Énergie en Suède

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Énergie en Suède
Le barrage de Stornorrfors au nord de la Suède
Le barrage de Stornorrfors au nord de la Suède
Bilan énergétique (2012)
Offre d'énergie primaire (TPES) 50,2 M tep
(2 100,2 PJ)
par agent énergétique électricité : 44,7 %
pétrole : 25,1 %
autres renouvelables : 23,2 %
charbon : 4,4 %
gaz naturel : 2 %
Énergies renouvelables 38 %
Consommation totale (TFC) 31,1 M tep
(1 303 PJ)
par habitant 5,27 tep/hab.
par secteur ménages : 23,8 %
industrie : 36 %
transports : 24,2 %
services : 14,5 %
agriculture : 1,4 %
pêche : 0,1 %
Électricité (2012)
Production 166,56 TWh
par filière hydro : 47,5 %
nucléaire : 38,4 %
biomasse/déchets : 8,1 %
éoliennes : 4,3 %
thermique : 1,7 %
autres : 0 %
Combustibles (2012)
Production charbon : 141 ktep
Commerce extérieur (2012)
Importations électricité : 11 682 GWh
pétrole : 27 895 ktep
gaz naturel : 1 006 ktep
charbon : 1 730 ktep
uranium : 2 000 tonnes
Exportations électricité : 31 255 GWh
pétrole : 13 575 ktep
charbon : 15 ktep
Sources
AIE[1]

La Suède est un important consommateur d'énergie, avec une consommation d'énergie primaire de 5,27 tep/habitant en 2012, en partie à cause du climat froid et en partie de son industrie très développée et très consommatrice en énergie. Cependant, la Suède n'émet « que » 4,25 tonnes de CO2 par habitant en 2012, un des taux les plus bas parmi les pays développés. Ceci s'explique :

  • par une production électrique presque entièrement dé-carbonée : elle se répartit en 2013 entre l'énergie hydraulique à 40,7 %, l'énergie nucléaire à 42,6 %, l'énergie éolienne à 6,6 %, la biomasse à 7,6 % et les combustibles fossiles à 2,5 % ;
  • par un système de chauffage urbain fondé sur des réseaux de chaleur alimentés par des centrales de cogénération utilisant 83,5 % d'énergies renouvelables (biomasse, déchets, pompes à chaleur) en 2012 ; ce système couvre près de 60 % des besoins de chauffage du pays ;
  • par la taxe carbone (à plus de 100€/tonnes CO2) qui oriente les consommateurs vers les énergies dé-carbonées.

Au cours de son histoire, en partie grâce à l'existence d'abondantes ressources hydroélectrique, mais aussi grâce à son industrie (en particulier ASEA devenu ensuite ABB), la Suède a été parmi les pionnières dans le domaine de l'électricité. Härnösand fut une des premières villes en Europe à avoir un éclairage public électrique, la première ligne 380 kV fut installée en Suède, tout comme le premier câble HVDC. Le pays fut aussi parmi les premiers à électrifier son réseau ferroviaire. De nos jours, cette tendance continue, avec le développement par exemple d'écoquartiers mondialement connus (en particulier Hammarby Sjöstad et Västra hamnen).

Sommaire

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Suède[1]
Population Consommation
énergie primaire
Production Importation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 8,56 47,20 29,68 18,34 135,54 52,79
2000 8,87 47,56 30,52 19,32 139,13 52,71
2008 9,22 49,60 33,23 19,68 137,09 44,41
2009 9,30 45,41 30,35 17,74 131,51 41,79
2010 9,38 50,90 33,09 19,70 140,06 47,21
2011 9,45 49,84 33,30 18,84 132,57 43,44
2012 9,52 50,16 36,18 15,36 136,03 40,42
variation
1990-2012
+11 % +6 % +22 % -16 % +0,4 % -23 %

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

Ressources domestiques[modifier | modifier le code]

Carte du pays. On distingue le relief plus important au nord, entaillé de nombreux fleuves

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Grâce aux Alpes scandinaves et à l'humidité apportée par le Gulf stream, la Suède est parcourue de nombreux cours d'eau, dont plusieurs ayant à leur embouchure un débit moyen supérieur à 200 m3⋅s-1, en particulier dans le nord du pays. Par débit décroissant, on peut citer le Göta älv (570 m3⋅s-1), l'Ångermanälven (495 m3⋅s-1), le Luleälven (490 m3⋅s-1), l'Indalsälven (450 m3⋅s-1), l'Umeälven (440 m3⋅s-1), le Torneälven (390 m3⋅s-1), le Dalälven (353 m3⋅s-1), le Kalixälven (290 m3⋅s-1) et le Ljusnan (227 m3⋅s-1)[2].

Bois[modifier | modifier le code]

Les forêts suédoises couvrent près de 28 millions d'hectares, ce qui représente 54 % de la superficie du pays et 19 % des forêts de l'Union européenne[3]. La Suède est le deuxième plus important exportateur mondial de papier, pâte à papier et bois (après le Canada)[4]. L'industrie forestière crée de nombreux déchets, tels que la liqueur noire, la sciure et les granulés de bois, dont la combustion peut être exploitée à des fins énergétiques.

Autres énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Tout comme pour son voisin le Danemark, les côtes suédoises ont un important potentiel éolien. Par exemple, la côte ouest suédoise (Bohuslän, Västergötland et Halland), la Scanie et l'île de Gotland possèdent un potentiel énergétique de plus de 300 W⋅m-2[5].

C'est aussi au niveau des côtes au sud du pays que se trouve le plus important potentiel solaire. Ainsi, la Scanie, l'île de Gotland et toute une zone située autour de Stockholm bénéficient d'un ensoleillement annuel allant jusqu'à 1 200 kWh⋅m-2[6], comparable à celui du nord de la France[7] malgré une latitude supérieure, mais tout de même très modeste en comparaison des 1800 à 2 000 kWh/m² de l'Andalousie.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire en Suède par source (ktep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 167 0,6 162 0,5 238 0,7 220 141 0,4 -16 %
Pétrole 3 ns 0 0 0 0 0 -100 %
Total fossiles 170 0,6 162 0,5 238 0,7 220 141 0,4 -17 %
Nucléaire 17 769 59,9 14 937 49,8 15 070 45,5 15 760 16 688 46,1 -6 %
Hydraulique 6 235 21,0 6 758 22,1 5 710 17,3 5 713 6 788 18,8 +9 %
Biomasse-déchets 5 506 18,5 8 262 27,1 11 488 34,7 10 811 11 650 32,2 +112 %
Éolien, solaire, géoth. 4 ns 45 0,15 312 0,9 535 629 1,7 x156
Chaleur 0 357 1,2 270 0,8 260 287 0,8 ns
Total EnR 11 745 39,6 15 422 50,5 17 780 53,7 17 319 19 354 53,5 +65 %
Total 29 684 100 30 521 100 33 090 100 33 299 36 183 100 +22 %
Source des données : AIE[1]

Ressources importées[modifier | modifier le code]

Uranium[modifier | modifier le code]

Usine fermée de traitement des produits de la mine d'uranium de Ranstad

À partir de 1950, des activités de prospection ont été réalisées en Suède pour trouver des gisements d'uranium[8]. Plusieurs furent trouvés, et, entre 1965 et 1969, 213 tonnes d'uranium furent extraites de Ranstad, au sud-ouest de Skövde[9]. Cependant, du fait des coûts importants d'extraction, liés à la faible concentration en uranium, l'activité fut arrêtée et les prospections ont été cessées en 1985[8]. Cependant, récemment, les explorations ont repris, motivées par l'augmentation du prix de l'uranium, ainsi que l'amélioration des techniques d'exploitation. La Suède rassemblerait 27 % des ressources en uranium d'Europe[10].

La Suède achète la totalité de son uranium (environ 2 000 tonnes par an) sur le marché international, par exemple en Australie et au Canada ; les services d'enrichissement sont achetés principalement à la France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ; la Suède dispose d'une usine de production d'assemblages combustibles à Västerås. Les déchets nucléaires sont stockés pendant 30 à 40 ans dans une installation provisoire située depuis 1985 à Oskarshamn ; la compagnie suédoise de combustible nucléaire et de gestion des déchets (SKB) prévoit de construire un stockage profond de 2019 à 2027 à Forsmark[y 1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Le gaz naturel a été introduit en Suède en 1983 ; sa consommation est passée de 0,7 TWh en 1983 à 11,9 TWh en 2012 après un pic à 17,6 TWh en 2010[e 1]. Le pays a importé, en 2011, 1 228 millions de m3[B 1], et la consommation n'était que de 14 TWh en 2011, soit environ 3 % de la demande énergétique du pays[e 2], proportion faible comparée au reste du monde où elle atteint 21 % de l'énergie consommée[e 3]. L'approvisionnement en gaz naturel se fait grâce à un gazoduc sous l'Øresund reliant le réseau suédois au réseau danois ; jusqu'ici, la totalité de ce gaz naturel provenait du Danemark, mais, récemment, quelques cargaisons de gaz naturel liquéfié ont commencé à être importées de Norvège[e 2].

