh en 2011[ES 1]. Le pays a importé, en 2011, 1 228 millions de m3[B 2], ce qui équivaut à 49,1 PJ soit 2.3 % de la demande énergétique du pays[B 1], proportion faible comparée au reste du monde où elle atteint plus d'un cinquième de l'énergie consommée[ES 2]. L'approvisionnement en gaz naturel se fait grâce à un gazoduc sous l'Øresund reliant le réseau suédois au réseau danois ; jusqu'ici, la totalité de ce gaz naturel provenait du Danemark, mais récemment quelques cargaisons de gaz naturel liquéfié ont commencé à être importées de Norvège[ES 2] et plusieurs autres gazoducs sont en projet, tel que Skanled (reliant la Norvège à la Suède et au Danemark) ou Nord Stream (reliant la Russie à l'Allemagne)[EM 1].

La consommation de 17,6 TWh en 2011 se répartit en 9,5 TWh pour la production combinée d'électricité et de chaleur (cogénération), 3,8 TWh pour l'industrie, 2,5 TWh pour le secteur résidentiel/tertiaire, 0,4 TWh pour le transport (GNV) et 1,4 TWh pour les usages non énergétiques (chimie)[ES 1].

Pétrole[modifier | modifier le code]

La Suède a diminué sa consommation de pétrole de moitié en 40 ans : 16,0 Mm³ de produits pétroliers consommés en 2011 contre 31,3 Mm³ en 1970[ES 3]. Elle n'a pas de production propre de pétrole ; en 2011, elle a importé 19 millions de tonnes de pétrole brut, mais une partie de ce pétrole n'est en Suède que pour être raffiné avant d'être exporté, comme c'est le cas depuis plus de 20 ans[ES 4] : le pays a exporté en 2011 488 PJ de produits pétroliers, soit 41 % des importations de pétrole et produits pétroliers[B 2]. Le pétrole importé provient pour moitié (9,5 Mt) de Russie, le reste des champs de la mer du Nord (8,0 Mt) : Norvège, Danemark et Royaume-Uni, et pour 1,1 Mt de pays de l'OPEP hors Moyen-Orient[ES 5]. La Suède utilise les produits pétroliers essentiellement pour les transports : sa consommation de 16,0 Mm³ se répartit en 5,5 Mm³ de diesel, 4,4 Mm³ d'essence, 1,1 Mm³ de kérosène, 3,4 Mm³ de fiouls lourds et moyens et 1,6 Mm³ de fioul[ES 3].

Récapitulation des ressources d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Au total, l'approvisionnement en énergie primaire de la Suède (production locale + importations - exportations) s'est élevé en 2010 à 614 TWh[ES 6].

Ce total se répartit en :

  • pétrole brut : 190 TWh, soit 31 % ;
  • gaz naturel : 18 TWh (3 %) ;
  • charbon et coke : 26 TWh (4 %) ;
  • biomasse, tourbe et déchets : 135 TWh (22 %) ;
  • pompes à chaleur : 5 TWh (1 %) ;
  • hydroélectricité : 68 TWh (11 %) ;
  • éolien : 4 TWh (0,6 %) ;
  • nucléaire : 166 TWh (27 %) ;
  • solde importateur électrique : 2.

Au total, les énergies renouvelables représentent 34,5 % des ressources primaires et les énergies fossiles 38 %.

Électricité[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Production nette d'électricité en Suède, 1970-2011
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[ES 7]

En 2011, la production électrique totale était de 146,9 TWh, en hausse de 1,4 % par rapport à 2010[EY 2]. Elle se répartissait en 45 % d'hydroélectricité, 40 % de nucléaire, 4 % d'éolien et 11 % de thermique, pour l'essentiel à base de biomasse, alors qu'au début des années 1970, l'hydroélectricité représentait 69 % du total et les centrales thermiques au fioul 20 %[ES 8].

Le graphique ci-contre met en évidence quelques traits marquants :

  • la remarquable stabilité de la demande d'électricité depuis 1987, en-dehors des fluctuations dues aux variations de températures ;
  • la prédominance du duo nucléaire-hydroélectricité ;
  • la croissance de la cogénération, multipliée par quatre en 40 ans ;
  • la progression rapide de l'éolien, multiplié par six en 5 ans.

La puissance installée des centrales suédoise atteignait 36 240 MW en décembre 2011, dont 44 % de centrales hydroélectriques, 26 % de centrales nucléaires, 22 % d'autres centrales thermiques (en général de cogénération) et 8 % d'éoliennes[ES 8].

La demande d'électricité a atteint son maximum annuel le 3 février 2012 à 26 035 MW ; durant l'heure de ce pic, la Suède produisait 23 560 MW et importait de l'électricité par toutes ses interconnexions sauf la Pologne, et exportait vers la Finlande. Mais le record de demande de l'histoire électrique suédoise a été atteint en janvier 2001 à 27 000 MW[ES 8].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]
Le barrage de Höljes sur la rivière Klarälven, construit en 1957-61, dans la commune de Torsby au Värmland[10].

Les premières centrales hydroélectriques de Suède furent construites en 1885[11] et permettaient l'éclairage de quelques villes et industries, dont en particulier la ville d'Härnösand qui fut ainsi parmi les premières villes d'Europe à avoir un éclairage des rues électrique[12]. Dans les années qui suivirent, de nouvelles centrales furent produites, dont l'énergie était principalement destinée à l'industrie métallurgique à Bergslagen, ainsi qu'à l'industrie forestière[11]. En 1909, un pas important fut franchi avec la construction de la centrale hydroélectrique d'Olidan, sur le fleuve Göta älv à Trollhättan. En effet, cette centrale fut la première grande centrale électrique, ainsi que la première centrale nationale[13]. Ceci marque aussi la fondation de l'entreprise Kungliga Vattenfallstyrelsen qui deviendra plus tard Vattenfall[13], principal producteur d'électricité du pays[14].

Le développement de l'hydroélectricité s'est alors accéléré pour atteindre son apogée entre les années 1940 et 1960[15]. C'est en particulier à cette période qu'ont été construites les plus grandes centrales hydroélectriques du pays, telles que Harsprånget (977 MW) construite en 1951[16] ou Stornorrfors (590 MW) construit en 1959[17], respectivement plus puissante centrale de Suède, et plus grand producteur énergétique de Suède. Par la suite, le développement s'est ralenti, du fait des protestations du public contre l'impact environnemental des barrages, et plusieurs rivières furent protégées, telles que la Kalixälven, Piteälven, Torneälven et Vindelälven, interdisant tout nouveau développement[15].

Production actuelle[modifier | modifier le code]

En 2012, la production hydroélectrique s'est élevée à 78,6 TWh, soit 2,1 % de la production hydroélectrique mondiale, plaçant la Suède au 10e rang mondial[18] ; en hausse de 18 % par rapport à 2011, elle a fourni 47,5 % de la production électrique du pays ; avec 16 200 MW de puissance installée, le potentiel du pays est considéré comme exploité à 50 % seulement[19]. Environ 1800 centrales hydroélectriques ont été construites en Suède, dont 200 d'une puissance supérieure à 10 MW[20]. La puissance cumulée de toutes ces centrales est de 16 203 MW[EY 3], ce qui est nettement supérieur à la puissance des centrales nucléaires par exemple, mais le taux d'utilisation est moindre (de l'ordre de 45 % pour l'hydroélectricité contre environ 75 % pour le nucléaire).

