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Énergie en Suisse

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Énergie en Suisse
Barrage et Lac de l'Oberaar au Col du Grimsel, Oberland Bernois, Canton de Berne.
Barrage et Lac de l'Oberaar au Col du Grimsel, Oberland Bernois, Canton de Berne.
Bilan énergétique (2013)
Offre d'énergie primaire (TPES) 1 165,4 PJ
(27,8 M tep)
par agent énergétique pétrole : 43,3 %
électricité : 36,7 %
gaz naturel : 11,1 %
autres renouvelables : 4,7 %
bois : 3,8 %
charbon : 0,5 %
Énergies renouvelables 22,6 %
Consommation totale (TFC) 896 PJ
(21,4 M tep)
par habitant 145,7 GJ/hab
par secteur ménages : 29 %
industrie : 18,4 %
transports : 35 %
services : 16,7 %
agriculture : 1 %
Électricité (2013)
Production 68,31 TWh
par filière hydro : 57,9 %
nucléaire : 36,4 %
thermique : 2,4 %
biomasse/déchets : 2,4 %
autres : 0,8 %
éoliennes : 0,1 %
Combustibles (2013)
Production bois : 41 970 TJ
Commerce extérieur (2013)
Importations électricité : 36 208 GWh
pétrole : 12 382 kt
gaz naturel : 35 841 GWh
charbon : 228 kt
bois : 2 080 TJ
Exportations électricité : 38 604 GWh
pétrole : 575 kt
bois : 170 TJ
Sources
Office fédéral de l'énergie (OFEN)[s 1].

Le secteur de l'énergie en Suisse est, de par sa structure et son importance, typique d'un pays développé. Hormis l'énergie hydroélectrique et le bois énergie, le pays dispose de peu de ressources énergétiques indigènes : produits pétroliers, gaz naturel et combustible nucléaire sont importés, de sorte qu'en 2013 seulement 22,6 % de la consommation d'énergie primaire auront été couverts par des ressources locales, plus 23,3 % pour le nucléaire si l'on le considère comme local du fait du faible poids du combustible dans le prix de revient du kWh.

La consommation énergétique finale en Suisse a été multipliée par plus de cinq depuis le début du XXe siècle, passant d'environ 170 000 à 896 000 térajoules par an, la plus grande part étant aujourd'hui accaparée par les transports (35 % en 2013). Cette augmentation s'est faite en parallèle du fort développement de son économie et de l’accroissement de la population. Le secteur étant fortement libéralisé, la politique énergétique fédérale vise à accompagner les promesses faites à Kyoto en promouvant une utilisation plus rationnelle des énergies et, particulièrement depuis les années 1990, le développement de nouvelles sources renouvelables.

Grâce à la part importante de l'hydroélectricité (57,9 %) et du nucléaire (36,4 %) dans la production électrique, les émissions de CO2 liées à l'énergie par habitant en Suisse sont inférieures de 28 % à la moyenne de l'Union européenne et à peu près égales à celles de la France.

À la suite du tremblement de terre ayant touché le Japon en mars 2011 et à l'accident nucléaire de Fukushima, le Conseil fédéral a annoncé le 25 mai 2011 une sortie progressive de l'énergie nucléaire programmée pour 2034.

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

L'énergie étant difficilement transportable, son utilisation s'est tout d'abord faite dans les endroits où elle existait. Ainsi, la transformation de la force hydraulique en énergie mécanique est restée cantonnée aux rives des cours d'eaux. Les moulins à vent ont été construits dans des zones venteuses. L'énergie mécanique développée par l'eau ou le vent n'est pas transportable ou alors seulement sur de très faibles distances, par exemple grâce à des systèmes de courroies. Le bois en tant qu'énergie de chauffage peut quant à lui être transporté ; cependant, en raison des besoins et de la situation géographique des forêts, il a rarement été convoyé sur de grandes distances, exception faite ces dernières années avec le développement du bois énergie pour le chauffage des bâtiments (du fait du fioul, de plus en plus cher avec l'augmentation du prix du pétrole).

Le sous-sol suisse est pauvre en matières premières exploitables pour le secteur énergétique. Du charbon a été exploité et a pu répondre à certains besoins du pays pendant quelque temps, cependant aujourd'hui aucune ressource énergétique du sous-sol suisse n'est exploitée. Les ressources énergétiques présentes en Suisse sont des énergies renouvelables comme l'énergie hydraulique, éolienne ou solaire.

L'utilisation de chaque agent énergétique a varié selon les besoins, les ressources indigènes et les avancées technologiques.

Agents énergétiques indigènes[modifier | modifier le code]

Le terme agent énergétique indigène désigne les agents énergétiques présents dans le pays.

Bois[modifier | modifier le code]

Exploitation forestière dans le canton de Vaud ; bûches de bois de chauffage.

Le bois a pendant longtemps constitué la principale ressource énergétique utilisée en Suisse.

Au début du XXe siècle, le bois assure environ 15 % des besoins énergétiques du pays. Lors de la Première Guerre mondiale, le manque de charbon engendre un recours plus important au bois, et à la fin de la guerre, celui-ci couvre environ 20 % des besoins. L'utilisation du bois comme ressource énergétique a ensuite lentement diminué jusqu'en 1939. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la production de bois comme ressource énergétique a atteint des valeurs bien supérieures à la croissance naturelle du bois dans le pays. Au cours des années 1941 et 1942, l'utilisation est montée à 200 % de la croissance naturelle du bois. Au cours de cette période, le bois représente 30 % de la consommation totale d'énergie dans le pays[OFEN 1]. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la part du bois dans les énergies utilisées en Suisse a diminué pour ne représenter que 1,7 % de la consommation finale en 1970. À la suite du premier choc pétrolier, cette part a fortement augmenté pour atteindre 3,7 % en 1985[s 2].

En 2013, le bois fournit 41 970 TJ, soit 16,1 % de la production indigène d'énergie et 3,8 % de la consommation d'énergie primaire du pays ; il représente 4,5 % de la consommation finale d'agents énergétiques avec un volume de 40 460 TJ[s 3].

Forces hydrauliques[modifier | modifier le code]

L'hydrologie de la Suisse est marquée par la présence de nombreux cours d'eau sur tout le territoire national ; ceux-ci ont très vite été utilisés pour fournir de l'énergie mécanique nécessaire aux besoins humains, à partir d'installations au fil de l'eau. Au début du XXe siècle, les installations hydrauliques fournissaient encore directement de l'énergie mécanique, ainsi les infrastructures demandeuses étaient très peu éloignées des cours d'eau, tout au plus quelques centaines de mètres[OFEN 2]. À partir de la première décennie du XXe siècle, des barrages d'accumulation ont commencé à être construits dans les Alpes, le transport de l'électricité permettant d'éloigner les sites de production des sites de consommation. En 1925, l'utilisation des forces hydrauliques directement en énergie mécanique ne représentait annuellement plus que 80 GWh soit 4 % des forces hydrauliques du pays. Au cours des années 1950 - 1970, la Suisse a construit de nombreux ouvrages hydroélectriques, comme le barrage de la Grande-Dixence et le barrage d'Émosson.

En 2013, les forces hydrauliques produisent 142 460 TJ, ce qui représente 54,5 % de la production indigène d'agents énergétiques primaires et 12,2 % de la consommation brute d'énergie du pays[s 3].

Ordures ménagères et déchets industriels[modifier | modifier le code]

Le pays génère d'importantes quantités de déchets, qu'ils soient d'origines ménagères ou industrielles. De par sa forte densité de population, la Suisse a peu recours à l'enfouissement des déchets, mais plutôt à l'incinération. La chaleur générée par la combustion des ordures ménagères et déchets industriels est utilisée à des fins énergétiques. En 2013, les déchets fournissent 54 720 TJ, soit 20,9 % de la production indigène d'énergie et 4,7 % de la consommation brute d'énergie suisse[s 3].

