Lambert de Chalon

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Lambert de Chalon
Titre comte de Chalon
(955[1]-956 - 979)
Prédécesseur ?
Successeur Geoffroi Ier Grisegonelle puis Hugues de Chalon
Faits d'armes 960 : bataille de Chalmoux
Biographie
Décès [2]
Père Robert vicomte de Dijon
Mère Ingeltrude
Conjoint Adelaïs
Enfants [• Gerberge de Chalon ?]
Hugues de Chalon (~975-1039)

• Elisabeth de Chalon (970-1014) ;
• Aelis ;
• Mathilde

Alliés Comtes de Mâcon

Lambert de Chalon[2] (?[N 1]-) est comte de Chalon (956-979)[2].

Famille[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas la date de naissance de Lambert[N 1]  : vers 920/930 ?
Son père est Robert († apr. 952) vicomte de Dijon[3],[prim. 1] et vicomte d'Autun[1]. Bouchard suggère qu'il pourrait être le Robert connu comme frère de Rodolphe comte de Dijon[4].

Sa mère est nommée Ingeltrude. Sa filiation n'est pas connue, mais elle est probablement affiliée à la famille de Mâcon car Letald comte de Mâcon cite le fils d'Ingeltrude, Lambert, comme "Lanbertus consanguineus meus"[prim. 2],[3].

Fratrie

Il est l'aîné de deux frères connus :

Alliances

Comtes de Mâcon : Letald comte de Mâcon cite Lambert fils d'Ingeltrude comme "Lanbertus consanguineus meus"[prim. 4], ce qui implique sans ambiguïté une relation de famille ; cependant aucun document connu n'établit le vecteur de cette relation. Il est possible que celle-ci vienne par Ingeltrude, dont la filiation n'est pas connue[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Nommé comte de Chalon en 955[1], il bat une armée auvergnate à Chalmoux en 960[1].

Il est également à l'origine de la fondation du prieuré d'Orval en 973[1].

En décembre 958 il soussigne une charte de donation par ses parents à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire[prim. 1].

Il meurt le 27 février 979. Sa veuve Adelaïs se remarie avec Geoffroi Ier Grisegonelle comte d'Anjou, qui prend le titre de comte de Chalon jusqu'à sa mort en 987. Son fils Hugues de Chalon succède à terme comme comte de Chalon et d'Autun à Geoffroi Ier Grisegonelle, † le 21 juillet 987.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Débat sur la filiation de sa femme Adélaïs, et de Gerberge[modifier | modifier le code]

La question des origines de sa femme d'une part, la possibilité d'une première femme inconnue déduite de l'attribution à Lambert d'une fille aînée qui serait Gerberge ci-dessous d'autre part, compliquent l'établissement de la situation familiale de Lambert. Aussi cette section commence en citant ce qui est connu de façon certaine ou à peu près certaine. Nous savons que :

Et enfin,

  • Gerberge (~945-† 11 déc.[prim. 12] ~987/991), qui épouse le roi Aubert Ier de Lombardie) puis le duc Eudes-Henri de Bourgogne, est communément dite fille du comte Lambert et appelée pour cela par la tradition Gerberge de Chalon, sur la base de la Vita de son supposé frère Hugues de Chalon. Parmi les sources primaires, c'est le seul document connu portant cette affirmation[2]. On ne connaît ni sa date de naissance ni l'année de son décès (elle est morte un 11 décembre[prim. 12]) ; son année de naissance est estimée d'après la naissance de son fils Otton-Guillaume de Bourgogne et de Mâcon (~960/962-1026) : si on lui attribue un âge de 15 à 17 ans à la naissance de son fils Otte-Guillaume (voire plus jeune ? Mais 15 ans est très jeune même pour l'époque, même si les contrats de mariage pour de très jeunes enfants étaient assez fréquents parmi la noblesse), Gerberge serait donc née au plus tard vers 945. Donc, toujours selon le même raisonnement, sa mère supposée Adélaïde serait née au plus tard vers 930.
  • Comme on a vu qu'elle donne naissance à Maurice d'Anjou vers 980, Adélaïde de Chalon aurait donc enfanté pour la dernière fois à l'âge de 50 ans environ. Si Gerberge est bien la fille d'Adélaïs et de Lambert, Adélaïs lui aurait donc donné naissance 35 ans avant la naissance de son dernier enfant connu, Maurice d'Anjou, né au plus tôt en 980 après son remariage en 979 avec son deuxième époux Geoffroy d'Anjou[2]. Cela paraît difficile à croire, même si cela n'est pas absolument impossible. Mais, en jouant sur les dates approximatives des naissances d'Otte-Guillaume et de Maurice, et sur les âges maternels aux premières gestation et parturition, on pourrait arriver à un dernier accouchement — la naissance de Maurice — vers l'âge de 45 ans pour Adélaïde, ce qui peut se ... concevoir.
  • Mais on peut aussi imaginer que Gerberge n'est pas la fille d'Adélaïde, mais d'une première femme, inconnue et peut-être née vers 910/920/930, du comte Lambert. Adélaïde aurait alors pu naître vers 940/950, ce qui fonctionne bien pour les dates de naissance des autres enfants de Lambert.
  • Ou encore, Adélaïde, deuxième femme de Grisegonelle et mère de Maurice d'Anjou, ne serait pas Adélaïde de Chalon : cf. l'article Robert Ier de Vermandois-Meaux.
  • Pour compliquer le tout, Adélaïde est aussi donnée comme la femme de Robert de Vermandois-Meaux, † 966, qu'on vient d'évoquer !