La consommation de 11,9 TWh en 2012 se répartit en :

  • 4,5 TWh pour la production combinée d'électricité et de chaleur (cogénération), en forte baisse depuis le pic de 9,5 TWh atteint en 2010,
  • 4,1 TWh pour l'industrie,
  • 1,7 TWh pour le secteur résidentiel/tertiaire,
  • 0,4 TWh pour le transport (GNV),
  • 1,2 TWh pour les usages non énergétiques (chimie)[e 1].

Pétrole[modifier | modifier le code]

La Suède a diminué sa consommation de pétrole de 57 % en 42 ans : 13,4 Mm³ de produits pétroliers consommés en 2012 contre 31,3 Mm³ en 1970[e 4]. Elle n'a pas de production propre de pétrole ; en 2012, elle a importé 20,4 Mt de pétrole brut[e 5]. Une partie de ce pétrole n'est en Suède que pour être raffiné avant d'être réexporté sous forme de produits pétroliers, comme c'est le cas depuis plus de 20 ans ; ainsi, en 2012, le pays a importé 21,3 Mtep de brut et 6,6 Mtep de produits pétroliers, mais a réexporté 0,7 Mtep de brut et 12,9 Mtep de produits pétroliers, soit 49 % des importations de pétrole et produits pétroliers ; cette proportion était déjà de 36 % en 1990[1]. Le pétrole importé provient pour près de moitié des champs de la mer du Nord (9,4 Mt) : Norvège, Danemark et Royaume-Uni, pour (8,6 Mt) de Russie, et pour 2,1 Mt de pays de l'OPEP hors Moyen-Orient[e 6].

La Suède utilise les produits pétroliers essentiellement pour les transports : sa consommation de 13,4 Mm³ en 2012 se répartit en :

Récapitulation des ressources d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Voici l'évolution de l'approvisionnement en énergies primaires destinées à la consommation intérieure suédoise :

Consommation intérieure brute[n 1] d'énergie primaire en Suède par source (ktep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 2 956 6,3 2 449 5,1 2 490 4,9 2 491 2 194 4,4 -26 %
Pétrole 14 302 30,3 13 570 28,5 13 917 27,3 13 734 12 603 25,1 -12 %
Gaz naturel 577 1,2 776 1,6 1 466 2,9 1 158 1 006 2,0 +74 %
Total fossiles 17 835 37,8 16 795 35,3 17 873 35,1 17 383 15 803 31,5 -11 %
Nucléaire 17 769 37,6 14 937 31,4 15 070 29,6 15 760 16 688 33,3 -6 %
Hydraulique 6 235 13,2 6 758 14,2 5 710 11,2 5 713 6 788 13,5 +9 %
Biomasse-déchets 5 506 11,7 8 262 17,4 11 488 22,6 10 811 11 650 23,2 +112 %
Solaire, éolien, géoth. 4 ns 45 0,1 312 0,6 535 629 1,3 x156
Chaleur 0 357 0,8 270 0,5 260 287 0,6 ns
Total EnR 11 745 24,9 15 422 32,4 17 780 34,9 17 319 19 354 38,6 +65 %
Solde éch.élec.[n 2] -152 -0,3 402 0,8 179 0,4 -622 -1 683 -3,4 x10
Total 47 197 100 47 556 100 50 904 100 49 841 50 162 100 +6 %
Source des données : AIE[1]

NB : Les conventions utilisées par l'AIE ont pour effet de minorer la part des énergies renouvelables électriques dans la production et la consommation d'énergie primaire. Ainsi, l'hydroélectricité ne représente que 40,7 % du nucléaire en énergie primaire, alors qu'elle en représente 81 % au niveau de la production d'électricité (64 037 Gwh contre 79 058 Gwh)[1].

Électricité[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Production nette d'électricité en Suède, 1970-2011
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[e 7]

En 2013, la production nette d'électricité de la Suède a été de 149,5 TWh, en baisse de 7,9 % par rapport à 2012 du fait de la chute de la production hydraulique causée par la faiblesse des précipitations. Cette production s'est répartie en 54,9 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité : 40,7 %, éolien : 6,6 %, thermique[n 3] : 7,6 %), 42,6 % de nucléaire et 2,5 % de combustibles fossiles utilisés en appoint dans les centrales de cogénération[11].

En 2012, la production électrique totale a été de 162 TWh, en hausse de 9,8 % par rapport à 2011[y 2]. L'année 2012 a battu le record établi précédemment en 2000 avec 158 TWh. Cette production s'est répartie en 48 % d'hydroélectricité, 38 % de nucléaire, 4 % d'éolien et 10 % de thermique, pour l'essentiel en cogénération à base de biomasse, alors qu'au début des années 1970, l'hydroélectricité représentait 69 % du total et les centrales thermiques au fioul 20 %[e 8].

Le graphique ci-contre met en évidence quelques traits marquants :

  • la remarquable stabilité de la demande d'électricité depuis 1987, en-dehors des fluctuations dues aux variations de températures ;
  • la prédominance du duo nucléaire-hydroélectricité ;
  • la croissance de la cogénération, multipliée par quatre en 40 ans ;
  • la progression rapide de l'éolien, multiplié par six en 5 ans.
Production d'électricité en Suède par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 1 589 1,1 2 536 1,7 2 675 1,8 1 989 1 289 0,8 -19 %
Pétrole 1 301 0,9 1 533 1,1 1 774 1,2 791 648 0,4 -50 %
Gaz naturel 395 0,3 462 0,3 2 877 1,9 1 549 892 0,5 +126 %
Total fossiles 3 285 2,2 4 531 3,1 7 326 4,9 4 329 2 829 1,7 -14 %
Nucléaire 68 185 46,5 57 316 39,5 57 828 38,9 60 475 79 058 47,5 +16 %
Hydraulique 73 033 49,8 78 619 54,1 66 501 44,8 66 556 64 037 38,4 -12 %
Biomasse 1 902 1,3 4 002 2,8 10 476 7,1 9 676 10 532 6,3 +454 %
Déchets 103 0,1 340 0,2 2 921 2,0 3 251 2 922 1,8 +2737 %
Éolien 6 457 0,3 3 502 2,4 6 078 7 165 4,3 x1193
Solaire 0 1 9 0,006 11 19 0,01 ns
Total EnR 75 044 51,2 83 419 57,4 83 409 56,1 85 572 84 675 50,8 +13 %
Total 146 514 100 145 266 100 148 563 100 150 376 166 562 100 +14 %
Source des données : AIE[1]


La puissance installée des centrales suédoise atteignait 37 353 MW en décembre 2012, dont 43 % de centrales hydroélectriques, 25 % de centrales nucléaires, 22 % d'autres centrales thermiques (en général de cogénération) et 10 % d'éoliennes[e 9].

La propriété du parc électrique suédois se répartit entre l'État pour 38 % (Vattenfall, Svenska kraftnät), des compagnies étrangères pour 38 %, des municipalités pour 13 % et pour 11 % d'autres entités[11].

La demande d'électricité a atteint son maximum annuel le 13 décembre 2012 à 26 200 MW. Mais le record de demande de l'histoire électrique suédoise a été atteint en janvier 2001 à 27 000 MW[e 10]. La demande maximale enregistrée en 2013 a été de 26 750 MW[11].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]
Le barrage de Höljes sur la rivière Klarälven, construit en 1957-61, dans la commune de Torsby au Värmland[12].

Les premières centrales hydroélectriques de Suède furent construites en 1885[13] et permettaient l'éclairage de quelques villes et industries, dont en particulier la ville d'Härnösand qui fut ainsi parmi les premières villes d'Europe à avoir un éclairage des rues électrique[14]. Dans les années qui suivirent, de nouvelles centrales furent produites, dont l'énergie était principalement destinée à l'industrie métallurgique à Bergslagen, ainsi qu'à l'industrie forestière[13]. En 1909, un pas important fut franchi avec la construction de la centrale hydroélectrique d'Olidan, sur le fleuve Göta älv à Trollhättan. En effet, cette centrale fut la première grande centrale électrique, ainsi que la première centrale nationale[15]. Ceci marque aussi la fondation de l'entreprise Kungliga Vattenfallstyrelsen qui deviendra plus tard Vattenfall[15], principal producteur d'électricité du pays[16].

Le développement de l'hydroélectricité s'est alors accéléré pour atteindre son apogée entre les années 1940 et 1960[17]. C'est en particulier à cette période qu'ont été construites les plus grandes centrales hydroélectriques du pays, telles que Harsprånget (977 MW), construite en 1951[18], ou Stornorrfors (590 MW), construite en 1959[19], respectivement plus puissante centrale de Suède et plus grand producteur énergétique de Suède. Par la suite, le développement s'est ralenti du fait des protestations du public contre l'impact environnemental des barrages et plusieurs rivières furent protégées, telles que la Kalixälven, Piteälven, Torneälven et Vindelälven, interdisant tout nouveau développement[17].

