Sorgo commun

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Sorghum bicolor

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Le sorgo commun (Sorghum bicolor) aussi orthographié sorgho est une espèce de plantes monocotylédones de la famille des Poaceae (Graminées), originaire d'Afrique.

C'est une plante herbacée annuelle, qui peut atteindre 3 mètres de haut. Elle est cultivée soit pour ses graines, le sorgo grain, soit comme fourrage, le sorgo fourrager.

Le sorgo est la cinquième céréale mondiale, après le maïs, le riz, le blé et l'orge[1].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

L'espèce Sorghum bicolor a été décrite par le botaniste allemand, Moench, et publiée en 1794 dans Methodus Plantas Horti Botanici et Agri Marburgensis : a staminum situ describendi[2]. Auparavant, Linné avait décrit, et publié en 1753 dans son Species plantarum, trois espèces distinctes pour le sorgho cultivé : Holcus sorghum, Holcus saccaratus et Holcus bicolor[3]. En 1794, Moench créa le genre Sorghum, séparé du genre Holcus, et regroupa dans une espèce unique, Sorghum bicolor, tous les sorghos cultivés[4].

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Sorgo à sucre, sorgho en ancienne orthographe, sorgo grain, gros mil (Afrique), millet indien, blé égyptien, dari, doura, gros millet, riz égyptien, sorgho à balais, sorgho blanc, sorgho douro, sorgho feterita, sorgho du Soudan, sorgho durra, sorgho menu, sorgho penché[5].

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon Tropicos (25 août 2016)[6] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèces :
    • Sorghum bicolor subsp. arundinaceum (Desv.) de Wet & J.R. Harlan ex Davidse
    • Sorghum bicolor subsp. bicolor
    • Sorghum bicolor subsp. drummondii (Nees ex Steud.) de Wet ex Davidse
    • Sorghum bicolor subsp. verticilliflorum (Steud.) de Wet ex Wiersema & J. Dahlb.
  • variétés :
    • Sorghum bicolor var. arduini Snowden
    • Sorghum bicolor var. bicolor
    • Sorghum bicolor var. cafer (Ard.) Fosberg & Sachet
    • Sorghum bicolor var. caffrorum (Thunb.) Mohlenbr.
    • Sorghum bicolor var. cernuum (Ard.) Ghişa
    • Sorghum bicolor var. charisianum (Busse & Pilg.) Snowden
    • Sorghum bicolor var. drummondii (Nees ex Steud.) Mohlenbr.
    • Sorghum bicolor var. exaristatum Doronina & Ivanjuk.
    • Sorghum bicolor var. obovatum (Hack.) Fosberg & Sachet
    • Sorghum bicolor var. picigutta Snowden
    • Sorghum bicolor var. rotundulum (Snowden) Fosberg & Sachet
    • Sorghum bicolor var. saccharatum (L.) Mohlenbr.
    • Sorghum bicolor var. subglabrescens (Steud.) Fosberg & Sachet
    • Sorghum bicolor var. subglobosum (Hack.) Snowden
    • Sorghum bicolor var. technicum (Körn.) Stapf ex Holland
    • Sorghum bicolor var. transiens (Hack.) Fosberg & Sachet

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

Il existe plus de 250 variétés de sorgho grain inscrites dans le Catalogue européen des espèces et variétés[7]. Environ 145 variétés de sorgho grain sont inscrites au Catalogue officiel français[8].

Description[modifier | modifier le code]

Des graines de sorgo rouge sur des graines de sorgo blanc

La plante du sorgo grain ressemble au maïs. Son appareil racinaire plus profond lui permet de mieux résister à la sécheresse.

C'est une plante de 1 à 3 mètres de haut, à tige cylindrique pleine portant une inflorescence terminale en panicule compacte. Celle-ci regroupe des épillets d'une ou deux fleurs bisexuées.

Le sorgo est une plante pérenne et peut être récolté plusieurs fois par an, cependant il est traité comme une plante annuelle[9].

La graine est un caryopse de 4 mm environ. À maturité, son taux d'humidité est encore relativement élevé (25 à 30 %) et la récolte doit être séchée rapidement.

