Æthelberht de Kent

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Æthelberht
Statue d’Æthelberht à la cathédrale de Cantorbéry.
Statue d’Æthelberht à la cathédrale de Cantorbéry.
Titre
Roi de Kent
590 ? – 616
Prédécesseur Eormenric
Successeur Eadbald
Biographie
Date de naissance vers 560
Date de décès 24 février 616
Père Eormenric
Conjoint Berthe
Enfant(s) Eadbald
Æthelburg
Æthelwald ?

Æthelberht[N 1] (vers 560 ? – 616) est roi de Kent de 580 ou 590 jusqu’à sa mort. Il est le premier souverain anglo-saxon à se convertir au christianisme.

Il est le fils d’Eormenric, à qui il succède comme roi selon la Chronique anglo-saxonne. Il épouse, probablement avant son avènement, une princesse mérovingienne, Berthe, fille du roi de Paris Caribert, s’alliant ainsi au plus puissant royaume d’Europe occidentale. Æthelberht lui-même semble avoir dominé l’Angleterre en son temps : Bède le Vénérable le mentionne comme le troisième roi à exercer l’imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne ».

C’est peut-être l’influence de Berthe qui incite le pape Grégoire Ier à envoyer le moine Augustin évangéliser la Grande-Bretagne. Augustin arrive dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne. Peu de temps après, Æthelberht reçoit le baptême, des églises sont fondées et les conversions massives au christianisme commencent dans son royaume. Æthelberht pourvoit la nouvelle église de terres à Cantorbéry, où est fondée la future abbaye Saint-Augustin.

Æthelberht a laissé un code de lois qui constitue le plus ancien document législatif écrit dans une langue germanique connu. Sous son règne, le Kent est un pays prospère, commerçant intensivement avec le continent et recommençant à battre monnaie, pour la première fois depuis l’invasion anglo-saxonne.

Æthelberht a été canonisé pour son rôle dans la propagation du christianisme parmi les Anglo-Saxons.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Carte couleur des royaumes anglo-saxons
Les royaumes anglo-saxons à l’époque de l’avènement d’Æthelberht.

Au Ve siècle, les raids des peuples continentaux sur l’île de Bretagne évoluent pour devenir de véritables migrations. Les nouveaux arrivants, qui comptent des Angles, des Saxons, des Jutes et des Frisons, entre autres, s’emparent de terres dans le sud et l’est de l’Angleterre, mais à la fin du Ve siècle, la victoire bretonne au mont Badon interrompt la progression anglo-saxonne pendant une cinquantaine d’années[1],[2]. Cependant, au début des années 550, les Bretons recommencent à perdre du terrain, et les envahisseurs semblent avoir pris le contrôle de tout le sud de l’Angleterre en l’espace d’un quart de siècle[N 2].

La conquête du Kent est apparemment antérieure à la bataille du mont Badon. Des preuves archéologiques comme littéraires montrent que le Kent a d’abord été colonisé par les Jutes, venus du sud de la péninsule du Jutland[3]. D’après la légende, les frères Hengist et Horsa auraient débarqué en 449 comme mercenaires au service du roi breton Vortigern. Ils se seraient révoltés pour une question de solde impayée, et après la mort de Horsa au combat, Hengist aurait fondé le royaume de Kent[4]. Certains historiens considèrent aujourd’hui ce récit comme purement légendaire, bien que l’histoire d’une révolte de mercenaires semble plausible, et que la date de la fondation du royaume de Kent soit située vers le milieu du Ve siècle, ce qui correspond à la légende[N 3]. À cette date, les Romains n’ont quitté le sol de l’île que depuis quelques décennies à peine, ce qui suggère que la civilisation romaine s’est peut-être mieux perpétuée dans le Kent que dans le reste de l’Angleterre[5].

Il est possible que les invasions anglo-saxonnes aient impliqué une coordination militaire entre les différents groupes d’envahisseurs, avec un chef disposant d’une certaine autorité sur l’ensemble des Anglo-Saxons : le mystérieux Ælle de Sussex a pu être un tel chef[6]. La naissance des nouveaux royaumes est suivie des premiers conflits entre eux, et la domination d’un royaume sur un autre peut se traduire sous la forme d’un tribut[7]. Un royaume faible peut aussi demander la protection d’un voisin plus fort contre un tiers belliqueux[8]. Pour toutes ces raisons, l’hégémonie est une caractéristique centrale de la politique anglo-saxonne, avant même l’époque d’Æthelberht et jusqu’au IXe siècle.

Sources[modifier | modifier le code]

Une source importante pour cette période de l’histoire du Kent est l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais, écrite en 731 par Bède le Vénérable, un moine bénédictin de Northumbrie. Son sujet est en premier lieu la christianisation de l’Angleterre, mais il offre également des informations sur l’histoire séculière, et Æthelberht, en tant que premier roi anglo-saxon converti, l’intéresse tout particulièrement. Un des correspondants de Bède est Albinus, abbé du monastère Saint-Pierre et Saint-Paul de Cantorbéry. Une autre source importante est la Chronique anglo-saxonne, une collection d’annales assemblée vers 890 dans le royaume de Wessex, qui mentionne plusieurs évènements survenus sous le règne d’Æthelberht[9].