Centrale Rivière Mis en service Propriétaire Puissance électrique (MW) Production moyenne (GWh) Taux d'utilisation
Harsprånget Luleälven 1951 Vattenfall 977 2131 24,9 %
Stornorrfors Umeälven 1958 Vattenfall 590 2298 44,5 %
Centrale hydroélectrique de Porjus Luleälven 1915 Vattenfall 465 1233 30,3 %
Letsi Luleälven 1967 Vattenfall 456 1850 46,3 %
Messaure Luleälven 1963 Vattenfall 442 1827 47,2 %
Ligga Luleälven 1954 Vattenfall 324 791 27,9 %
Vietas Luleälven 1971 Vattenfall 320 1123 40,1 %
Centrale hydroélectrique de Ritsem Luleälven 1977 Vattenfall 320 481 17,2 %
Trängslet Österdalälven 1960 Fortum 275 680 28,2 %
Centrale hydroélectrique de Kilforsen Ångermanälven 1953 Vattenfall 288 970 38,5 %
Centrale hydroélectrique de Porsi Luleälven 1961 Vattenfall 280 1145 46,7 %
Principales centrales hydroélectriques suédoises

Nucléaire[modifier | modifier le code]

Carte des centrales nucléaires en Suède.
Premiers réacteurs[modifier | modifier le code]

Le programme nucléaire de la Suède commença en 1946 par la création d'une commission atomique[21] et la fondation l'année suivante de AB Atomenergi (qui deviendra Studsvik), ayant pour but de développer l'énergie nucléaire dans le pays[22]. Le premier réacteur nucléaire en Suède, nommé R1, fut construit en 1954, dans une salle souterraine située sous le campus de Kungliga tekniska högskolan (KTH) à Stockholm[23]. Il s'agissait d'un réacteur expérimental construit par AB Atomenergi et opéré par KTH[22]. En 1956, le Riksdag adopte la première loi sur l'énergie nucléaire et créé une autorité de l'énergie nucléaire[24].

Plusieurs autres réacteurs expérimentaux furent construits, nommés R0, FR-0, R2 et R2-0. Le premier réacteur commercial fut la centrale nucléaire d'Ågesta dans la commune d'Huddinge près de Stockholm. Elle fut construite entre 1957 et 1962 par Vattenfall, ASEA et AB Atomenergi et mise en service en 1964[21]. La centrale produisait à la fois de l'électricité et de la chaleur pour le réseau de chaleur[21]. En 1968, la Suède signa le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, abandonnant du même coup les développements que le pays avait effectués pour se munir de l'arme nucléaire[21].

Développements et doutes[modifier | modifier le code]
Les deux réacteurs de Barsebäck, arrêtés depuis 2005

Durant les années 1970, aidé par le choc pétrolier, le développement du nucléaire atteint son apogée en Suède, avec la construction des principaux réacteurs : Oskarshamn 1 (1972), Oskarshamn 2 (1974), Ringhals 2 (1975), Barsebäck 1 (1975), Ringhals 1 (1976) et Barsebäck 2 (1977)[24]. Cependant, en 1979, l'accident nucléaire de Three Mile Island vint mettre une fin à cette croissance. En 1980, un référendum fut organisé à propos de l'avenir du nucléaire en Suède, mais les trois possibilités soumises au votes prévoyaient tous un arrêt, plus ou moins rapide, du nucléaire[25]. Les deux premières solutions prévoyaient l'existence maximale de 12 réacteurs[26] avec une extinction progressive des réacteurs avec le développement de nouvelles énergies, tandis que la troisième demandait un arrêt des réacteurs dans les 10 ans[25]. Ce fut finalement la deuxième solution qui fut choisie, et les deux premières réunies rassemblaient plus de 50 % des votes[25].

La production des différents réacteurs nucléaires suédois entre 1964 et 2009.

Les réacteurs alors en construction furent alors achevés, et de nouveaux furent construits : Forsmark 1 (1980), Ringhals 3 (1981), Forsmark 2 (1982), Ringhals 4 (1983), Oskarshamn 3 (1985) et Forsmark 3 (1985)[24] atteignant ainsi le nombre maximal de 12 réacteurs actifs. La catastrophe de Tchernobyl en 1986 remit la question du nucléaire sur le tapis et le gouvernement social-démocrate décida que deux réacteurs seraient arrêtés au plus tard en 1995 et 1997[24]. Ce fut les deux réacteurs de Barsebäck qui furent choisis, mais ils ne furent arrêtés qu'en 1999 et 2005[27].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

En 2011, la production nucléaire s'élevait à 58 TWh avec 10 réacteurs nucléaires soit 40 % de la production électrique[ES 9].

En 2009, le gouvernement de centre droit décida de lever le moratoire sur l'énergie nucléaire, poussé par une opinion publique plutôt favorable au nucléaire du fait des faibles émissions de gaz à effet de serre[28]. La décision fut adoptée au parlement en 2010 par une courte majorité[29]. Le texte autorise le remplacement des réacteurs actuels par des réacteurs plus modernes lorsque ceux-ci sont en fin de vie[29].

Centrale Réacteur Mis en service Type Puissance électrique Production en 2011 Taux d'utilisation
Centrale nucléaire d'Oskarshamn Oskarshamn 1 1972 réacteur à eau bouillante 473 MW 3,0 TWh 73,3 %
Oskarshamn 2 1974 réacteur à eau bouillante 638 MW 8,3 TWh 76,6 %
Oskarshamn 3 1985 réacteur à eau bouillante 1400 MW 4,2 TWh 70,3 %
Centrale nucléaire de Ringhals Ringhals 1 1976 réacteur à eau bouillante 854 MW 6,0 TWh 81,6 %
Ringhals 2 1975 réacteur à eau pressurisée 865 MW 1,7 TWh 24,9 %
Ringhals 3 1981 réacteur à eau pressurisée 1048 MW 7,1 TWh 79,3 %
Ringhals 4 1983 réacteur à eau pressurisée 934 MW 4,2 TWh 50,1 %
Centrale nucléaire de Forsmark Forsmark 1 1980 réacteur à eau bouillante 984 MW 6,8 TWh 79,2 %
Forsmark 2 1981 réacteur à eau bouillante 996 MW 8,1 TWh 93,9 %
Forsmark 3 1985 réacteur à eau bouillante 1170 MW 8,7 TWh 85,4 %
Totaux 9363MW 58,0 TWh 72,0 %
Puissance installée nette et énergie produite[EY 4] par les dix réacteurs nucléaires suédois en 2011.