Gaz[modifier | modifier le code]

Du gaz a été extrait du sous-sol suisse de 1985 à 1994 à Finsterwald, dans le canton de Lucerne. Cette production n’a représenté que 0,4 % de la production indigène d’agents énergétiques primaires en 1985, au plus fort de sa production. Les gisements de gaz naturel découverts sont trop faibles pour justifier une exploitation économique[s 4]. Au cours des années 1960, du gaz a été produit en Suisse par craquage de produits pétroliers[OFEN 3] ; la production de gaz de ville à partir de houille et de produits pétroliers, qui représentait plus du quart des besoins en 1970, a disparu progressivement pour s'éteindre en 2008[s 5].

Autres énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Évolution de la production indigène d'énergie de 1972 à 2011.
Diagramme suivant en valeur absolue →
← Diagramme précédent en pourcentage

La force hydraulique est une énergie renouvelable, ainsi que le bois et les déchets ; cependant, compte tenu de leur importance dans le secteur suisse de l'énergie, ces énergies sont comptabilisées séparément dans les statistiques. L'Office fédéral de l'environnement considère dans ses statistiques, comme autres énergies renouvelables l'énergie solaire, l'énergie éolienne, les biogaz, les biocarburants et la chaleur ambiante (pompe à chaleur)[s 6]. L'utilisation de ces énergies fait l'objet de relevés par l'Office fédéral de l'énergie depuis 1990. Depuis cette date, l'énergie produite par ces agents énergétiques renouvelables est en hausse continuelle (4 800 TJ en 1990, 7 790 TJ en 2000 et 17 138 TJ en 2011).

L'énergie solaire est de deux types : le photovoltaïque et le solaire thermique. En 2013, les 31 390 installations photovoltaïques totalisent une puissance installée de 755,6 MWc et produisent 544,2 GWh, soit 0,8 % de la production d'électricité du pays ; les capteurs solaires destinés à la production d'eau chaude ou au séchage du foin totalisent une surface de 1,4 millions de m3 et une puissance thermique de 988 MWth ; leur production de chaleur atteint 567 GWh[s 7] ; au total, le solaire représente 1,7 % de la production indigène d'énergie[s 8].

L'énergie éolienne a aussi été utilisée en Suisse pour le travail des meuniers. Comme dans les pays voisins, cette utilisation a été abandonnée avec l'arrivée de la vapeur et de l'électricité. Depuis plusieurs décennies, l'énergie éolienne se développe dans des pays comme l'Allemagne ou le Danemark, mais en Suisse les conditions s'y prêtent peu. Le relief de la Suisse est très accidenté. La densité de population est très forte dans les zones géographiques, comme le plateau suisse où le relief est plus adapté à l'installation d'éoliennes. En 2013, la puissance installée des 37 éoliennes suisses est de 60,3 MW et la production d'électricité d'origine éolienne se monte à 89,5 GWh, soit 0,13 % de la production d'électricité nationale[s 9].

La géothermie est aussi utilisée, comme à Bâle, avec un réseau de chauffage à distance tirant une partie de son énergie d'un forage à 1 500 m[OFEN 4].

Agents énergétiques importés[modifier | modifier le code]

La Suisse importe des agents énergétiques primaires tels que le charbon, le gaz et le pétrole, mais aussi des agents énergétiques secondaires comme l'électricité.

Charbon[modifier | modifier le code]

Charbon.

Pendant la première moitié du XXe siècle, le charbon est la principale ressource énergétique du pays. Avant la Première Guerre mondiale, le charbon, utilisé tant pour la production de chaleur que pour le travail mécanique, a représenté jusqu'à 80 % de l'énergie consommée en Suisse. À cette époque, les chemins de fer consommaient environ un quart du charbon utilisé dans le pays.

La Première Guerre mondiale a entraîné une montée importante des prix du charbon, cette situation n'est revenue à la normale qu'après 1920 ; en 1919 et 1920 les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) ont payé le charbon six fois plus cher qu'avant la guerre[OFEN 5]. Cette hausse des prix et cette pénurie ont provoqué un rationnement, ainsi en décembre 1918 les CFF ont dû cesser le trafic dominical.

Après la guerre, la consommation de charbon a lentement augmenté pour atteindre un maximum absolu d'environ 3,3 millions de tonnes en 1929. En raison des tensions politiques importantes en Europe, la Suisse constitue d'importants stocks de charbon dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale. Ces stocks ainsi que l'extraction de tourbe, comme substituant, ont permis de pallier une partie des importations en nette baisse. En 1945, les stocks ont couvert 60 % des besoins bruts en charbon[OFEN 5]. Au cours de la période 1950 - 1965, la consommation brute de charbon reste constante, elle est à un niveau correspondant à environ 80 % des années d'avant-guerre. Elle a par la suite diminué, alors que la consommation totale d'énergie a fortement augmenté durant les trois décennies suivant la seconde Guerre mondiale, ainsi sa part relative dans la consommation énergétique suisse a diminué. En 1998, la Confédération suisse annonce la fin de l'obligation du stockage obligatoire du charbon. À cette date, le charbon représente moins de 1 % de la consommation énergétique du pays[1].

Du charbon est présent dans le sous-sol suisse. Un total de trois millions de tonnes a été extrait dont 40 % pendant la Seconde Guerre mondiale, pour répondre à des problèmes d'approvisionnement[Labhart 1]. L'exploitation du charbon présent dans le sous-sol est définitivement abandonnée en 1947 à la suite de la reprise des importations après-guerre[OFEN 5].

En 2013, il n'y a plus d'extraction du charbon en Suisse ; 228 000 tonnes ont été importées[s 4] et 226 000 tonnes consommées[s 9]. La quantité de charbon consommée en 2013, correspondant à 5 670 TJ, est utilisée à 93 % dans l'industrie du ciment, et à 7 % par les ménages[s 3].

Pétrole et produits pétroliers[modifier | modifier le code]

Des recherches pétrolifères ont été menées en Suisse, la Swisspetrol Holding SA avait été créée à cette fin. Il s'agissait d'une association de dix sociétés cantonales et régionales ; sa liquidation a eu lieu en 1994 devant la faible probabilité de trouver du pétrole exploitable dans le pays[Labhart 2]. En 2008, devant la montée du prix du baril, les recherches pétrolifères reprennent notamment dans la région lémanique[2]. Jusqu'en 2008, les besoins suisses en pétrole et en produits pétroliers ont toujours dépendu des importations et d'éventuels stockages dans les dépôts pétroliers et raffineries.

Pendant la première moitié du XXe siècle, le pétrole n'a représenté qu'une part minime des agents énergétiques utilisés en Suisse. Au début des années 1930 il représentait 10 % de l'approvisionnement énergétique du pays. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les produits pétroliers ont pris une place très importante. En 1970, à la veille du premier choc pétrolier, ils représentent 80 % de l'approvisionnement énergétique. Après les deux chocs pétroliers des années 1970 cette part a diminué pour atteindre 70 % dans les années 1980[OFEN 6].

Le pétrole brut n'est pas consommé tel quel, il est raffiné afin d'obtenir différents sous-produits comme le fioul, le kérosène ou le gaz (butane et propane). La Suisse possède deux raffineries, une à Collombey qui appartient avec Tamoil Suisse SA au groupe Oilinvest et l'autre à Cressier dans le canton de Neuchâtel[3]. La production des raffineries suisses représentait 42,1 % de la consommation finale 2013 de produits pétroliers. Cette part varie d'une année à l'autre mais reste comprise entre 29 et 45 % entre 1992 et 2013[s 10].