Le Kent est également évoqué par des sources extérieures. C'est le cas de l’Histoire des Francs, écrite à la fin du VIe siècle par Grégoire de Tours, qui est ainsi la plus ancienne source connue mentionnant un royaume anglo-saxon[10]. Il subsiste également quelques-unes des lettres du pape Grégoire le Grand concernant la mission d’Augustin dans le Kent. Elles permettent d’élaborer des hypothèses sur la situation du Kent à l’époque et sur les relations entretenues par ce royaume avec ses voisins.

Enfin, il existe également des listes de rois de Kent et des chartes. Ces dernières sont des documents rédigés pour enregistrer les donations faites par les rois à leurs fidèles ou à l’Église, et représentent une des sources les plus anciennes en Angleterre. Aucun original d’une charte du règne d’Æthelberht ne subsiste, mais des copies ultérieures existent. Le code de lois d’Æthelberht nous est également parvenu dans une copie du XIIe siècle[9].

Ancêtres et avènement : problèmes de chronologie[modifier | modifier le code]

La famille proche d’Æthelberht
 
Caribert
roi de Paris
 
Ingeberge
 
 
Eormenric
de Kent
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Berthe
 
Æthelberht
de Kent
 
 
 
Ricula
ép. Sledd d'Essex
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eadbald
de Kent
 
Æthelwald ?
 
Æthelburg
ép. Edwin de North.
 
Sæberht
d'Essex
 

Selon Bède, Æthelberht est un descendant direct d’Hengist. Il donne la généalogie suivante : « Ethelbert était le fils d’Irminric, fils d’Octa, et d’après son grand-père Oeric, surnommé Oisc, les rois du peuple de Kent sont connus sous le nom d’Oiscings. Le père d’Oeric était Hengist[11]. » Une autre forme de cette généalogie, qui se trouve entre autres dans l’Historia Brittonum, inverse les positions d’Octa et d’Oisc dans la lignée[3]. Le premier de ces rois qui peut être considéré comme historique est vraisemblablement le père d’Æthelberht, dont le nom s’écrit habituellement Eormenric. La seule référence directe à Eormenric se trouve dans les généalogies des rois de Kent, mais Grégoire de Tours indique que le père d’Æthelberht était roi de Kent, sans toutefois donner de date. Ce nom d’Eormenric montre une parenté avec le royaume franc, de l’autre côté de la Manche : la racine Eormen est rare dans les noms de l’aristocratie anglo-saxonne, mais elle est plus fréquente parmi les nobles francs[12].

Un autre membre de la famille d’Æthelberht est connu : sa sœur, Ricula, est citée par Bède et par la Chronique anglo-saxonne comme la mère de Sæberht, roi des Saxons de l’Est, royaume voisin du Kent[4],[13].

La date de naissance d’Æthelberht et celle de son avènement sont toujours sujettes à débat. Bède, le premier à donner des dates, tire probablement ses informations de sa correspondance avec Albinus. Il indique qu’à sa mort, en 616, Æthelberht régnait depuis cinquante-six ans, ce qui situe son avènement en 560. Bède dit aussi qu’Æthelberht est mort vingt-et-un ans après son baptême, événement qui aurait donc eu lieu en 595. Or, on sait que la mission d’Augustin de Canterbury est arrivée dans le Kent en 597 et, selon Bède, la conversion d’Æthelberht est due à cette mission[14]. Par conséquent, les dates que donne Bède ne sont pas cohérentes. La Chronique anglo-saxonne, une source importante pour les dates les plus reculées, ne s’accorde pas avec les dates de Bède, et ses différentes versions ne s’accordent pas non plus entre elles. En assemblant les différentes dates de la Chronique, il apparaît qu’Æthelberht a régné soit de 560 à 616, soit de 565 à 618, mais les sources ultérieures ont pu mélanger les deux traditions[15].

Dans son Historia Francorum, Grégoire de Tours écrit que Berthe, fille du roi franc Caribert, a épousé le fils du roi de Kent ; Bède indique qu’Æthelberht a reçu Berthe « de ses parents [à elle] ». Les dates traditionnelles du règne d’Æthelberht impliqueraient que le mariage a eu lieu soit avant 560, soit avant 565, et si l’on interprète Bède littéralement, les noces ont nécessairement eu lieu avant la mort de Caribert, en 567[14],[15].

Il est possible qu’Æthelberht se soit converti avant la venue d’Augustin. La femme d’Æthelberht était chrétienne, et un évêque franc l’assistait à la cour, de sorte qu’Æthelberht devait connaître quelque chose du christianisme avant l’arrivée de la mission. Il est aussi possible que la date de mort donnée par Bède soit fausse : si Æthelberht est mort en 618, la date devient cohérente avec le baptême en 597, ce qui s’accorde avec la tradition selon laquelle c’est Augustin qui a baptisé le roi l’année même de son arrivée[15].