Combustion[modifier | modifier le code]

En 2011, les centrales à combustion, principalement des centrales à cogénération, ont produit 16,6 TWh d'électricité soit 11 % de l'électricité produite dans le pays[ES 9]. La biomasse et les déchets sont les principaux combustibles avec plus de 11,4 TWh d'électricité produite, tandis que le pétrole, le charbon et le gaz ne représentaient que 5,2 TWh servant principalement de capacité de réserve[ES 7]. Les produits de l'industrie forestière représentent la majeure partie de la biomasse utilisée pour la production électrique. Ainsi, en 2011, la combustion de plaquettes forestières, granulés de bois et sciure ont produit 5,9 TWh d'électricité, et la combustion de la liqueur noire en a produit 3,3 TWh ; les déchets municipaux ont apporté 1,6 TWh[EH 2].

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Le parc éolien de Lillgrund près de Malmö, plus important parc éolien offshore suédois[30]
Parc éolien près de Göteborg.

L'énergie éolienne a commencé à être évoquée en Suède avec le premier choc pétrolier dans les années 1970, ainsi que lors du débat sur le nucléaire dans les années 1980[31]. Les premières éoliennes expérimentales furent installées à cette période[32], mais la production ne décolla qu'au début des années 1990[31].

En 2013, la Suède se situe au 8e rang européen pour la production d'électricité éolienne : 9,9 TWh, en progression de 38 %, juste derrière son voisin danois (11,1 TWh) et devant son voisin polonais (6,6 TWh). Sa puissance installée éolienne atteint 4 469 MW fin 2013 (8e rang européen), en augmentation de 725 MW (+19 %), ce qui en a fait le 4e marché européen en 2013. Les éoliennes en mer totalisent 212 MW fin 2013(6e rang européen). La puissance éolienne par habitant est de 468 W/hab, au 3e rang européen après le Danemark et l'Espagne[33].

En 2011, 2 036 éoliennes totalisant une puissance installée de 2 769 MW fournissaient 6 078 GWh[ES 10] ; le taux moyen d'utilisation de la puissance installée est de 29 %, taux très élevé pour des éoliennes en majorité terrestres.

Cette forme d'énergie est celle qui connait la plus forte croissance : en effet la production électrique annuelle est passée de 630 GWh (0,5 % de la production électrique) à 6 078 GWh (4,2 % de la production électrique) entre 2003 et 2011 ; la progression a été particulièrement forte en 2011 : +74 % par rapport à 2010[ES 7] ; 380 éoliennes d'une puissance totale de 765 MW ont été mises en service en 2011[31]. Le gouvernement suédois a fixé en 2009 un cadre de planification pour la production éolienne en 2020 : 30 TWh, dont 20 terrestres et 10 offshore[34].

Les éoliennes sont très majoritairement terrestres (92 % de l'énergie éolienne produite en 2011) ; les 71 éoliennes offshore ont une puissance de 163,4 MW et ont produit 490 GWh en 2011 ; le plus grand parc offshore, Lillgrund, a été mis en service en 2007 avec 48 éoliennes et plus de 110 MW[31] ; les éoliennes suédoises sont principalement concentrées dans le Västra Götaland (19,2 % de la production du pays en 2011) et celui de Scanie (17,8 %) ; 154 des 290 municipalités suédoises ont des éoliennes connectées au réseau ; la plus équipée est Gotland (177 éoliennes ; production 2011 : 177 GWh)[31]. La taille des éoliennes augmente progressivement : avant 2004, la grande majorité avaient moins d'un MW ; la majorité des éoliennes installées au cours de 2011 dépassaient 2 MW[31]. L'Agence suédoise de l'énergie a identifié 423 « zones désignées d'intérêt national » pour l'énergie éolienne, représentant au total 2,2 % du territoire national[31]. Il existe une subvention gouvernementale (miljöbonus) pour favoriser la construction d'éolienne offshore (elle existait aussi jusqu'en 2008 pour les éoliennes onshore)[31].

Une forte opposition contre les éoliennes s'est développée en Suède : l'Association pour la protection du paysage suédois[35] regroupe plus de 20000 adhérents et organise des manifestations dans toutes les régions[36]. Treize membres du Comité de l'Énergie de l'académie Royale Suédoise ont publié en avril 2012 une prise de position dénonçant le gaspillage de subventions dans l'énergie éolienne, inutile dans le contexte du système électrique suédois, subventions qui seraient beaucoup plus intelligemment utilisées dans la réduction de l'utilisation de combustibles fossiles par le secteur des transports[37].

Réseau électrique[modifier | modifier le code]

En Suède, la gestion du réseau électrique est assurée par Svenska Kraftnät[38], une entreprise publique séparée de Vattenfall en 1992[39]. En plus de la gestion des principales lignes à haute tension, elle est chargée d'assurer l'équilibre production-consommation[38].

Lignes électriques[modifier | modifier le code]

Une ligne électrique dans le Värmland

Le réseau de transmission électrique du pays est organisé en trois niveaux[EM 2] :

  • le réseau national, constitué de 15 000 km de lignes à haute tension (220 kV et 400 kV[38]), géré par Svenska Kraftnät
  • le réseau régional, constitué de 33 000 km de lignes, principalement contrôlé par Vattenfall, E.ON et Fortum
  • le réseau local, constitué de 479 000 km de lignes, contrôlé par les principales entreprises énergétiques et les autorités locales. 54 % de ces lignes sont enterrées.

La première ligne électrique 380 kV fut d'ailleurs installée en Suède[40]. Longue de 1 000 km, elle fut construite en 1952 pour relier la centrale de Harsprånget à Hallsberg, la centrale étant loin des principaux consommateurs d'énergie[41].

Le pays fut aussi le pionnier du développement des câbles HVDC, créant le premier exemplaire commercial pour relier l'île de Gotland au reste du pays[42]. Ce système a permis de créer plusieurs liens sous-marins entre la Suède et les pays environnants (par exemple le Danemark avec le Konti-Skan, l'Allemagne avec le Baltic Cable, la Pologne avec le SwePol et la Finlande avec le Fenno-Skan)[43]. Ces liaisons, ajoutées aux liaisons terrestres avec la Norvège en particulier, permettent une puissance de transmission de 8 760 MW depuis la Suède vers les pays voisins et 9 140 MW dans l'autre sens[EM 3].

Le nouveau câble Fenno-Skan2 reliant la Finlande à la Suède a été mis en service à la fin de 2011, et les travaux de construction du câble sous-marin Nordbalt vers la Lituanie devraient se terminer fin 2015[ES 11].

Équilibre production-consommation[modifier | modifier le code]

L'électricité présente sur un réseau ne se stocke pas, ainsi les volumes de production et de consommation doivent se correspondre. Il est donc nécessaire d'adapter la production à la demande des consommateurs. Cette demande varie d'une période à l'autre de l'année et d'un moment à l'autre de la journée.

Régulation au niveau national[modifier | modifier le code]
La production électrique suédoise entre 1980 et 2006.

La production et la consommation d'électricité en Suède sont très dépendantes du climat. Avec près de la moitié de la production électrique assurée par l'hydroélectricité, la production énergétique du pays dépend fortement de la quantité de précipitations, en particulier au nord du pays, où se concentrent plus de 80 % de la puissance installée[EY 5]. Ces rivières ont un régime nival, c'est-à-dire un débit maximal au printemps (vårfloden : les crues de printemps) et un débit minimal en hiver[EY 6]. Au contraire, du fait des besoins en chauffage et éclairage, la consommation électrique est maximale en hiver[EY 7]. Ceci est partiellement compensé par le fait que les barrages peuvent stocker une grande quantité d'eau : le barrage se remplit durant le printemps, puis est vidé au cours de l'hiver, reproduisant ainsi la tendance de la consommation[EY 6]. Cette régulation se fait aussi à plus court terme pour faire face instantanément aux variations de la consommation.

