Benjamin Rabier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Benjamin Rabier
Image dans Infobox.
Benjamin Rabier en 1928
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Benjamin Amand RabierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Distinctions
Œuvres principales
signature de Benjamin Rabier
signature

Benjamin Rabier, né le à Napoléon-Vendée et mort le à Faverolles, est un auteur pour la jeunesse, dramaturge, animateur, illustrateur et auteur de bande dessinée français.

Il s’est rendu célèbre grâce aux dessins de la marque « La vache qui rit » et du personnage du canard Gédéon[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait montré très tôt des dispositions pour le dessin — il obtient à quinze ans le prix du dessin de la Ville de Paris —, Benjamin Rabier doit interrompre ses études pour travailler. Il alterne différents métiers. Libéré de ses obligations militaires en , il entre au Bon Marché à Paris comme comptable. Grâce à l’appui de Caran d'Ache qu’il a rencontré l’année précédente, plusieurs revues françaises commencent à publier ses dessins dès 1889 (La Chronique amusante, Gil Blas Illustré), mais aussi au Royaume-Uni et aux États-Unis où il a plus de succès. Il est finalement publié régulièrement dans Le Rire et Le Pêle-Mêle — dont il fait les unes —, ce qui lui permet de sortir ses premiers albums, notamment Tintin-Lutin, titre et personnage à houppette et pantalon de golfeur[2], dont Hergé s’inspira quelques années plus tard[3].

Le Printemps, dessin de 1902.

Au début du XXe siècle, Benjamin Rabier s’impose comme un auteur à succès, comme en témoignent ses publications dans l'Assiette au Beurre ou le Chat noir. Parallèlement à ses travaux destinés aux adultes, il se lance dans le dessin pour enfants en intégrant dès 1903 l'équipe de La Jeunesse illustrée, premier illustré moderne pour les enfants français[4]. Il y livre jusqu'en 1919 des histoires courtes mettant en scène animaux ou enfants farceurs qui s'égaient dans la bonne humeur. Il y tient avec Georges Omry le rôle de dessinateur principal. Le premier numéro spécial, celui de l'été 1903, lui est entièrement confié. C'est le seul dessinateur du journal à dévier du gaufrier strict des images d'Épinal, se permettant de jouer sur le format des vignettes ou de réduire les textes jusqu'à s'en passer. En 1907-1908, il publie un journal, Histoire comique et naturelle des animaux (1907-1908)[5].

Il écrit aussi de nombreuses pièces de théâtre (comme Ma veuve s’amuse en collaboration avec José de Bérys). Malgré ces succès, il travaille, tout au long de ces années, comme employé, la nuit, au service des Perceptions municipales des Halles de Paris, et garde jusqu’en 1910 cet emploi, ne prenant sa retraite qu'à cause du surmenage[6].

Il se lance, à partir de 1916, dans le dessin animé et s’occupe de publicité. Pour la cinémathèque Pathé-Baby, de 1922 à 1925, il crée de nombreux dessins animés qui mettent en scène Gédéon et d'autres de ses personnages d’illustrateur. Il crée de nombreuses affiches publicitaires, pour de multiples marques, par exemple, la lotion capillaire Pétrole Hahn[7].

Ses travaux lui valent de nombreux admirateurs, parmi lesquels Hergé, qui déclara : « J’ai été immédiatement conquis. Car ces dessins étaient très simples. Très simples, frais, robustes joyeux, et d’une lisibilité parfaite. En quelques traits bien charpentés tout était dit : le décor était indiqué, les acteurs en place ; la comédie pouvait commencer[8]. » Le voyage que Rabier fait à moto jusqu’à Moscou inspire Hergé, qui le prend pour modèle de Tintin. À la fin de sa vie, alors que Tintin commence à être diffusé, Rabier dessine une série nommée Onésime[9], qui a lui aussi la houppette bien marquée et le pantalon façon golf.

