Grand Interrègne

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Le Grand interrègne est la période entre 1250 et 1273 durant laquelle le trône impérial du Saint-Empire romain germanique fut vacant. Il fut le résultat de la lutte victorieuse de la Papauté contre la dynastie Hohenstaufen qui culmina avec la vacance du trône impérial.

L'époque est dominée par une conception théocratique du droit public à laquelle s'oppose les Hohenstaufen générant les factions opposées des guelfes et des gibelins. En 1245, le pape Innocent IV pris l'initiative de déposer l'empereur Frédéric II lors du concile de Lyon

Origines[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort de l'empereur Frédéric II le 13 décembre 1250, le pouvoir impérial se trouva affaibli face à la papauté. La papauté trouvera d'ailleurs un champion contre les successeurs de Frédéric dans la personne de Charles Ier d'Anjou. Ce dernier fut investi du Royaume de Sicile par le pape en 1266, au détriment des mêmes successeurs de Frédéric II, également rois de Sicile.

D'autre part, l'héritier légal de l'Empire, Conrad IV, fils de Frédéric, mourut en 1254 ne laissant que son fils Conradin âgé de 2 ans pour lui succéder. Ceci divisa les électeurs sur le choix d'un nouvel empereur. Ils hésitèrent entre Richard de Cornouailles, beau-frère de Frédéric II et Alphonse X de Castille. Le pape s'opposa toutefois à ces deux prétendants. Par ailleurs, Guillaume de Hollande avait déjà été déclaré anti-roi en 1248.

Devant l'impasse, le pape proposa la couronne au roi de Bohême, Ottokar II. D'autres prétendants se firent connaître: le duc de Bavière, Louis de Wittelsbach et même le roi de France Philippe III. L'autre candidat envisagé, Conradin, dernier descendant de Frédéric II, fut battu par Charles d'Anjou pour ensuite être exécuté par celui-ci en 1268.

La question fut réglée en 1273 lorsque les Électeurs portèrent leur choix sur Rodolphe de Habsbourg. Il fut choisi pour ses compétences militaires et son sens de l'organisation. Le pape Grégoire X entérina également ce choix puisqu'il désirait que l'ordre soit rétabli en Allemagne[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'une des conséquences immédiate et éphémère du Grand interrègne fut l'accroissement de puissance du parti guelfe ainsi que de Charles d'Anjou, nouveau roi de Sicile. L'opposition gibeline ayant perdu sa tête dirigeante, le roi angevin put alors faire sentir son influence en Italie centrale et septentrionale.

L'autre conséquence plus durable fut la décentralisation au sein de l'Empire. La plupart des princes et villes allemandes profitèrent de la vacance du trône pour atteindre une indépendance par rapport au pouvoir central. Ce manque d'unité devait dès lors caractériser l'Allemagne jusqu'au XIXe siècle.

La dernière conséquence de cette période fut le début de l'importance de la famille de Rodolphe d'Habsbourg en Europe centrale. La famille Habsbourg devient l'une des plus puissantes d'Europe et ses membres règnent d'une manière ininterrompue sur le Saint-Empire romain germanique de 1438 jusqu'à sa dissolution par Napoléon Ier en 1806, puis sur l'Empire d'Autriche jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile G. Léonard Les Angevins de Naples, p.114

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Ben Khemis, "Grand interrègne", Dictionnaire du Moyen Âge: histoire et société, Encyclopædia Universalis, Albin Michel, Paris, 1997
  • Léonard, Émile G., Les Angevins de Naples, Paris, Presses universitaires de France , 1954

Articles connexes[modifier | modifier le code]