L'énergie éolienne en Suède, au contraire, suit globalement les variations saisonnières de la consommation[EY 4]. Le problème de cette source est plutôt ses variations à court terme, la disponibilité pouvant osciller entre 5 et 80 %[EY 2]. Cette forme d'énergie doit donc être couplée à des centrales à démarrage rapide, telles que les centrales à combustion ou les centrales hydroélectriques.

Les centrales nucléaires ont une production constante, et ne peuvent être arrêtées ou démarrées rapidement pour s'adapter à la demande. Cependant, les travaux de rénovation entrainant l'arrêt de la centrale sont principalement effectués en été[EY 8]. Les centrales à combustion, majoritairement à cogénération sont principalement utilisées en hiver[EY 8].

Du fait de la déréglementation du marché de l'électricité, les centrales qui n'étaient utilisées que rarement furent abandonnées, diminuant ainsi les possibilités de faire face aux pics de consommation[ES 12]. En 2003, une loi fut votée imposant une capacité de réserve, et Svenska Kraftnät fut chargée des négociations avec les entreprises du secteur énergétique, aboutissant à une capacité de réserve de 2 GW[EM 4].

Importation et Exportation[modifier | modifier le code]
Carte des liaisons HVDC en Europe. Grâce à ces cables, la Suède est relié à la plupart des pays voisins

Le marché de l'électricité en Suède est fortement intégré au marché nordique, via sa participation à Nord Pool (géré par NASDAQ OMX Commodities Europe). Ainsi, 76 % de l'électricité utilisée dans les pays nordiques a été échangé sur Nord Pool[EM 5]. L'entreprise Nord Pool ASA a été créée en 1996, lorsque la Norvège et la Suède décidèrent d'établir un marché commun de l'électricité[44]. Elle était alors détenue par Statnett et Svenska Kraftnät. Ce marché s'est alors étendu entre autres à la Finlande et au Danemark[44].

Les échanges entre la Suède et les autres pays varient fortement d'une année à l'autre et à l'intérieur de l'année en fonction des conditions hydrologiques, de la production nucléaire, des capacités de transport, du vent, de la température, de la conjoncture économique et autres facteurs influant sur les prix de marché[ES 13] ; le solde a été soit exportateur jusqu'à 10,7 TWh en 1998, soit importateur jusqu'à 12,8 TWh en 2003 ; en 2011, il est exportateur de 7,2 TWh[ES 7].

Echanges physiques extérieurs d'électricité de la Suède[EH 3]
GWh 2010 2011
Pays Import Export Solde Import Export Solde
Drapeau de la Norvège Norvège 2 884 6 706 -3 822 6 032 5 986 46
Drapeau de la Finlande Finlande 4 563 1 910 2 652 3 034 5 158 -2 124
Drapeau du Danemark Danemark 4 704 2 465 2 238 2 537 4 984 -2 446
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 288 1 011 1 276 600 2 073 -1 473
Drapeau de la Pologne Pologne 494 760 -266 277 1 513 -1 236
Total 14 932 12 853 2 079 12 481 19 714 -7 233
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Consommation[modifier | modifier le code]

En 2011, la consommation électrique totale du pays, incluant les pertes, était de 139,7 TWh, en baisse de 5 % comparée à la consommation de 147,0 TWh en 2010 ; mais après correction de l'effet des variations de température (qui influent sur les consommations de chauffage électrique : 30 TWh), la consommation ajustée est de 142,5 TWh contre 144,2 TWh en 2010, ce qui ramène la baisse à 1,2 %[EY 9], baisse principalement due à la conjoncture économique. Sur cette consommation totale, en réalité 9,7 TWh correspondent à des pertes en transmission[EH 4].

Industrie[modifier | modifier le code]

L'usine de pâte et papier d'Ortviken, à Sundsvall

L'industrie est la principale consommatrice d'énergie du pays, représentant, en 2011, 52,9 TWh, soit 38,6 % de l'utilisation totale d'électricité (pertes exclues)[EY 10]. L'industrie papetière suédoise, et est de loin la principale consommatrice, avec 21,7 TWh, soit 41 % de la consommation électrique de l'industriel[EY 10]. L'étape consommant le plus d'électricité est le défibrage permettant la production de pâte mécanique[EM 6], qui représente environ 30 % de la pâte à papier totale produite[45]. Cependant, grâce au développement de nouvelles techniques, en particulier dans la production d'énergie à partir de la liqueur noire, l'industrie papetière espère devenir un terme un producteur net d'électricité[45].

Les principaux autres secteurs industriels fortement consommateur d'électricité en Suède sont en 2011 l'industrie chimique (7,2 TWh), l'industrie métallurgique (7,6 TWh), et l'industrie mécanique (6,3 TWh)[EY 10].

Services et ménages[modifier | modifier le code]

Le secteur résidentiel (ménages) est le deuxième plus grand consommateur d'électricité avec un peu plus de 40 TWh en 2011, dépassant de peu le secteur des services (bureaux, commerces, écoles et hôpitaux, etc) qui a consommé 35 TWh[EY 9]. Ces deux secteurs ont connu une augmentation très prononcée de leur consommation électrique, multipliée par près de 4 entre 1970 et 2011, croissance qui s'est fortement ralentie à partir de 1985 pour les ménages et 1990 pour les services[EY 9]. Ceci est lié à l'augmentation des standards des bâtiments en termes d'éclairage, de ventilation, équipements électroniques et aussi en grande partie à la croissance du chauffage électrique dans les maisons individuelles, surtout entre 1965 et 1980, ainsi que de la production électrique d'eau chaude ; la part du chauffage électrique est estimée à 30 % des ménages[EY 11]. Cependant, cette augmentation s'est ralentie quelque peu ces dernières années, en partie grâce au développement d'appareils moins consommateurs en énergie et surtout des pompes à chaleur[EY 11]. La consommation du chauffage électrique a culminé à 29 TWh en 1990 (contre 4,7 TWh en 1972), puis a décru peu à peu ; elle est de 19,6 TWh en 2011[ES 14]. Dans les bâtiments résidentiels, hors chauffage, 25 % de l'électricité est utilisée pour l'éclairage, 20 % pour les réfrigérateurs et congélateurs, et 19 % pour les appareils électroniques[EY 11], tandis que pour les bâtiments non-résidentiels, la proportion varie en fonction du type d'établissement, mais l'éclairage et la ventilation compte en moyenne pour un quart chacun[EM 7]. Des études montrent qu'il existe un important potentiel d'économie d'énergie dans ces bâtiments, de l'ordre de 30 %[EM 7].