La durée particulièrement longue du règne d’Æthelberht est également considérée avec méfiance par les historiens. Certains ont suggéré qu’il soit mort en fait dans sa cinquante-sixième année et non au bout de cinquante-six ans de règne. Cela placerait sa naissance vers 560, et il n’aurait pas pu se marier avant le milieu des années 570. Selon Grégoire de Tours, Caribert était déjà roi au moment de son mariage avec Ingeberge, la mère de Berthe, ce qui implique que cette dernière n’a pas pu naître avant 561. Il est de ce fait peu probable que Berthe ait été mariée avant 580. Ces dates plus tardives permettent de résoudre un autre problème de datation : Æthelburg, fille d’Æthelberht, semble être aussi la fille de Berthe, mais la date supposée de sa naissance donnait pour Berthe un âge de soixante ans à sa naissance[15].

Toutefois, Grégoire de Tours pense également qu’Ingeberge avait soixante-dix ans en 589, ce qui implique qu’elle aurait été âgée de quarante ans au moment de son mariage. C’est possible, mais peu probable, d’autant plus que Caribert semble avoir eu une préférence pour les jeunes femmes, toujours selon Grégoire. D’autre part, ce dernier qualifie simplement Æthelberht d’« homme de Kent » au moment de son mariage avec Berthe, et dans le passage de 589 où il relate la mort de la reine Ingeberge, qu’il rédige vers 590-591, il mentionne Æthelberht comme le fils du roi de Kent. Si cela ne reflète pas simplement l’ignorance de Grégoire à propos de la situation du Kent, chose peu probable en raison des liens entre le Kent et les Francs, cela pourrait impliquer que le règne d’Æthelberht n’a pas débuté avant 589[15],[16].

Il est impossible de concilier toutes ces contradictions. Les dates les plus probables que l’on puisse déduire de ces données situent la naissance d’Æthelberht vers 560, son mariage avec Berthe vers 580 et son avènement vers 589 ou 590[15].

La double royauté du Kent[modifier | modifier le code]

L’histoire tardive du Kent met clairement en évidence un système de royauté conjointe, où le royaume est partagé entre Kent oriental et Kent occidental, bien qu’il semble y avoir généralement un roi dominant l’autre. L’existence de ce système est moins certaine aux débuts du royaume : les chartes qui présentent Æthelberht régnant conjointement avec son fils Eadbald sont en réalité des faux. Néanmoins, il est possible qu’Æthelberht ait été roi du Kent oriental et Eadbald roi du Kent occidental : le souverain dominant semble avoir été le plus souvent celui du Kent oriental. Qu’Eadbald ait régné conjointement ou non avec Æthelberht, il ne fait aucun doute que l’autorité de ce dernier s’exerce sur tout le royaume[17].

La division en deux royaumes date vraisemblablement du VIe siècle : il est possible que le Kent oriental ait conquis le Kent occidental et préservé les institutions du royaume vaincu sous la forme d’un sous-royaume. Ce schéma est fréquent dans l’Angleterre anglo-saxonne, lorsque les royaumes les plus puissants absorbent les plus faibles. Le Kent présente une particularité : seuls les fils de rois peuvent légitimement prétendre au trône, ce qui n’empêche toutefois pas les luttes de succession[17].

Les principales villes du royaume sont Rochester dans le Kent occidental, et Cantorbéry dans le Kent oriental. Bède ne précise pas si Æthelberht possède un palais à Cantorbéry, mais il se réfère à cette ville comme « métropole » d’Æthelberht, et il est clair que cette ville est le centre du pouvoir d’Æthelberht[17],[18].

Relations avec les Francs[modifier | modifier le code]

De nombreux indices témoignent de relations étroites entre le Kent et les Francs. Le mariage d’Æthelberht a certainement noué un lien entre les deux cours, mais elles ne sont pas sur le même plan : les Francs considèrent Æthelberht comme un roi mineur. Aucun document n’indique qu’Æthelberht ait reconnu la suzeraineté d’un roi du continent, et les historiens sont divisés quant à la nature réelle des relations entre les deux royaumes. Une lettre écrite par le pape Grégore le Grand à Thierry II (ou Théodoric), roi de Bourgogne, et à Thibert II (ou Théodebert), roi d’Austrasie, semble témoigner d’une suzeraineté franque explicite sur le Kent. Cette lettre concerne la mission d’Augustin dans le Kent, et Grégoire dit qu’il croit « que vous souhaitez que vos sujets à tous égards soient convertis à la foi dans laquelle, vous, vos rois et vos seigneurs, vivez ». Toutefois, il s’agit cependant peut-être plus d’une flatterie que d’une description précise des relations entre ces royaumes. Il est également possible que Luidhard, le chapelain de Berthe, soit le représentant de l’Église franque dans le Kent[19],[20].