État des lieux[modifier | modifier le code]

Lambert de Chalon aurait-il donc contracté un premier mariage, dont Gerberge serait issue ?

Vers 968, Lambert épouse la comtesse Adélaïde (ou Adélaïs) de Chalon[N 3] (~928-~987), fille du comte Gilbert de Chalon et d'Ermengarde, et veuve du comte Robert Ier de Meaux (avant 920-966). Ils ont pour enfants :

  • Elizabeth de Chalon (970-1014) ;
  • Aelis, épouse le comte Guy Ier de Mâcon (vers 982-1004) ;
  • Mathilde, mariée à Geoffroy de Semur-en-Brionnais[1] : d'où la suite des comtes de Chalon avec leur fils Thibaud de Semur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles Cawley, « Lambert (-979), son of Robert », dans «  Burgundy duchy - Beaune & Chalon », ch. 2 : « Chalon-sur-Saône », section A : « Comtes de Chalon 863-876, [950/60]-1039 », sur MedLands (consulté le 4 décembre 2017).

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gilles Maillet donne 930 pour date de naissance, sans référence. C'est au mieux une approximation.
  2. Maurice d'Anjou est enterré à l'église Saint-Martin de Châteauneuf.
  3. Adelaïs épouse de Lambert de Chalon est parfois appelée Werra ou Wera par certains auteurs (pas de source primaire connue). Une des suggestions pour la filiation d'Adelaïs en a fait la même personne que Wera-Adelais comtesse de Meaux. Outre les problèmes chronologiques, ceci signifierait que Geoffroy aurait épousé en secondes noces la mère de sa première femme, ce qui n'aurait vraisemblablement pas été accepté par l’Église.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  1. a et b Charte de décembre 958 (Saint-Benoît-sur-Loire, LII, p. 130) : "Rotbertus… vicecomes et coniunx mea Ingeltrudis" ("Robert... vicomte et ma femme Ingeltrude") donnent des biens à l'Saint-Benoît-sur-Loire, c'est-à-dire l'abbaye de Fleury, pour l'âme de "Ramgardis" ; la charte est soussignée par "Lanberti filii eorum, Wichardi, Ugonis, Letaldi, Waloni". Cité dans « Robert († apr. 952) », sur MedLands.
  2. Charte de l'abbaye de Cluny datée 944, dans Recueils des chartes de l'abbaye de Cluny (6 vol.), éd. A. Bernard & A. Bruel, Paris, 1876-1903, vol. I, 655, p. 609. Cité dans « Robert († apr. 952) », sur MedLands.
  3. Chronique de Saint-Bénigne de Dijon note l'installation de "Rudolph Albus…antequam…vicecomes Divionensis" ("Raoul... précédemment vicomte de Dijon") comme prieur de Bèze, et sa mort "Id Nov". Cité dans « Robert († apr. 952) », sur MedLands.
  4. Charte de l'abbaye de Cluny datée 944, dans Recueils des chartes de l'abbaye de Cluny (6 vol.), éd. A. Bernard & A. Bruel, Paris, 1876-1903, vol. I, 655, p. 609. Cité dans « Robert († apr. 952) », sur MedLands.
  5. a et b Charte de 978 (Cluny, Tome II, 1444 bis, p. 755) : "Lanbertus comes [et]…Adeleydis uxor mea" ("comte Lambert [et]... Adelaidis ma femme") font ensemble donation de la "capellam beati Martini in villa Vigoseto" à Cluny. Cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands).
  6. Charte du 18 octobre 984 (Cluny Tome II, 1701, p. 723) : "Gauzfredi comitis, Adaleidis comitissa" y souscrivent ensemble ; c'est la plus récente charte mentionnant Adelaïs. Cité dans « Geoffroy d'Anjou (~938/940-987) », sur MedLands.
