Opération action sud

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Opération action sud
Informations générales
Date 8 octobre - 15 octobre 1995
Lieu Proximité Banja Luka, Bosnie-Herzégovine
Issue Victoire de l'armée croate (HV) et du conseil de défense croate (HVO)
Belligérants
Flag of Croatia.svg Armée croate (HV)
Flag of Croatia.svg Conseil de défense croate (HVO)
Flag of Serbian Krajina (1991).svg Armée serbe de Bosnie (VRS)
Commandants
Ante Gotovina
Rahim Ademi
Andrija Matijaš
Ratko Mladić
General Borić
Forces en présence
7 200 soldats 4 200 soldats
Pertes
Chiffres croates :
42 morts
177 blessés
Estimations :
350 à 450 morts
1 000 à 1 200 blessés
1 500 prisonniers
Coordonnées 44° 24′ 45″ nord, 17° 05′ 06″ est

L’opération militaire « Opération action sud », (Operacija Južni potez) est la dernière opération de l’armée croate (HV) et du conseil de défense croate (HVO) en Bosnie-Herzégovine. Cette opération débuta le 8 octobre et se termina le 15 octobre 1995, elle était la suite logique de l’opération « Maestral » débutée un mois plus tôt.

But de l’opération[modifier | modifier le code]

Le but de l’opération était de :

  • mettre sous contrôle les axes routiers de Banja Luka -Čađavica et Mrkonjić Grad - Banja Luka ;
  • disposer de canons pouvant bombarder Banja Luka ;
  • aider le 5e et 7e corps de l’armée de la république de Bosnie-Herzégovine sur la rivière Sana et Ugra au sud de Skender Vakuf.

Ordre de bataille des forces croates[modifier | modifier le code]

  • Etat major : général Ante Gotovina, général Rahim Ademi et général Ljubo Ćesić Rojs;
  • 4e régiment de gardes de l’armée croate (HV) : général Damir Krstičević;
  • 7e régiment de gardes de l’armée croate (HV) : général Ivan Korade;
  • 1re unité spéciale de gardes : général Miljenko Filipović;
  • 1re brigade de gardes du HVO : lieutenant-colonel Ante Luburić;
  • 2e brigade de gardes du HVO : général Stanko Sopta;
  • 3e brigade de gardes du HVO : commandant Ilija Nakić;
  • Unité spéciale du ministère de l’intérieur : general Zlatan Mijo Jelić;
  • 60e compagnie de gardes de combat du HVO : colonel Davor Dodig;
  • 22e unité de diversion du HVO : colonel Predrag Mandić;
  • 126e régiment de réserve de l’armée croate (HV) : colonel Ante Podrug;
  • Compagnie de reconnaissance de l’état major de l’armée croate : capitaine Ivica Dekalić;
  • Groupe opérationnel “Est” : général Željko Glasnović.

Déroulement de l’opération[modifier | modifier le code]

L’« opération action sud » débuta le 8 octobre 1995. Après de longs combats avec les unités serbes dont certaines étaient apparemment dirigées par le chef de guerre serbe Željko Ražnatović Arkan, les forces croates prennent le contrôle le 9 octobre la ville de Mrkonjić Grad et arrivent sur la montagne de Manjača.

Lors de leur entrée dans la ville, l’engin de transport de troupe du commandant Andrija Matijaš, chef de la 4e brigade, est touché par une roquette anti-char. Celui-ci décédera de ses blessures.

La suite de l’opération se termine par la prise de la vallée de la rivière Vrbas et de la centrale hydroélectrique Bočac. Les forces croates se trouveront à 23km de Banja Luka, et couperont la centrale ce qui provoquera un début de panique dans la ville.

Dans le même temps, le 5e et 7e corps de l’Armée de la République de Bosnie et d'Herzégovine progressent le long de la vallée de rivière Sana en direction de Sanski Most. L’opération est nommée « Sana 95 » côté bosniaque. Après des combats intenses ou les forces serbes ont utilisé des hélicoptères de combat, Sanski Most tombe sous le contrôle de l’Armée de la République de Bosnie et d'Herzégovine le 11 octobre 1995. En continuant leur progression vers Prijedor, certaines sources mentionnent qu'Željko Ražnatović ou Arkan échappe de justesse aux forces bosniaques.

Résultat[modifier | modifier le code]

Lors de l’opération « action sud » 800 km2 de territoires sont se sont retrouvés sous le contrôle des forces croates. L’action la plus marquante fut le positionnement des forces croates à 23 km de Banja Luka, à portée de l’artillerie lourde.

Celle qui eut le plus d’effet psychologique, fut la prise de la centrale hydroélectrique de Bočac. Sa coupure fit sombrer la ville de Banja Luka dans le noir, entraînant un début de panique.

Les forces serbes du 1er et 2e corps d’armée, en pleine déroute, se sont toutes concentrées dans la région de Banja Luka, mêlées aux civils serbes en fuite, les autorités locales ont préparé un plan d’évacuation en cas de prise de contrôle de la ville par la coalition croato-bosniaque.

Fin de l’opération[modifier | modifier le code]

La situation politique n’est pas favorable à l’entrée des forces croates et bosniaques dans la ville de Banja Luka, pour plusieurs raisons :

  • Pour des raisons humanitaires, la prise de la ville aurait entraîné une nouvelle vague de réfugiés en direction de la Serbie, ce qui aurait sûrement entraîné une réaction de l’armée de Yougoslavie et compliqué la situation militaire et humanitaire sur place.
  • Le plan de paix du diplomate américain Richard Holbrooke, avec un partage 51 % pour la fédération croato-bosniaque et 49 % pour l’entité serbe, serait menacé et compliquerait les futures négociations.

C’est pour cela que d’intenses pressions diplomatiques de la communauté internationale et des menaces de représailles sur les troupes croates de la part de l’aviation de l’OTAN, ont amené le président croate Franjo Tudjman à stopper l’offensive, malgré le fait que le président bosnien Alija Izetbegović était prêt à se risquer à prendre la ville de Banja Luka.

L’opération « action sud » fut interrompue sur demande de la communauté internationale et tout particulièrement des américains alors que les forces croates se trouvaient à 23 km au sud de Banja Luka.

Voir aussi[modifier | modifier le code]