Le désir des Francs de se rapprocher de la cour de Kent est peut-être lié au fait qu’un roi franc, Chilpéric Ier, est dit avoir soumis, au milieu du VIe siècle, un peuple connu sous le nom d’Euthiones. Si, comme leur nom semble l’illustrer, ces Euthiones étaient une branche continentale des envahisseurs jutes du Kent, il est possible que le mariage ait été conclu dans le but d’unifier politiquement les deux branches du même peuple[19]. Par ailleurs, Æthelberht n’est pas encore roi au moment de son mariage avec Berthe : il est possible que cette union lui ait apporté le soutien des Francs et ait facilité son accession au trône[20].

Indépendamment des liens politiques entre Æthelberht et les Francs, de nombreux éléments témoignent de relations étroites entre les deux rives de la Manche. Il existe un commerce de produits de luxe entre le Kent et les Francs, et les sépultures du Kent ont livré des vêtements, des récipients et des armes qui reflètent l’influence culturelle des Francs. Elles révèlent une plus grande gamme de produits importés que celles des autres régions anglo-saxonnes, ce qui n’est guère surprenant, la situation du royaume lui permettant de commercer plus facilement avec le continent. En outre, les objets trouvés dans les tombes sont plus précieux et plus nombreux dans les tombes du Kent, impliquant une plus grande richesse matérielle, issue du commerce[3]. L’influence franque apparaît également dans l’organisation sociale et agraire du Kent[19]. Les sépultures témoignent encore d’autres influences culturelles, mais on ne pas peut pas en déduire nécessairement qu’il y avait des établissements francs dans le Kent[3].

La domination sur l’Angleterre[modifier | modifier le code]

Bretwalda[modifier | modifier le code]

Photographie couleur du manuscrit de la Chronique anglo-saxonne
Page correspondant à l’année 827 dans le manuscrit d’Abingdon II de la Chronique anglo-saxonne, donnant la liste des huit bretwaldas. Le mon d’Æthelberht, orthographié « Æþelbriht », est l’avant-dernier mot de la cinquième ligne.

Dans son Histoire ecclésiastique, Bède donne la liste de sept rois qui, dit-il, ont exercé un imperium sur les autres royaume au sud de l’Humber. La traduction habituelle de ce terme est « hégémonie ». Bède nomme Æthelberht en troisième place dans cette liste, après Ælle de Sussex et Ceawlin de Wessex[21]. Le compilateur anonyme de la Chronique anglo-saxonne reprend la liste des sept rois de Bède et y ajoute le roi Egbert de Wessex. La Chronique précise également que ces rois portent le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne »[22]. La nature exacte du rôle de bretwalda est encore sujette à débat : simple terme de poésie élégiaque pour certains[23], il semble néanmoins impliquer un rôle concret de domination militaire[24].

La Chronique anglo-saxonne indique que le bretwalda précédent, Ceawlin, a affronté Æthelbert en 568. Le passage précise qu’Æthelbert a perdu la bataille et qu’il a été repoussé vers le Kent[25]. La datation des mentions concernant les Saxons de l’Ouest dans cette partie de la Chronique est sujette à caution, et des travaux récents préfèrent dater le règne de Ceawlin des années 581-588, et non 560-592 comme l’indique la Chronique[26],[27]. La bataille entre les deux rois s’est déroulée à Wibbandun, nom que l’on peut traduire par « mont de Wibba », mais sa localisation est inconnue[25].

À un certain moment, Ceawlin cesse de porter le titre de bretwalda, peut-être après la bataille de Stoke Lyne, que la Chronique date de 584, huit ans environ avant qu’il ne soit déposé en 592, toujours selon la datation peu fiable de la Chronique[19]. Æthelberht est certainement devenu un souverain puissant vers 601, quand le pape Grégoire le Grand lui écrit pour lui demander de propager le christianisme parmi les rois et les peuples qu’il a soumis[28]. Si l’on accepte une date approximative de 590 pour la bataille de Wibbandun, alors Æthelberht doit avoir acquis sa position de suzerain au cours des années 590. Cette datation n’est pas vraiment compatible avec les dates de 581-588 pour le règne de Ceawlin, mais ces dernières ne sont qu’une estimation, considérée comme la plus plausible compte tenu des données disponibles[29].

Relations avec les autres royaumes anglo-saxons[modifier | modifier le code]

Outre la mention d’Æthelberht dans la liste des bretwaldas de la Chronique anglo-saxonne, d'autres éléments témoignent de son hégémonie sur plusieurs autres royaumes du sud de l’Angleterre. En Essex, Æthelberht apparaît capable de faire peser son autorité peu après 604 : son interversion favorise la conversion du roi Sæberht, son neveu, au christianisme. Plus encore, c’est Æthelberht et non Sæberht qui construit et dote l’église Saint-Paul de Londres. Bède affirme d’ailleurs explicitement qu’Æthelberht est le suzerain de Sæberht[13],[28],[30].