Production actuelle[modifier | modifier le code]

En 2012, la production hydroélectrique s'est élevée à 78,6 TWh, soit 2,1 % de la production hydroélectrique mondiale, plaçant la Suède au 10e rang mondial[20] ; en hausse de 18 % par rapport à 2011, elle a fourni 47,5 % de la production électrique du pays ; avec 16 200 MW de puissance installée, le potentiel du pays est considéré comme exploité à 50 % seulement[21]. Environ 1800 centrales hydroélectriques ont été construites en Suède, dont 200 d'une puissance supérieure à 10 MW[22]. La puissance cumulée de toutes ces centrales est de 16 203 MW, dont 65 % concentrés sur les quatre principales rivières : Luleälven, Umeälven, Ångermanälven avec son affluent Faxälven, et Indalsälven[y 3]. Cette puissance dépasse largement celle des centrales nucléaires, mais le taux d'utilisation est moindre (de l'ordre de 45 % pour l'hydroélectricité contre environ 75 % pour le nucléaire).

Centrale Rivière Mis en service Propriétaire Puissance électrique (MW) Production moyenne (GWh) Taux d'utilisation
Harsprånget Luleälven 1951 Vattenfall 977 2131 24,9 %
Stornorrfors Umeälven 1958 Vattenfall 590 2298 44,5 %
Centrale hydroélectrique de Porjus Luleälven 1915 Vattenfall 465 1233 30,3 %
Letsi Luleälven 1967 Vattenfall 456 1850 46,3 %
Messaure Luleälven 1963 Vattenfall 442 1827 47,2 %
Ligga Luleälven 1954 Vattenfall 324 791 27,9 %
Vietas Luleälven 1971 Vattenfall 320 1123 40,1 %
Centrale hydroélectrique de Ritsem Luleälven 1977 Vattenfall 320 481 17,2 %
Trängslet Österdalälven 1960 Fortum 275 680 28,2 %
Centrale hydroélectrique de Kilforsen Ångermanälven 1953 Vattenfall 288 970 38,5 %
Centrale hydroélectrique de Porsi Luleälven 1961 Vattenfall 280 1145 46,7 %
Principales centrales hydroélectriques suédoises

Nucléaire[modifier | modifier le code]

Carte des centrales nucléaires en Suède.
Premiers réacteurs[modifier | modifier le code]

Le programme nucléaire de la Suède commença en 1946 par la création d'une commission atomique[23] et la fondation l'année suivante de AB Atomenergi (qui deviendra Studsvik), ayant pour but de développer l'énergie nucléaire dans le pays[24]. Le premier réacteur nucléaire en Suède, nommé R1, fut construit en 1954, dans une salle souterraine située sous le campus de Kungliga tekniska högskolan (KTH) à Stockholm[25]. Il s'agissait d'un réacteur expérimental construit par AB Atomenergi et opéré par KTH[24]. En 1956, le Riksdag adopte la première loi sur l'énergie nucléaire et crée une autorité de l'énergie nucléaire[26].

Plusieurs autres réacteurs expérimentaux furent construits, nommés R0, FR-0, R2 et R2-0. Le premier réacteur commercial fut la centrale nucléaire d'Ågesta dans la commune d'Huddinge près de Stockholm. Elle fut construite entre 1957 et 1962 par Vattenfall, ASEA et AB Atomenergi et mise en service en 1964[23]. La centrale produisait à la fois de l'électricité et de la chaleur pour le réseau de chaleur[23]. En 1968, la Suède signa le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, abandonnant du même coup les développements que le pays avait effectués pour se munir de l'arme nucléaire[23].

Développements et doutes[modifier | modifier le code]
Les deux réacteurs de Barsebäck, arrêtés depuis 2005

Durant les années 1970, aidé par le choc pétrolier, le développement du nucléaire atteint son apogée en Suède, avec la construction des principaux réacteurs : Oskarshamn 1 (1972), Oskarshamn 2 (1974), Ringhals 2 (1975), Barsebäck 1 (1975), Ringhals 1 (1976) et Barsebäck 2 (1977)[26]. Cependant, en 1979, l'accident nucléaire de Three Mile Island vint mettre une fin à cette croissance. En 1980, un référendum fut organisé à propos de l'avenir du nucléaire en Suède, mais les trois possibilités soumises au vote prévoyaient tous un arrêt, plus ou moins rapide, du nucléaire[27]. Les deux premières solutions prévoyaient l'existence maximale de 12 réacteurs[28] avec une extinction progressive des réacteurs avec le développement de nouvelles énergies, tandis que la troisième demandait un arrêt des réacteurs dans les 10 ans[27]. Ce fut finalement la deuxième solution qui fut choisie, et les deux premières réunies rassemblaient plus de 50 % des votes[27].

La production des différents réacteurs nucléaires suédois entre 1964 et 2009.

Les réacteurs alors en construction furent achevés et de nouveaux furent construits : Forsmark 1 (1980), Ringhals 3 (1981), Forsmark 2 (1982), Ringhals 4 (1983), Oskarshamn 3 (1985) et Forsmark 3 (1985)[26], atteignant ainsi le nombre maximal de 12 réacteurs actifs. La catastrophe de Tchernobyl en 1986 remit la question du nucléaire sur le tapis et le gouvernement social-démocrate décida que deux réacteurs seraient arrêtés au plus tard en 1995 et 1997[26]. Ce fut les deux réacteurs de Barsebäck qui furent choisis, mais ils ne furent arrêtés qu'en 1999 et 2005[29].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

En 2012, la production des 10 réacteurs nucléaires s'est élevée à 61 TWh, soit 30 % de la production électrique[e 11].

En 2009, le gouvernement de centre droit décida de lever le moratoire sur l'énergie nucléaire, poussé par une opinion publique plutôt favorable au nucléaire du fait des faibles émissions de gaz à effet de serre[30]. La décision fut adoptée au parlement en 2010 par une courte majorité[31]. Le texte autorise le remplacement des réacteurs actuels par des réacteurs plus modernes lorsque ceux-ci sont en fin de vie[31].

Puissance installée et production des dix réacteurs nucléaires suédois en 2012[y 4].
Centrale Réacteur Mise en
service
Type Puissance Production
2012
Taux
dispon.[n 4]
Oskarshamn Oskarshamn-1 1972 REB 473 MW 0[n 5] 0 %
Oskarshamn-2 1974 REB 638 MW 4,0 TWh 72,4 %
Oskarshamn-3 1985 REB 1400 MW 8,4 TWh 70,0 %
Ringhals Ringhals-1 1976 REB 854 MW 5,5 TWh 72,5 %
Ringhals-2 1975 REP 865 MW 3,6 TWh 48,5 %
Ringhals-3 1981 REP 1048 MW 8,3 TWh 91,2 %
Ringhals-4 1983 REP 934 MW 7,0 TWh 85,2 %
Forsmark Forsmark-1 1980 REB 984 MW 7,6 TWh 88,4 %
Forsmark-2 1981 REB 996 MW 7,5 TWh 85,7 %
Forsmark-3 1985 REB 1170 MW 9,5 TWh 93,1 %
Totaux 9363MW 61,4 TWh 75,2 %

Le taux de disponibilité remonte d'année en année après avoir chuté de 83,3 % en 2007 à 64 % en 2009 ; il était à 70,1 % en 2010 et 72 % en 2011.

Combustion[modifier | modifier le code]

En 2012, les centrales à combustion ont produit 15,5 TWh d'électricité, soit 10 % de l'électricité produite dans le pays, dont 8,9 TWh pour les centrales à cogénération et 6,2 TWh pour les centrales des industriels[e 11]. La biomasse et les déchets sont les principaux combustibles avec 15,9 TWh, tandis que le pétrole, le charbon et le gaz ne représentaient que 3,3 TWh, servant principalement de capacité de réserve[e 12]. Les produits de l'industrie forestière représentent la majeure partie de la biomasse utilisée pour la production électrique. Ainsi, en 2011, la combustion de plaquettes forestières, granulés de bois et sciure ont produit 5,9 TWh d'électricité et la combustion de la liqueur noire en a produit 3,3 TWh ; les déchets municipaux ont apporté 1,6 TWh[EH 1].

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Le parc éolien de Lillgrund près de Malmö, plus important parc éolien offshore suédois[32]
Parc éolien près de Göteborg.

L'énergie éolienne a commencé à être évoquée en Suède avec le premier choc pétrolier dans les années 1970, ainsi que lors du débat sur le nucléaire dans les années 1980[33]. Les premières éoliennes expérimentales furent installées à cette période[34], mais la production ne décolla qu'au début des années 1990[33].

En 2013, la Suède se situe au 8e rang européen pour la production d'électricité éolienne : 9,9 TWh, en progression de 38 %, juste derrière son voisin danois (11,1 TWh) et devant son voisin polonais (6,6 TWh). Sa puissance installée éolienne atteint 4 469 MW fin 2013 (8e rang européen), en augmentation de 725 MW (+19 %), ce qui en a fait le 4e marché européen en 2013. Les éoliennes en mer totalisent 212 MW fin 2013 (6e rang européen). La puissance éolienne par habitant est de 468 W/hab, au 3e rang européen après le Danemark et l'Espagne[35].

En 2012, l'éolien fournissait 7 164 GWh avec une puissance installée de 3 745 MW[e 13] ; le taux moyen d'utilisation de la puissance installée est de 25 %.