En 2013, la consommation finale de produits pétroliers est de 10,933 millions de tonnes ; elle a peu varié jusqu'en 2010 (11 à 12 Mt/an), puis a baissé brutalement de 7,9 % en 2011. Le maximum de consommation avait été atteint en 1992 avec 12,295 millions de tonnes. Sur le total des produits consommés, l'huile extra-légère (fioul domestique) représente 34,7 % (en recul progressif, avec des fluctuations selon les températures : c'est elle qui est responsable à la chute de consommation de 2011, due à un hiver très doux ; sa consommation a baissé de moitié par rapport à 1973), l'essence 25,6 %, le carburant diesel 24,0 % (en hausse constante depuis plus de 30 ans, sauf pendant la décennie 1990 : sa part était de 5,5 % en 1975), les carburants d'aviation 14,4 % (eux aussi en progression constante depuis 30 ans, sauf dans les années 1990), l'huile moyenne et lourde 0,2 % (utilisée surtout pour la production d'électricité, elle est en voie de disparition après avoir eu une part de 23 % en 1973), la coke de pétrole 0,3 %, les autres produits pétroliers (gaz liquéfié, pétrole lampant, White Spirit) 0,8 %[s 11].

Gaz[modifier | modifier le code]

En 1971, l'industrie gazière parvient à se connecter au réseau de transport européen de gaz naturel en obtenant le passage en Suisse du gazoduc reliant l'Italie aux Pays-Bas[4]. Le gaz consommé en Suisse provient exclusivement de l'importation. En 2004, le gaz acheté par la Suisse provenait à 51,9 % de l'Allemagne, 22,6 % des Pays-Bas, 9,5 % de Russie, 10,5 % de France et 5,5 % d'Italie. La Suisse n'achète pas directement le gaz qu'à des pays producteurs comme la Russie, mais aussi à des pays comme l'Allemagne ou la France qui eux-mêmes l'achètent à des producteurs[OFEN 7].

Le réseau de gaz s'est développé à partir de 1971, et le passage du gazoduc reliant l'Italie et les Pays-Bas. Cette conduite, nommée conduite Wallbach - Griespass, réalise 80 % des importations de gaz naturel[5]. Elle passe par l'Allemagne, elle rentre en territoire suisse à Wallbach dans le canton d'Argovie, traverse le pays du nord au sud et rentre en Italie au niveau du col de Gries en Valais. Dans le nord de ce parcours, sur le plateau suisse, elle est connectée à divers réseaux de fournisseurs qui desservent les grandes agglomérations du plateau (Bâle, Zurich...)[OFEN 8]. Le réseau est aussi connecté à la France dans le canton de Genève.

Le marché suisse du gaz naturel est très éclaté, dans le domaine de la fourniture une centaine de sociétés sont actives. Dans ces sociétés, les sept plus importantes couvrent 50 % du marché et les 42 plus petites 10 %. Cette structure éclatée est notamment due à la création de nombreuses usines municipales au milieu du XIXe siècle qui produisaient du gaz à partir du charbon. La grande majorité de ces sociétés sont toujours contrôlées par les pouvoirs publics locaux[OFEN 8].

En 2013, la Suisse a importé 35 841 GWh de gaz naturel. Elle a cessé d'exploiter le gaz présent dans son sous-sol depuis 1994 et le dernier producteur de gaz de ville est passé au gaz naturel en 2008 ; par contre, l'injection de biogaz dans le réseau, apparue en 1998, progresse rapidement bien qu'encore marginale : 0,4 % de la consommation finale[s 5]. Le gaz est utilisé pour la production d'électricité (6,1 % de la consommation brute), et directement dans l'industrie (32,8 % de la consommation finale de gaz), par les ménages (chauffage) : 42,3 %, et dans les services :23,1 % ; son utilisation dans les transports est encore faible, mais progresse rapidement : 0,9 %[s 3].

Utilisation du gaz en Suisse.
Année Ménages Industrie Services Transport Total
2011 40 990 TJ 34 590 TJ 20 050 TJ 1 560 TJ 103 700 TJ
39,5 % 33,4 % 19,3 % 1,5 % 100 %

Électricité[modifier | modifier le code]

La Suisse produit de l'électricité mais en importe aussi ; voir, ci-après, la section consacrée à ce secteur.

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Article principal : Industrie nucléaire en Suisse.

Les minerais d'uranium présents dans le sous-sol suisse n'ont jamais été exploités. Des recherches ont été menées entre 1957 et 1977. De nombreux gisements ont été découverts, la plupart se trouvant dans le canton du Valais, les autres dans les cantons des Grisons et de Saint-Gall. En 1979, une subvention de 1,5 million de francs suisses est octroyée par la confédération pour encourager la prospection d'uranium, subvention répartie de 1980 à 1984. Entre 1980 et 1981 des recherches sont menées dans le massif des Aiguilles Rouges. En 1982, c'est en Valais à Isérables (prospection au sol) et Naters (sondage) que des recherches sont menées. Entre 1982 et 1984, d'autres recherches, toujours en Valais, concernent la région de la nappe de charriage de Bernhard dans les Alpes pennines (ouest du Valais). Il en résulte que l'uranium présent dans la zone est disséminé de façon irrégulière dans la roche. Depuis 1985, aucune prospection d'uranium n'a été réalisée en Suisse[6]. En 1986, une étude a estimé que le coût du minerai exploité dans le gisement le plus intéressant dépasserait le prix du marché mondial[Labhart 1]. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), aucune ressource en uranium n'est exploitée en 2005 en Suisse[6].

La Suisse ne dispose pas d'usine de production de combustible nucléaire, aucun projet de ce type n'existe. Les centrales nucléaires suisses fonctionnent donc avec du combustible importé. Il n'existe pas de politique fédérale sur l'approvisionnement en combustible nucléaire, en effet les sociétés privées propriétaires des centrales prennent la totalité des achats à leurs charges[7].

Selon l'OCDE, les seuls stocks d'uranium présents en Suisse sont ceux détenus par les entreprises exploitant les centrales nucléaires, il s'agit d'U3O8, d'UF6 (naturel) et d'UF6 (enrichi)[7].

L'Office fédéral de l'énergie ne comptabilise pas le combustible nucléaire dans les importations d'agents énergétiques, ainsi les chiffres donnés par les autorités fédérales au sujet des importations d'agents énergétiques ne prennent pas en compte la valeur énergétique du combustible nucléaire. L'utilisation commerciale de l'énergie nucléaire a débuté en 1969, avec la mise en service du réacteur nucléaire de Beznau 1 (voir la partie relative à l'électricité).

Consommation brute d'énergie[modifier | modifier le code]

Consommation brute d'énergie par source d'énergie (en PJ)
Énergie 1950 % 1970 % 1990 % 2000 % 2008 2009 2010 % 2011 2012 2013 % 2013
Charbon 77 42,9 27,3 4,1 14,9 1,5 5,8 0,5 6,6 6,2 6,2 0,5 5,8 5,3 5,7 0,5
Pétrole 43,8 24,4 515 77,4 532 52,3 536 48,4 526 513 524 44,5 486 495 504 43,3
Gaz naturel 0 1,5 0,2 68,3 6,7 101,9 9,2 117,5 112,8 126,0 10,7 111,8 122,5 129,0 11,1
Ss-total fossiles 120,8 73,6 544 81,7 615 60,5 643 58,1 650 632 656 55,7 603 623 639 54,9
Nucléaire 0 20,2 3,0 243 23,9 272 24,6 285 285 275 23,3 279 266 271 23,3
Force hydraulique 39,1 21,8 112,6 16,9 110,4 10,8 136,3 12,3 135,2 133,7 134,8 11,4 121,7 143,7 142,5 12,2
Bois 21,7 12,1 10,1 1,5 28,6 2,8 27,9 2,5 35,7 37,1 39,8 3,4 35,7 40,0 43,9 3,8
Déchets* nd nd nd nd 23,2 2,3 45,6 4,1 54,8 52,9 54,6 4,6 55,5 56,3 54,7 4,7
autres EnR nd nd nd nd 4,6 0,4 7,4 0,7 12,6 13,7 16,3 1,4 16,9 19,8 22,5 1,9
Ss-total EnR 60,8 33,9 122,7 18,4 155,2 15,1 194,4 17,5 210,9 210,9 218,2 18,5 202,1 231,6 236,2 20,2
Utilisation totale** 181,6 101,3 686,9 103,3 1 025,6 100,7 1 132,8 102,3 1 173,7 1 154,4 1 176,8 99,8 1 112,0 1 148,1 1 174,0 100,7
Solde électricité*** -2,3 -1,3 -21,7 -9,3 -7,6 -0,7 -25,5 -2,3 -4,1 -7,8 1,9 0,2 9,3 -7,9 -8,6 -0,7
Conso brute**** 179,3 100 665,2 100 1 018,0 100 1 107,3 100 1 169,6 1 146,6 1 178,7 100 1 121,3 1 140,2 1 165,4 100
Source : OFEN[s 12]
* ordures ménagères et déchets industriels ; la part renouvelable est fixée conventionnellement à 50 %.
** Utilisation totale d'agents énergétiques ; ** solde importateur d'électricité ; *** consommation brute d'énergie dans le pays.