Bède décrit les relations d’Æthelberht avec le roi d’Est-Anglie Rædwald dans un passage dont le sens n’est pas totalement clair. Il semble dire que Rædwald conserve le ducatus, la direction militaire de son peuple, alors qu’Æthelbert en détient l'imperium, la domination[21]. Il semble ainsi que le rôle de bretwalda implique davantage qu’un simple commandement militaire, puisque Rædwald reste à la tête de ses troupes[24]. Rædwald se convertit au christianisme durant un séjour dans le Kent, mais il n’abandonne pas ses pratiques païennes. Ces éléments impliquent que la suzeraineté d’Æthelbert sur l’Est-Anglie est plus faible que celle qu’il exerce sur l’Essex[28],[31]. Cependant, il est également possible d’interpréter le passage de Bède d’une autre façon : « Rædwald, roi des Angles de l’Est, qui du vivant d’Æthelbert, lui concéda même la direction militaire de son peuple ». Si c’est là ce que veut dire Bède, alors la domination d’Æthelberht sur l’Est-Anglie est totale[32].

Rien ne prouve qu’Æthelberht est suffisamment influent dans les autres royaumes pour exiger la conversion des autres rois au christianisme, mais c’est en partie dû au manque de sources : on ne connaît rien de l’histoire du Sussex, par exemple, pour la plus grande partie des VIIe et VIIIe siècles[33]. En 602, Æthelberht est en mesure d’organiser une rencontre dans la vallée de la Severn, à la frontière nord du Wessex, ce qui indique peut-être l’extension de son influence à l’ouest[28]. Il ne subsiste aucune trace d’une domination du Kent sur la Mercie, mais celle-ci étant indépendante de la Northumbrie, il est plausible qu’elle se trouve alors sous la suzeraineté du Kent[34].

La mission d’Augustin et le début de l’évangélisation[modifier | modifier le code]

Dessin en couleur décrivant la conversion d’Æthelberht
La conversion d’Æthelberht vue par l’antiquaire et illustrateur James E. Doyle au XIXe siècle.

Les Bretons ont été convertis au christianisme pendant l’occupation romaine, mais les invasions anglo-saxonnes ont séparé l’Église bretonne de celle de Rome pendant plusieurs siècles. Rome n’a ainsi ni présence ni autorité en Grande-Bretagne, et possède si peu d’informations sur l’Église bretonne qu’elle ignore même que ses rites sont différents du canon[35],[36]. Toutefois, Æthelberht doit connaître l’Église romaine grâce à sa femme Berthe, qui a amené avec elle l’évêque Liudhard. Æthelberht fait construire une chapelle pour sa femme[37].

En 596, le pape Grégoire le Grand envoie en Angleterre Augustin, prieur du monastère Saint-André à Rome. L’année suivante, un groupe de quarante moines, menés par Augustin, aborde à l’île de Thanet, dans le Kent[10]. Selon Bède, Æthelberht est tellement méfiant vis-à-vis de ces nouveaux arrivants qu’il insiste pour les rencontrer à ciel ouvert, de peur qu’ils pratiquent la sorcellerie. Les moines impressionnent le roi, mais celui-ci ne se convertit pas tout de suite. Il accepte que la mission s’installe à Cantorbéry, et les autorise à prêcher[14].

On ne sait pas quand Æthelberht se fait chrétien. Il est possible, malgré le récit de Bède, qu’il l’ait déjà été avant l’arrivée de la mission grégorienne. Liudhard et Berthe ont probablement incité Æthelberht à envisager de se convertir avant cette date ; il est même possible que cela ait été une condition de son mariage avec Berthe. Toutefois, une conversion sous l’influence de sa femme aurait pu être perçue comme une reconnaissance de la suzeraineté franque, et il est possible qu’Æthelberht ait préféré attendre, afin d’affirmer son indépendance vis-à-vis des Francs[38]. D’un autre côté, les hésitations d’Augustin (il revient à Rome et demande à être déchargé de sa mission, ce que le pape refuse) impliquent peut-être qu’Æthelberht était encore païen à l’arrivée d’Augustin[37]. Quoi qu’il en soit, Æthelberht s’est converti au plus tard en 601, date à laquelle Grégoire le Grand lui écrit en tant que roi chrétien[28]. Selon une ancienne tradition, il se serait converti le 1er juin de l’année de l’arrivée d’Augustin[39].

Le roi d’Essex Sæberht se convertit également au christianisme sous l’influence d’Æthelberht[30], mais la mission n’est pas un succès total. Toute la cour du Kent n’est pas baptisée : le fils et héritier d’Æthelberht, Eadbald, est encore païen lorsqu’il succède à son père[35]. En Est-Anglie, seul le roi Rædwald se convertit (apparemment lors d’un séjour à la cour d’Æthelberht), et il maintient un temple païen aux côtés du nouvel autel chrétien[40],[35]. Augustin ne réussit pas non plus à rallier le clergé breton à l'obédience romaine[36].