Chauffage et climatisation[modifier | modifier le code]

La Suède est très étirée, et donc son climat est très variable selon la latitude. Ainsi, alors que la température annuelle moyenne au sud du pays est supérieure à 8 °C, elle est négative dans le nord, en particulier près des reliefs autour de la frontière norvégienne[46]. Cependant, même dans ses latitudes les plus méridionales, les hivers sont relativement froids, avec par exemple une température moyenne en février négative dans l'ensemble du pays[47], ce qui implique un important besoin en chauffage. En 2010, le chauffage des logements et des bâtiments commerciaux a représenté une consommation énergétique de 85 TWh. De ce total, 42 % correspondent au chauffage et à la production d'eau chaude des maisons individuelles, 32 % à ceux des immeubles d'appartements et le reste (26 %) au chauffage des bâtiments de bureaux et commerces[ES 15].

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

La centrale à cogénération Heleneholmsverket à Malmö, alimentée au gaz naturel

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier réseau de chaleur en Suède fut construit dans la ville de Karlstad en 1948[SF 1]. À cette époque, il devenait clair que la production hydroélectrique approchait son maximum, et que les centrales à cogénération devenaient une bonne alternative[SF 1]. Les réseaux de chaleur commencèrent alors à se développer dans les années 1950 et 1960[EM 8], en grande partie aidés par la construction d'un grand nombre de logements à cette époque, en particulier le programme million[EM 9]. Initialement, les réseaux couvraient un faible nombre de bâtiments, mais ces réseaux ont été ensuite reliés pour créer des véritables réseaux de chaleurs[EM 9]. Jusqu'en 1970, ces réseaux étaient quasi exclusivement alimentés par du pétrole, mais les chocs pétroliers ont amené un début de diversification des sources[EM 10]. Ceci constitua aussi une raison pour le développement des réseaux de chaleurs, plus flexibles sur la source énergétique que les chauffages individuels[EM 9]. L'arrivée du nucléaire dans les années 1970 et 1980 a changé le type d'installations, la cogénération devenant moins nécessaire, et les réseaux de chaleur étaient donc alimentés principalement par des centrales à chaleur pure[SF 1]. De plus, du fait de l'abondance en électricité, une partie de ces centrales à chaleur étaient alimentées par l'électricité, et les réseaux de chaleurs ont donc commencé à consommer plus d'électricité qu'ils n'en produisaient[EM 9]. Dans les années 1990 et 2000, du fait de l'augmentation des prix de l'électricité[SF 1] et des régimes de taxe favorisant les centrales à cogénération, ces dernières ont repris leur développement[EM 9].

Production[modifier | modifier le code]

Énergie utilisée pour le chauffage urbain en Suède, 1970-2011
source données : Agence Suédoise de l'Énergie

En 2011, 60,5 TWh d'énergie calorifique ont été produits pour alimenter les réseaux de chaleur[ES 16]. En 2010, 40 % de cette énergie était produite dans des centrales à cogénération, et cette proportion est en augmentation[ES 17]. Ce type de centrale offre un meilleur rendement énergétique, et est donc plus avantageux d'un point de vue écologique[48].

Historiquement, le pétrole représentait la principale source d'énergie des réseaux de chaleurs, atteignant encore 90 % en 1980[ES 16]. Cependant, la situation a fortement changé par la suite : la biomasse est largement en tête, représentant 47 % des combustibles utilisés en 2011, suivie de près par les déchets : 20 %, les pompes à chaleur : 9 %, la récupération de chaleur : 6 %, soit une part totale de 83 % pour les énergies renouvelables ; les combustibles fossiles ne contribuent plus que pour 18 % : charbon 5 %, tourbe 4 %, pétrole 4 % et gaz naturel 5 %[ES 16]. Au sein de la biomasse, ce sont principalement les dérivés de l'industrie du bois qui sont utilisés, atteignant près de 65 % de la part de la biomasse dans les réseaux de chaleurs[EM 10]. Les déchets constituent aussi une part importante et en augmentation du fait des lois interdisant la mise en décharge[ES 18]. La part de l'électricité dans la production de chaleur pour les réseaux de chaleur a fortement baissé, du fait de la quasi-disparition des chaudières électriques apparues au début du programme nucléaire, et aussi du recul des pompes à chaleur[ES 18].

Réseau[modifier | modifier le code]

Historiquement, toutes les centrales de production de chaleur ainsi que le réseau de distribution, étaient la propriété d'entreprises elles-mêmes détenues par les communes de Suède, et agissait donc dans un cadre légal leur interdisant tout profit[SF 2]. Le marché fut dérèglementé en 1996, mais les réseaux de chaleur demandant de nombreuses et onéreuses infrastructures, les entreprises possédant ces réseaux ont un monopole naturel, et sont donc soumise à un certain contrôle, arbitré par un organisme au sein de l'agence suédoise de l'énergie[SF 2]. Une conséquence de la déréglementation a été que beaucoup de réseaux municipaux ont été vendus aux grandes entreprises du marché énergétique suédois, en particulier Vattenfall, Fortum et E.ON[SF 2].

En 2005, la Suède comptait 133 entreprises de réseaux de chaleur, opérant 344 réseaux, correspondant à une longueur totale de 14 700 km[SF 3]. Les principales sont Fortum, avec 15,6 % du marché suédois, ce qui s'explique par le fait qu'il couvre Stockholm, E.ON (10,9 %), possédant plusieurs réseaux importants, dont Malmö et enfin Vattenfall (7,4 %) servant en particulier Uppsala et Göteborg Energi (7,3 %) servant Göteborg[SF 3]. Malgré la déréglementation, la majorité des réseaux restent entre les mains des communes (74 % des réseaux et 66 % du marché)[SF 4].

Consommation[modifier | modifier le code]

Les réseaux de chaleur fournissent plus de 50 % du chauffage en Suède[EM 11], un chiffre nettement supérieur à celui de la France (environ 6 %) ou des autres pays d'Europe occidentale[49]. Ces réseaux alimentent principalement les bâtiments résidentiels, commerciaux et de bureaux (88 %) et l'industrie 12 % de l'énergie utilisée[ES 19]. Le taux de pertes dans les réseaux s'élève à 16 % de l'énergie produite, ce qui représente une nette amélioration par rapport aux 20 % de pertes des années 1970-1980, mais une détérioration par rapport au taux moyen de 9 % atteint sur la période 2004-2008[ES 16].

Du fait des coûts de construction, ainsi que des pertes de transport, ce sont principalement les immeubles qui profitent de ce mode de chauffage. Ainsi, 93 % des immeubles d'appartements sont chauffés grâce à un réseau de chaleur, ainsi que 83 % des bâtiments commerciaux, et seulement 12 % pour les maisons individuelles[ES 20].

Réseau de froid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réseau de froid.

Historique et principe[modifier | modifier le code]

Hammarbyverket à Stockholm, qui produit à la fois de la chaleur et du froid

Le premier réseau de froid suédois fut installé en 1992 à Västerås, et 3 ans plus tard, un réseau similaire est installé à Stockholm[50]. Le principe est très similaire à celui du réseau de chaleur. Une centrale, souvent la même que celle utilisée pour produire de la chaleur, produit de l'eau froide, soit en la puisant directement dans un lac, soit grâce à une pompe à chaleur[51]. L'eau froide (autour de 6 °C) est ensuite acheminée vers le client grâce à un réseau de canalisation isolées, et traverse ensuite un échangeur de chaleur situé chez le client de façon à alimenter en froid le système de climatisation du bâtiment[52]. Tout comme pour les réseaux de chaleur, le réseau de froid est bien plus efficace énergétiquement, et donc plus écologique, que des systèmes individuels[51].