Cette plante contient un glucoside, la durrhine, qui est toxique car elle entraîne la formation d'acide cyanhydrique. La teneur en durrhine diminue au fur et à mesure de la croissance et surtout après la floraison. Il est préférable de cuire les grains à la vapeur avant de les consommer.

Culture[modifier | modifier le code]

En France, le sorgo a été cultivé sur un peu moins de 100 000 hectares en 2012 (principalement dans le Sud-Ouest) avec un rendement moyen de 58 quintaux par hectare[10].

Distribution[modifier | modifier le code]

Le sorgo est probablement originaire d'Éthiopie, d'où il s'est répandu dans toute l'Afrique. Il était connu à Rome du temps de Pline l'Ancien. Il est également recensé par Xénophon en 401 av. J.-C. dans les plaines de Cilicie, en Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie[11].

De nos jours, il est cultivé, et parfois subspontané dans tous les continents. C'est une plante de climat chaud, mais comme pour le maïs, la sélection a permis de créer des variétés cultivables en pays tempérés. En Europe, sa culture reste cependant cantonnée aux pays méditerranéens.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Sorgo dans la zone d'irrigation de la rivière Adaja (Ávila)
  • Alimentation humaine : le sorgo à grain est une culture vivrière dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. Le sorgo peut se consommer en grain à l'instar du riz, ou être réduit en farine[12]. Dans les pays occidentaux il entre dans la composition de biscuits pour le goûter. En Tunisie, on réalise fréquemment des gâteaux au sorgo (droo). Ce dernier est également à la base de boissons recherchées, notamment pendant Ramadan. Les tiges de sorgo bicolore se mâchent tout comme la canne à sucre[13].
  • le sorgo fourrager est utilisé en alimentation animale principalement dans les pays occidentaux et Afrique du Nord.
  • Herbe à chat : la plupart des mélanges vendus en distribution sont un mélange de graines d'orge et de sorgo.
  • Production de sucre et sirop : des tiges du sorgo bicolore est extraite une mélasse ou un sirop sucré (sirop de sorgo), aux États-Unis sont produits 1000 litres de sirop par ha[13].
  • Alcool, notamment au Burkina Faso, mais aussi et surtout en Chine avec le maotai, alcool de sorgo, considéré en Chine, comme le meilleur alcool; le célèbre er guo tou (二锅头酒) de Pékin ou encore le meigui lu jiu, alcool blanc de sorgo, parfumé à la rose.
  • Dolo et tchapalo, boissons traditionnelles sahéliennes préparées à base de sorgo, cuit dans l'eau et fermenté avec de la levure.
  • Agrocarburant : le sorgo à sucre pourrait être une solution pour produire un agrocarburant tel que le bioéthanol, avec le risque quasi-certain cependant de mettre en péril les cultures vivrières locales. Un projet pilote a été mis en place en Inde, d'autres sont en cours aux Philippines, au Mexique, au Mozambique et au Kenya. Peu demandé, contrairement au maïs, l’utilisation de cette plante facile à cultiver ne déstabilise pas encore le marché alimentaire. En revanche, l'accaparement de surfaces potentiellement destinées à l'alimentation va devenir un problème crucial.[réf. nécessaire]
  • Le sorgo fibre permet grâce à la méthanisation de sa biomasse la fabrication de biomatériaux destinés à la fabrication de films plastiques ou de balais biodégradables.
  • Teinture : plusieurs variétés non-comestibles de sorgo sont cultivés exclusivement pour le colorant rouge contenu dans ses feuilles.

Nutrition[modifier | modifier le code]

Bière sans gluten dans un supermarché américain.
Article détaillé : maladie cœliaque.

Le millet et le sorgo ne contiennent pas de gluten. On peut maintenant trouver les farines et les grains certifiés sans gluten de ces céréales dans des endroits spécialisés pour les allergies alimentaires. Il existe également de la bière certifiée sans gluten.

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

La très grande majorité des surfaces semées en sorgo se trouvent en Afrique et en Asie (Inde notamment). Les pays occidentaux produisent environ 40 % de la récolte mondiale, pour l'alimentation animale, sur 10 % seulement de la surface totale.