Le code de lois d’Æthelberht[modifier | modifier le code]

Photographie couleur de la première page du code de lois d’Æthelberht
La première page du code de lois d’Æthelberht dans le Textus Roffensis (XIIe siècle).

Quelque temps après l’arrivée de la mission d’Augustin, peut-être en 602 ou en 603, Æthelberht publie un recueil de lois divisé en quatre-vingt-dix sections[41],[42]. Ces lois sont l’un des premiers code de lois d’origine germanique connus, ainsi que l’un de tout premiers documents rédigés dans la langue anglo-saxonne, car l’alphabétisation semble être arrivée en Angleterre avec la mission d’Augustin[43]. Le plus ancien manuscrit connu des lois d’Æthelberht se trouve dans le Textus Roffensis, un recueil du XIIe siècle conservé au Medway Studies Centre de Strood, dans le Kent[44].

Le code d’Æthelberht fait référence à l’Église dans le premier item, qui énumère les compensations requises pour les biens d’un évêque, d’un diacre, d’un prêtre, et ainsi de suite[42]. Dans l’ensemble, les lois semblent remarquablement influencées par les principes chrétiens. Bède affirme qu’elles ont été composées « selon la manière romaine », mais l’influence romaine est peu perceptible. Les sujets abordés se rapprochent de la Loi salique des Francs, mais le code d’Æthelberht ne semble pas être directement inspiré d’un modèle antérieur[45],[32].

Les lois fixent les sanctions en cas de transgression, à tous les niveaux de la société. Le roi a un intérêt financier dans l’application, pour la fraction des amendes qui lui revient, mais il est aussi responsable de la loi et de l’ordre, d’éviter les querelles de sang par l’application des lois et des compensations pour les injures[46]. Les lois d’Æthelberht sont reprises par Alfred le Grand pour son propre code de lois, qui s’inspire de ceux d’Æthelberht, d’Offa de Mercie et d’Ina de Wessex[47].

Une des lois d’Æthelberht semble conserver la trace d’une très ancienne loi germanique : la troisième section stipule que « si le roi boit dans la résidence d’un homme, et que quelqu’un commet un acte interdit, il devra payer double pénalité[42] ». Cela se réfère probablement à une ancienne coutume des rois voyageant dans le pays, reçus et logés par leurs sujets à leur arrivée. La suite du roi conserve ces droits plusieurs siècles après Æthelberht[48].

Les sections 77 à 81 sont interprétées comme une description de l’état financier des femmes après leur divorce ou leur séparation. Ces clauses définissent la manière et la quantité des biens du ménage que la femme peut conserver selon les circonstances, par exemple si elle conserve la garde des enfants. Cependant, il a été récemment suggéré qu’il faudrait interpréter ces clauses plus dans le cas d’une femme devenant veuve que s’étant séparée ou ayant divorcé[44].

Commerce et monnaies[modifier | modifier le code]

photographie d'une pièce de monnaie
Un thrymsa du règne d’Eadbald, fils et successeur d’Æthelberht.

Faute de sources, il est difficile de décrire le commerce dans le royaume de Kent à l’époque d’Æthelberht. On sait que les rois de Kent contrôlent le commerce à la fin du VIIe siècle, mais on ignore à partir de quand. Des découvertes archéologiques suggèrent que l’influence royale est antérieure aux premières sources écrites. Il est possible qu’Æthelberht ait su prendre le contrôle du commerce aux dépens de l’aristocratie et en ait fait une monopole royal. Le commerce avec le continent fournit au Kent un accès aux marchandises de luxe et lui octroie une position avantagée par rapport aux autres royaumes anglo-saxons, et les revenus du commerce sont très importants[49].

Les productions du Kent avant 600 comprennent des bols en verre et aussi des bijoux : les joaillers du Kent sont très réputés et ont accès à de l’or avant la fin du VIe siècle. Des marchandises provenant du Kent ont été découvertes dans des nécropoles de l’autre côté de la Manche et jusqu’à l’estuaire de la Loire. On ignore ce que les habitants du Kent achètent, mais l’existence d’un commerce d’esclaves florissant semble plausible. Ces échanges fructueux sont probablement le fondement de la puissance d’Æthelberht, mais son hégémonie, à travers les tributs que doivent lui verser ses vassaux, y contribue probablement également[7].

Les premières pièces de monnaies anglaises ont peut-être été frappées au cours du règne d’Æthelberht : on n’en connaît aucune qui porte son nom, mais il est très probable que les plus anciennes remontent à la fin du VIe siècle. Ces premières pièces sont en or, et ce sont probablement les shillings (scillingas en vieil anglais) mentionnées dans les lois d’Æthelberht[49]. Ces pièces sont aussi connues des numismates sous le nom de thrymsas[50].