Cette forme d'énergie est celle qui connait la plus forte croissance : en effet la production éolienne annuelle est passée de 608 GWh (0,42 % de la production électrique) en 2002 à 7 164 GWh (4,4 % de la production électrique) en 2012 ; la progression a été particulièrement forte en 2011 : +74 %, puis s'est ralentie à +18 % en 2012[e 7] ; 380 éoliennes d'une puissance totale de 765 MW ont été mises en service en 2011[33]. Le gouvernement suédois a fixé en 2009 un cadre de planification pour la production éolienne en 2020 : 30 TWh, dont 20 terrestres et 10 offshore[36].

Les éoliennes sont très majoritairement terrestres (92 % de l'énergie éolienne produite en 2011) ; les 71 éoliennes offshore ont une puissance de 163,4 MW et ont produit 490 GWh en 2011 ; le plus grand parc offshore, Lillgrund, a été mis en service en 2007 avec 48 éoliennes et plus de 110 MW[33] ; les éoliennes suédoises sont principalement concentrées dans le Västra Götaland (19,2 % de la production du pays en 2011) et celui de Scanie (17,8 %) ; 154 des 290 municipalités suédoises ont des éoliennes connectées au réseau ; la plus équipée est Gotland (177 éoliennes ; production en 2011 : 177 GWh)[33]. La taille des éoliennes augmente progressivement : avant 2004, la grande majorité avaient moins d'un MW ; la majorité des éoliennes installées au cours de 2011 dépassaient 2 MW[33]. L'Agence suédoise de l'énergie a identifié 423 « zones désignées d'intérêt national » pour l'énergie éolienne, représentant au total 2,2 % du territoire national[33]. Il existe une subvention gouvernementale (miljöbonus) pour favoriser la construction d'éolienne offshore (elle existait aussi jusqu'en 2008 pour les éoliennes onshore)[33].

Une forte opposition contre les éoliennes s'est développée en Suède : l'Association pour la protection du paysage suédois[37] regroupe plus de 20 000 adhérents et organise des manifestations dans toutes les régions[38]. Treize membres du Comité de l'Énergie de l'académie Royale Suédoise ont publié en avril 2012 une prise de position dénonçant le gaspillage de subventions dans l'énergie éolienne, inutile dans le contexte du système électrique suédois, subventions qui seraient beaucoup plus intelligemment utilisées dans la réduction de l'utilisation de combustibles fossiles par le secteur des transports[39].

Réseau électrique[modifier | modifier le code]

En Suède, la gestion du réseau électrique est assurée par Svenska Kraftnät[40], une entreprise publique séparée de Vattenfall en 1992[41]. En plus de la gestion des principales lignes à haute tension, elle est chargée d'assurer l'équilibre production-consommation[40].

Lignes électriques[modifier | modifier le code]

Une ligne électrique dans le Värmland

Le réseau de transport et distribution électrique du pays totalise 552 000 km fin 2013, dont 352 000 km de câbles souterrains[11] ; il est organisé en trois niveaux :

  • le réseau national, constitué de 16 000 km de lignes à haute tension (220 kV et 400 kV), géré par Svenska Kraftnät ;
  • le réseau régional, constitué d'environ 30 000 km de lignes, principalement contrôlé par Vattenfall, E.ON et Fortum ;
  • le réseau local, constitué de 479 000 km de lignes, contrôlé par les principales entreprises énergétiques et les autorités locales ; il se subdivise en  :
    • réseau à moyenne tension (généralement 10 à 20 kV) : 87 000 km de lignes aériennes et 109 000 km de câbles souterrains ;
    • réseau à basse tension (400/230 V) : 310 000 km, dont 68 000 km de lignes aériennes et 242 000 km de câbles souterrains.

Environ 5,3 millions de consommateurs d'électricité sont raccordés au réseau basse tension et 6 500 aux réseaux moyenne et haute tension.

La première ligne électrique 380 kV fut d'ailleurs installée en Suède[42]. Longue de 1 000 km, elle fut construite en 1952 pour relier la centrale de Harsprånget à Hallsberg, la centrale étant loin des principaux consommateurs d'énergie[43].

Le pays fut aussi le pionnier du développement des câbles HVDC, créant le premier exemplaire commercial pour relier l'île de Gotland au reste du pays[44]. Ce système a permis de créer plusieurs liens sous-marins entre la Suède et les pays environnants (par exemple le Danemark avec le Konti-Skan, l'Allemagne avec le Baltic Cable, la Pologne avec le SwePol et la Finlande avec le Fenno-Skan)[45]. Ces liaisons, ajoutées aux liaisons terrestres avec la Norvège en particulier, totalisent une puissance de transmission de 9 685 MW depuis la Suède vers les pays voisins et 9 725 MW dans l'autre sens fin 2013[11].

Le nouveau câble Fenno-Skan2 reliant la Finlande à la Suède a été mis en service à la fin de 2011 et les travaux de pose du câble sous-marin Nordbalt vers la Lituanie devraient se terminer fin 2015[e 14].

Équilibre production-consommation[modifier | modifier le code]

L'électricité présente sur un réseau ne se stocke pas, ainsi, les volumes de production et de consommation doivent se correspondre. Il est donc nécessaire d'adapter la production à la demande des consommateurs. Cette demande varie d'une période à l'autre de l'année et d'un moment à l'autre de la journée.

Régulation au niveau national[modifier | modifier le code]
La production électrique suédoise entre 1980 et 2012.

La production et la consommation d'électricité en Suède sont très dépendantes du climat. Avec près de la moitié de la production électrique assurée par l'hydroélectricité, la production énergétique du pays dépend fortement de la quantité de précipitations, en particulier au nord du pays, où se concentrent 82 % de la puissance installée[y 3]. Ces rivières ont un régime nival, c'est-à-dire un débit maximal au printemps (vårfloden : les crues de printemps) et un débit minimal en hiver[y 5]. Au contraire, du fait des besoins en chauffage et éclairage, la consommation électrique est maximale en hiver[y 6]. Ceci est partiellement compensé par le fait que les barrages peuvent stocker une grande quantité d'eau : le barrage se remplit durant le printemps, puis est vidé au cours de l'hiver, reproduisant ainsi la tendance de la consommation[y 5]. Cette régulation se fait aussi à plus court terme pour faire face instantanément aux variations de la consommation.

L'énergie éolienne en Suède présente l'avantage de produire plus en automne et hiver, suivant ainsi globalement les variations saisonnières de la consommation. Le problème de cette source est plutôt ses variations à court terme, la disponibilité pouvant osciller entre 0 et 100 %[y 7]. Cette forme d'énergie doit donc être couplée à des centrales à démarrage rapide, telles que les centrales à combustion ou les centrales hydroélectriques.

Les centrales nucléaires ont une production constante et ne peuvent être arrêtées ou démarrées rapidement pour s'adapter à la demande. Cependant, les travaux de rénovation entraînant l'arrêt de la centrale sont principalement effectués en été. Les centrales à combustion, majoritairement à cogénération, sont principalement utilisées en hiver[y 7].

Après la déréglementation du marché de l'électricité en 1996, les centrales à condensation, qui n'étaient utilisées que rarement, furent abandonnées, diminuant ainsi les possibilités de faire face aux pics de consommation[e 9]. En 2003, une loi fut votée, imposant une capacité de réserve, et Svenska Kraftnät fut chargée des négociations avec les entreprises du secteur énergétique, aboutissant à une capacité de réserve de 2 GW[EM 1].

Importation et Exportation[modifier | modifier le code]
Carte des liaisons HVDC en Europe. Grâce à ces cables, la Suède est relié à la plupart des pays voisins

Le marché de l'électricité en Suède est fortement intégré au marché nordique via sa participation à Nord Pool (géré par NASDAQ OMX Commodities Europe). Ainsi, les 334 TWh échangé sur Nord Pool en 2012 équivalaient à 77 % de l'électricité utilisée dans les pays nordiques[e 15]. L'entreprise Nord Pool ASA a été créée en 1996, lorsque la Norvège et la Suède décidèrent d'établir un marché commun de l'électricité[46]. Elle était alors détenue par Statnett et Svenska Kraftnät. Ce marché s'est alors étendu entre autres à la Finlande et au Danemark[46].

Les échanges entre la Suède et les pays voisins varient fortement d'une année à l'autre et à l'intérieur de l'année en fonction des conditions hydrologiques, de la disponibilité des centrales nucléaires, des capacités de transport, du vent, de la température, de la conjoncture économique et autres facteurs influant sur les prix de marché ; le solde a été exportateur de 19,6 TWh en 2012, battant le précédent record de 10,7 TWh en 1998, mais le solde est parfois importateur, jusqu'à 12,8 TWh en 2003[e 16]. En 2013, le solde a été exportateur de 10 TWh : 25,1 TWh d'exportations et 15,1 TWh d'importations[11].

