Roman de Renart

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Roman de Renart, BNF, Paris; Ms fr.12584, folio 18v-19r

Le Roman de Renart est un ensemble médiéval de récits animaliers écrits en ancien français et en vers. Ces récits disparates, rédigés par différents auteurs, sont appelés dès le Moyen Âge « branches ». Ils sont composés principalement en octosyllabes à rimes plates. Les branches les plus anciennes (vers 1174) sont attribuées à un certain Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIIIe siècle, les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité. Les auteurs du Roman de Renart sont pour la plupart anonymes mais quelques auteurs sont identifiés : Pierre de Saint-Cloud, Richard de Lison et un prêtre, de la Croix-en-Brie[1],[2],[3].

Le Roman de Renart (avec l'article défini) est le titre des éditions modernes, qui considèrent cet ensemble comme une œuvre cohérente.

C'est du nom propre de Renart que provient le nom commun renard, qui a remplacé le mot goupil dans la langue française.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dès le XIIe siècle, la bourgeoisie a sa propre littérature, véritable satire sociale avant la lettre. Elle est par essence malicieuse, pittoresque, mais le plus souvent réaliste. Il nous en reste essentiellement des fabliaux (Estula, Le Lévrier et le Serpent, Les Trois Aveugles de Compiègne), le Roman de Renart, et, plus tard, des farces (La Farce de Maître Pathelin, XVe siècle).

Le Roman de Renart est une œuvre composée de courts récits indépendants en vers octosyllabiques. Écrit en français, langue romane d'où le nom roman, il en existe vingt-sept branches rédigées, au cours des temps, par des auteurs différents. Il met en scène des animaux dont les deux principaux sont le loup Ysengrin et surtout le goupil Renart, le héros si célèbre. Le récit contient 80 000 vers, à rimes plates pour favoriser la récitation de ces récits (ils étaient racontés, sous diverses formes, par les jongleurs à la population, très peu de gens sachant lire et écrire au Moyen Âge).

Interprétations[modifier | modifier le code]

Ces textes ont des fonctions diverses :

  • de critique sociale des classes dominantes, incapables de nourrir les petites gens ; de parodie des chansons de geste et romans courtois, mêlée d'anticléricalisme ;
  • psychologiques (voire cathartiques) : transgression de tabous religieux (Dieu est absent et les formes sociales de la religion - pèlerinage, croisade ou simplement le clergé - sont méprisées et ridiculisées) alors que l'antagonisme central entre Renart et Primaut fait appel à la scène primitive.

Ces textes ont inspiré certains auteurs contemporains comme Carl Gustav Jung, dans la création de son concept d'Enfant intérieur et Paul Radin, dans son étude du Trickster. Ces auteurs furent intéressés par la figure de Till l'espiègle ou celle du renard dans Le Roman de Renart, entre autres, comme modèles de ce qu'ils nommaient le « fripon divin » : un être espiègle, malicieux et facétieux.

Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l'envers) de Rutebeuf, ou l'anonyme Renart le Contrefait (1319-1342), accentuent encore la satire.

Selon certaines interprétations, Renart représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l'ours : la noblesse. Mais dans le texte, tous les personnages sont explicitement présentés comme appartenant à la noblesse. Renart est un chevalier qui vit dans son château de Maupertuis et est le premier à se moquer des vilains et à vivre à leurs dépens en les ridiculisant voire en n'hésitant pas à les tuer.

Les frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite », ce qui lui confèrerait des racines indo-européennes.

Mais le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l'hypocrisie. Successeurs d'Ésope, ils préfigurent les fables de Jean de La Fontaine.

Des artistes tels que Jean de La Fontaine et Molière reprennent le fait d'utiliser les animaux à la place de vrai humains afin que leurs textes ne soient pas censurés.

Origines[modifier | modifier le code]

Origine des noms[modifier | modifier le code]