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

La Suisse produit de l'électricité, principalement par des installations hydroélectriques et des centrales nucléaires. Globalement elle importe massivement de France et exporte massivement vers l'Italie[e 1]. Les flux en importation et en exportation sont variables selon la période de l'année et le moment de la journée.

Les principaux acteurs du secteur de l'électricité (classés par chiffre d'affaires) sont Alpiq[8] (groupe issu de la fusion entre Atel et Énergie Ouest Suisse, avec participation d'EDF), Axpo, BKW (forces motrices bernoises), Repower et Groupe E. La gestion du réseau a été en partie transférée à Swissgrid.

Production[modifier | modifier le code]

En 2013, la production brute de l'électricité est assurée à 57,9 % par les installations hydroélectriques, 36,4 % par les centrales nucléaires, 3,9 % par des centrales thermiques classiques (dont 1,5 % de part renouvelable) et 1,7 % d'énergies renouvelables diverses[s 13].

Production d'électricité (en TWh)
Source 1970 % 1990 % 2000 % 2008 2009 2010 % 2011 2012 2013 % 2013
Fossiles* 1,8 5,1 0,7 1,2 1,7 2,6 2,0 1,9 2,2 3,3 1,9 1,8 1,6 2,4
Nucléaire 1,85 5,3 22,3 41,2 24,9 38,2 26,1 26,1 25,2 38,1 25,6 24,3 24,9 36,4
Force hydraulique 31,3 89,6 30,7 56,8 37,9 57,9 37,6 37,1 37,4 56,5 33,8 39,9 39,6 57,9
dont fil de l'eau 13,8 39,4 13,6 25,1 17,6 26,9 16,7 16,1 16,0 24,2 14,7 17,8 17,8 26,0
dont accumulation 17,5 50,2 17,1 31,6 20,3 31,0 20,9 21,0 21,4 32,3 19,1 22,1 21,8 31,9
Bois 0 0,006 0,01 0,014 0,02 0,13 0,15 0,14 0,2 0,19 0,25 0,28 0,4
Centrales th.* nd nd 0,35 0,7 0,67 1,0 0,92 0,88 0,93 1,4 0,96 1,02 1,05 1,5
Biogaz nd nd 0,08 0,15 0,15 0,2 0,18 0,19 0,21 0,3 0,23 0,26 0,28 0,4
Photovoltaïque 0 0,001 0,002 0,01 0,02 0,04 0,05 0,09 0,06 0,17 0,32 0,54 0,8
Éolien 0 0 0,003 0,005 0,019 0,023 0,04 0,03 0,07 0,09 0,09 0,13
Ss-total EnR 31,3 89,6 31,1 57,5 38,7 59,2 38,8 38,4 38,9 56,9 35,4 41,8 41,8 61,2
Prod. brute 34,9 100 54,1 100 65,3 100 67,0 66,5 66,3 100 62,9 68,0 68,3 100
Pompage** -1,0 -2,8 -1,7 -3,1 -2,0 -3,0 -2,7 -2,5 -2,5 -3,8 -2,5 -2,4 -2,1 -3,1
Prod.nette*** 33,9 97,2 52,4 96,9 63,4 97,0 64,3 63,9 63,8 96,2 60,4 65,6 66,2 96,9
Source : OFEN[s 13]
* Fossiles : part non renouvelable de la production des centrales thermiques classiques et des centrales chaleur-force.
** Consommation d'électricité des centrales de pompage-turbinage pour le pompage ; *** Production nette d'électricité.

Installations hydroélectriques[modifier | modifier le code]

En 2013, les installations hydroélectriques suisses ont produit 39 572 GWh d'électricité soit 57,9 % de la production totale d'électricité du pays. Cette production étant répartie entre les centrales au fil d'eau (44,9 %) et les centrales à accumulation (55,1 %)[e 2].

Canton Nb centrales
[note 1]
Puissance
MW
Production
GWh
Zurich 13 127,85 592,26
Schaffhouse 4 47,53 279,55
Berne 63 1321,70 3308,62
Appenzell Rhodes-Extérieures 3 8,90 22,98
Lucerne 9 8,52 52,71
Appenzell Rhodes-Intérieures 1 3,87 10,76
Uri 23 494,02 1528,77
Saint-Gall 46 424,01 606,99
Schwytz 14 228,44 476,16
Grisons 98 2673,79 7822,81
Obwald 11 116,29 310,13
Argovie 25 529,44 3170,01
Nidwald 5 43,32 151,97
Thurgovie 10 10,42 58,97
Glaris 34 628,90 932,54
Tessin 31 1449,05 3542,59
Zoug 6 22,09 68,78
Vaud 22 331,86 821,28
Fribourg 12 266,70 615,22
Valais 99 4663,75 9589,11
Soleure 8 87,30 543,62
Neuchâtel 12 33,74 133,07
Bâle-Ville 47,29 261,61
Genève 3 132,02 634,58
Bâle-Campagne 10 53,59 303,00
Jura 3 6,32 32,80
Total 565 13 760,7 35 870,9
Puissance électrique maximale disponible et production moyenne annuelle escomptée, état au 1er janvier 2013[OFEN 9]

Les zones montagneuses ont permis la construction de grandes installations hydroélectriques, ainsi les cantons des Grisons et du Valais sont les principaux producteurs d'hydroélectricité en Suisse, totalisant pratiquement 50 % de la production à eux deux.

Conduite d'arrivée des eaux d'Émosson à la centrale électrique de Martigny, Valais.

Les ouvrages hydroélectriques en Suisse sont de deux types : les barrages d'accumulation et les centrales au fil de l'eau. Les barrages d'accumulation sont de grands réservoirs situés en altitude, l'eau est accumulée dans une étendue d'eau artificielle. Les turbines sont situées plus bas dans la vallée et sont alimentées par des conduites forcées, elles produisent de l'électricité de par la hauteur de chute d'eau entre le barrage et la turbine. Du fait que l'eau soit stockée derrière le mur de barrage, un stockage d'énergie est réalisé, cette énergie est ensuite transformée en énergie électrique et régulée en fonction de la demande. Certaines installations d'accumulation pratiquent aussi le pompage-turbinage. L'eau est pompée dans la vallée et remontée en altitude, lors des creux de consommation, pour être turbinée lors des pics de consommation. Les centrales au fil de l'eau sont situées sur le cours des rivières, l'électricité est générée par le seul débit des cours d'eau, aucune accumulation d'eau n'est réalisée. La production instantanée d'électricité escomptée par des ouvrages au fil de l'eau est tributaire du débit instantané du cours d'eau.

La Suisse dispose de 579 centrales d'une puissance égale ou supérieure à 300 kW[OFEN 10] ; ses aménagements hydroélectriques les plus importants sont :

  • Grande Dixence (centrales de Bieudron 1 260 MW, Nendaz 384 MW, Fionnay 300 MW et Chandoline 120 MW), dont la production en 2013 est de 2 179 GWh, soit 5,5 % de la production hydroélectrique du pays[9].
  • Émosson, sur la frontière avec la France (le Barrage d'Émosson est en Suisse et les centrales en France), dont la production est partagée par moitié entre les deux pays : 205 GWh à Châtelard-Vallorcine et 207,5 GWh à La Bâtiaz (parts suisses).
  • Mauvoisin.

