Ramush Haradinaj

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Ramush Haradinaj
Illustration.
Ramush Haradinaj en 2013.
Fonctions
Premier ministre du Kosovo
En fonction depuis le
(2 ans, 2 mois et 11 jours)
Élection
Président Hashim Thaçi
Gouvernement Haradinaj II
Législature 6e
Coalition PDK-AAK-NISMA (en)-AKR-SL
Prédécesseur Isa Mustafa
Premier ministre de la Province autonome serbe du Kosovo

(3 mois et 5 jours)
Élection
Président Ibrahim Rugova
Gouvernement Haradinaj I
Législature 2e
Prédécesseur Bajram Rexhepi
Successeur Adem Salihaj (intérim)
Bajram Kosumi
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Glođane (Yougoslavie)
Nationalité Kosovar
Parti politique AAK

Ramush Haradinaj Ramush Haradinaj
Premiers ministres du Kosovo

Ramush Haradinaj, né le à Glodjane, près de Dečani, est un homme d'État kosovar, membre et président de l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK).

Ancien chef militaire de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK), il devient Premier ministre de la province autonome du Kosovo en décembre 2004. Il démissionne trois mois plus tard, après avoir été inculpé de crimes de guerre par le TPIY. Il est soupçonné d'avoir fait torturer et tuer des dizaines de civils serbes détenus par son groupe, les Aigles noirs. Il est acquitté en première instance en avril 2008, puis en appel en novembre 2012.

Il redevient Premier ministre kosovar, le pays ayant pris son indépendance en 2008, en septembre 2017 à la tête d'une coalition de cinq partis dont la Liste serbe (SL). Il remet sa démission en juillet 2019, après avoir été convoqué par la cour spéciale pour le Kosovo qui le soupçonne d'être un criminel de guerre. Sa majorité est incapable de se maintenir et des élections législatives anticipées sont convoquées.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Ramush Haradinaj naît le à Glođane, un village près de Dečani, dans la province autonome yougoslave du Kosovo. Il est le deuxième d'une fratrie de neuf. Sa famille paternelle est originaire de Berishë, dans le nord de l'Albanie.

Il passe sa jeunesse dans son village natal. Il suit son enseignement primaire à Rznić, puis ses études secondaires à Dečani et Gjakovë. Il accomplit ensuite son service militaire dans l'Armée populaire yougoslave (JNA), où il atteint le grade de commandant de peloton.

Vie professionnelle et études[modifier | modifier le code]

En 1989, sous un faux nom, il émigre à Leysin, en Suisse. Il y travaille huit ans exerçant les métiers d'ouvrier du bâtiment, agent de sécurité et enfin videur dans une boîte de nuit.

Après la guerre du Kosovo, il étudie le droit à l'université de Pristina. Il obtient également une maîtrise en administration des affaires de l'université américaine du Kosovo, associée au Rochester Institute of Technology de New York.

Guerre du Kosovo[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, des mouvements pour l'indépendance commencent à se former dans de nombreuses régions de Yougoslavie. En Suisse, Haradinaj rejoint l'organisation nationaliste albanaise « Mouvement populaire du Kosovo », qui donne naissance à l'Armée de libération du Kosovo (UÇK). Cette organisation voulait séparer le Kosovo de la Yougoslavie par la lutte armée.

En 1996, il suit un entraînement au sabotage en Albanie, puis participe à la création de bases de l'UÇK à Kukës et à Tropojë. Selon les médias[Lesquels ?], il aurait organisé la contrebande d'armes au Kosovo. Lors d'une de ces opérations, il est pris dans une embuscade de l'armée fédérale yougoslave à la frontière, au cours de laquelle il est blessé tandis que son frère Luan perd la vie.

Il revient deux ans plus tard dans son village natal de Glođane.

Engagé en politique[modifier | modifier le code]

Député[modifier | modifier le code]

Il est plusieurs fois député à l'Assemblée du Kosovo : de novembre 2001 à novembre 2004 (1ère législature), de juillet 2014 à février 2016 (5ème législature) et de février 2018 à août 2019 (6ème législature)[1].

Premier ministre du Kosovo autonome[modifier | modifier le code]

Le 3 décembre 2004, il prend la succession de Bajram Rexhepi comme Premier ministre de la province serbe du Kosovo, alors sous administration onusienne.

Procès devant le TPIY[modifier | modifier le code]

Inculpation et premier procès[modifier | modifier le code]

Il est inculpé en mars 2005 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye pour des crimes de guerre qu'il aurait commis en tant que commandant de l'UÇK, ce qui le conduit à démissionner de son poste de Premier ministre du Kosovo. Pendant sa détention, de nombreux concerts et manifestations de soutien sont organisés au Kosovo pour aider la famille Haradinaj à payer les frais engendrés par le procès[réf. nécessaire].

