Željko Ražnatović

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Željko Ražnatović
Alias
Arkan
Naissance
Brezice, Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie (auj. Drapeau de la Slovénie Slovénie)
Décès (à 47 ans)
Belgrade, Yougoslavie (auj. Drapeau de la Serbie Serbie)
Nationalité Yougoslave (il avait deux passeports : un slovène et un yougoslave)
Profession
Militaire
Homme d'affaires
Homme politique
Président d'un club de football
Autres activités
Agent double (croate et serbe).
Famille
9 enfants de 5 femmes différentes :
2 de Svetlana Ražnatović
4 avec Natalija Martinovic
2 avec une Belge
1 fils avec Agna, une Suédoise.

Arkan de son vrai nom Željko Ražnatović (en serbe cyrillique : Жељко Ражнатовић, prononcé : [ʐêːʎko raʐnâːtoʋit͡ɕ] ; à Brezice, Slovénie à Belgrade, Serbie) fut un chef de guerre serbe à la tête d'une milice paramilitaire, les « Tigres d'Arkan », ainsi qu'un agent travaillant pour la Croatie[1]. Pendant les années 1970 et 1980, il fut un des criminels de la liste d'Interpol les plus recherchés à la demande de sept pays européens pour plusieurs cambriolages et autres crimes à travers toute l'Europe[2]. Il fut également le président du club de football Obilic Belgrade. En 1997, il est inculpé de crimes contre l'humanité. Il est assassiné le , avant le déroulement de son procès.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Arkan est né à Brežice, une petite ville de la région de Basse-Styrie à l'est de la Slovénie, à proximité de la frontière avec la Croatie, où son père, un militaire, était en poste à l'époque. Il passe également une partie de son enfance à Zagreb et Pančevo avant que son père et sa famille ne s'installent à Belgrade. Son père Veljko Ražnatović est un Monténégrin qui a servi comme officier dans l'aviation de l'armée populaire yougoslave (JNA), jusqu'à un haut rang grâce sa remarquable activité lors de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère Slavka Josifović a également pris part à la guerre comme militante communiste.

Arkan grandit avec trois sœurs plus âgées. Dans un climat très strict, militariste, recevoir des coups de son père est un événement ordinaire. Dans une entrevue pour le magazine Duga, Arkan le signale : « Il ne me frappait pas au sens classique du terme, mais il me soulevait et me jetait au sol ». En raison de l'importance que ses parents donnent à leur vie professionnelle, il établit peu de liens avec eux. Ses parents divorcent au cours de son adolescence.

En 1974, il est arrêté à la suite d'une rixe[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Drapeau officiel de la « Srpska dobrovoljačka garda » plus connue sous le nom des « Tigres d'Arkan ».
Sépulture de Željko Ražnatović

Arkan a été entre autres : chef paramilitaire, fondateur de la « Garde des volontaires serbes » (« Srpska dobrovoljačka garda ») - également connue sous le nom des « Tigres d'Arkan », durant les guerres de Yougoslavie -, agent secret, président du club des supporters de l'Étoile rouge de Belgrade, pâtissier, président de club de football, homme d'affaires, homme politique et icône populaire pendant les guerres des années 1990. Arkan est une célèbre figure de la Serbie des années Milošević. Il a été député du Kosovo jusqu'en décembre 1993[3].

Inculpé en 1997 de crimes contre l’humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye, il conteste la légitimité du tribunal et ne sera jamais jugé.

En 1998, son ami et bras droit Jusuf Bulić est assassiné.

Le , il est assassiné à l’hôtel Intercontinental de Belgrade. L'assassin, Dobrosav Gavrić, âgé de 23 ans, est membre junior de la brigade policière mobile. Son groupe est toujours actif. Il est désormais une icône de sa cause.

Serviteur de la Croatie[modifier | modifier le code]

Le passé criminel et vénal d'Arkan est révélé en partie en 2017, par Josip Manolić ancien Premier ministre croate et chef des services secrets croates, il révèle que la Croatie a utilisé deux fois les services de Arkan à sa connaissance[1]. En 1991, pour recevoir la livraison de douze camions pleins de Kalashnikov pour la défense de la Slavonie, de Vukovar en particulier (voir Bataille de Vukovar), il a été payé en métaux précieux en or et en argent[4],[5],[6]. En 1992, il intervient dans l'achat d'une vidéo montrant des défenseurs croates à Ovčare (voir Massacre de Vukovar) se faire massacrer par les troupes paramilitaires, utilisée pour diaboliser toutes les troupes serbes vis à vis des médias occidentaux[4]. Franjo Tuđman qui avait personnellement demandé à son premier ministre de récupérer la cassette donna à Arkan 2 millions de Deutsche Mark[1],[4].

Autre révélation de Manolić, Arkan est capturé par la garde nationale croate qui le soupçonne de vouloir assassiner le président Tudjman, Manolić l'apprend et fait libérer le criminel de guerre serbe pro-croate, après avoir organisé un faux procès, pour la forme, au cours duquel il est condamné à vingt mois de prison en Croatie.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié à Svetlana Ražnatović, célèbre chanteuse serbe de pop-folk, il a eu deux enfants. Il a aussi sept autres enfants. Le chanteur Baja Mali Knindža lui rend hommage dans sa chanson « Arkanove Delije ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ivan Violić, « ‘Željko Ražnatović Arkan Hrvatskoj je prodao 12 šlepera oružja i videozapis masakra na Ovčari’ », sur telegram.hr, .
  2. a et b Jean Hatzfeld, « Zeljko Raznatovic : les habits neufs du tueur ethnique », sur liberation.fr, .
  3. Ibrahim Rugova, Marie-Françoise Allain et Xavier Galmiche, La question du Kosovo, Paris, Fayard, , 261 p. (ISBN 2213592470) (préface)
  4. a, b et c « “Arkan je Hrvatskoj prodao 12 šlepera oružja i snimak” », sur b92.net, .
  5. « Manolić otkrio da je Arkan prodavao oružje Hrvatskoj », sur pcnen.com, .
  6. « JOSIP MANOLIĆ TVRDI: "Arkan je radio Srbiji iza leđa, prodao Hrvatima 12 šlepera oružja, a Tuđmanu tajni snimak za dva miliona" », sur slobodna-bosna.ba, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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