Bas-relief d'un renard.
  • Renart est un anthroponyme d'origine germanique : Reginhard (ragin ou regin « conseil » + hard « dur, fort, hardi » cf. suffixe français -ard. Le substantif renard est au départ un prénom ; c'est la popularité du goupil prénommé Renart qui en fait un substantif ayant peu à peu évincé le terme d'origine goupil, qui subsiste cependant dans certains dialectes d'oïl.
  • Variantes régionales : Raynard, porté notamment en Vendée, Puy-de-Dôme et en région lyonnaise. Raynart, Rainart (06), Rainard (79, 86). Regnard, porté notamment dans l'Yonne et la Somme, Regnart (51, 80) ; Réginard, Reynard, porté dans la région lyonnaise et le Vaucluse.
  • Dans le récit en vers Ysengrimus, de Nivard de Gand[4] de 1148, plusieurs animaux retrouvent un nom fixé, de longue date, par la tradition. Ce sont : Reinardus le goupil, Balduinus l’âne, Bruno l’ours. Le nom des autres animaux ne reparaît plus... inventés pour la circonstance, ils disparaîtront avec leur auteur.
  • En Allemagne, de nos jours, Reinhard / Reinhardt / Reinhart sont des patronymes assez courants. D'ailleurs, nous retrouvons dans le « Glichezâre » : Reinhart pour Renart, Dieprecht pour Tibert, Diezelin pour Ticelin.
  • Quant à Ysengrin, Ysen-grin, il signifie en ancien néerlandais « féroce comme le fer » ou « casque de fer ».

Origine des textes[modifier | modifier le code]

Roman de Renart ; enluminure de manuscrit

Ces textes sont issus d'une longue tradition de récits animaliers rédigés en latin médiéval, notamment « l’Ysengrimus », ainsi que des fables ésopiques regroupées au Moyen Âge dans des recueils nommés « Isopets ».

Elle peut se retrouver dans :

  • le Pañchatantra, livre de contes indiens très anciens, parvenu en Europe sous diverses traductions grâce aux Arabes ;
  • des contes populaires, sans doute très anciens pour quelques-uns ;
  • des auteurs grecs (Ésope) et latins (Phèdre) ;
  • des poèmes en latin, surtout :
    • La Disciplina clericalis, recueil « d'exempla » (petits contes moraux) d'origine orientale composé en latin vers 1110 par Pierre Alphonse, médecin sépharade converti au christianisme - Ces récits ont eu un succès durable dans la littérature européenne comme la première élaboration connue du « Conte du loup et du renard dans le puits » (branche IV du Roman) ou des récits fournissant l'intrigue d'autres fabliaux célèbres ;
    • L' « Ysengrimus » : 6 500 vers en distiques latins, où l'on trouve pour la première fois, le personnage de Reinardus du clerc flamand Nivard de Gand qu'il écrivit vers 1148 sous le titre premier de « Reinardus Vulpes » [5] ;
  • les Fables de Marie de France, qui datent de 1152.

Les textes[modifier | modifier le code]

Les auteurs identifiés[modifier | modifier le code]

Peu d'auteurs sont connus. Le plus ancien est probablement Pierre de Saint-Cloud. On a également identifié Richard de Lison, et un troisième auteur désigné comme étant « le prêtre de la Croix-en-Brie ». Mais il y a 29 autres auteurs non identifiés.

Pierre de Saint-Cloud[modifier | modifier le code]

Pierre de Saint-Cloud[6] est un poète[6] français[6] de la seconde moitié du XIIIe siècle[6]. Les branches II et Va du Roman de Renard lui sont attribuées[6]. Il aurait été le collaborateur d'Alexandre de Paris pour la Quatrième partie du Roman d'Alexandre[6].

Richard de Lison[modifier | modifier le code]

Richard de Lison[7],[8] est un clerc[7],[8] français[7] du XIIe siècle[7]. Auteur de la branche XII[7] vers [8], il précise son identité à la fin de ses écrits : « ceci vous a [été] dit [par] Richard de Lison »[8].

Prêtre de la Croix-en-Brie[modifier | modifier le code]

Le prêtre de la Croix-en-Brie[9],[8] est l'auteur de la branche IX[9],[8] au commencement du XIIIe siècle[8]. Il se présente au début de son œuvre : « Un prêtre de la Croix-en-Brie […] a mis tout son soin et toute son application à faire une nouvelle branche sur Renart, qui s'y connaît en ruses et en tromperies »[8]. Rien ne permet de savoir avec certitude s'il était prêtre[8] de La Croix-en-Brie ou si ce nom n'est qu'un pseudonyme[8]. La vie rustique et villageoise dont il dresse le tableau correspond à celle de l'Île-de-France aux XIIe et XIIIe siècles[8].

