Teodoro Nguema Obiang Mangue

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Ne doit pas être confondu avec Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Teodoro Nguema Obiang Mangue (né le ), surnommé Teodorín, est vice-président de la République de Guinée équatoriale depuis le 22 juin 2016[1], après avoir été deuxième vice-président de 2012 à 2016. Il est aussi vice-président du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), le parti présidentiel.

Il est propriétaire de la seule station de radio privée du pays, Radio Televisión Asonga et de plusieurs entreprises, notamment dans le secteur forestier et BTP.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et de Constancia Mangue Nsue Okomo.

Il est un ancien élève de l'école des Roches, en Normandie, de 1985 à 1989.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1995 à 1997, Teodoro Nguema Obiang est conseiller présidentiel chargé des forêts. De 1997 à 2012, il occupe le poste de ministre de l’Agriculture et des Forêts[2].

Il est pressenti par ses parents pour succéder à la présidence[3].

À la suite d'une plainte des ONG Transparency International France et Sherpa, il est impliqué dans l'affaire de « biens mal-acquis », de recel et d'escroquerie.

En mai 2012, il est nommé deuxième vice-président de la République, chargé de la défense et de la sécurité de l'État[4].

Train de vie[modifier | modifier le code]

Il voyage à travers le monde dans des villes comme Paris, Londres, Rio de Janeiro et Malibu. La presse internationale relate l'extravagance de son train de vie (dépenses en habits de luxe, voitures de luxe, horlogerie de luxe, grand restaurants et achat de biens immobiliers de grand standing). En 2004, il achète l'appartement le plus cher d'Afrique du Sud pour 3 millions de dollars USD, avant l'achat d'un domaine à Malibu en Californie d'une valeur de 23 millions €, et fonde un label de hip-hop, TNO Entertainment. Il possède également un hôtel particulier situé au 42 avenue Foch dans le 16e arrondissement de Paris : 5000 mètres carrés de 101 pièces répartis sur cinq étages avec un aménagement luxueux (discothèque, hammam, une salle à manger en corail, salles de fitness, robinetterie en or, dressing avec des vêtements de haute couture, garage de voitures de sport…) d'une valeur estimée de 45 millions €[5]. Le décorateur Alberto Pinto[6] a touché 12 millions €. En 2009, en France, il a acquis pour 10 millions € 28 montres d'exception place Vendôme[5].

Il s'est acheté une Bentley noire et une Lamborghini au cours d'un week-end en Afrique du Sud[7],[8]. En 2009, lors de la vente aux enchères de la collection d'œuvres d'art d'Yves Saint Laurent, appelé la « vente du siècle » et qui a rapporté plus de 370 millions €, Obiang a acquis 109 lots pour une valeur de 18 millions €[9].

La presse s'interroge quant à l'origine des fonds qui lui permettent de soutenir un tel train de vie dans un pays où 70 % de la population vit avec moins d'un euro par jour et surtout avec un salaire en tant que ministre de l'agriculture de 3200€ par mois[9].

Années 2000 : implication dans l'affaire des « biens mal acquis »[modifier | modifier le code]

À la suite de plaintes répétées d'ONG comme Sherpa, les autorités françaises, américaines et autres ont dirigé des enquêtes sur certains avoirs de présidents africains dont Teodoro Obiang. Aux États-Unis, le tribunal fédéral a ordonné la saisie des avoirs de Teodorín affirmant qu'ils proviennent de détournement de fonds publics. Le total avoisine 71 millions $, dont un yacht Gulfstream V d'une valeur de 38,5 millions $, sa propriété de Malibu d'une valeur de 30 millions $ ainsi que des objets ayant appartenu à Michael Jackson d'une valeur de 1,8 million $. Une enquête est en cours pour évaluer les investissements de Teodorin en Espagne[9].

En 2004, Tracfin a enquêté sur les transferts de fond entre la banque américaine RIGGS BANK à Washington et des banques françaises pour un montant de 296 millions $[5].

En France, à la suite de la plainte des ONG Transparence International France et Sherpa, l'enquête menée par les juges Roger Le Loire et René Grouman ont mené à plusieurs saisies.