Mort et postérité[modifier | modifier le code]

Saint Æthelberht
Image illustrative de l'article Æthelberht de Kent
Vitrail dans la chapelle d’All Souls College.
Décès 616 
Vénéré par Église catholique romaine
Église orthodoxe
Église anglicane
Église épiscopale des États-Unis
Fête 25 février
24 février (martyrologe romain et Église orthodoxe)
27 mai (Église épiscopale)

Æthelberht meurt le 24 février 616, et son fils Eadbald, qui n’est pas chrétien (Bède dit qu’il est retourné au paganisme après sa conversion[32]), lui succède. Eadbald scandalise l’Église en épousant sa belle-mère, ce qui est contraire au droit canon, et en refusant le baptême[40]. Il revient à la foi chrétienne par la suite[51].

Le roi Sæberht d’Essex meurt la même année, et ses deux fils, tous deux païens, lui succèdent. S’ensuit une révolte contre la foi chrétienne, qui entraîne l’exil de l’évêque de Londres Mellitus. Cette rébellion de l’Essex peut aussi bien être une réaction nationale contre la suzeraineté du Kent qu’une réaction païenne contre le christianisme[52].

En plus d’Eadbald, Æthelberht a peut-être un autre fils nommé Æthelwald. Une lettre adressée par le pape à l’archevêque de Cantorbéry Juste (619-625) mentionne un roi nommé Aduluald, ce qui est différent d’Audubald (Eadbald). Les historiens modernes sont divisés à ce sujet : il est possible que Aduluald soit une transcription d’Æthelwald, de sorte que cette lettre pourrait indiquer l’existence d’un autre roi, peut-être un sous-roi du Kent oriental[53]. Il est également possible qu’un scribe ait commis une erreur et que cet Aduluald soit en fait tout simplement Eadbald[54].