Les mises en services de l'année 2013 (nouvelles centrales et extensions de centrales existantes) ont ajouté 13 MW de puissance et 41 GWh de productible (production moyenne escomptée). Les centrales hydroélectriques en construction fin 2013 totalisent 2 171 MW de puissance et 309 GWh de productible (hors production issue du pompage) ; les deux principales sont les centrales de pompage-turbinage de Limmern (1 000 MW) et du Nant de Drance (900 MW)[e 3].

Le Conseil fédéral estime, dans sa Stratégie énergétique 2050, que la puissance de pompage-turbinage en Suisse, aujourd’hui de 1 700 MW, peut être portée à environ 4 000 MW d’ici 2020[10].

La centrale du Nant de Drance, en construction depuis 2008 par Alpiq et les CFF, apportera une capacité de production de 2 500 GWh/an en 2018[11].

Centrales nucléaires[modifier | modifier le code]

Depuis 1969, la Suisse utilise commercialement l'énergie nucléaire pour produire de l'électricité. Le pays dispose de cinq réacteurs nucléaires situés dans quatre centrales nucléaires. Elles utilisent les eaux de l'Aar pour le refroidissement à l'exception de la centrale de Leibstadt située sur le Rhin juste après la confluence avec l'Aar.

Centrale Réacteur Mis en service Type Puissance électrique Production en 2013 Taux d'utilisation
[note 2]
Centrale nucléaire de Beznau Beznau 1 1969 réacteur à eau pressurisée 365 MW 3 012 GWh 95,0 %
Beznau 2 1971 réacteur à eau pressurisée 365 MW 2 846 GWh 89,1 %
Centrale nucléaire de Mühleberg Mühleberg 1972 réacteur à eau bouillante 373 MW 2 940 GWh 90,0 %
Centrale nucléaire de Gösgen Gösgen 1979 réacteur à eau pressurisée 985 MW 6 382 GWh 74,5 %
Centrale nucléaire de Leibstadt Leibstadt 1984 réacteur à eau bouillante 1 220 MW 9 691 GWh 90,7 %
Total production nucléaire 2013 3 308 MW 24 871 GWh 86,1 %
Puissance installée et énergie produite par les cinq réacteurs nucléaires suisses en 2013.

Les cinq réacteurs nucléaires suisses produisent quasi essentiellement de l'électricité. Les centrales de Gösgen et de Beznau ont fourni de le chaleur au réseau régional Refuna de chaleur à distance ainsi qu'à deux entreprises industrielles voisines. Cependant, l'énergie fournie sur ces réseaux de chaleur est très faible par rapport à l'énergie fournie au réseau électrique, qu'elle a réduit de 77,2 GWh seulement.

Ces centrales ont été mises en service entre 1969 et 1984. Des projets pour la construction d'autres centrales ont existé. Des centrales à Kaiseraugst et Graben bénéficiaient de certaines des autorisations requises mais les projets ont été abandonnés. Des projets de centrales ont aussi vu le jour à Verbois, Inwil et Rüthi[OFEN 11]. En juin 2008, le groupe Atel annonce avoir déposé, auprès de l'Office fédéral de l'énergie une demande de construction d'un site à proximité de celui de Gösgen, ce site aurait une puissance de 1 600 MW[12].

À plusieurs reprises, les Suisses se sont exprimés par votation populaire au sujet des centrales nucléaires. Le 23 septembre 1990, le peuple rejette l'initiative intitulée Pour un abandon progressif de l'énergie atomique, avec 52,9 % de non. Le même jour la votation sur l'initiative populaire « Halte à la construction de centrales nucléaires (moratoire) » est acceptée avec 54,5 % de oui[13]. Cette votation aboutit au gel des autorisations de construction de centrales nucléaires en Suisse, pour une durée de dix ans[14].

Le 18 mai 2003, deux votations populaires sont rejetées, Sortir du nucléaire par 66,3 % de non et Moratoire-plus par 58,4 % des votants[15].

Centrales thermiques[modifier | modifier le code]

En 2013, sur les 68 312 GWh d'électricité produit dans le pays, 3 869 GWh l'ont été par des centrales thermiques (+divers), soit 5,7 %[e 4]. Cette production dite thermique correspond à l'électricité produite à partir d'agents fossiles ou biogènes (produits pétroliers, charbon, gaz, ordures ménagères ...). Parmi les installations thermiques de production d'électricité, les installations dites de couplage chaleur-force (CCF) ou cogénération sont des installations qui, par la combustion d'un agent énergétique, produisent conjointement chaleur et électricité. Pour être considérées comme telles, ces installations doivent convertir au moins 5 % de l'énergie absorbée en électricité et avoir un rendement global (chaleur et électricité) d'au moins 60 %.

En 2012, la production d'électricité thermique a été assurée par :

  • les centrales d'incinération des ordures :
  • l'industrie : 807 GWh (installations chaleur-force > 1 MWe) ;
  • les petites installations chaleur-force : 593 GWh ;
  • les centrales de chauffage à distance : 279 GWh
  • divers : 13 GWh

au total : 3 713 GWh[e 5].

Transport[modifier | modifier le code]

Le réseau des lignes à très haute tension (200 à 380 kV) mesure environ 7 250 kilomètres. Ce réseau assure la liaison avec le réseau européen d’interconnexion, il a aussi pour but le transport interrégional d'électricité. Le réseau global des lignes aériennes d'une tension comprise entre 16 et 380 kV représente environ 76 000 kilomètres[16].

Il existe aussi un réseau électrique d'interconnexion propre aux chemins de fer, fonctionnant sous une tension de 132 kV il mesure environ 1 600 kilomètres[16].

Demande et production[modifier | modifier le code]

Une turbine Pelton, type de turbine hydraulique utilisée pour des ouvrages d'accumulation. La Grande Dixence dispose de la turbine Pelton la plus puissante au monde.

L'électricité produite et distribuée sur un réseau ne se stocke que très difficilement, aussi les puissances produites et consommées doivent se correspondre en permanence. Il est nécessaire d'adapter la production à la demande des consommateurs raccordés au réseau. Cette consommation varie d'une période à l'autre de l'année et d'un moment à l'autre de la journée.

La production électrique des centrales nucléaires, des barrages au fil de l'eau, des barrages d'accumulation et des centrales thermiques classiques ne répond pas aux mêmes contraintes ni aux mêmes besoins. Les centrales nucléaires sont peu flexibles dans le temps, c'est-à-dire qu'elles ne peuvent augmenter brusquement leurs productions pour répondre à un pic de consommation. A contrario, les centrales hydroélectriques dotées d'ouvrages d'accumulation (réservoirs) peuvent répondre quasi instantanément à une hausse de consommation. Ainsi les centrales nucléaires assurent une production de base, cette production varie au cours de l'année mais à long terme pour répondre aux variations d'une saison à l'autre. Les centrales hydroélectriques d'accumulation et les centrales thermiques classiques permettent quant à elles d'augmenter brusquement la puissance totale du réseau lors d'un pic de consommation comme celui que l'on rencontre aux premières heures de la journée l'hiver (éclairage, besoins des foyers et des entreprises, démarrage des industries...).

La Suisse est interconnectée au réseau électrique européen, ainsi les flux d'électricité sont gérés en partie à l'échelle européenne et non à l'échelle nationale. Les flux d'importations et d'exportations répondent aux enjeux de demande et d'adaptabilité des moyens de production, mais aussi aux enjeux financiers. Les barrages d'accumulation permettent de stocker l'énergie sous forme d'eau, qui n'est turbinée que pendant les heures de forte demande ; les centrales de pompage-turbinage achètent de l'électricité du réseau quand le coût de celle-ci est au plus bas, pour pomper de l'eau vers un réservoir en altitude. Ces installations turbinent et produisent de l'électricité quand le coût de celle-ci est au plus haut.

La progression de la production d'électricité est difficile à mesurer du fait de ses importantes fluctuations d'une année sur l'autre, dues à la production des installations hydroélectriques, tributaire du climat, notamment du volume de précipitations. Ainsi, en 2011, la production brute d'électricité a baissé de 3,4 GWh, puis en 2012 elle a augmenté de 5,1 GWh, ces variations sont imputables pour l'essentiel aux installations hydroélectriques : -3,7 GWh et +6,1 GWh[e 4].