Echanges physiques extérieurs d'électricité de la Suède[EH 2]
GWh 2010 2011
Pays Import Export Solde Import Export Solde
Drapeau de la Norvège Norvège 2 884 6 706 -3 822 6 032 5 986 46
Drapeau de la Finlande Finlande 4 563 1 910 2 652 3 034 5 158 -2 124
Drapeau du Danemark Danemark 4 704 2 465 2 238 2 537 4 984 -2 446
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 288 1 011 1 276 600 2 073 -1 473
Drapeau de la Pologne Pologne 494 760 -266 277 1 513 -1 236
Total 14 932 12 853 2 079 12 481 19 714 -7 233
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Consommation[modifier | modifier le code]

En 2012, la consommation électrique totale du pays, incluant les pertes, était de 142,4 TWh, en progression de 1,5 % comparée à la consommation de 140,3 TWh en 2011 ; mais après correction de l'effet des variations de température (qui influent sur les consommations de chauffage électrique : plus de 30 TWh), la consommation ajustée est de 143,4 TWh contre 143,5 TWh en 2010[y 8]. Sur cette consommation totale, en réalité, 11 TWh correspondent à des pertes de transport[y 2].

La répartition par secteur de la consommation finale nette d'électricité a évolué comme suit :

Consommation finale nette d'électricité en Suède par secteur (GWh)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Industrie 53 955 44,8 56 938 44,2 54 386 41,4 53 802 54 077 42,5 +0,2 %
Transport 2 474 2,1 3 194 2,5 2 404 1,8 2 640 2 685 2,1 +9 %
Résidentiel 38 095 31,7 42 020 32,6 40 422 30,8 x 38 882 30,5 +2 %
Tertiaire 24 361 20,2 25 383 19,7 32 747 25,0 30 558 30 768 24,2 +26 %
Agriculture 1 462 1,2 1 190 0,9 1 258 1,0 1 196 874 0,7 -40 %
Total 120 347 100 128 725 100 131 217 100 124 628 127 286 100 +6 %
Source des données : AIE[1]

Industrie[modifier | modifier le code]

L'usine de pâte et papier d'Ortviken, à Sundsvall

L'industrie est la principale consommatrice d'énergie du pays : 52,5 TWh en 2012, soit 40 % de l'utilisation totale d'électricité (pertes exclues)[y 9]. L'industrie papetière suédoise est de loin la principale consommatrice avec 21,5 TWh, soit 41 % de la consommation électrique de l'industriel[y 9]. L'étape consommant le plus d'électricité est le défibrage permettant la production de pâte mécanique[EM 2], qui représente environ 30 % de la pâte à papier totale produite[47]. Cependant, grâce au développement de nouvelles techniques, en particulier dans la production d'énergie à partir de la liqueur noire, l'industrie papetière espère devenir un terme un producteur net d'électricité[47].

Les principaux autres secteurs industriels fortement consommateurs d'électricité en Suède sont, en 2012, l'industrie métallurgique (7,4 TWh), l'industrie chimique (7,1 TWh) et l'industrie mécanique (6,0 TWh)[y 9].

Services et ménages[modifier | modifier le code]

Le secteur résidentiel (ménages) est le deuxième plus grand consommateur d'électricité avec près de 44 TWh en 2012, dépassant de peu le secteur des services (bureaux, commerces, écoles et hôpitaux, etc) qui a consommé environ 35 TWh[y 10]. Ces deux secteurs ont connu une augmentation très prononcée de leur consommation électrique, multipliée par près de 4 entre 1970 et 2012, croissance qui s'est fortement ralentie à partir de 1985 pour les ménages et 1990 pour les services[y 10]. Ceci est lié à l'augmentation des consommations des bâtiments en termes d'éclairage, de ventilation, équipements électroniques et aussi en grande partie à la croissance du chauffage électrique dans les maisons individuelles, surtout entre 1965 et 1980, ainsi qu'à la production électrique d'eau chaude de 1980 à 1986 ; la part du chauffage électrique est estimée à 30 % des ménages (surtout dans les maisons individuelles) et 20 % des bâtiments (et 9 % comme seule source de chauffage). Cette augmentation s'est ralentie ces dernières années, en partie grâce au développement d'appareils moins consommateurs en énergie et surtout des pompes à chaleur[y 11]. La consommation du chauffage électrique a culminé à 29 TWh en 1990 (contre 4,7 TWh en 1970), puis a décru peu à peu jusqu'à 17,4 TWh en 2009 ; elle remonte depuis : 20,6 TWh en 2012[e 17]. Dans les bâtiments résidentiels, hors chauffage, 25 % de l'électricité est utilisée pour l'éclairage, 20 % pour les réfrigérateurs et congélateurs, 10 % pour la cuisine, 6 % pour les lave-linges, 6 % pour les lave-vaisselles et 19 % pour les appareils électroniques[y 11], tandis que pour les bâtiments non-résidentiels, la proportion varie en fonction du type d'établissement, mais l'éclairage et la ventilation comptent en moyenne pour un quart chacun[EM 3]. Des études montrent qu'il existe un important potentiel d'économie d'énergie dans ces bâtiments, de l'ordre de 30 %[EM 3].

Chauffage et climatisation[modifier | modifier le code]

La Suède est très étirée et donc son climat est très variable selon la latitude. Ainsi, alors que la température annuelle moyenne au sud du pays est supérieure à 8 °C, elle est négative dans le nord, en particulier près des reliefs autour de la frontière norvégienne[48]. Cependant, même dans ses latitudes les plus méridionales, les hivers sont relativement froids, avec par exemple une température moyenne en février négative dans l'ensemble du pays[49], ce qui implique un important besoin en chauffage. En 2010, le chauffage des logements et des bâtiments commerciaux a représenté une consommation énergétique de 85 TWh. De ce total, 42 % correspondent au chauffage et à la production d'eau chaude des maisons individuelles, 32 % à ceux des immeubles d'appartements et le reste (26 %) au chauffage des bâtiments de bureaux et commerces[50].

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

La centrale à cogénération Heleneholmsverket à Malmö, alimentée au gaz naturel

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier réseau de chaleur en Suède fut construit dans la ville de Karlstad en 1948[SF 1]. À cette époque, il devenait clair que la production hydroélectrique approchait son maximum et que les centrales à cogénération devenaient une bonne alternative[SF 1]. Les réseaux de chaleur commencèrent alors à se développer dans les années 1950[e 18], en grande partie aidés par la construction d'un grand nombre de logements à cette époque, en particulier le programme million[EM 4]. Initialement, les réseaux couvraient un faible nombre de bâtiments, mais ces réseaux ont été ensuite reliés pour créer de véritables réseaux de chaleur[EM 4]. Jusqu'en 1970, ces réseaux étaient quasi exclusivement alimentés par du pétrole, mais les chocs pétroliers ont amené un début de diversification des sources[EM 5]. Ceci constitua aussi une raison pour le développement des réseaux de chaleurs, plus flexibles sur la source énergétique que les chauffages individuels[EM 4]. L'arrivée du nucléaire dans les années 1970 et 1980 a changé le type d'installations, la cogénération devenant moins nécessaire, et les réseaux de chaleur étaient donc alimentés principalement par des centrales à chaleur pure[SF 1]. De plus, du fait de l'abondance en électricité, une partie de ces centrales à chaleur étaient alimentées par l'électricité et les réseaux de chaleur ont donc commencé à consommer plus d'électricité qu'ils n'en produisaient[EM 4]. Dans les années 1990 et 2000, du fait de l'augmentation des prix de l'électricité[SF 1] et des régimes de taxe favorisant les centrales à cogénération, ces dernières ont repris leur développement[EM 4].

Production[modifier | modifier le code]

Énergie utilisée pour le chauffage urbain en Suède, 1970-2011
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[e 19]

En 2012, 65 TWh d'énergie calorifique ont été produits pour alimenter les réseaux de chaleur[e 19]. En 2011, 45 % de cette énergie était produite dans des centrales à cogénération et cette proportion est en augmentation, grâce à l'encouragement apporté par le système des certificats pour l'électricité renouvelable ; ces centrales ont produit 17 TWh d'électricité en 2011, dont 11 TWh éligibles aux certificats[e 18]. Ce type de centrale offre un meilleur rendement énergétique et est donc plus avantageux d'un point de vue écologique[51].

Production de chaleur en Suède par source (TJ)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 34 901 44,7 15 461 9,8 19 977 8,9 17 746 15 888 8,1 -54 %
Pétrole 12 372 15,8 9 902 6,3 14 975 6,7 6 655 6 421 3,3 -48 %
Gaz naturel 6 327 8,1 7 800 4,9 18 791 8,4 13 895 10 075 5,1 +59 %
Total fossiles 53 600 68,6 33 163 21,0 53 743 24,0 38 296 32 384 16,5 -40 %
Déchets municipaux 12 548 16,1 16 659 10,5 33 191 14,8 31 834 35 535 18,1 +183 %
Déchets industriels 0 508 0,3 527 0,2 764 474 0,2 ns
Biomasse solide 11 986 15,3 72 330 45,8 109 500 48,8 85 720 101 729 51,8 +749 %
Biogaz 0 1 042 0,7 731 0,3 621 468 0,2 ns
Biomasse liquide 0 0 6 400 2,9 2 681 4 189 2,1 ns
Autres[n 6] 0 34 217 21,7 20 138 9,0 18 544 21 665 11,0 ns
Total EnR 24 534 31,4 124 756 79,0 170 487 76,0 140 164 164 060 83,5 +569 %
Total 78 134 100 157 919 100 224 230 100 178 460 196 444 100 +151 %
Source des données : AIE[1]

Historiquement, le pétrole représentait la principale source d'énergie des réseaux de chaleurs, atteignant encore 90 % en 1980. Cependant, la situation a fortement changé par la suite : la biomasse est largement en tête, représentant 69 % des combustibles utilisés en 2012 (avec les déchets et la tourbe), les pompes à chaleur : 9 %, la récupération de chaleur : 7,5 %, soit une part totale de 86 % pour les énergies renouvelables (bien que la tourbe ne devrait pas être comptée dans les renouvelables) ; les combustibles fossiles ne contribuent plus que pour 14 % : charbon 4 %, pétrole 3 % et gaz naturel 6 %[e 19]. Au sein de la biomasse, ce sont principalement les dérivés de l'industrie du bois qui sont utilisés, atteignant près de 65 % de la part de la biomasse dans les réseaux de chaleur[EM 5]. Les déchets constituent aussi une part importante et croissante du fait des lois de 2002 et 2005 interdisant la mise en décharge. La part de l'électricité dans la production de chaleur pour les réseaux de chaleur a fortement baissé du fait de la quasi-disparition des chaudières électriques apparues au début du programme nucléaire et aussi du recul des pompes à chaleur[e 20].

