Royaume d'Italie

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Plusieurs entités ont porté le nom de royaume d'Italie.

La Couronne de fer de Lombardie, telle que celle de l'illustration conservée à la cathédrale de Monza, servit à couronner les rois en Italie depuis les Lombards jusque l'ère napoléonienne au XIXe siècle.

Les royaumes barbares (489 - 781)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume ostrogoth.
Article détaillé : Royaume lombard.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, les maîtres barbares de l'Italie, Odoacre, puis les rois Ostrogoths et Lombards ont établi des royaumes couvrant la majeure partie de la péninsule italienne.

Le royaume carolingien d'Italie (855-962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire carolingien.

Peu avant sa mort en 855, l'empereur d'Occident Lothaire Ier, prend soin de partager son empire entre ses fils par le traité de Prüm. L'aîné d'entre eux, Louis II le Jeune reçoit le titre d’empereur et l'Italie du Nord, qui devient ainsi un nouveau Royaume d'Italie (en latin, regnum Italicum).

À sa mort en 875, son oncle Charles II le Chauve qui hérite à son tour de la couronne impériale et du royaume d'Italie, dont il laisse l'administration à Boson V de Provence, avec le titre de vice-roi. En 877, ce dernier rappelé par Charles II en France, confie le domaine à son frère Richard II de Bourgogne dit le Justicier. Après la disparition de Charles le Chauve, le pape Jean VIII propose successivement la couronne d'Italie et le titre d'Empereur à Louis le Bègue, puis à Boson qui refusent. C'est finalement Charles III le Gros qui accepte l'offre avant d'abdiquer en 888.

Article détaillé : Royaume d'Italie (888-1024).

Bérenger Ier de Frioul, est élu roi d'Italie à Pavie. Battu l'année suivante par Guy III de Spolète, celui-ci est couronné le 12 février 889 et il oblige le pape Formose à désigner son fils Lambert comme héritier. À la mort de Guy en 894, Formose se rétracta et appela Arnulf de Carinthie à la rescousse. Arnulf fera reconnaître Bérenger de Frioul comme vassal et successeur. Bérenger récupèrera donc son trône pour la seconde fois en 898. Mais les invasions hongroises pousseront les féodaux du royaume à faire appel à Louis III l'Aveugle qui chassera Bérenger en l'an 900, et ceindra la couronne impériale le 22 février 901. Revenu avec des forces en nombre, Bérenger réussit à le chasser à son tour d'Italie en 902. Il restera cette fois-ci sur le trône durant 20 ans, proclamant même Empereur des Romains en 915. Mais les conflits avec les féodaux perdurèrent durant son règne.

Ces derniers demandèrent alors à Rodolphe II de Bourgogne d'intervenir. Couronné roi à Pavie, il vainc Bérenger à Piacenza en 923, avant que celui-ci ne soit assassiné l'année suivante, meurtre peut-être commandité par Rodolphe lui-même. La noblesse italienne toujours aussi turbulente se retourne contre lui et demande à Hugues d'Arles de prendre la place de Rodolphe II en 926. En 945, une rébellion menée par Bérenger II d'Ivrée pousse Hugues d'Arles à abandonner le trône d'Italie au profit de son fils Lothaire d'Arles qui ne règnera finalement jamais dans les faits, Bérenger II l'ayant fait emprisonner et assassiner en 950.

À la mort de Lothaire, le roi de Germanie Otton Ier devient roi d'Italie aux dépens de Bérenger II qui se révolte en 951. La veuve de Lothaire d'Arles, Adélaïde de Bourgogne et d'Italie, héritière du royaume et fille de Rodolphe II de Bourgogne, retenue elle aussi prisonnière par Bérenger, épouse Otton Ier. Bérenger II est alors contraint de reconnaître la suzeraineté d'Otton en 952, et devient vice-roi. Il se rebelle de nouveau en 960 et souhaitant étendre sa domination sur l'ensemble de la péninsule, il s'attaque au pape Jean XII qui fait appel à son tour à Otton Ier le Grand.

Le royaume germanique d'Italie (962-1803)[modifier | modifier le code]

Après que le roi de Germanie Othon Ier eut renversé en 951 le dernier roi d'Italie, Bérenger II de la Maison d'Ivrée, ses successeurs empereurs romains germaniques reprirent traditionnellement ce titre jusqu'à la fin du Saint-Empire.

Résistance à l'autorité impériale[modifier | modifier le code]

Il faut noter cependant qu'il y eut plusieurs tentatives de la part de la noblesse de l'Italie d'échapper à la tutelle des rois de Germanie, tentatives d'une conscience d'appartenir à une communauté, en face de souverains étrangers[1].