Importation et exportation[modifier | modifier le code]

En 2013, le solde des échanges internationaux d'électricité de la Suisse a été exportateur de 327 millions de CHF[s 14].

En 2013, sur la totalité des flux électriques, la Suisse a produit 66,2 TWh et a importé 36,2 TWh[s 4]. Sur ce total de 102,4 TWh injectés dans le réseau, 38,6 TWh ont été exportés[s 15], laissant 63,8 TWh pour la consommation intérieure, dont 4,5 GWh correspondent à des pertes de réseaux. Il reste ainsi 59,3 TWh de consommation finale[s 6]. En solde, la Suisse a importé 16,6 TWh de France et exporté 20,4 TWh vers l'Italie[e 1].

Consommation[modifier | modifier le code]

En 2013, la consommation finale d'électricité a augmenté de 0,6 % par rapport à 2012 à 59,3 TWh (milliards de kWh)[e 6], soit 213 560 TJ, ce qui représente 23,8 % de tous les agents énergétiques consommés dans le pays[s 2].

La consommation par habitant a été de 7 335 kWh en 2013, en baisse de 0,5 %. Elle a évolué comme suit :

Consommation finale d'électricité par habitant[e 6]
Année kWh/hab. % var. sur 10 ans
1950 2 054
1960 2 964 +44,3 %
1970 4 003 +35,1 %
1980 5 521 +37,9 %
1990 6 853 +24,1 %
2000 7 265 +6,0 %
2008 7 616 +9,5 %
2009 7 370 +3,1 %
2010 7 589 +4,5 %
2011 7 406 +0,4 %
2012 7 375 +0,2 %
2013 7 335 -1,5 %

Le ralentissement est très marqué ; la croissance disparait presque complètement à partir de 2006, et en 2013, pour la première fois, la consommation par habitant est inférieure à celle observée dix ans auparavant.

La consommation finale d'électricité 2013 se répartit en[e 7] :

  • ménages : 31,6 % ;
  • secteur primaire : 1,7 % (agriculture, horticulture, sylviculture, pêche) ;
  • secteur secondaire : 31,6 % (industrie, artisanat) ;
  • services : 27,0 % ;
  • transports : 8,1 %, dont chemins de fer : 5,3 % (y compris téléski, trams, trolleys) ; éclairage public : 0,7 % ; autres transports : 2,0 % (tunnels, gares, postes).

Cas des chemins de fer fédéraux[modifier | modifier le code]

La Suisse est le pays au monde où le nombre de kilomètres parcourus par habitant est le plus important[17]. Le réseau du pays est très développé notamment sur le plateau suisse, mais aussi avec des tunnels sous les Alpes. La principale société qui gère et exploite ce réseau sont les Chemins de fer fédéraux suisses, ou CFF. CFF Énergie est la filiale ces CFF chargée de l'alimentation du réseau en courant de traction.

Les Chemins de fer fédéraux suisses, ou CFF, est la principale entreprise ferroviaire de Suisse. Elle possède la majorité du réseau ferré du pays. Ce réseau ferré est très gourmand en électricité, une grande partie de l'électricité nécessaire à l'exploitation du réseau est produite dans des centrales hydroélectriques des CFF.

Consommation[modifier | modifier le code]

Évolution historique[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XXe siècle, la consommation finale est restée quasi constante, évoluant entre 80 000 et 120 000 TJ. Les deux conflits mondiaux marquent des baisses significatives de la consommation énergétique, baisses liées aux difficultés d'approvisionnement. À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, la consommation augmente très fortement. Pendant les Trente Glorieuses, la consommation finale est multipliée par 6, passant de 106 940 TJ en 1945 à 613 850 TJ en 1975. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 provoquent de petites diminutions de consommation, cependant entre 1970 et 2006 la consommation finale d'énergie passe de 586 790 à 888 330 TJ. Ainsi entre le niveau constant des années 1920 et le début du XXIe siècle la consommation finale d'énergie a été multipliée par huit, mais dans cette augmentation la part de chaque agent énergétique à évolué séparément.

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

En 2013, la consommation finale d'énergie se monte à un total de 896 000 TJ, en progression de 2,5 % par rapport à 2012[s 3]. La consommation finale d'énergie est l'énergie utilisée par le consommateur final, mesurée avant sa consommation, donc sans prendre en compte le rendement d'utilisation.

Agent énergétique Consommation finale
unité originale[s 16]
Consommation finale[s 3]
en TJ
Part en %
Produits pétroliers 10 933 kt 468 790 52,3
Électricité 59 323 GWh 213 560 23,8
Gaz[note 3] 33 660 GWh 121 170 13,5
Charbon 226 kt 5 670 0,6
Bois énergie -- 40 460 4,5
Chaleur à distance 2 764 GWh 17 890 2,0
Déchets -- 10 500 1,2
Autres énergies renouvelables[note 4] -- 17 960 2,0
Total Consommation finale -- 896 000 100,0
Consommation finale d'énergie en Suisse, par types d'agents énergétiques.

Par secteur[modifier | modifier le code]

Consommation finale d'énergie par secteur en 2007 (transports sur routes ou terrains privés comptabilisés dans les transports, pour l'industrie et les services).

La répartition par secteur de la consommation finale d'énergie en Suisse en 2013 est la suivante[s 17] :

  • secteur des transports : 35,0 % ;
  • ménages : 29,0 % ;
  • industrie : 18,4 % ;
  • services : 16,7 %
  • agriculture et écarts statistiques : 1,0 %.
Transports[modifier | modifier le code]

Le secteur des transports est celui qui consomme le plus d'énergie (35 % du total) et ce avec une forte dépendance envers les produits pétroliers. L'énergie finale consommée par les transports en Suisse a plus que décuplé entre 1950 et 2000. Au début des années 2000, ce niveau a relativement peu varié pour être, en 2007, de 1 % inférieur à celui de 2000.

En 2013, sur les 313 220 TJ consommés par les transports, 95,9 % proviennent de produits pétroliers et 3,6 % de l'électricité, fortement imputable aux chemins de fer. Le gaz représente seulement 0,4 % (compresseurs des gazoducs et gaz naturel pour véhicules). Le reste, 0,15 %, correspond aux énergies renouvelables (biocarburants, biogaz ...), dont l'utilisation a plus que triplé entre 2004 et 2008, mais stagne depuis[s 18].

Ménages[modifier | modifier le code]

Les ménages sont le second secteur en termes de consommation finale d'énergie (29 %). Le chauffage des locaux occupe une part importante de la consommation énergétique des ménages, celle-ci est donc liée au facteur climatique. Les hivers froids et longs demandent plus de chauffage que les hivers plus courts et plus doux. La consommation énergétique des ménages est sensiblement constante depuis une vingtaine d'années, avec des variations sensibles d'une année à l'autre, en fonction de la rudesse du climat. Néanmoins, les parts respectives de certaines énergies ont évolué, ainsi l'utilisation des produits pétroliers est en régression alors celles du gaz et de l'électricité augmentent[s 19].

En 2013, les besoins énergétiques des ménages ont été couverts à 38,3 % par les produits pétroliers (contre 57,4 % en 1190 et 49,4 % en 2000), à 26,0 % par l'électricité (19,9 % en 1990), à 19,7 % par le gaz (10,9 % en 1990), à 8,2 % par le bois, à 2,8 % par de la chaleur à distance, à 0,2 % par le charbon. Les énergies renouvelables utilisées par les ménages sont l'énergie solaire, l'énergie éolienne, le biogaz et la chaleur de l'environnement (pompe à chaleur). L'utilisation de ces énergies est en hausse rapide, de 1 % des besoins des ménages en 1990 à 4,9 % en 2013[s 19].