Réseau[modifier | modifier le code]

Historiquement, toutes les centrales de production de chaleur ainsi que le réseau de distribution étaient la propriété d'entreprises, elles-mêmes détenues par les communes de Suède, et agissaient donc dans un cadre légal leur interdisant tout profit[SF 2]. Le marché fut dérèglementé en 1996, mais les réseaux de chaleur demandant de nombreuses et onéreuses infrastructures, les entreprises possédant ces réseaux ont un monopole naturel et sont donc soumises à un certain contrôle arbitré par un organisme au sein de l'agence suédoise de l'énergie[SF 2]. Une conséquence de la déréglementation a été que beaucoup de réseaux municipaux ont été vendus aux grandes entreprises du marché énergétique suédois, en particulier Vattenfall, Fortum et E.ON[SF 2].

En 2005, la Suède comptait 133 entreprises de réseaux de chaleur, opérant 344 réseaux, correspondant à une longueur totale de 14 700 km[SF 3]. Les principales sont Fortum, avec 15,6 % du marché suédois, ce qui s'explique par le fait qu'il couvre Stockholm, E.ON (10,9 %), possédant plusieurs réseaux importants, dont Malmö, et, enfin, Vattenfall (7,4 %), deservant en particulier Uppsala, et Göteborg Energi (7,3 %), desservant Göteborg[SF 3]. Malgré la déréglementation, la majorité des réseaux restent entre les mains des communes (74 % des réseaux et 66 % du marché)[SF 4].

Consommation[modifier | modifier le code]

Consommation finale de chaleur en Suède par secteur (TJ)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Industrie 6 973 9,8 14 410 9,7 18 796 8,7 15 901 17 042 9,0 +144 %
Résidentiel 43 694 61,2 87 109 58,6 135 389 62,9 104 861 114 469 60,8 +162 %
Tertiaire 20 747 29,1 46 817 31,5 60 777 28,2 52 048 56 555 30,0 +173 %
Agriculture 0 300 0,2 300 0,1 300 300 0,2 ns
Total 71 414 100 148 636 100 215 262 100 173 110 188 366 100 +164 %
Source des données : AIE[1]

Les réseaux de chaleur fournissaient 56 % du chauffage en Suède en 2011[e 21], une part nettement supérieure à celle de la France (environ 6 %) ou des autres pays d'Europe occidentale[52]. Ces réseaux alimentaient pour moitié les bâtiments résidentiels collectifs, pour 36 % les bâtiments non résidentiels (commerces, bureaux, industrie), et pour 14 % les maisons individuelles[e 21]. Le taux de pertes dans les réseaux s'élevait en 2011 à 15,5 % de l'énergie produite, ce qui représente une nette amélioration par rapport aux 17 % de pertes des années 1990, mais une détérioration par rapport au taux moyen de 10 % atteint sur la période 2000-2009[e 21].

Du fait des coûts de construction, ainsi que des pertes de transport, ce sont principalement les immeubles qui profitent de ce mode de chauffage. Ainsi, 93 % des immeubles d'appartements sont chauffés grâce à un réseau de chaleur, ainsi que 83 % des bâtiments commerciaux et seulement 12 % pour les maisons individuelles[50].

Réseau de froid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réseau de froid.

Historique et principe[modifier | modifier le code]

Hammarbyverket à Stockholm, qui produit à la fois de la chaleur et du froid

Le premier réseau de froid suédois fut installé en 1992 à Västerås, et, 3 ans plus tard, un réseau similaire est installé à Stockholm[53]. Le principe est très similaire à celui du réseau de chaleur. Une centrale, souvent la même que celle utilisée pour produire de la chaleur, produit de l'eau froide, soit en la puisant directement dans un lac, soit grâce à une pompe à chaleur[54]. L'eau froide (autour de 6 °C) est ensuite acheminée vers le client grâce à un réseau de canalisation isolées, puis traverse un échangeur de chaleur situé chez le client de façon à alimenter en froid le système de climatisation du bâtiment[55]. Tout comme pour les réseaux de chaleur, le réseau de froid est bien plus efficace énergétiquement et donc plus écologique que des systèmes individuels[54].

Situation actuelle et potentiel[modifier | modifier le code]

Bien que les besoins en climatisation soient bien moins importants en Suède que les besoins en chauffage, selon l'agence suédoise de l'énergie, entre 2 et 4 TWh d'énergie sont utilisés en Suède pour la climatisation[55]. La plupart des installations sont des installations individuelles, mais la part des réseaux de froid augmente. En 2012, la Suède comptait 33 entreprises de réseaux de froid (qui sont les mêmes que celles des réseaux de chaleur), pour une distribution totale de 898 GWh de froid (330 GWh en 2000) ; le réseau de froid atteignait 371 km fin 2012[e 22]. Le réseau de Stockholm, géré par Fortum, fait partie des plus importants réseaux en Europe, permettant le refroidissement d'une surface de 7 000 000 m2 de commerces grâce à un réseau de 76 km de long[56].

Chauffage individuel[modifier | modifier le code]

Le chauffage individuel est le principal moyen de chauffage des habitations individuelles. La principale particularité de la Suède à ce niveau est la très forte proportion de pompes à chaleur, qui représentent, en 2006, 32 % du chauffage de ces habitations[SF 5]. Cette forme de chauffage enregistre une très importante croissance, avec plus de 100 000 pompes vendues par an, principalement de types air-air et géothermique[SF 6]. La Suède est d'ailleurs parmi les leaders au monde en termes de pompes à chaleur géothermiques, devancée en 2004 uniquement par les États-Unis[57]. En dehors des pompes à chaleur, ce sont les chauffages électriques qui assurent la majeure partie du chauffage des maisons individuelles (31 %)[SF 5], mais les chauffages utilisant les granulés de bois sont en forte augmentation[SF 6].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

De l'énergie primaire à l'énergie finale[modifier | modifier le code]

À partir des sources d'énergie primaire produites localement ou importées (2 035 PJ ou 565 TWh en 2011, après déduction des exportations et des soutes et ajustement des stocks), l'industrie énergétique suédoise fabrique les produits énergétiques prêts à la consommation (produits pétroliers, électricité, chaleur) et les livre aux consommateurs ; au cours de ces transformations, les pertes de conversion et de transport ainsi que les consommations propres des entreprises énergétiques représentent 539 PJ, laissant 1 496 PJ pour la consommation finale ; après déduction des 103 PJ d'utilisation finaux non énergétiques (chimie, etc), il reste 1 393 PJ (387 TWh) d'énergie finale consommée par les utilisateurs finaux[B 2].

Consommation finale par source[modifier | modifier le code]

consommation finale d'énergie en Suède par source, 1970-2010
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[e 23]

Le graphique ci-contre (qui inclut les consommations du transport international) montre[e 23] :

  • l'absence de croissance de la consommation finale : +0,7 % en 42 ans ;
  • la forte baisse de la consommation de produits pétroliers : -45 % ; cependant, cette baisse s'est réalisée pour l'essentiel de 1970 à 1983, puis s'est terminée en 1993, et depuis lors, la consommation n'a guère varié ;
  • le caractère marginal du gaz naturel et du charbon ;
  • la très forte progression de l'électricité : +128 % et du chauffage urbain : 350 % ; cependant, l'électricité stagne depuis 2000 et le chauffage urbain depuis 2003 ;
  • la très forte croissance de la consommation de biomasse et déchets : +68 % ; cette progression serait encore accrue si on ventilait l'électricité et le chauffage urbain entre leurs sources primaires.
Consommation finale d'énergie en Suède par source (ktep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Charbon 1 074 3,3 769 2,2 848 2,4 887 779 2,4 -27 %
Produits pétroliers 14 016 43,6 14 172 40,2 11 239 32,2 10 649 9 886 30,0 -29 %
Gaz naturel 334 1,0 443 1,3 664 1,9 663 690 2,1 +107 %
Total fossiles 15 424 48,0 15 384 43,6 12 751 36,6 12 199 11 355 34,5 -26 %
Biomasse-déchets 4 635 14,4 5 288 15,0 5 677 16,3 5 960 6 132 18,6 +32 %
Solaire th., géoth. 3 0,01 5 0,01 10 0,03 11 11 0,03 +267 %
Électricité 10 350 32,2 11 070 31,4 11 285 32,4 10 718 10 947 33,2 +6 %
Chaleur 1 705 5,3 3 549 10,1 5 140 14,7 4 134 4 498 13,7 +164 %
Total 32 117 100 35 297 100 34 864 100 33 022 32 943 100 +2,6 %
Source des données : AIE[1]

La part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie est très élevée et progresse rapidement :

Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie[e 24]
2005 2010 2011 2012
Part EnR/consommation finale brute d'énergie 41 % 47 % 49 % 51 %
Part EnR dans le chauffage, froid, industrie 52 % 61 % 62 % 66 %
Part EnR dans l'électricité 51 % 56 % 60 % 60 %
Part EnR dans le transport 4 % 7 % 9 % 13 %

Consommation finale par secteur d'usage[modifier | modifier le code]

consommation finale d'énergie en Suède par secteur, 1970-2010
source données : Agence Suédoise de l'Énergie[50]

Le graphique ci-contre montre[50] :

  • la quasi-stabilité (+5 %) de la consommation finale sur 40 ans ;
  • la légère décroissance de l'industrie (-4 %) et des secteurs résidentiel-services-agriculture (-11 %) ;
  • la forte progression du secteur du transport : +77 %.