Situation actuelle et potentiel[modifier | modifier le code]

Bien que les besoins en climatisation soient bien moins importants en Suède que les besoins en chauffage, selon l'agence suédoise de l'énergie, entre 2 et 4 TWh d'énergie sont utilisés en Suède pour la climatisation[52]. La plupart des installations sont des installations individuelles, mais la part des réseaux de froids augmente. En 2011, la Suède comptait 33 entreprises de réseaux de froid (qui sont les mêmes que celles des réseaux de chaleur), pour une distribution totale de 888 GWh de froid ; le réseau de froid atteint 371 km fin 2011[ES 21]. Le réseau de Stockholm, géré par Fortum, fait partie des plus importants réseaux en Europe, permettant le refroidissement d'une surface de 7 000 000 m2 de commerces, grâce à un réseau de 76 km de long[53].

Chauffage individuel[modifier | modifier le code]

Le chauffage individuel est le principal moyen de chauffage des habitations individuelles. La principale particularité de la Suède à ce niveau est la très forte proportion de pompes à chaleur, qui représentent, en 2006, 32 % du chauffage de ces habitations[SF 5]. Cette forme de chauffage enregistre une très importante croissance, avec plus de 100 000 pompes vendues par an, principalement de types air-air et géothermique[SF 6]. La Suède est d'ailleurs parmi les leaders au monde en termes de pompes à chaleur géothermiques, devancée en 2004 uniquement par les États-Unis[54]. En dehors des pompes à chaleur, ce sont les chauffages électriques qui assurent la majeure partie du chauffage des maisons individuelles (31 %)[SF 5], mais les chauffages utilisant les granulés de bois sont en forte augmentation[SF 6].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

De l'énergie primaire à l'énergie finale[modifier | modifier le code]

À partir des sources d'énergie primaire produites localement ou importées (2 035 PJ ou 565 TWh en 2011, après déduction des exportations et des soutes et ajustement des stocks), l'industrie énergétique suédoise fabrique les produits énergétiques prêts à la consommation (produits pétroliers, électricité, chaleur) et les livre aux consommateurs ; au cours de ces transformations, les pertes de conversion et de transport ainsi que les consommations propres des entreprises énergétiques représentent 539 PJ, laissant 1 496 PJ pour la consommation finale ; après déduction des 103 PJ d'utilisation finales non énergétiques (chimie, etc), il reste 1 393 PJ (387 TWh) d'énergie finale consommée par les utilisateurs finals[B 1].

Consommation finale par source[modifier | modifier le code]

consommation finale d'énergie en Suède par source, 1970-2010
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[ES 22]

La consommation finale d'énergie de la Suède en 2011[B 1] a été de 1 393 PJ (387 TWh), répartie en :

  • combustibles fossiles : 496 PJ (138 TWh), soit 35,6 % ; plus en détail : charbon et coke : 49 PJ, gaz naturel : 24 PJ et produits pétroliers : 423 PJ (essence : 132 PJ, diesel : 181 PJ, propane et butane : 19 PJ, fioul léger : 40 PJ, mazout : 23 PJ, etc) ;
  • biomasse : 273 PJ (76 TWh ; 19,6 %) ;
  • électricité : 454 PJ (126 TWh ; 32,6 %) ;
  • chauffage urbain : 170 PJ (47 TWh ; 12,2 %).

Le graphique ci-contre (qui inclut les consommations du transport international) montre[ES 22] :

  • la faible croissance de la consommation finale : +9,6 % en 40 ans ;
  • la forte baisse de la consommation de produits pétroliers : -45 % ; cependant, cette baisse s'est réalisée pour l'essentiel de 1970 à 1983, puis s'est terminée en 1993, et depuis lors la consommation n'a guère varié :
  • le caractère marginal du gaz naturel et du charbon ;
  • la très forte progression de l'électricité : +128 % et du chauffage urbain : 350 % ; cependant, l'électricité stagne depuis 2000 et le chauffage urbain depuis 2003 ;
  • la très forte croissance de la consommation de biomasse et déchets : +68 % ; cette progression serait encore accrue si on ventilait l'électricité et le chauffage urbain entre leurs sources primaires.

Consommation finale par secteur d'usage[modifier | modifier le code]

consommation finale d'énergie en Suède par secteur, 1970-2010
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[ES 23]

Sa répartition par secteur a été la suivante[B 1] :

  • industrie : 531 PJ (147,5 TWh ; 38 %) ;
  • agriculture : 40 PJ (11 TWh ; 3 %) ;
  • transport : 357 PJ (99 TWh ; 26 %) ;
  • ménages : 304 PJ (84 TWh ; 22 %) ;
  • services : 161 PJ (45 TWh ; 12 %).

Le graphique montre[ES 23] :

  • la quasi-stabilité (+ 5 %) de la consommation finale sur 40 ans ;
  • la légère décroissance de l'industrie (-4 %) et des secteurs résidentiel-services-agriculture (-11 %) ;
  • la forte progression du secteur transport : +77 %.

Industrie[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie de l'industrie en 2011[B 1] a été de 531 PJ. Sa répartition par source est : charbon et coke : 49 PJ, gaz naturel : 15,5 PJ, produits pétroliers : 59 PJ, biomasse : 195 PJ (37 %), électricité : 196 PJ (37 %), chaleur : 16 PJ. La forte part de la biomasse concerne presque uniquement les industries de la pâte à papier et du bois (4 195 tonnes et 364 tonnes sur 4 650 tonnes au total)[B 3].

Transport[modifier | modifier le code]

Le trafic routier représente la très nette majorité de l'énergie consommée dans les transports en Suède

En 2010, la consommation d'énergie du secteur des transports a été de 122,1 TWh, transports internationaux inclus[ES 24]. Dans ce total, les transports intérieurs totalisent 91 TWh, soit 23 % de l'énergie totale utilisée dans le pays[ES 22], tandis que le ravitaillement des navires et avions pour les voyages internationaux représente environ 31 TWh. La consommation d'énergie du secteur des transports a fortement augmenté (avec cependant un creux pendant les années 1990) jusqu'à atteindre un pic en 2007 à 94 TWh, puis a légèrement reflué depuis sous l'effet de la crise économique de 2008[ES 22].

Le secteur des transports en Suède, comme dans la plupart des pays développés, est nettement dominé par le transport routier. Ainsi en 2008, sur les 137 milliards de personnes-kilomètres, 87 % ont été effectués par route, tandis que le transport ferroviaire (incluant le tramway) représente 10 %, le transport aérien 2,6 % et le transport maritime 0,6 %[EM 12]. Le transport de marchandise est plus équilibré : sur les 100 milliards de tonnes-kilomètres, 92 milliards étaient des trajets longues distances effectués à 37,8 % sur les routes, 25,2 % par train et 36,9 % par bateaux[EM 13]. Cependant, la majorité de l'énergie consommée correspond au transport de personnes, le transport de marchandises représentant environ 30 %[TE 1].