Industrie[modifier | modifier le code]

L'industrie consomme 18,4 % de l'énergie finale utilisée en Suisse en 2013, l'électricité est le principal fournisseur d'énergie à l'industrie avec 41,1 % des 164 460 TJ consommés par ce secteur, suivent ensuite le gaz (24,2 %) et les produits pétroliers (13,8 %), le bois et les déchets industriels (6,4 % chacun)[s 17].

Services[modifier | modifier le code]

Les services consomment 16,7 % de l'énergie finale utilisée en 2013 dans le pays, dont 42,6 % pour l'électricité, 28,6 % pour les produits pétroliers, 18,8 % pour le gaz, 5,1 % pour le bois, 2,9 % pour la chaleur à distance et 2,1 % pour les énergies renouvelables thermiques diverses[s 17].

Contexte économique[modifier | modifier le code]

Prix des énergies pour le consommateur[modifier | modifier le code]

Évolution des prix de l'énergie et des prix à la consommation, indice 100 en 1990.

De 1990 à 2013, tous les prix des agents énergétiques à la production ou à l'importation ont fortement augmenté à l'exception de l'électricité. L'augmentation la plus prononcée est celle de l'huile extra-légère (principalement utilisée pour le chauffage) : +210 %. Les carburants automobiles ont aussi augmenté : diesel +92 % ainsi que le gaz : +106 %. Cet accroissement du prix est la conséquence de l'augmentation du prix du pétrole. La production d'électricité en Suisse étant très peu dépendante des énergies fossiles, le prix de l'électricité ne suit pas la tendance des énergies fossiles[s 20].

Les prix à la consommation ont également connu une augmentation rapide : huile extra-légère (fioul domestique) +174 % ; électricité +22 % ; gaz +94 % ; essence +72 % ; mais les prix réels (diminués de l'inflation) ont diminué pour l'électricité : -7 % et augmenté assez fortement pour les combustibles fossiles : +109 % pour l'huile extra-légère, +48 pour le gaz et +31 % pour l'essence[s 21].

Commerce extérieur[modifier | modifier le code]

En matière de commerce extérieur, le secteur de l'énergie est déficitaire en raison de la forte dépendance vis-à-vis des énergies fossiles importées. Pour l'année 2013, l'excédent d'importation[note 5] se monte à 11 238 millions de Francs suisses (CHF) dont 9 816 millions CHF pour le pétrole, 1 557 millions CHF pour le gaz, 37 millions CHF pour le charbon, 34 millions CHF pour le bois et le charbon de bois et 121 millions CHF pour le combustible nucléaire[s 14].

Au niveau du marché de l'électricité, la Suisse a exporté plus d'énergie qu'elle n'en a importé, au niveau monétaire cette balance commerciale est aussi positive avec un excédent d'importation de 327 millions de Francs suisses en 2013. Au cours des années 2005 et 2006, la Suisse a importé plus d'électricité (en kWh) qu'elle n'en a exporté, cependant ces deux années là le solde commercial est bénéficiaire. En effet, certaines installations hydroélectriques font du pompage-turbinage. L'électricité est achetée aux pays voisins pendant les creux de consommation (notamment la nuit et en week-end) quand le prix d'achat est faible, elle permet le remplissage des lacs d'accumulation (pompage), l'eau est ensuite turbinée pendant les pics de consommation où l'électricité est revendue à prix élevé.

Ainsi, pour l'année 2013, la Suisse a un excédent d'importation de 11 565 millions CHF, ce qui représente 4,6 % de la valeur totale des importations du pays. Le solde total, en comptant l'excédent d'exportation d'électricité, est de 11 238 millions de Francs suisses[s 14].

Réserves stratégiques[modifier | modifier le code]

L'État fédéral suisse règlemente le volume des réserves stratégiques. Elles sont liées aux « risques et dangers auxquels l'approvisionnement du pays est soumis. » Selon le Département fédéral de l'économie, le risque de guerre en Europe n'est plus d'actualité, cependant les difficultés d'approvisionnement pourraient provenir de risques naturels ou techniques, de boycottage, de longues grèves ou des guerres et dangers hégémoniques hors d'Europe[18].

Ces réserves stratégiques concernent l'alimentation, l'énergie et les produits thérapeutiques. L'État fixe des quantités minimales non pas en volume mais en durée de consommation normale. Ainsi, dans le secteur de l'énergie cela correspond à 4,5 mois de consommation normale pour l'essence, le diesel et le mazout extra-léger et 3 mois pour le kérosène[19].

Organisation fédérale[modifier | modifier le code]

Office fédéral de l'énergie[modifier | modifier le code]

L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) est l'office fédéral compétent en matière d'énergie en Suisse. Il dépend du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Il a en charge les questions relatives à l'approvisionnement énergétique et l'utilisation de l'énergie.

Politique énergétique fédérale[modifier | modifier le code]

La politique fédérale sur l'énergie est décrite dans la Loi sur l'énergie (LEne) du 26 juin 1998. Cette loi a pour but un « approvisionnement énergétique suffisant diversifié, sûr, économique et compatible avec les impératifs de la protection de l'environnement »[OFEN 12].

Le 30 janvier 2001, le programme SuisseEnergie est lancé par le conseiller fédéral, chef du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, Moritz Leuenberger. Ce programme promeut, au niveau national, l'utilisation rationnelle de l'énergie[20].

La Suisse a adhéré au protocole de Kyōto en 2003. Ce protocole vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. La Suisse, comme l'Union européenne, s'est engagée à réduire de 8 % ses émissions de CO2 entre 2008 et 2012 par rapport à leur niveau de 1990[21].

À la suite du tremblement de terre ayant touché le Japon en mars 2011 et aux accidents nucléaires ayant touché les installations de Fukushima, le Conseil fédéral annonce le 25 mai 2011 une sortie progressive de l'énergie nucléaire programmée pour 2034[22].

Les 5 réacteurs en activité produisant 40 % de l'électricité du pays, l'accompagnement de la sortie du nucléaire porte sur les trois axes principaux suivants (l'hydraulique étant déjà saturé):

  • les économies d'énergies ;
  • le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, biogaz et biomasse) ;
  • l'importation.

Ceci pour un coût estimé entre 0,4 % et 0,7 % du PIB et avec pour conséquence une augmentation des prix de l'électricité entre 15 % et 60 % (selon les sources)[23].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les autorités fédérales établissent des statistiques annuelles sur l'énergie. En 1928, une statistique de la production d'électricité a été établie pour les 40 années précédentes. Ensuite l'Office fédéral de l'économie électrique, puis l'Office fédéral de l'énergie ont établi ces statistiques électriques annuellement. Les statistiques concernant les autres agents énergétiques étaient établies par des associations professionnelles et la Direction générale des douanes. Une statistique détaillée de l'énergie date du début des années 1950[OFEN 13]. Des rétrospectives par périodes ont été publiées par l'Office fédéral de l'énergie.

Recherche[modifier | modifier le code]

La Commission fédérale pour la recherche énergétique ou (CORE) est un organisme fédéral. Il s'agit d'un organe consultatif du conseil fédéral et du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Cette commission élabore le Plan directeur de la recherche énergétique de la Confédération suisse.

La Suisse mène des recherches sur l'énergie nucléaire, dans le domaine de la fission nucléaire et de la fusion nucléaire. Ces dernières années, le budget alloué à la recherche nucléaire a été réduit au profit de recherche sur l’utilisation rationnelle de l’énergie. En ce qui concerne la fission, la priorité est mise sur la sécurité et la gestion des déchets radioactifs. Ces travaux de recherche se déroulent presque exclusivement à l'institut Paul Scherrer et sont financés pour environ 40 % par les sociétés propriétaires des centrales nucléaires. Dans le domaine de la fusion, les directives de la CORE recommandent des contributions de très haut niveau de la Suisse à des projets internationaux. La Suisse participe notamment au programme ITER[24].