Les principaux pays producteurs en millions tonnes en 2014[14] :

Pays Production % monde
1 Etats Unis 10.988 16.2%
2 Mexique 8.394 12.4%
3 Soudan 7.271 10.7%
4 Nigeria 6.741 9.9%
5 Inde 5.390 7.9%
6 Ethiopie 4.339 6.4%
7 Argentine 3.466 5.1%
8 Chine 2.961 4.4%
9 Brésil 2.279 3.4%
10 Burkina Faso 1.708 2.5%
11 Niger 1.426 2.1%
12 Australie 1.282 1.9%
13 Mali 1.272 1.9%
14 Cameroun 1.150 1.7%
15 Tchad 0.897 1.3%
Total monde 67.871 100%

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain, « Sorgho » est le nom du 24e jour du mois de fructidor[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le sorgho à sucre en Chine. Magazine FAO Focus. Publié en février 2002. http://www.fao.org
  2. (en) « !Sorghum bicolor (L.) Moench », sur Tropicos.org., Jardin botanique du Missouri (consulté le 25 août 2016).
  3. Le sorgho et les mils dans la nutrition humaine, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), coll. « FAO. Alimentation et nutrition », , 198 p. (ISBN 9789252033813, ISSN 0253-2549, lire en ligne), chap. 27, p. 2
  4. (en) A. Teshome, B.R.Baum, L.Fahrig, J.K. Torrance, T.J. Arnason & J.D. Lambert, « Sorghum [Sorghum bicolor(L.) Moench] landrace variation and classification in North Shewa and South Welo, Ethiopia  », Euphytica, Kluwer Academic Publishers, vol. 97, no 3,‎ , p. 255–263 (DOI 10.1023/A:1003074008785, lire en ligne [PDF]).
  5. (en) Tong Kwee Lim, Edible Medicinal And Non-Medicinal Plants: Volume 5, Fruits, Springer Science & Business Media, coll. « Edible Medicinal and Non-medicinal Plants », , 943 p. (ISBN 9789400756533), p. 362.
  6. Tropicos, consulté le 25 août 2016
  7. consultation en ligne du Catalogue européen des espèces et variétés
  8. consultation en ligne du Catalogue officiel français des espèces et variétés édité par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants
  9. Le sorgho et les mils dans la nutrition humaine, Chapitre 1 - Introduction, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Réseau d'information sur les opérations après récolte (INPhO), Rome, 1995...
  10. Choisir son sorgho - Arvalis - 2012
  11. Xénophon, Anabase, Les Belles Lettres, , Anab., I, 2, 22
  12. Perception par les consommateurs de la qualité des variétés de sorgo paysannes en usage au bénin et de leur produits dérivés. Résumé.
  13. a et b TV Balole & GM Legwaila, Sorghum bicolor (L.) Moench 2006, In: Brink, M. & Belay, G. (Éditeurs). PROTA 1: Cereals and pulses/Céréales et légumes secs. [CD-Rom]. PROTA, Wageningen, Pays-Bas.
  14. « FAOSTAT », sur faostat3.fao.org (consulté le 27 novembre 2016)
  15. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 30.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sorghum, a crop of substance, Patancheru, Andhra Pradesh (Inde), International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (ICRISAT), , 97 p. (ISBN 92-9066-473-8, lire en ligne).
  • L'économie mondiale du sorgho et du mil : faits, tendances et perspectives, FAO / Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides, , 68 p. (ISBN 9789252038610, lire en ligne).
  • (fr) Jacques Chantereau, Jean-François Cruz, Alain Ratnadass, Gilles Trouche, Geneviève Fliedel, Le sorgho, Éditions Quae, coll. « Agricultures tropicales en poche », , 245 p. (ISBN 9782759220618, ISSN 1778-6568).
  • (en) C. Wayne Smith, Richard A. Frederiksen, Sorghum: Origin, History, Technology, and Production, John Wiley & Sons, coll. « Wiley Series in Crop Science », , 824 p. (ISBN 9780471242376).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]