En termes d'utilisation d'énergie, le transport routier étant en général moins efficace énergétiquement que le transport ferroviaire par exemple, sa part dans la consommation d'énergie du secteur est encore supérieure, à 93 % en 2009[TE 2].

Transport routier[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport ferroviaire en Suède.
Histoire[modifier | modifier le code]
La série D de SJ, parmi les premières locomotives électriques suédoises pour le transport de passager

Le chemin de fer est arrivé en Suède relativement tardivement[55]. Il existait depuis la fin du XVIIIe siècle des liaisons sur rails en bois, tirés par des chevaux, tels que celle reliant une mine au port à Höganäs à partir de 1798[56]. Dans les années 1840, des voies de chemin de fer commencèrent à être construites, mais le cheval était toujours utilisé comme moyen de traction. Ainsi, en 1849, fut inaugurée la ligne de Frykstad, dans le Värmland, première ligne de passager du pays[57]. La première locomotive à vapeur de Suède fut construite en 1852[55]. En 1856, la première ligne de chemin de fer d'état fut inaugurée entre Malmö et Lund[57], marquant ainsi le grand début du développement des chemins de fer suédois.

Assez rapidement, grâce à l'abondance de la houille blanche, la Suède commence à électrifier ses lignes. La première ligne électrifiée fut Djursholmsbanan, à Stockholm, en 1895[58], figurant ainsi parmi les premières au monde[59]. Ceci était principalement justifié par la volonté d'éviter les locomotives à vapeur en centre ville de Stockholm[59]. Quelques autres lignes privées prirent alors l'exemple et s'électrifièrent. Cependant, la première électrification d'une ligne majeure fut l'électrification de la ligne Malmbanan, dans l'extrême nord du pays, assurant le transport du minerai de fer des mines de Kiruna vers les port de Luleå du côté suédois et Narvik du côté norvégien, ce dernier ayant l'avantage d'être libre de glace toute l'année[60]. Afin d'approvisionner cette ligne, Vattenfall construisit la centrale hydroélectrique de Porjus à partir de 1911, dans un lieu auparavant désert, à 50 km de la ville la plus proche[61]. La ligne fut ensuite électrifiée entre 1915 et 1922[60]. Ceci permit d'utiliser des locomotives plus puissantes, et a permis d'augmenter considérablement la capacité de la ligne, ainsi que de réduire le temps de trajet[60].

Consommation énergétique[modifier | modifier le code]
La Suède fait partie des pays d'Europe ayant la plus grande proportion de lignes électrifiées

Le réseau ferré suédois regroupe à la fois les chemins de fer traditionnel, le métro (le seul réseau de métro de Suède est celui de Stockholm) et le tramway. Le réseau est long de 11 633 km dont 7 596 km (65 %) sont électrifiés[62]. Cependant, ce sont en général les lignes les plus fréquentées qui sont électrifiées, et ainsi, la consommation énergétique est très nettement dominée par l'électricité, avec environ 2 800 GWh consommés par an[TE 3]. Sur le reste du réseau, les locomotives sont des locomotives diésel, avec 26 000 m3 en moyenne par an, soit environ 257 GWh[TE 3]. L'électricité est principalement utilisée sous haute tension, la basse tension étant principalement utilisée pour le métro et le tramway[TE 4].

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Les carburants utilisés pour le transport maritime sont le diesel, ou le pétrole de catégorie 1 à 5 selon l'échelle d'ASTM International. Pour la consommation domestique, la proportion de catégorie 1 (le plus cher) diminue progressivement entre 2001 et 2009, passant de 119 000 m3 à 20 000 m3[TE 5]. En revanche, l'utilisation du diesel et des pétroles de catégorie supérieure a augmenté, passant de 17 000 m3 à 35 000 m3 pour le diesel, et de 46 000 m3 à 92 000 m3 pour les pétroles de catégorie 2 à 5[TE 5]. Cependant, la majeure partie du carburant utilisé dans le secteur des transports maritimes est liée au transport international, avec, en 2009, 102 000 m3 de pétrole catégorie 1, et 2 283 000 m3 de pétrole catégorie 2 à 5[TE 6].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Le premier vol en Suède eut lieu en 1909 (par un aviateur français), et l'année suivante, Carl Cederström devint le premier pilote diplômé suédois[63]. La première base aéronautique militaire s'installa près de Linköping, sur le site de la première école de vol suédoise, fondée en 1912[63]. L'aviation civile, elle, commença en 1924, avec la fondation de AB Aerotransport[63]. De nos jours, le transport aérien représente 8 % des transports passagers de longue distance[EM 13]. La proportion de vols internationaux augmente peu à peu, et en 2010, sur les 27 millions de passagers ayant transité en Suède, près de 21 millions étaient en provenance ou à destination de l'étranger[64]. De plus, les vols internationaux embarquent généralement plus de carburants, et de ce fait, la consommation de carburant pour les vols domestiques n'est que de 20 % de la consommation totale[TE 5]. Les avions sont propulsés à l'aide de carburants spéciaux (carburant aviation) essentiellement basés sur le pétrole[TE 3]. En 2009, au total 1 102 000 m3 de carburants ont été consommés[TE 5].

Ménages[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie des ménages en 2011[B 1] a été de 304 PJ. Sa répartition par source est : gaz naturel : 2 PJ, produits pétroliers : 5,6 PJ, biomasse : 47,5 PJ (16 %), électricité : 151,2 PJ (50 %), chaleur : 97,8 PJ (32 %). La part importante de la biomasse concerne surtout le chauffage au bois ; celle de la chaleur (chauffage urbain) est également issue en grande partie de la biomasse. Étant donné que la part des combustibles fossiles dans la production d'électricité est de 5 % et dans la production de chaleur de 17 %, on constate que les ménages utilisent très peu les combustibles fossiles : 2,5 % directement et 8 % via le chauffage urbain et l'électricité, soit à peine plus de 10 % au total ; c'est un des taux les plus bas du monde.

Services[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie du secteur des services (bureaux, commerces, administration) en 2011[B 1] a été de 161,5 PJ. Sa répartition par source est : gaz naturel : 4,8 PJ, produits pétroliers : 7,5 PJ, biomasse : 2,2 PJ, électricité : 91,2 PJ (56 %), chaleur : 55,8 PJ (35 %). Étant donné que la part des combustibles fossiles dans la production d'électricité est de 5 % et dans la production de chaleur de 17 %, on constate que les services utilisent peu les combustibles fossiles : 7,6 % directement et 8 % via le chauffage urbain et l'électricité, soit à peine plus de 15 % au total.

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Orientation politique[modifier | modifier le code]

La Suède a été un des tous premiers pays à introduire la taxe carbone (sous le nom de « taxe sur le dioxyde de carbone ») en 1991. Mais cette taxe est modulée en fonction du degré d'exposition à la compétition internationale des diverses catégories de consommateurs : ainsi, les consommateurs domestiques ( ménages) paient une taxe carbone 20 fois plus élevée que les industriels[B 4]. Le montant de cette taxe a été progressivement augmenté, et représente actuellement plus de 100 euros/tonne de CO2[65].