Æthelberht semble être devenu l’objet d’un culte peu de temps après sa mort, mais il n’apparaît dans les calendriers de saints qu’au XIIIe siècle. Comme le 24 février, jour de sa mort, est déjà voué à l’apôtre Matthias, il est fêté le 25 ou le 26 selon les calendriers[55]. Il est aujourd’hui célébré le 25 février dans l’archidiocèse catholique de Southwark[56], mais le martyrologe romain le célèbre le 24 février[57],[58], de même que l’Église orthodoxe[59]. L’Église épiscopale des États-Unis fête Æthelberht et Berthe le 27 mai[60].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouve également les orthographes Æthelbert, Aethelberht, Aethelbert ou Ethelbert, entre autres : le site Prosopography of Anglo-Saxon England dénombre une trentaine d’orthographes attestées.
  2. Peter Hunter Blair (Hunter Blair 1966, p. 204) date la conquête finale de la période 550-575.
  3. Les historiens ne sont pas d’accord entre eux concernant la crédibilité à accorder à la légende. Par exemple, selon Barbara Yorke, « des études en profondeur récentes [...] ont confirmé que ces récits sont en grande partie mythiques et que si une tradition orale fiable leur a servi de source, elle s’est perdue dans les codes du genre de la légende fondatrice » (Yorke 1990, p. 26). Néanmoins, Richard Fletcher dit de Hengist que « nous n’avons aucune raison valable de douter de son existence » (Fletcher 1989, p. 15-17), et James Campbell ajoute que « même si les origines de ces annales restent profondément mystérieuses, et douteuses, il est impossible de les rejeter en bloc » (Campbell, John et Wormald 1991, p. 38).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hunter Blair 1960, p. 13–16.
  2. Campbell, John et Wormald 1991, p. 23.
  3. a, b, c et d Yorke 1990, p. 26.
  4. a et b Swanton 1996, p. 12-13.
  5. Campbell, John et Wormald 1991, p. 38.
  6. Fletcher 1989, p. 15-17.
  7. a et b Campbell, John et Wormald 1991, p. 44.
  8. Hunter Blair 1960, p. 201-203.
  9. a et b Yorke 1990, p. 25.
  10. a et b Kirby 1992, p. 30.
  11. Bède le Vénérable 1991, Livre II, chapitre 5, p. 112.
  12. Yorke 1990, p. 28.
  13. a et b Bède le Vénérable 1991, Livre II, chapitre 3, p. 108.
  14. a, b et c Bède le Vénérable 1991, Livre I, chapitre 25-26, p. 74-77.
  15. a, b, c, d, e et f Kirby 1992, p. 31-33.
  16. IV 25 and IX 25 in (en) Gregory of Tours, The History of the Franks, Harmondsworth, Penguin,‎ 1974, poche (ISBN 978-0-14-044295-3, LCCN 75311930), p. 219, 513.
  17. a, b et c Yorke 1990, p. 32-34.
  18. Campbell, John et Wormald 1991, p. 38-39.
  19. a, b, c et d Stenton 1971, p. 59–60.
  20. a et b Kirby 1992, p. 34-35.
  21. a et b Bède le Vénérable 1991, Livre I, chapitre 25-26, p. 111.
  22. Swanton 1996, p. 60-61.
  23. Stenton 1971, p. 34-35.
  24. a et b Kirby 1992, p. 17.
  25. a et b Swanton 1996, p. 18-19.
  26. Kirby 1992, p. 50-51.
  27. D. N. Dumville, « The West Saxon Genealogical Regnal List and the Chronology of Wessex », 1985, cité dans Yorke 1990, p. 133.
  28. a, b, c, d et e Kirby 1992, p. 37.
  29. Yorke 1990, p. 133.
  30. a et b Stenton 1971, p. 109.
  31. Yorke 1990, p. 62.
  32. a, b et c Higham 2014, p. 395.
  33. Yorke 1990, p. 20.
  34. Stenton 1971, p. 39.
  35. a, b et c Kirby 1992, p. 36.
  36. a et b Stenton 1971, p. 110.
  37. a et b Kirby 1992, p. 35.
  38. Yorke 1990, p. 28-29.
  39. Hunter Blair 1960, p. 117.
  40. a et b Bède le Vénérable 1991, Livre II, chapitre 15, p. 112.
  41. Kelly 2014, p. 15.
  42. a, b et c Geary 1998, p. 209–211.
  43. Yorke 1990, p. 1.
  44. a et b Hough 1994.
  45. Stenton 1971, p. 59.
  46. Yorke 1990, p. 18.
  47. Stenton 1971, p. 276.
  48. Stenton 1971, p. 288-289.
  49. a et b Yorke 1990, p. 40.
  50. Blackburn 2014, p. 115.
  51. Stenton 1971, p. 61.
  52. Yorke 1990, p. 48.
  53. Yorke 1990, p. 32-33.
  54. Kirby 1992, p. 39.
  55. (en) David Farmer, « Ethelbert (1) » dans The Oxford Dictionary of Saints, Oxford University Press, 2004 (ISBN 9780198609490).
  56. [PDF] Interim Diocesan Calendar Proper to the Archdiocese of Southwark (consulté le 16 février 2011).
  57. (it)Sant’ Etelberto Re del Kent sur le site Santi Beati, consulté le 16 février 2012
  58. « Saint Edilbert, roi des Cantiens » dans la traduction française du Martyrologe romain de 1866 par J. Carnandet et J. Fèvre.
  59. Saints pour le 24 février du calendrier ecclésiastique orthodoxe, consulté le 16 février 2012
  60. (en) « Calendar of the Church Year according to the Episcopal Church » (consulté le 12 janvier 2012).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • (en) M. A. S. Blackburn, « Coinage », dans Michael Lapidge, John Blair, Simon Keynes et Donald Scragg (éd.), The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,‎ 2014, 2e éd. (ISBN 978-0-470-65632-7).
  • (en) James Campbell, Eric John et Patrick Wormald, The Anglo-Saxons, Londres, Penguin Books,‎ 1991, poche (ISBN 978-0-14-014395-9, LCCN 91204926)
  • (en) Richard Fletcher, Who's Who in Roman Britain and Anglo-Saxon England, Londres, Shepheard-Walwyn,‎ 1989 (ISBN 978-0-85683-089-1)
  • (en) Patrick J. Geary, Readings in Medieval History, Peterborough, Broadview,‎ 1998, 2e éd., poche (ISBN 978-1-55111-158-2)
  • (en) N. J. Higham, « Rædwald », dans Michael Lapidge, John Blair, Simon Keynes et Donald Scragg (éd.), The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,‎ 2014, 2e éd. (ISBN 978-0-470-65632-7).
  • (en) Carole A. Hough, « The early Kentish 'divorce laws': a reconsideration of Æthelberht, chs. 79 and 80 », Anglo-Saxon England, vol. 23,‎ 1994, p. 19–34 (ISBN 0-521-47200-8).
  • (en) Peter Hunter Blair, An Introduction to Anglo-Saxon England, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1960
  • (en) Peter Hunter Blair, Roman Britain and Early England: 55 B.C. – A.D. 871, New York, W.W. Norton & Company,‎ 1966, 1e éd., poche (ISBN 978-0-393-00361-1)
  • (en) S. E. Kelly, « Æthelberht », dans Michael Lapidge, John Blair, Simon Keynes et Donald Scragg (éd.), The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,‎ 2014, 2e éd. (ISBN 978-0-470-65632-7).
  • (en) D. P. Kirby, The Earliest English Kings, Londres, Routledge,‎ 1992, poche (ISBN 978-0-415-09086-5)
  • (en) Frank Stenton, Anglo-Saxon England, Oxford, Clarendon Press,‎ 1971, 3e éd. (ISBN 978-0-19-821716-9, LCCN 71022751)
  • (en) Barbara Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England, Londres, Seaby,‎ 1990 (ISBN 978-1-85264-027-9)
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