Les branches[modifier | modifier le code]

Elles ont varié au gré des rééditions, d'autant que les manuscrits ne les présentaient ni en fonction de la chronologie interne du roman, ni en fonction de leur date de composition (certaines étant de plus altérées ou mélangées). Les branches identifiées par Ernest Martin font toutefois office de référence :

  • Branche I : Le jugement de Renart. Le siège de Maupertuis (Ia). Renart teinturier (Ib). Renart jongleur.
  • Branche II : Chantecler le coq. La mésange. Tibert le chat. Tiécelin le corbeau. Renart et Hersent.
  • Branche III : Le poisson des charretiers. Ysengrin fait moine. La pêche aux anguilles.
  • Branche IV : Ysengrin dans le puits.
  • Branche V : Les jambons d'Ysengrin. Le grillon. Le serment de Renart (Va).
  • Branche VI : Le combat de Renart et Ysengrin.
  • Branche VII : La confession de Renart.
  • Branche VIII : Le pèlerinage de Renart.
  • Branche IX : Roënel le chien et Brichemer le cerf. Liétart le vilain.
  • Branche X : Renart médecin.
  • Branche XI : Renart empereur.
  • Branche XII : Les vêpres de Tibert
  • Branche XIII : Renart teint en noir.
  • Branche XIV : Le cellier du villain. Primaut le loup.
  • Branche XV : L'andouille. Les deux prêtres.
  • Branche XVI : Bertaut le vilain. Le partage du lion.
  • Branche XVII : La mort de Renart.
  • Branche XVIII : Le prêtre Martin.
  • Branche XIX : Raisant la jument.
  • Branche XX : Ysengrin et les deux béliers.
  • Branche XXI : L'ours Patous.
  • Branche XXII : Les semailles.
  • Branche XXIII : Renart magicien. Le mariage du roi Noble.
  • Branche XXIV : La naissance d'Ysengrin et Renart.
  • Branche XXV : Pinçart le héron. Le batelier.
  • Branche XXVI : L'andouille jouée à la marelle.
  • Branche XXVII : Renart et Ysengrin.

Version néerlandaise[modifier | modifier le code]

Renart le goupil, bronze commémoratif à Hulst, Pays-Bas

Il est aussi intéressant de noter, alors que la plus ancienne source littéraire de l'épopée de Renard, l'Ysengrinus, avait déjà été composée en Flandre à Gand vers 1148, par le clerc Nivard de Gand, qu'il existe une version en moyen-néerlandais, « Van den vos Reynaerde (nl) », datant du treizième siècle et reprenant le texte de la version française ultérieure, surtout de la branche de Pierre de Saint-Cloud. L'auteur serait un certain Willem die Madocke maecte (nl) et la traduction est formée de 3 469 vers. C'est cette traduction qui a permis au personnage d'être devenu populaire en Flandre et aux Pays-Bas. C'est lui aussi un des grands écrits littéraires moyenâgeux de la langue néerlandaise. On trouve même à Hulst une statue à son effigie.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Renart
  • Renart : le renard (appelé goupil dans le roman, car c'était le terme en usage à l'époque) espiègle, rusé, personnage principal de ces récits. Complexe et polymorphe, allant du bon diable redresseur de torts tel Zorro (renard en espagnol) au démon lubrique, fripon et débauché, il incarne la ruse intelligente liée à l'art de la belle parole. Aussi appelé « le maître des ruses »
  • Ysengrin : le loup, éternel ennemi de Renart, toujours dupé. Son épouse, Dame Hersent la louve, le fit cocu avec Renart, d'où une éternelle rancœur. Il est l'oncle de Renart.
  • Drouineau, l'oiseau.
  • Bruyant, le taureau.
  • Primaut, le damp (seigneur) loup (frère d'Ysengrin).
  • Noble, le lion : roi des animaux.
  • Fiere, la lionne : son épouse
  • Beaucent, le sanglier.
  • Espineux, le hérisson.
  • Belin, le mouton.
  • Petitfouineur, le putois.
  • Baudoin (ou Bokart), l'âne : secrétaire du roi.
  • Brun (ou Bruno ou Bruin), l'ours (d'après la couleur de sa robe, ou d'après un nom germanique traditionnel).
  • Chanteclerc, le coq : il fut emporté par Renart, mais s'en tira sain et sauf.
  • Chanteclin, le coq : il est le père de Chanteclerc.
  • Couart, le lièvre.
  • Eme, le singe : époux de Dame Rukenawe, la guenon.
  • Grimbert, le blaireau : défenseur et cousin de Renart.
  • Grymbart, la renarde : sœur de Renart.
  • Hermeline, la renarde : épouse de Renart, qui eut quelques démêlés avec Hersent.
  • Hersent, la louve : épouse d'Ysengrin, qui fit cocu son mari avec Renart.
  • Tibert, le chat : il se fit malgré lui piéger par Renart, mais se montra régulièrement un rival également rusé.
  • Tiécelin, le corbeau : il déroba un fromage à la fenêtre d'une maison de campagne et se le fit voler par Renart.
  • Cado, le canard
  • Blanche, l'hermine.
  • Brichemer, le cerf : sénéchal.
  • Bernard, l'âne.
  • Corbant, le freux.
  • Sharpebek : épouse de Corbant.
  • Coupée, la geline.
  • Courtois, petit chien.
  • Drouin, le moineau.
  • Hubert, l'escoufle (milan, rapace propre aux régions chaudes et tempérées).
  • Firapel, le léopard.
  • Jacquet, l'écureuil.
  • Dame Mésange, la mésange dont le fils a Renart pour parrain.
  • Musart, le chameau : légat du pape.
  • Ordegale, castor.
  • Pantecroet, la loutre.
  • Percehaie, Malebranche, et Renardel ou Rovel : Fils de Renart et d'Hermeline.
  • Roonel (ou Roënel), le mâtin (gros chien).
  • Dame Rukenawe, la guenon : épouse d'Eme, le singe.
  • Tardif, le limaçon.
  • Rousse la mère.
  • Pinte et Copette: les deux poules.
  • Pelé : le rat
  • Mouflart : le vautour