La répartition par secteur de la consommation finale d'énergie a évolué comme suit :

Consommation finale d'énergie en Suède par secteur (ktep)
Filière 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 % 2012 var.
2012/1990
Industrie 11 855 36,9 13 675 38,7 11 663 33,5 11 408 11 203 34,0 -5 %
Transport 6 913 21,5 7 393 20,9 7 817 22,4 7 723 7 545 22,9 +9 %
Résidentiel 6 542 20,4 7 294 20,7 7 556 21,7 6 956 7 396 22,5 +13 %
Tertiaire 4 003 12,5 4 398 12,5 5 025 14,4 4 531 4 516 13,7 +13 %
Agriculture 813 2,5 712 2,0 646 1,9 442 438 1,3 -46 %
Pêche 60 0,2 50 0,1 37 0,1 32 23 0,1 -62 %
Usages non énerg.[n 7] 1 932 6,0 1 730 4,9 2 112 6,1 1 930 1 822 5,5 -6 %
Total 32 118 100 35 297 100 34 864 100 33 022 32 943 100 +2,6 %
Source des données : AIE[1]

Industrie[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie de l'industrie en 2011[B 2] a été de 531 PJ. Sa répartition par source est : charbon et coke : 49 PJ, gaz naturel : 15,5 PJ, produits pétroliers : 59 PJ, biomasse : 195 PJ (37 %), électricité : 196 PJ (37 %), chaleur : 16 PJ. La forte part de la biomasse concerne presque uniquement les industries de la pâte à papier et du bois (4 195 tonnes et 364 tonnes sur 4 650 tonnes au total)[B 3].

Transport[modifier | modifier le code]

Le trafic routier représente la très nette majorité de l'énergie consommée dans les transports en Suède

En 2012, la consommation intérieure d'énergie du secteur des transports a été de 86,2 TWh[e 25], soit 23 % de l'énergie totale utilisée dans le pays[e 26], et celle des transports internationaux de 28,7 TWh (maritimes : 20,2 TWh, aériens : 8,6 TWh)[e 27]. La consommation intérieure d'énergie du secteur des transports a fortement augmenté (avec cependant un creux pendant les années 1990) jusqu'à atteindre un pic en 2007 à 94 TWh, puis a légèrement reflué depuis sous l'effet de la crise économique de 2008[e 26]. Les sources d'énergie utilisées pour le transport sont surtout les produits pétroliers : 88 %, dont diesel et fioul : 47 % et essence : 38 %, mais la part des agrocarburants progresse rapidement : 8 % en 2012 contre 0,7 % en 2002 et 4 % en 2007[e 25].

Le secteur des transports en Suède, comme dans la plupart des pays développés, est nettement dominé par le transport routier. Ainsi, en 2008, sur les 137 milliards de personnes-kilomètres, 87 % ont été effectués par route, tandis que le transport ferroviaire (incluant le tramway) représente 10 %, le transport aérien 2,6 % et le transport maritime 0,6 %[EM 6]. Le transport de marchandise est plus équilibré : sur les 100 milliards de tonnes-kilomètres, 92 milliards étaient des trajets longues distances effectués à 37,8 % sur les routes, 25,2 % par train et 36,9 % par bateaux[EM 7]. Cependant, la majorité de l'énergie consommée correspond au transport de personnes, le transport de marchandises représentant environ 30 %[TE 1].

En termes d'utilisation d'énergie, le transport routier étant en général moins efficace énergétiquement que le transport ferroviaire par exemple, sa part dans la consommation d'énergie du secteur est encore supérieure, à 93 % en 2009[TE 2].

Transport routier[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport ferroviaire en Suède.
Histoire[modifier | modifier le code]
La série D de SJ, parmi les premières locomotives électriques suédoises pour le transport de passager

Le chemin de fer est arrivé en Suède relativement tardivement[58]. Il existait depuis la fin du XVIIIe siècle des liaisons sur rails en bois, tirés par des chevaux, tels que celle reliant une mine au port à Höganäs à partir de 1798[59]. Dans les années 1840, des voies de chemin de fer commencèrent à être construites, mais le cheval était toujours utilisé comme moyen de traction. Ainsi, en 1849 fut inaugurée la ligne de Frykstad, dans le Värmland, première ligne de passagers du pays[60]. La première locomotive à vapeur de Suède fut construite en 1852[58]. En 1856, la première ligne de chemin de fer d'État fut inaugurée entre Malmö et Lund[60], marquant ainsi le grand début du développement des chemins de fer suédois.

Assez rapidement, grâce à l'abondance de la houille blanche, la Suède commence à électrifier ses lignes. La première ligne électrifiée fut Djursholmsbanan, à Stockholm, en 1895[61], figurant ainsi parmi les premières au monde[62]. Ceci était principalement justifié par la volonté d'éviter les locomotives à vapeur en centre ville de Stockholm[62]. Quelques autres lignes privées prirent alors l'exemple et s'électrifièrent. Cependant, la première électrification d'une ligne majeure fut l'électrification de la ligne Malmbanan, dans l'extrême nord du pays, assurant le transport du minerai de fer des mines de Kiruna vers les ports de Luleå du côté suédois et de Narvik du côté norvégien, ce dernier ayant l'avantage d'être libre de glace toute l'année[63]. Afin d'approvisionner cette ligne, Vattenfall construisit la centrale hydroélectrique de Porjus à partir de 1911, dans un lieu auparavant désert, à 50 km de la ville la plus proche[64]. La ligne fut ensuite électrifiée entre 1915 et 1922[63]. Ceci permit d'utiliser des locomotives plus puissantes et a permis d'augmenter considérablement la capacité de la ligne, ainsi que de réduire le temps de trajet[63].

Consommation énergétique[modifier | modifier le code]
La Suède fait partie des pays d'Europe ayant la plus grande proportion de lignes électrifiées

Le réseau ferré suédois regroupe à la fois les chemins de fer traditionnel, le métro (le seul réseau de métro de Suède est celui de Stockholm) et le tramway. Le réseau est long de 11 633 km, dont 7 596 km (65 %) sont électrifiés[65]. Cependant, ce sont en général les lignes les plus fréquentées qui sont électrifiées, et, ainsi, la consommation énergétique est très nettement dominée par l'électricité, avec environ 2 800 GWh consommés par an[TE 3]. Sur le reste du réseau, les locomotives sont des locomotives diesel, avec 26 000 m3 en moyenne par an, soit environ 257 GWh[TE 3]. L'électricité est principalement utilisée sous haute tension, la basse tension étant principalement utilisée pour le métro et le tramway[TE 4].

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Les carburants utilisés pour le transport maritime sont le diesel ou le pétrole de catégorie 1 à 5 selon l'échelle d'ASTM International. Pour la consommation domestique, la proportion de catégorie 1 (le plus cher) diminue progressivement entre 2001 et 2009, passant de 119 000 m3 à 20 000 m3[TE 5]. En revanche, l'utilisation du diesel et des pétroles de catégorie supérieure a augmenté, passant de 17 000 m3 à 35 000 m3 pour le diesel et de 46 000 m3 à 92 000 m3 pour les pétroles de catégorie 2 à 5[TE 5]. Cependant, la majeure partie du carburant utilisée dans le secteur des transports maritimes est liée au transport international, avec, en 2009, 102 000 m3 de pétrole catégorie 1 et 2 283 000 m3 de pétrole catégorie 2 à 5[TE 6].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Le premier vol en Suède eut lieu en 1909 (par un aviateur français), et, l'année suivante, Carl Cederström devint le premier pilote diplômé suédois[66]. La première base aéronautique militaire s'installa près de Linköping, sur le site de la première école de vol suédoise, fondée en 1912[66]. L'aviation civile, elle, commença en 1924 avec la fondation de AB Aerotransport[66]. De nos jours, le transport aérien représente 8 % des transports passagers de longue distance[EM 7]. La proportion de vols internationaux augmente peu à peu, et, en 2010, sur les 27 millions de passagers ayant transité en Suède, près de 21 millions étaient en provenance ou à destination de l'étranger[67]. De plus, les vols internationaux embarquent généralement plus de carburants, et, de ce fait, la consommation de carburants pour les vols domestiques n'est que de 20 % de la consommation totale[TE 5]. Les avions sont propulsés à l'aide de carburants spéciaux (carburant aviation), essentiellement basés sur le pétrole[TE 3]. En 2009, au total, 1 102 000 m3 de carburants ont été consommés[TE 5].