Dans le cadre de la directive européenne sur les renouvelables (2009/28/EC) qui fixe l'objectif de porter à 20 % en 2020 la part des énergies renouvelables dans l'ensemble de l'approvisionnement en énergie de l'Europe, la Suède, qui en était déjà en 1990 à 33 %, s'est vue fixer un l'objectif de passer à 49 %, et a relevé cet objectif de sa propre initiative à 50 % ; en 2010, elle atteignait déjà 48 % d'énergies renouvelables. La majeure partie de cette progression est due à l'utilisation accrue de la biomasse, en particulier pour la production d'électricité et de chaleur dans les centrales de cogénération qui alimentent les réseaux de chaleur. L'industrie du bois, très importante en Suède, a également accru l'utilisation énergétique de la biomasse (bois et déchets : sciure, liqueur noire, etc) ; l'usage accru des pompes à chaleur a contribué à abaisser l'utilisation des combustibles fossiles pour le chauffage ; dans les transports, la Suède a accru l'utilisation des biocarburants afin d'atteindre l'objectif européen de 10 % de biocarburants pour 2020, et s'est fixé l'objectif de rendre le parc de véhicules suédois indépendant des combustibles fossiles d'ici 2030[B 5].

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Les produits énergétiques supportent, en dehors de la TVA, deux principales taxes :

  • la taxe sur l'énergie, qui est une accise semblable à la TICPE (ex-TIPP) française ;
  • la taxe carbone;

Pour les produits les plus courants, les montants de ces taxes étaient en 2011[ES 25] :

  • essence sans plomb : 3,14 SEK/litre de taxe sur l'énergie et 2,51 SEK/litre de taxe carbone (environ 35 c€ et 28 c€), soit respectivement 22,3 % et 17,8 % du prix total hors TVA ;
  • diesel : 1,57 SEK/litre de taxe sur l'énergie et 3,1 SEK/litre de taxe carbone (environ 18 c€ et 35 c€), soit respectivement 11,1 % et 22 % du prix total hors TVA ;
  • gaz naturel : 0,904 SEK/m³ (10,2 c€) de taxe sur l'énergie et 2,321 SEK/m³ (26 c€) de taxe carbone ;
  • électricité : 0,29 SEK/kWh (3,26 c€) de taxe sur l'énergie pour les ménages (0,19 SEK/kWh dans le Nord, région des barrages) ; 0,005 SEK/kWh seulement pour l'industrie ; pas de taxe carbone.

Recherche[modifier | modifier le code]

L'Agence Suédoise de l'Énergie est responsable du programme suédois de recherche sur l'énergie ; un rapport sur ce programme a été publié en 2009[66], entièrement orienté vers le développement durable : le trait le plus marquant de ce programme est l'importance accordée à la biomasse ; de nombreux sujets concernent l'efficacité énergétique dans tous les secteurs : industrie, bâtiments, transport ; pour la production d'énergie, à côté de la biomasse sous tous ses aspects, un chapitre est consacré aux pompes à chaleur pour lesquelles le rapport affirme que la Suède est un leader mondial.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique suédois sont passées de 52,8 Mt de CO2 en 1990 à 47,6 Mt de CO2 en 2010, en baisse de 9,8 % ; en 1971, elles étaient de 82,4 Mt de CO2[C 1] ; le pétrole est responsable à lui seul de 32,8 Mt de CO2, soit 69 % du total[C 2].

La répartition des émissions de CO2 par secteur[C 3] est la suivante en 2010 :

  • production d'électricité et de chaleur : 11,2 Mt, soit 23,5 % ;
  • autres utilisations propres du secteur énergétique : 2,4 Mt ;
  • industries manufacturières et construction : 9,1 Mt, soit 19 % ;
  • transport : 21,5 Mt, , soit 45 %, dont transport routier : 20,4 Mt (43 %) ;
  • ménages : 0,4 Mt
  • autres : 2,8 Mt.

Le transport routier est donc le principal secteur sur lequel il reste à trouver des moyens de réduire les émissions.

Si l'on répartit les émissions du secteur de la production d'électricité et de chaleur entre les utilisateurs finaux[C 4], la répartition devient :

  • industries manufacturières et construction : 12,6 Mt, soit 26,5 % ;
  • transport : 21,7 Mt, , soit 46 %, dont transport routier : 20,4 Mt (43 %) ;
  • ménages : 0,4 Mt (10,3 %) ;
  • autres : 5,7 Mt (12 %) ;
  • autres utilisations propres du secteur énergétique : 2,7 Mt.

Les émissions de CO2 par habitant[C 5] sont de 5,07 tonnes en 2010 contre 6,16 tonnes en 1990 ; elles ont donc été réduites de 17,7 % en 20 ans ; elles fluctuent en fonction de la température, du fait de l'importance du chauffage dans ce pays froid : ainsi, elles étaient tombées à 4,45 tonnes en 2009. En 1971, elles étaient de 10,18 tonnes : elles ont été divisées par deux en 39 ans. En Europe, seuls le Portugal (4,53 tonnes) et la Hongrie (4,89 tonnes) ont des émissions inférieures à celles de la Suède ; la France (5,52 tonnes) et la Suisse (5,63 tonnes) sont proches de la performance suédoise, alors que l'Allemagne émet 9,32 tonnes de CO2/habitant, le Danemark 8,48 tonnes et la Finlande 11,73 tonnes.

Déchets nucléaires[modifier | modifier le code]

La gestion des déchets nucléaires en Suède est assurée par l'entreprise Svensk Kärnbränslehantering (SKB) fondée dans les années 1970[67]. L'entreprise opère plusieurs sites et équipements permettant de prendre en charge les combustibles depuis leur sortie de la centrale jusqu'au site final. Un des sites principaux est Clab à Oskarshamn, qui sert de site de stockage transitoire[68]. Le combustible encore chaud et fortement radioactif y est entreposé à 30 m de profondeur, entouré d'eau, qui protège contre les radiations et refroidit le combustible[68]. La capacité totale du site est de 8 000 tonnes, le site pouvant recevoir 300 tonnes par an[68]. Les déchets, moins radioactifs, pourront alors être acheminés jusqu'au site d'entreposage final, dont la construction est prévue à Forsmark[68] C'est aussi à Forsmark que sont d'ores et déjà entreposés les déchets les déchets nucléaires à faible durée de vie[69]. Ce site est le premier de ce type dans le monde, inauguré en 1988, il permet d'entreposer les vêtements de protection, et les pièces des centrales qui ont été remplacées, ainsi que des matériaux provenant de centre de soins ou de certaines industries[69].

Le transport des déchets entre les centrales et les différents sites de stockage est assuré par un bateau spécialement prévu à cet effet, appartenant aussi à SKB[70].

SKB prévoit de construire à Forsmark le site de stockage final pour les déchets hautement radioactifs, pour l'instant entreposés au Clab. Le site, d'une capacité de 12 000 tonnes, sera situé à 500 m de profondeur dans des roches vieilles de près de 2 milliards d'années[71]. La construction devrait s'étaler entre l'an 2015 et l'an 2070[71].

Impact écologique[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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