  7. Charte de mars 979 (Cluny, Tome II, 1474, p. 528) : "Hugo filius Lanberti comitis" ("Hugues fils du comte Lambert") donne une terre du "pago Cabilonensi" conjointement avec "Gausfredus comes [et]…Adeleidis uxor mea" ("comte Geoffroy [et]... ma femme Adelaïs"), avec Hugues signant "Hugonis filii eius" immédiatement après "Adeleidis". Cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands.
  8. Charte de 988 (Cluny, Tome III, 1794, p. 49) : "Hugo comes" donne une propriété à Cluny "pro absolutione patris Lantberti" ("pour l'absolution de [mon] père Lambert"), nommant aussi "mater mea Adelaydis et frater meus Mauricius" ("ma mère Adélaïs et mon frère Maurice"). Cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands.
  9. Charte non datée (Paray-le-Monial, 5, p. 6.) : par "filius eius Hugo", souscrite comme "comitis et episcopi" suivi de "Adelaidis com, Mauricii…". Cité dans « Geoffroy d'Anjou (~938/940-987) », sur MedLands.
  10. Charte non datée (Paray-le-Monial 180, p. 90.) : "Cabilonensium comes domnus Hugo et mater eius Adeleidis et domnus Mauricius frater eius" donnent des biens "in villa Paion" à Paray-le-Monial. Cité dans « Geoffroy d'Anjou (~938/940-987) », sur MedLands.
  11. Charte du 24 octobre 996 ou 12 juin 1005 (cartulaire d'Angers, 25, p. 56.) : "Fulco comes Mauriciusque frater eius" ("comte Foulques frère de Maurice") accuse de corruption "Rainaldus Andecavorum episcopus" ("Rainald évêque d'Angers") ; la charte nomme (à propos de Foulques et Maurice) "patri eorum Goffrido" ("notre père Geoffroy"). Cité dans « Geoffroy d'Anjou (~938/940-987) », sur MedLands.
  12. a et b Nécrologe de Saint-Étienne d'Auxerre : 11 décembre, mort de "Gerberga comitissa uxor Henrici ducis". Rapporté dans Histoire d’Auxerre (1850), Tome IV, p. 21, cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands.
  13. Glaber (985-† apr. 1047) (Historiarum, III.6, p. 107) nomme "Hugo filius Lanberti Cabilonensis comitis" ("Hugues fils de Lambert comte de Chalon") comme l'unique fils de son père, précisant qu'il était "episcopus Autissioderi" et un opposant à "Willemus, Henrici ducis priuignus, Adalberti Longobardorum ducis filius" ((Otte-)Guillaume, fils aîné (adopté) du duc Henri, fils du duc Aubert de Lombardie). Cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Jean-Marie Jal & Michel Maerten, Les châteaux du Charolais (Xe – XVIIIe siècle), dans Histoire et Patrimoine Rural en Bourgogne du Sud, no 9, Éditions du Centre d’Études des Patrimoines - Pays Charolais-Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais, 2015, p. 8 (ISBN 979-10-91041-05-8).
  2. a, b, c, d, e, f et g « Lambert (-979), son of Robert », dans « Burgundy duchy - Dijon », ch. 1 : « Comtes de Dijon », section B : « Vicomtes de Dijon », p. sur MedLands.
  3. a et b (en) Charles Cawley, « Robert (- apr. 952) », dans « Burgundy duchy – Dijon », ch. 1 : « Comtes de Dijon », section B : « Vicomtes de Dijon », sur MedLands (consulté le 9 décembre 2017).
  4. (en) C. B. Bouchard, Sword, Miter, and Cloister: Nobility and the Church in Burgundy 980-1198, Cornell University Press, , p. 307. Cité dans « Robert († apr. 952) », sur MedLands.
  5. Vita de Hugues de Chalon. Cité dans « Lambert (-979) », sur MedLands.
  6. a, b et c (en) Charles Cawley, « Geoffroy d'Anjou (~938/940-987) », dans « Anjou - Comtes d'Anjou, ducs d'Anjou », ch. 1 : « Comtes d´Anjou », section A : « Comtes d´Anjou 878-1060 », sur Medlands (consulté le 1er décembre 2017).