Postérité dans la littérature médiévale[modifier | modifier le code]

Selon l'érudit Lucien Foulet, sa composition s’échelonne de 1174 à 1250. Vingt-huit auteurs indépendants y ont collaboré, dont seulement trois ont tenu à nous transmettre leur nom. Ces écrivains ont réalisé une œuvre maîtresse, et à succès.

Rutebeuf écrivit un Renart le bestourné et un dit De Brichemer, et Jacquemart Giélée de Lille un Renart le Nouvel. Le Couronnement de Renart date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Maurice Delbouille, dans Lettres françaises de Belgique (dirigé par Charlier et Hanse), identifie son auteur par sa langue, « marquée fortement de particularités dialectales picardes et wallonnes », à un clerc vivant à la Cour du Comte de Namur. Le Couronnement de Renart par l'âpreté de son ton, la violence de ses mises en cause, paraît comme détaché du Roman de Renart proprement dit bien qu'il lui doive beaucoup.

Au XIVe siècle, on réécrit deux fois Renart le Contrefait ; la première est l’œuvre d’un commerçant en épices ; la seconde, véritable somme ne compte pas moins de 40 000 vers (produits entre 1319 et 1342).

Textes : éditions, transcriptions, traductions[modifier | modifier le code]

Ancien français[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Renart, branche I, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1948
  • Le Roman de Renart, branches II-VI, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1948
  • Le Roman de Renart, branches VII-IX, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1948
  • Le Roman de Renart, branches X-XI, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1958
  • Le Roman de Renart, branches XII-XVII, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1948
  • Le Roman de Renart, branches XVIII-XIX, édition par Mario Roques, Paris, Champion, 1961
  • Le Roman de Renart, branche XX et dernière, édition par Félix Lecoy, Paris, Champion, 1999.
  • Les Aventures de Maître Renart et d'Ysengrin son compère, édition Bibliolâtres de France, illustrations de Rémy Lejeune (Ladoré), 1960
  • Le Roman de Renart, édition complète, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1998.
  • Le Roman de Renart, texte établi par Naoyuki Fukumoto, Noboru Harano et Satoru Suzuki, revu, présenté et traduit par Gabriel Bianciotto, collection Lettres Gothiques, Le Llivre de poche, 2005, 992 p., (ISBN 2-253-08698-3)
  • Le Roman de Renart, édition de Félix Lecoy d'après le manuscrit Cangé. 1999 [160 pages].

Traduction en français moderne[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Renart, texte transcrit et modernisé par Jacques Haumont, Ed. L'Art - H Piazza, 1966, couverture et ornements decoratifs par Jan-Loic Delbord, 204 p.
  • Le Roman de Renart, traduction de H. Rey-Flaud et A. Eskénazi, Paris, Honoré Champion, 1971.
  • Le Roman de Renart, Paris, Édition Flammarion, 1985, établi et traduit par Jean Dufournet et Andrée Méline.
  • Le Roman de Renart, version nouvelle de Paul Tuffrau. L'Artisan du Livre, 1942 (avec des gravures sur bois de Lucien Boucher).