  • À la mort de l'empereur Otton III en 1002, le marquis Arduin d'Ivrée se fit couronner roi d'Italie, le 15 février de cette année, en l'église Saint-Michel de Pavie. L'empereur Henri II prit la route de l'Italie en mars 1004 et se fit couronner roi d'Italie. Vaincu une nouvelle fois, après une nouvelle tentative de prise de pouvoir à l'été 1014 déposa sa couronne royale sur l'autel du monastère de Fruttuaria qu'il avait comblé de ses bienfaits avant d'y devenir moine et d'y mourir le 14 décembre 1015[2].
  • À la mort de l'empereur Henri II en 1024, la noblesse lombarde, dirigée par le marquis de Turin, Manfred II, fit appel au roi des Francs Robert II, lui offrant la couronne à lui ou à son fils, Hugues. Ayant essuyé une fin de non-recevoir, leurs envoyés se rendirent à la cour du duc d'Aquitaine Guillaume V, qui marié à une petite-fille du roi Adalbert, accepta la couronne pour son fils homonyme Guillaume[3]. Cependant, le projet échoua à cause des demandes excessives de la noblesse lombarde.
  • En 1037, l'empereur Conrad II dut rétablir son autorité en Italie, l'archevêque Aribert de Milan ayant offert la couronne d'Italie au comte Eudes II de Blois. La mort de ce dernier le 15 novembre 1037 à Commercy marqua la fin des tentatives pour donner à l'Italie un roi distinct du roi de Germanie et empereur des Romains[4].

Affaiblissement de l'autorité impériale[modifier | modifier le code]

Ce royaume d'Italie continua d'exister, au moins en théorie, jusqu'à la fin de l'Empire en 1806, ou, tout du moins, jusqu'à la réorganisation impériale de 1803, et l'archevêque de Cologne portait le titre honorifique d'Archichancelier d'Italie.

Néanmoins, l'autorité impériale en Italie s'affaiblit considérablement après la chute des Hohenstaufen au milieu du XIIIe siècle, et vu ses prérogatives contestées après le traité de Westphalie en 1648.

Le royaume d'Italie consistait originellement en toute l'Italie du Nord y compris les États pontificaux, bien que ceux-ci en aient quelquefois été exclus, tandis que la République de Venise du fait de son origine historique n'en avait jamais fait partie.

Réactivation de l'autorité impériale[modifier | modifier le code]

L'autorité impériale se maintiendra par le biais, d'une part d'institutions, d'autre part de l'implantation patrimoniale de la maison d'Autriche dans la péninsule. Ainsi, il subsistera jusqu’à la fin du XVIIIe siècle un relais de l’autorité impériale dans la péninsule : un « Plénipotence » d’Italie, installée le plus souvent à Milan. Son chef (Plenipotentiarius, commissarius caesareus) et le procureur (Fiscalis imperialis per Italiam) qui l’assiste sont nommés par l’Empereur. Même à l’époque moderne, il s’en faut que les droits impériaux en Italie soient devenus insignifiants. Et comme jadis au temps des Staufen régnants sur le Royaume des Deux-Siciles, ils ont été « réactivés » à diverses reprises par l’implantation patrimoniale des Habsbourg dans la péninsule.

C’est par l’effet d’une mise au ban de l’Empire des princes coupables d’avoir embrassé le parti français pendant la guerre de Succession d’Espagne, que les possessions des Gonzagues (Mantoue et Castiglione) seront transférées à la Maison d’Autriche (1707).

Le rite de l’investiture d’Empire demeura la règle dans la plus grande partie du « Royaume d’Italie », à chaque mutation successorale de la famille régnante ou à chaque avènement impérial. Les successions de Toscane (1718 et 1737), Parme (1718/1723) et Modène (1771) seront réglées sur la base de leur qualité de fiefs d’Empire. En 1755, la maison de Savoie verse ainsi pour l’investiture du Piémont et de ses autres possessions 85 000 florins de taxes féodales à la chancellerie viennoise, tandis que les quatre États (Toscane, Parme, Gênes et Lucques) sur lesquels les droits impériaux ont fini par devenir les plus contentieux, ne s’en acquittent pas moins des contributions militaires levées au XVIIIe siècle au nom de l’Empire.

La souveraineté judiciaire de l’Empire ne cessera pas de s’exercer en Italie : durant les vingt-cinq années du règne de Joseph II, quelque 150 procès italiens seront en instance au Conseil Aulique (« Reichshofrat »). Ces faits soulignent la pérennité au sein du Saint-Empire de cette Italie, que les atlas historiques éliminent parfois à partir du milieu du XVIIe siècle de la carte impériale.

Le royaume napoléonien (1805-1814)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Italie (1805-1814).

En 1805, la République italienne fut transformée en Royaume d'Italie ((it) Regno d'Italia) et Napoléon Ier en fut le roi. Son beau-fils, Eugène de Beauharnais, y fut envoyé comme vice-roi, jusqu'en 1814. Après la chute de Napoléon, un Royaume lombard-vénitien est constitué, sous la suzeraineté de l'empereur d'Autriche François Ier[5].

Le royaume d'Italie contemporain (1861-1946)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Italie (1861-1946).

En 1861, le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II de Savoie est proclamé roi d'un nouveau royaume d'Italie unifié, suite à l'annexion par la Sardaigne de la Lombardie, la Toscane, Modène, Parme, les Deux-Siciles, et la plus grande partie des États Pontificaux (voir l'article sur le Risorgimento). Ce nouveau royaume d'Italie avait initialement pour capitale Turin, puis celle-ci fut déplacée à Florence en 1865. Venise est annexée en 1866, Rome en 1870 où la capitale fut transférée en 1871. La Maison de Savoie régna sur l'Italie jusqu'à la proclamation de la république en 1946.

Armoiries du royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 277.
  2. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 276 et 277.
  3. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 285 et 286.
  4. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 287 et 288.
  5. Virgili Antonio, La Tradizione Napoleonica, CSI, Napoli, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]