Ménages[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie des ménages en 2011[B 2] a été de 304 PJ. Sa répartition par source est : gaz naturel : 2 PJ, produits pétroliers : 5,6 PJ, biomasse : 47,5 PJ (16 %), électricité : 151,2 PJ (50 %), chaleur : 97,8 PJ (32 %). La part importante de la biomasse concerne surtout le chauffage au bois ; celle de la chaleur (chauffage urbain) est également issue en grande partie de la biomasse. Étant donné que la part des combustibles fossiles dans la production d'électricité est de 5 % et dans la production de chaleur de 17 %, on constate que les ménages utilisent très peu les combustibles fossiles : 2,5 % directement et 8 % via le chauffage urbain et l'électricité, soit à peine plus de 10 % au total ; c'est un des taux les plus bas du monde.

Services[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie du secteur des services (bureaux, commerces, administration) en 2011[B 2] a été de 161,5 PJ. Sa répartition par source est : gaz naturel : 4,8 PJ, produits pétroliers : 7,5 PJ, biomasse : 2,2 PJ, électricité : 91,2 PJ (56 %), chaleur : 55,8 PJ (35 %). Étant donné que la part des combustibles fossiles dans la production d'électricité est de 5 % et dans la production de chaleur de 17 %, on constate que les services utilisent peu les combustibles fossiles : 7,6 % directement et 8 % via le chauffage urbain et l'électricité, soit à peine plus de 15 % au total.

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Orientation politique[modifier | modifier le code]

La Suède a été un des tous premiers pays à introduire la taxe carbone (sous le nom de « taxe sur le dioxyde de carbone ») en 1991. Mais cette taxe est modulée en fonction du degré d'exposition à la compétition internationale des diverses catégories de consommateurs : ainsi, les consommateurs domestiques (ménages) paient une taxe carbone 20 fois plus élevée que les industriels[B 4]. Le montant de cette taxe a été progressivement augmenté et représente actuellement plus de 100 euros/tonne de CO2[68].

Dans le cadre de la directive européenne sur les renouvelables (2009/28/EC) qui fixe l'objectif de porter à 20 % en 2020 la part des énergies renouvelables dans l'ensemble de l'approvisionnement en énergie de l'Europe, la Suède, qui en était déjà en 1990 à 33 %, s'est vue fixer l'objectif de passer à 49 % et a relevé cet objectif de sa propre initiative à 50 % ; en 2010, elle atteignait déjà 48 % d'énergies renouvelables. La majeure partie de cette progression est due à l'utilisation accrue de la biomasse, en particulier pour la production d'électricité et de chaleur dans les centrales de cogénération qui alimentent les réseaux de chaleur. L'industrie du bois, très importante en Suède, a également accru l'utilisation énergétique de la biomasse (bois et déchets : sciure, liqueur noire, etc.) ; l'usage accru des pompes à chaleur a contribué à abaisser l'utilisation des combustibles fossiles pour le chauffage ; dans les transports, la Suède a accru l'utilisation des biocarburants afin d'atteindre l'objectif européen de 10 % de biocarburants pour 2020 et s'est fixé l'objectif de rendre le parc de véhicules suédois indépendant des combustibles fossiles d'ici 2030[B 5].

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Les produits énergétiques supportent, en dehors de la TVA, deux principales taxes :

  • la taxe sur l'énergie, qui est une accise semblable à la TICPE (ex-TIPP) française ;
  • la taxe carbone.

Pour les produits les plus courants, les montants de ces taxes étaient en 2011[50] :

  • essence sans plomb : 3,14 SEK/litre de taxe sur l'énergie et 2,51 SEK/litre de taxe carbone (environ 35 c€ et 28 c€), soit respectivement 22,3 % et 17,8 % du prix total hors TVA ;
  • diesel : 1,57 SEK/litre de taxe sur l'énergie et 3,1 SEK/litre de taxe carbone (environ 18 c€ et 35 c€), soit respectivement 11,1 % et 22 % du prix total hors TVA ;
  • gaz naturel : 0,904 SEK/m³ (10,2 c€) de taxe sur l'énergie et 2,321 SEK/m³ (26 c€) de taxe carbone ;
  • électricité : 0,29 SEK/kWh (3,26 c€) de taxe sur l'énergie pour les ménages (0,19 SEK/kWh dans le Nord, région des barrages) ; 0,005 SEK/kWh seulement pour l'industrie ; pas de taxe carbone.

Recherche[modifier | modifier le code]

L'Agence Suédoise de l'Énergie est responsable du programme suédois de recherche sur l'énergie ; un rapport sur ce programme a été publié en 2009[69], entièrement orienté vers le développement durable : le trait le plus marquant de ce programme est l'importance accordée à la biomasse ; de nombreux sujets concernent l'efficacité énergétique dans tous les secteurs : industrie, bâtiments, transport ; pour la production d'énergie, à côté de la biomasse sous tous ses aspects, un chapitre est consacré aux pompes à chaleur pour lesquelles le rapport affirme que la Suède est un leader mondial.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2012 var.
2012/1971
var.
2012/1990
var.UE
2012/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 82,4 52,8 40,4 -51 % -23,4 % -13,8 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 10,18 6,17 4,25 -58 % -31,2 % -18,9 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions par habitant de la Suède sont les plus basses d'Europe ; la France (5,10 tonnes), la Suisse (5,20 tonnes) et surtout le Portugal (4,34 tonnes) sont proches de la performance suédoise, alors que l'Allemagne émet 9,22 tonnes de CO2/habitant, le Danemark 6,64 tonnes, la Finlande 9,13 tonnes et les Pays-Bas 10,37 tonnes.

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible Émissions 2012
Mt CO2
% var.
2012/1990
var.UE
2012/1990
Charbon[h 3] 7,2 18 % -30,7 % -34,4 %
Pétrole[h 4] 28,4 70 % -29,3 % -15,0 %
Gaz naturel[h 1] 2,4 6 % +88 % +35,6 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2012 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 2,8 7 % 0,29 0,45
Industrie et construction 10,6 26 % 1,12 1,93
Transport 20,1 50 % 2,12 1,74
dont transport routier 19,3 48 % 2,03 1,61
Résidentiel 3,1 8 % 0,33 1,58
Autres 3,8 9 % 0,40 1,20
Total 40,4 100 % 4,25 6,91
Source : Agence internationale de l'énergie[h 5]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Déchets nucléaires[modifier | modifier le code]

La gestion des déchets nucléaires en Suède est assurée par l'entreprise Svensk Kärnbränslehantering (SKB), fondée dans les années 1970[70]. L'entreprise opère plusieurs sites et équipements permettant de prendre en charge les combustibles depuis leur sortie de la centrale jusqu'au site final. Un des sites principaux est Clab à Oskarshamn, qui sert de site de stockage transitoire[71]. Le combustible encore chaud et fortement radioactif y est entreposé à 30 m de profondeur, entouré d'eau, qui protège contre les radiations et refroidit le combustible[71]. La capacité totale du site est de 8 000 tonnes, le site pouvant recevoir 300 tonnes par an[71]. Les déchets, moins radioactifs, pourront alors être acheminés jusqu'au site d'entreposage final, dont la construction est prévue à Forsmark[71] C'est aussi à Forsmark que sont d'ores et déjà entreposés les déchets nucléaires à faible durée de vie[72]. Ce site, inauguré en 1988, est le premier de ce type dans le monde et permet d'entreposer les vêtements de protection, les pièces des centrales qui ont été remplacées, ainsi que des matériaux provenant de centres de soins ou de certaines industries[72].

Le transport des déchets entre les centrales et les différents sites de stockage est assuré par un bateau spécialement prévu à cet effet, appartenant aussi à SKB[73].

SKB prévoit de construire à Forsmark le site de stockage final pour les déchets hautement radioactifs, pour l'instant entreposés au Clab. Le site, d'une capacité de 12 000 tonnes, sera situé à 500 m de profondeur dans des roches vieilles de près de 2 milliards d'années[74]. La construction devrait s'étaler entre l'an 2015 et l'an 2070[74].

Impact écologique[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. consommation intérieure brute = production + importations - exportations - soutes internationales (consommations des transports internationaux aériens et maritimes) ± variations de stocks.
  2. Solde des échanges internationaux d'électricité = importations - exportations (négatif si exportateur)
  3. production à base de biomasse et déchets dans les centrales de cogénération
  4. Taux de disponibilité : Energy Availability Factor (EAF)
  5. en réparation : problèmes de vibrations de turbine, moteurs diesel de secours et alimentation en eau
  6. Chaleur résiduelle, chaleur ambiante et électricité (pompes à chaleur).
  7. Usages non énergétiques (chimie)

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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