Adaptations[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Le Roman de Renart a été souvent adapté en français moderne.

  • Léopold Chauveau, Le roman de renard (version moderne, 1929 pour la première édition), Éd. Payot Paris.
  • Léopold Chauveau, Le roman de renard (version pour la jeunesse, illustré par l'auteur), Éd. Attinger.
  • Le Roman de Renart, Paris, Éditions Delagrave, histoires illustrées, Samivel. À partir de 1936
  • Maurice Genevoix, Le roman de renard (1968) Éd. Plon.
  • Xavier Kawa-Topor, Mon roman de Renart (2003) Éd. Actes Sud.

Bande dessinée et illustration[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Renart est une série de bande dessinée pour la jeunesse parue aux éditions Delcourt.
  • Benjamin Rabier a illustré le Roman aux éditions Taillandier[10].
  • Le Roman de Renart, série de bande dessinée jeunesse parue aux éditions Gallimard, dans la collection Fétiche[11].
  • En outre, René Goscinny et Albert Uderzo avaient dans un premier temps projeté d'adapter le Roman de Renart pour le compte du journal Pilote lors de son lancement en 1959. Cependant, le projet fut rapidement abandonné (car déjà initié par quelqu'un d'autre) au profit d'Astérix.
  • En 1970, aux éditions Dupuis, Le Roman de Renart, illustré par René Hausman.
  • En 1979, Jean-Gérard Imbar et Jean-Louis Hubert publient aux éditions Le Square Le Polar de Renard, réédité chez Dargaud en 1982. Les personnages du Roman médiéval sont transposés dans la France des années 1980.
  • Dans la série De cape et de crocs d'Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, les noms des deux personnages principaux sont des références au Roman de Renart. Don Lope, le loup, se nomme « Villalobos y Sangrin ». On reconnaît là le nom d'Ysengrin, le loup antagoniste de Renard dans le roman. Quant à Armand, le renard, son nom de famille (« Maupertuis ») est aussi celui de la forteresse du goupil, et Raynal (son deuxième prénom) peut être un dérivé de « Renart ».
  • Renard est un personnage important du comics Fables, qui raconte l'exil des personnages de contes dans le monde réel.
  • Dans la série Merlin, de Joann Sfar (scénario) et José-Luis Munuera (dessin), le tome 4 intitulé Le Roman de la mère de Renart est une parodie humoristique du Roman de Renart.
  • Par Samivel: histoires illustrées en couleur: les Malheurs d'Ysengrin (Delagrave 1936), Goupil (Delagrave 1939), Brun l'Ours (Delagrave), Canard (Delagrave)
  • L'album 257 de Bob et Bobette, "Le renard rebelle", est basé sur ces récits

Cinéma[modifier | modifier le code]

Animation[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs adaptations du roman en films d'animation; notamment Le Roman de Renard, long métrage de Ladislas Starewitch avec marionnettes sorti en France en 1941 ou Le Roman de Renart, sorti en 2005.

Disney[modifier | modifier le code]

Le Roman de Renart sert de base au Robin des Bois de Walt Disney Pictures[12],[13]. Le projet d'adaptation en dessin animé remonte aux années 30 mais la gaillardise médiévale des aventures de Renart (connotations sexuelles, satire de la religion et des hommes d'église , en particulier des moines, souvent portraiturés en gros et gras profiteurs ainsi que l'immoralité fondamentale du héros, escroc, voleur et beau parleur qui met les rieurs de son côté) gênait considérablement Disney, surtout dans le contexte du très puritain Code Hays, qui plus est dans une œuvre destinée au jeune public[12]. C'est pourquoi les divers travaux, projets et esquisses d'un renard anthropomorphe et rusé furent finalement recyclés dans une œuvre très différente, mettant en scène Robin des Bois dans la forêt de Sherwood[12].

Télévision[modifier | modifier le code]

En 1974, le Roman de Renart est adapté dans une série d'animation jeunesse en 18 épisodes, jouée par des marionnettes[14]. Elle est réalisée par Richard Rein et produite par l'ORTF. Les dialogues sont de Jean Ache. Henri Virlojeux et Alain Cuny prêtent respectivement leur voix à Renart et Ysengrin. Jean-Michel Caradec interprète les chansons. Animation : Monique Petit, Liliane Pelizza, Michel Lemaréchal. Musique et effets sonores : Bernard Parmegiani. Marionnettes et maquettes des décors : Jacques Schmidt et Patrick Obligine. Décor : Maurice Izard. Générique : Maxime Le Forestier.

