Ramush Haradinaj

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Ramush Haradinaj
Illustration.
Ramush Haradinaj en 2013.
Fonctions
Premier ministre du Kosovo
En fonction depuis le
(1 an, 11 mois et 8 jours)
Élection
Président Hashim Thaçi
Coalition PDK - AAK - NISMA (en) - AKR - SL
Prédécesseur Isa Mustafa
Premier ministre de la Province autonome serbe du Kosovo

(3 mois et 5 jours)
Président Ibrahim Rugova
Prédécesseur Bajram Rexhepi
Successeur Adem Salihaj (intérim)
Bajram Kosumi
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Glođane (République fédérative socialiste de Yougoslavie)
Nationalité kosovare
Parti politique AAK

Ramush Haradinaj Ramush Haradinaj
Premiers ministres du Kosovo

Ramush Haradinaj, né le à Glodjane, près de Dečani, est un homme d'État kosovar, ancien chef militaire de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK) et ancien Premier ministre (de décembre 2004 à mars 2005). Il est soupçonné d'avoir fait torturer et tuer des dizaines de civils serbes détenus par son groupe, les Aigles noirs[1]. Il est de nouveau Premier ministre du au , date à laquelle il démissionne à nouveau après sa convocation par un tribunal spécial international qui le suspecte d'être un criminel de guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Haradinaj est né le 3 juillet 1968, deuxième d'une fratrie de neuf enfants, dans le village de Glođane, près de Dečani (en albanais: Deçan), au Kosovo, alors partie de la Yougoslavie. Son ascendance paternelle est originaire de Berishë, dans le nord de l'Albanie, autour de la ville de Pukë. Il passa sa jeunesse dans son village natal avec ses parents et ses frères et sœurs et termina l'école primaire à Rznić (albanais: Irzniq) et l'école secondaire à Dečani et à Gjakova. Il fait son service dans l'armée populaire yougoslave, où il sera plus tard promu commandant de peloton. Après la guerre du Kosovo, Haradinaj étudie le droit à l'université de Pristina. Haradinaj a également obtenu une maîtrise en administration des affaires de l'université américaine du Kosovo, associée au Rochester Institute of Technology de New York.

En 1989, sous un faux nom, Haradinaj émigre à Leysin, en Suisse. Il y travailla pendant huit ans comme ouvrier du bâtiment, agent de sécurité et videur dans une boîte de nuit. Au début des années 90, des mouvements pour l'indépendance ont commencé à se former dans de nombreuses régions de Yougoslavie. En Suisse, Haradinaj a rejoint l'organisation nationaliste albanaise "Mouvement populaire du Kosovo", à l'origine de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK). Cette organisation voulait séparer le Kosovo de la Yougoslavie par la lutte armée. En 1996, il suivit un entraînement au sabotage en Albanie, puis participa à la création de bases de l'UÇK à Kukës et à Tropojë. Selon les médias, il aurait organisé la contrebande d'armes au Kosovo. Lors d'une de ces opérations, il a été pris dans une embuscade lors de patrouilles aux frontières, au cours desquelles il a été blessé et son frère Luan a été tué. En 1998, Haradinaj est rentré dans sa ville natale de Glođane (aujourd'hui Deçan) au Kosovo.

Inculpations pour crime de guerre, puis acquittements[modifier | modifier le code]

Il est inculpé en mars 2005 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye pour des crimes de guerre qu'il aurait commis en tant que commandant de l'UÇK, ce qui le conduit à démissionner de son poste de Premier ministre du Kosovo. Son procès commence le 5 mars 2007. Il est acquitté le 3 avril 2008. Pendant sa détention, de nombreux concerts et manifestations de soutien sont organisés au Kosovo pour aider la famille Haradinaj à payer les frais engendrés par le procès[réf. nécessaire].

