Caryopse

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Caryopses de blé.

En botanique, le caryopse est un fruit sec, indéhiscent, contenant une seule graine. Formé à partir d'un ovaire supère uniloculaire, c'est le fruit caractéristique de la famille des Poaceae (Graminées). Généralement, le péricarpe, constitué par le tégument externe de l'ovaire, est intimement soudé à la paroi de la graine, issue du tégument interne de l'ovule[1].

Étymologie 
le terme « caryopse » , daté de 1843, dérive de deux racines grecques, κάρυον (karuon), noix, et ὄψις (opsis), apparence[2].

Types de caryopses[modifier | modifier le code]

Selon le degré d'adhérence et la consistance du péricarpe, on distingue plusieurs types de caryopses. Outre le cas le plus général dans lequel le péricarpe est totalement adhérent à la graine, on rencontre chez certaines espèces les types suivants[3],[4] :

  • caryopse baccoïde : péricarpe épais, charnu, adhérent ; se rencontre chez une douzaine de genres de la tribu des Bambuseae : Alvimia, Chimonobambusa, Decaryochloa, Dinochloa, Ferrocalamus, Melocalamus, Melocanna, Ochlandra, Olmeca, Qiongzhuea[5],[6]  ;
  • caryopse cistoïde : péricarpe relativement libre, fin et hyalin, qui se rompt irrégulièrement pour libérer la graine : présent chez les Cynodonteae ;
  • caryopse follicoïde : péricarpe fin, souple, non adhérent, qui se fend le long d'une ligne de suture et libère la graine lorsqu'il est humidifié : présent chez les Cynodonteae ;
  • caryopse nucoïde : péricarpe plus ou moins dur, cassant, d'épaisseur variable, relativement libre, adhérent seulement dans la région du hile : présent chez les Bambuseae et les Oryzeae.

Cas des céréales[modifier | modifier le code]

Dans le langage courant, le fruit des céréales est appelé « grain », on parle de grain de blé par exemple. Le grain peut être constitué par le caryopse seul, lorsque les glumes et glumelles se détachent à maturité ; on parle alors de céréales « à grain nu », par exemple lé froment et le seigle, bien plus faciles à préparer, car on peut les moudre sans décorticage préalable. Dans ce cas, les glumes et glumelles sont éliminées au battage et constituent la « balle ». Dans certains cas, les glumelles, bractées qui enveloppent les fleurons des graminées, restent adhérentes au caryopse. On parle alors de céréales à grain « vêtu », par exemple l'orge ou l'amidonnier (Triticum diccocum). Dans le cas du riz, on parle de « riz en balle » ou « paddy » pour désigner le caryopse revêtu de ses glumelles[7].

Composition[modifier | modifier le code]

L'amande est constituée d'une part d'un volumineux albumen (90 % du poids sec du grain) formé de cellules remplies d'amidon (que l'on retrouve dans la farine) et entouré d'une assise externe protéique, l'assise à aleurone, et d'autre part de l'embryon (5 % du poids sec), rejeté en bas de la graine, à un seul cotylédon.

Le tégument de la graine et le péricarpe constituent les 5 % restants, qui sont plus ou moins éliminés par le blutage (dernière opération, après l'écrasage et avant l'ensachage, la séparation du son de la farine), lorsque le grain est moulu (transformé en farine).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Jauzein et Jacques Montégut, Graminées (Poaceae) nuisibles en agriculture, , 538 p. (ISBN 9782904355028, ASIN B00MRYFBQU), p. 30.
  2. Alain Rey, Le grand Robert de la langue française : dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, t. 2, , 1022 p. (ISBN 2850361569), p. 382.
  3. « French Character List », sur Grassworld (consulté le 17 octobre 2017).
  4. (en) « Seeds and Fruits », sur Department of Botany and Plant Pathology, Université d'État de l'Oregon (consulté le 17 octobre 2017).
  5. (en) Geoffrey Peter Chapman, Reproductive Versatility in the Grasses, Cambridge University Press, , 296 p. (ISBN 9780521380607), p. 42-45.
  6. (en) Yu Fu-gen, Hu Cheng-hua, Chen Ling et Chen Xiao-ya, « The Morphological and Anatomical Characters of Bamboo Fruits with relation to Systematics and Evolution », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, vol. 35, no 10,‎ , p. 779-792 (résumé).
  7. Yoshio Abé, Le « décorticage » du riz : Typologie, répartition géographique et histoire des instruments à monder le riz- Archéologie expérimentale et ethnographie des techniques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, (ISBN 9782735118137), p. 31-32.