Perspectives et objectifs[modifier | modifier le code]

Le programme SuisseEnergie mis en place par la confédération a pour objectif de mettre en œuvre une partie de la politique énergétique du pays. Les différents objectifs de ce programme touchent trois secteurs : le climat, l'électricité et les énergies renouvelables. En ce qui concerne le climat, les objectifs fixent une réduction de 10 % des émissions de CO2 d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 1990. En 2007, le niveau de ces émissions est de 2,7 % inférieur à celui de 1990. Pour l'électricité, l'objectif est de limiter l'augmentation de consommation à 5 % en 2010 par rapport au niveau de 2000. En 2007, cette augmentation se monte à 9,7 %. Concernant les énergies renouvelables, les objectifs prévoient une augmentation de 500 millions de kilowattheures dans la production d'électricité et de 3 000 millions de kilowattheures dans la production de chaleur[OFEN 14].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Suisse sont passées de 41,6 Mt de CO2 en 1990 à 39,9 Mt de CO2 en 2011, en baisse de 4.1% sur 21 ans, alors que celles de l'Union européenne baissaient de 12,6 %. Cependant, après une croissance non négligeable jusqu'en 2005 (44,6 Mt, soit +7.2 % en 15 ans), elles ont reculé à 42,4 Mt en 2009, du fait de la crise, puis sont remontées en 2010 à 43,8 Mt, fluctuations dues surtout à celles des précipitations[25].

Par habitant, la Suisse émettait 5,07 tonnes de CO2 en 2011 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit 28 % de moins que la moyenne de l'Union européenne (7,04 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,14 t/hab, la France 5,04 t/hab, les États-Unis 16,94 t/hab et la Chine 5,92 t/hab[25].

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[25] : pour la Suisse, en 2011 :

  • industrie et construction : 6,2 Mt CO2, soit 0,8 t de CO2/hab (15,5 % des émissions totales) ; en France : 1,09 t/hab, et en Allemagne : 3,07 t/hab ;
  • transport : 17,0 Mt CO2, soit 2,15 t/hab (43 %), dont transport routier : 16,5 Mt CO2, soit 2,15 t/hab ; en France : 1,89 t/hab, et en Allemagne : 1,92 t/hab ;
  • résidentiel (ménages) : 10,1 Mt CO2, soit 1,28 t/hab (28 %) ; en France : 0,91 t/hab, et en Allemagne :2,19 t/hab ;
  • autres (services, agriculture) : 5,6 Mt CO2, soit 0,71 t/hab (15 %) ; en France : 0,87 t/hab, et en Allemagne : 1,53 t/hab.

Unités et grandeurs[modifier | modifier le code]

Chaque secteur fournit ses données dans les unités d'énergies qui lui sont propres. Afin de réaliser une statistique globale sur un pays, il est nécessaire de ramener l'énergie à une unité commune ; pour ce faire, l'Office fédéral de l'énergie utilise le joule.

Facteurs de conversion du système international d'unités 
Valeurs utilisées, en Suisse, par l'Office fédéral de l'énergie[s 22] 

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Sont comptées les centrales d'une puissance supérieure ou égale à 300 kW.
  2. Le taux d'utilisation est le ratio entre la production annuelle et la production possible si la centrale fonctionnait toute l'année.
  3. Avec un PCI du gaz de 36,3 MJNorm m3.
  4. Géothermie, solaire, éolien, biogaz, biocarburants.
  5. On parle d'excédent d'importation pour la différence entre les importations et les exportations.
Références Office fédéral de l'énergie
  1. p. 7&37
  2. a et b p. 20.
  3. a, b, c, d, e, f et g p. 7
  4. a, b et c p. 12
  5. a et b p. 36
  6. a et b p. 38
  7. p. 42
  8. p. 28
  9. a et b p. 41
  10. p. 34.
  11. p. 32
  12. p. 16
  13. a et b p. 37
  14. a, b et c p. 49
  15. p. 13
  16. p. 23
  17. a, b et c p. 25
  18. p. 27
  19. a et b p. 26.
  20. p. 47.
  21. p. 46.
  22. p. 61.
  1. a et b p. 5
  2. p. 13
  3. p. 41
  4. a et b p. 11
  5. p. 52
  6. a et b p. 24
  7. p. 25
  • autres références OFEN :
  1. OFEN, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, p. 12.
  2. OFEN, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, p. 24.
  3. OFEN, Statistique globale suisse de l'énergie 2006, p. 21.
  4. OFEN, L'utilisation de la chaleur terrestre, Suisseenergie, Berne, p.  16.
  5. a, b et c OFEN, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, p. 16.
  6. OFEN, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, p. 17.
  7. OFEN, Gaz naturel : Production, consommation, importations et réserves
  8. a et b OFEN division économie, Structure du marché en Suisse, juillet 2005
  9. OFEN, Statistique des aménagements hydroélectriques de la Suisse, tableau 10 : Centrales existantes, classées par cantons.
  10. OFEN, Grande hydraulique
  11. OFEN, Énergie nucléaire, consulté le 2 octobre 2008.
  12. OFEN, Législation sur l'énergie, consulté le 18 septembre 2008
  13. OFEN, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, p. 4.
  14. OFEN, 7e rapport annuel SuisseEnergie 2007/2008.
Références Labhart
  1. a et b Labhart, Géologie de la Suisse, p. 173.
  2. Labhart, Géologie de la Suisse, p. 170.
Autres références
  1. Autorités fédérales, obligatoire charbon et thé, consulté le 21 octobre 2008.
  2. « Du pétrole près de Genève », sur le site boursorama.com, consulté le 8 juin 2008.
  3. Raffineries en Suisse sur le site de Tamoil, consulté le 16 septembre 2008.
  4. Histoire du gaz en Suisse, sur le site de Frigaz, consulté le 20 mai 2008
  5. Transport sur le site internet de Swissgas, consulté le 17 août 2008.
  6. a et b Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire et Agence internationale de l'énergie atomique, Uranium 2005, Ressources, production et demande, Éditions de l'OCDE, Paris, 2006, (ISBN 92-64-02427-1). page 342.
  7. a et b Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire et Agence internationale de l'énergie atomique, Uranium 2005, Ressources, production et demande, Éditions de l'OCDE, Paris, 2006, (ISBN 92-64-02427-1). page 343.
  8. site ALPIQ
  9. Rapport de production annuelle 2013, site Grande-Dixence consulté le 1er octobre 2014
  10. Sécurité d'approvisionnement, site du projet Nant de Drance.
  11. Nant de Drance - accueil, site du projet Nant de Drance.
  12. Annonce du projet d'Atel, archives sur le site du monde.fr, consulté le 2 octobre 2008.
  13. Votation pouplaire du 23 septembre 1990, sur le site admin.ch, consulté le 2 octobre 2008.
  14. Détail de l'initiative populaire sur le moratoire du nucléaire, sur le site admin.ch, consulté le 2 octobre 2008.
  15. Votations populaires du 18 mai 2003, sur le site admin.ch, consulté le 2 octobre 2008.
  16. a et b [[Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication]] Plan sectoriel des lignes de transport d’électricité, p. 54.
  17. Office fédéral des transports, Réseau ferroviaire, consulté le 27 avril 2009.
  18. Département fédéral de l'économie, Politique prévue en matière de réserve stratégique pour la période 2008-2011', p.  7.
  19. Département fédéral de l'économie, Politique prévue en matière de réserve stratégiquepour la période 2008-2011', p.  11.
  20. Le programme SuisseEnergie sur le site internet de l'Office fédéral de l'énergie, consulté le 18 septembre 2008
  21. La Suisse adhère au Protocole de Kyoto communiqué aux médias du 9 septembre 2003 de l'Office fédéral de l'environnement, consulté le 18 septembre 2008
  22. « Le Conseil fédéral décide de sortir du nucléaire en 2034 », Tribune de Genève,‎ 25 Mai 2011 (lire en ligne)
  23. En Suisse, la sortie de l'atome est un ­enjeu électoral - Le Figaro - 30/05/11
  24. Recherche nucléaire sur admin.ch, consulté le 3 juin 2008.
  25. a, b et c (en)« CO2 Emissions From Fuel Combustion Highlights 2013 », sur IEA (consulté le 30 octobre 2014), p. 50, 74 et 104

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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