Son procès commence le 5 mars 2007 et il est acquitté le 3 avril 2008, ce qui déclenche les protestations des autorités serbes. La cour d'appel du TPIY casse le premier jugement le 21 juillet 2010 et ordonne sa remise en détention, jugeant que les mesures de sécurité n'ont pas été prises par la Cour pour lutter contre les tentatives d'intimidation des temoins[2].

Cette décision de la Cour affaiblit le parti d'opposition qu'il mène, l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK, en albanais : Aleanca për Ardhmërinë e Kosovës), un an avant les élections législatives prévues au printemps 2011, qui sont avancées à décembre 2010 et dans lesquelles l'AAK progresse de 2 sièges (12 sièges au total). Lors de son procès le 18 août 2011, il est accusé de meurtres et de tortures[3]. Il est remis en liberté conditionnelle par le TPIY en mai 2012 et revient à Pristina[4]. Haradinaj est acquitté en novembre 2012[5]. Son acquittement, précédé de celui d'Ante Gotovina, amène de nombreuses critiques contre le TPIY[6].

Le 4 janvier 2017, il est arrêté en France, à l'aéroport de Bâle-Mulhouse alors qu'il venait d'arriver par avion de Pristina, sur la base d'un mandat d'arrêt international émis par la Serbie[1]. Le , la justice française rejette son extradition et lève son contrôle judiciaire[7]. Cela provoque le rappel par la Serbie de son ambassadeur en France[8].

Premier ministre de la République du Kosovo[modifier | modifier le code]

À nouveau nommé Premier ministre du Kosovo le [9], il est investi par le Parlement le 9 avec l'exacte majorité absolue (61 voix sur 120).

Le 19 juillet 2019, après avoir été convoqué par la justice internationale il démissionne de son poste de Premier ministre et annonce vouloir que de nouvelles élections soient organisées[10]. Le 24 juillet, il est auditionné[11].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Déclaration de politique extérieure[modifier | modifier le code]

Lors d’un discours le 7 avril 2019, Haradinaj explique que les droits de douane de 100 % sur les marchandises en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine ont été introduits « contre les intérêts russes et serbes dans les Balkans ». Il se décrit comme « un soldat américain qui ne fait qu’appliquer les ordres liés à la situation sur le terrain ». Il ajoute qu’« un Kosovo fort sert les intérêts des États-Unis, en s’opposant à ceux des Russes »[12].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats[modifier | modifier le code]

République du Kosovo[modifier | modifier le code]

Province autonome serbe du Kosovo[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Monde.fr et AFP, « Un ancien premier ministre kosovar, recherché par la Serbie, arrêté en France », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. [PDF] Résumé du jugement de la cour d'appel du TPIY, 21 juillet 2010
  3. « L'ancien Premier ministre du Kosovo accusé de meurtres », Radio-télévision belge de la Communauté française,
  4. « TPI : libération conditionnelle pour Ramush Haradinaj, de retour à Pristina », Le Courrier des Balkans,
  5. « Le bilan du TPIY en question après des acquittements », Le Monde,
  6. Pierre Hazan, « Les victimes serbes ignorées par la justice internationale », Le Monde,
  7. « La justice française rejette l’extradition du Kosovar Ramush Haradinaj vers la Serbie », sur Le Monde, (consulté le 28 avril 2017).
  8. « Affaire Haradinaj : la Serbie rappelle son ambassadeur en France », bfmtv.com, 27 avril 2017.
  9. « Kosovo: l'ex-guérillero Haradinaj désigné Premier ministre », sur lexpress.fr, (consulté le 8 septembre 2017).
  10. Le Point, magazine, « Kosovo: démission du Premier ministre, convoqué par la justice internationale », sur Le Point (consulté le 19 juillet 2019)
  11. « Vidéo - L'ex-Premier ministre kosovar Haradinaj arrive au tribunal spécial pour le Kosovo - 24/07/2019 11:58:34 - Boursorama » (consulté le 25 juillet 2019)
  12. (en) « Kosovo PM: I’m American soldier on the ground, following orders », http://rs.n1info.com, 8 avril 2019

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]