En 1985, Le Roman de Renart a été adapté assez librement et « modernisé » dans une série d'animation française intitulée Moi Renart.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Renart a fait l'objet d'une adaptation conte et théâtre par le Totem Théâtre de Colmar (création en 2002, toujours en cours d'exploitation )[15].
  • Le Roman de Renart est également une pièce de théâtre tout public en cours d'exploitation par la Compagnie Olinda basée à Aix-en-Provence[16].

Web[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://data.bnf.fr/12107272/un_pretre_de_la_croix-en-brie/ Références BNF
  2. Goupil, le renard (entre 1174 et 1250) sur le site des Archives Départementales de Seine-et-Marne
  3. http://www.revue-analyses.org/index.php?id=1225
  4. Nivard de Gand sur le Larousse en ligne
  5. (en) University of Toronto - Robarts Library Reinardus Vulpes. Carmen epicum seculis IX et XII conscriptum (1932)
  6. a, b, c, d, e et f Pierre de Saint-Cloud (notice BnF no FRBNF12076519) [consulté le 22 mai 2016].
  7. a, b, c, d et e Richard de Lison (notice BnF no FRBNF12107276) [consulté le 22 mai 2016].
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Marie-Hélène Robinot-Bichet (livret pédagogique établi par), Le Roman de Renard, Paris, Hachette éducation, coll. « Bibliocollège » (no 10), , 63 p., 18 cm (ISBN 2-01-167837-4 et 978-2-01-167837-9, OCLC 468263640, notice BnF no FRBNF37056446), p. 128 [lire en ligne (page consultée le 22 mai 2016)].
  9. a et b Prêtre de la Croix-en-Brie, Un (notice BnF no FRBNF12107272) [consulté le 22 mai 2016].
  10. Site de Benjamin Rabier
  11. Ricochet-Jeunes
  12. a, b et c (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 282.
  13. (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 149
  14. La série d'animation Le Roman de Renart (ORTF, 1974)
  15. Renart … le renard
  16. Compagnie Olinda

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie française ou de langue française[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delbouille Les fabliaux et le roman de Renart in Lettres belges de langue française (directeurs Charlier et Hanse), La Renaissance du livre, Bruxelles, 1958.
  • Élisabeth Schulze-Busacker, Renart, le jongleur étranger : analyse thématique et linguistique à partir de la Branche Ib, in Actes du IIIe Colloque International « Beast Epic, Fable and Fabliau », Münster 1980, Köln / Wien (Böhlau), 1982, p. 380-391.
  • Xavier Kawa-Topor, L'Image du roi dans le Roman de Renart, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1993, no 36-143, p. 263–280.
  • Xavier Kawa-Topor, Comment Renart devint roi ? Pour une contribution renardienne à l'anthropologie politique historique, in Le Rire de Goupil (dir. Claude Rivals), édition Le Tournefeuille, Toulouse, 1998, p. 81–94.
  • Xavier Kawa-Topor, Au Fond du puits - Enfer et Paradis dans la branche IV du Roman de Renart in Les Cahiers de Conques no 1, CEACM, 1995, p. 219–231.
  • Xavier Kawa-Topor, De Maupertuis à Constantinople : pour une géographie du Roman de Renart in Maediavistik vol.11, 1998, p. 33–59.
  • Édition Michel Lévy Frères éditeurs, Collection Hetzel & Lévy.Paris, 1858.

Bibliographie non française[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony Lodge, The Earliest Branches of the « Roman de Renart », Éditions Peeters, Louvain, Paris, 2001.
  • (en) The Romance of Reynard the Fox. Ed. et trad. Roy Owen. Oxford : Oxford UP.
  • (es) Antonio Domínguez, El Roman de Renard y la cuentística española : In Estudios en Homenaje al Dr. Antonio Beltrán Martínez, Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad de Zaragoza, Saragosse, 1986. p. 953-968.
  • (es) Carlos García Gual, « El Roman de Renard : carrera de un héroe anticaballeresco », In García Gual, Primeras novelas europeas, 2e éd., Istmo, Madrid, 1988. p. 277-289.
  • (it) Massimo Bonafin, Le malizie della volpe, Parola letteraria e motivi etnici nel Roman de Renart, Roma, Carocci, 2006, 320pp. cf. compte rendu en anglais & un lien à un chapitre de l'ouvrage en italien.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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