En septembre 2011, à Paris, 11 véhicules d'une valeur de 5 millions €, dont une Maserati MC12 (d'une valeur de 700 000 €), deux Bugatti Veyron (1 100 000 € chacune), une Ferrari Enzo, des Rolls-Royce et autres Bentley sont saisies à Paris dans le cadre d'une enquête visant les biens mal acquis. En France, ses différentes possessions sont estimées à 40 millions € hors l'immense hôtel particulier du 42 avenue Foch à Paris dans lequel les juges font saisir 200 m³ de biens mobiliers en février 2012.

Cette richesse détonne avec le niveau de vie de la Guinée équatoriale, un pays pauvre, privé d'électricité et d'éducation[10].

Après un an et demi d'enquête, le juge Le Loire lance un mandat d'arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang Mangue. Il est soupçonné de détournement de fonds publics, de blanchiment, d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance.

Le 19 juillet 2012, la justice essaye de saisir son hôtel particulier parisien dans le cadre de l'enquête sur les biens mal acquis[11]. En vain, il s'agit désormais d'une annexe de l'ambassade de Guinée équatoriale à Paris.

En septembre 2016, les juges Roger Le Loire et Charlotte Bilger ordonnent son renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris[12]. Cette procédure est validée par la Cour Internationale de Justice en décembre 2016[13] Il obtient un renvoi alors et l'audience se tient à nouveau en juin 2017[14]. Le 5 juillet, trois ans de prison, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation des biens saisis (dont un immeuble évalué à plus de 100 millions d’euros), sont requis contre Teodorin Obiang[15]. Le 27 octobre, il est reconnu coupable de blanchiment d’abus de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption et condamné à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d’euros d’amende avec sursis ; les biens saisis sont par ailleurs confisqués, comme son hôtel particulier situé avenue Foch. Pour que cette condamnation soit effective, il faut attendre la fin de la procédure en cours devant la Cour internationale de justice, saisie par le gouvernement de Guinée équatoriale[16].

En novembre 2016, la justice suisse, qui enquête également sur ses biens mal acquis, saisit onze véhicules de luxe lui appartenant, à Genève[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Teodorín a eu des liaisons avec la chanteuse rappeuse américaine Eve[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

(pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en polonais intitulé « Teodorín Nguema Obiang » (voir la liste des auteurs).

  1. Teodoro Nguema Obiang Mangue est désormais vice-président sur mamafrika.tv
  2. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article_imprim.php3?id_article=1718
  3. http://www.slateafrique.com/1737/guinee-equatoriale-le-monde-selon-teodorin-1
  4. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/guinee-equatoriale/presentation-de-la-guinee-968/article/composition-du-gouvernement-1718
  5. a, b et c https://www.dailymotion.com/video/xwttbk_reportage-sur-les-biens-mal-acquis-des-presidents-africains-pieces-a-conviction_news
  6. « Visite guidée au royaume des "Biens mal acquis" », L’Afrique en face, le blog de Vincent Hugeux (titre reglage),‎ (lire en ligne)
  7. « Playboy waits for his African throne », The Sunday Times, 3 septembre 2006.
  8. (en) "Equatorial Guinea playboy's Cape homes seized", IOL, 16 février 2006.
  9. a, b et c http://www.guardian.co.uk/world/2012/feb/06/france-africa-autocrats-corruption-inquiry
  10. Simon Piel et Joan Tilouine, « Biens mals acquis : Teodor Obiang devant la justice », Le Monde, mardi 20 juin 2017, page 21.
  11. L'hôtel particulier de T. Obiang saisi, Le Figaro, 3 août 2012.
  12. Renvoi en correctionnel[1]
  13. « Sentence CIJ », sur lemonde.fr,
  14. « Report d'audience », sur Lemonde.fr,
  15. « « Biens mal acquis » : trois ans de prison, amende et confiscation requis contre Teodorin Obiang », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. a et b « "Biens mal acquis" : Teodorin Obiang condamné en France à trois ans de prison avec sursis », lemonde.fr, 27 octobre 2017.
  17. http://www.slateafrique.com/1851/guinee-equatoriale-le-monde-selon-teodorin-2

Liens externes[modifier | modifier le code]