Son procès commence le 5 mars 2007 et il est acquitté le 3 avril 2008, ce qui déclenche les protestations des autorités serbes.

Appel et acquittement[modifier | modifier le code]

La cour d'appel du TPIY casse le premier jugement le 21 juillet 2010 et ordonne sa remise en détention, jugeant que les mesures de sécurité n'ont pas été prises par la Cour pour lutter contre les tentatives d'intimidation des témoins[2].

Cette décision de la Cour affaiblit le parti d'opposition qu'il mène, l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK, en albanais : Aleanca për Ardhmërinë e Kosovës), un an avant les élections législatives prévues au printemps 2011, qui sont avancées à décembre 2010 et dans lesquelles l'AAK progresse de 2 sièges (12 sièges au total). Lors de son procès le 18 août 2011, il est accusé de meurtres et de tortures[3]. Il est remis en liberté conditionnelle par le TPIY en mai 2012 et revient à Pristina[4].

Haradinaj est acquitté en novembre 2012[5]. Son acquittement, précédé de celui d'Ante Gotovina, amène de nombreuses critiques contre le TPIY[6].

Arrestation en France[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 2017, il est arrêté en France, à l'aéroport de Bâle-Mulhouse alors qu'il venait d'arriver par avion de Pristina, sur la base d'un mandat d'arrêt international émis par la Serbie[7]. Le , la justice française rejette son extradition et lève son contrôle judiciaire[8]. Cela provoque le rappel par la Serbie de son ambassadeur en France[9].

Premier ministre de la république du Kosovo[modifier | modifier le code]

Majorité courte[modifier | modifier le code]

À nouveau nommé Premier ministre du Kosovo le [10], il est investi par le Parlement deux jours plus tard par 61 voix favorables, soit l'exacte majorité absolue.

Nouvelle inculpation et démission[modifier | modifier le code]

Le 19 juillet 2019, après avoir été convoqué par la justice internationale, il démissionne de son poste de Premier ministre et annonce vouloir que de nouvelles élections soient organisées[11]. Le 24 juillet, il est auditionné[12]. Le 22 août, les députés dissolvent le parlement et convoquent de nouvelles élections législatives.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Déclaration de politique extérieure[modifier | modifier le code]

Lors d’un discours le 7 avril 2019, Haradinaj explique que les droits de douane de 100 % sur les marchandises en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine ont été introduits « contre les intérêts russes et serbes dans les Balkans ». Il se décrit comme « un soldat américain qui ne fait qu’appliquer les ordres liés à la situation sur le terrain ». Il ajoute qu’« un Kosovo fort sert les intérêts des États-Unis, en s’opposant à ceux des Russes »[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (sq) « Biografia e Kryeministrit », sur kryeministri-ks.net, (consulté le 23 août 2019)
  2. [PDF] Résumé du jugement de la cour d'appel du TPIY, 21 juillet 2010
  3. « L'ancien Premier ministre du Kosovo accusé de meurtres », Radio-télévision belge de la Communauté française,
  4. « TPI : libération conditionnelle pour Ramush Haradinaj, de retour à Pristina », Le Courrier des Balkans,
  5. « Le bilan du TPIY en question après des acquittements », Le Monde,
  6. Pierre Hazan, « Les victimes serbes ignorées par la justice internationale », Le Monde,
  7. Le Monde.fr et AFP, « Un ancien premier ministre kosovar, recherché par la Serbie, arrêté en France », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. « La justice française rejette l’extradition du Kosovar Ramush Haradinaj vers la Serbie », sur Le Monde, (consulté le 28 avril 2017).
  9. « Affaire Haradinaj : la Serbie rappelle son ambassadeur en France », bfmtv.com, 27 avril 2017.
  10. « Kosovo: l'ex-guérillero Haradinaj désigné Premier ministre », sur lexpress.fr, (consulté le 8 septembre 2017).
  11. Le Point, magazine, « Kosovo: démission du Premier ministre, convoqué par la justice internationale », sur Le Point (consulté le 19 juillet 2019)
  12. « Vidéo - L'ex-Premier ministre kosovar Haradinaj arrive au tribunal spécial pour le Kosovo - 24/07/2019 11:58:34 - Boursorama » (consulté le 25 juillet 2019)
  13. (en) « Kosovo PM: I’m American soldier on the ground, following orders », http://rs.n1info.com, 8 avril 2019

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]