Figure majeure du dessin animalier[modifier | modifier le code]

Il est considéré comme un des plus grands dessinateurs animaliers européens[10]. L’univers de Benjamin Rabier est parsemé d’animaux. En 1906, Benjamin Rabier publie chez Jules Tallandier une édition entièrement illustrée des Fables de La Fontaine. Il illustra aussi le Roman de Renart et l’Histoire naturelle de Buffon. En 1921, Léon Bel s’inspira d’un dessin de Benjamin Rabier comme logo de sa marque La vache qui rit. Cette vache, qui décorait les camions de transport de viande fraîche pendant la Première Guerre mondiale, était surnommée la « Wachkyrie ». Mais son personnage de bande dessinée le plus célèbre reste Gédéon le canard, dont les histoires ont été publiées entre 1923 et 1939 en 16 albums. Il a aussi dessiné la célèbre baleine des Salins du Midi[11].

message galerie Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Postérité[modifier | modifier le code]

Musée municipal de La Roche-sur-Yon[modifier | modifier le code]

Le musée municipal de sa ville natale possède le plus important fonds public d'œuvres du célèbre dessinateur. Des expositions régulières permettent de montrer ces œuvres au grand public. En 2010, le musée s'est porté acquéreur de plusieurs œuvres de Benjamin Rabier, dont le célèbre dessin représentant le singe Tolby fumant un cigare.

Hôtel particulier parisien[modifier | modifier le code]

En 1904-1905, Rabier fait construire au 3, rue Chasseloup-Laubat un hôtel particulier par l’architecte Bruno Pellissier[12].

Expositions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Série Gédéon[modifier | modifier le code]

En 1923, il crée le célèbre canard Gédéon qui comptera en tout seize albums d’aventures de Gédéon, réédités dans les années 1990 par les éditions Hoëbeke ; une série animée a été réalisée en 1976.

  • Gédéon ()
  • Gédéon Sportman ()
  • Gédéon en Afrique ()
  • Placide et Gédéon ()
  • Gédéon mécano ()
  • Gédéon s'amuse ()
  • Gédéon comédien ()
  • Gédéon dans la forêt ()
  • Gédéon chef de brigands ()
  • Gédéon roi de Matapa ()
  • Gédéon traverse l'Atlantique ()
  • Gédéon se marie ()
  • Gédéon est un bon garçon ()
  • Gédéon Grand Manitou ()
  • Gédéon fait du ski ()
  • Les Dernières Aventures de Gédéon ()

Varia[modifier | modifier le code]

Nos frères inférieurs (1926).

Rééditions[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Claris de Florian (préf. Stéphane Labbe, ill. Grandville), Fables, Paris, L'École des loisirs, coll. « Classiques », (1re éd. 2009), 236 p. (ISBN 978-2-211-09346-0)
    Illustration de couverture par Benjamin Rabier.
  • Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier, 3 volumes, Paris, Tallandier, 1995.
  • Histoires de bêtes, par Benjamin Rabier, Houilles, Éditions Brittia, sd.
  • Tintin-Lutin, par Benjamin Rabier, Éditions De Varly, 2017.

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Aquilino Ribeiro, O Romance da Raposa, illustrations de Benjamin Rabier, 1924.
  • Le Roman de la renarde, traduction française de Bernard Tissier et Diogo Quintela, Éditions Chandeigne, Collection « Série Illustrée », 2000.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Benjamin Rabier avec son ami et complice Émile Cohl a réalisé des films d’animation mettant en scène son héros Gédéon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Benjamin Rabier, dessinateur animalier », sur https://www.ensemblepourlesanimaux.org/ (consulté le ).
  2. Christophe Gervais, « C’est un Berrichon qui a inventé Tintin », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne).
  3. M. Brunaud, « Tintin, héros berrichon », Le Petit Solognot, hiver 2012, p. 28-33.
  4. Pour ce qui concerne La Jeunesse illustrée : Nollet (1979).
  5. Numéros de Histoire comique et naturelle des animaux dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.
  6. Christophe Vital, Benjamin Rabier: 1864-1939 : Gédéon, La vache qui rit et Cie : [exposition ... présentée à l'Historial de la Vendée, 10 juillet au 18 octobre 2009, Vendée, Conseil général, , 311 p. (ISBN 978-2-75720-281-4, lire en ligne), p. 21.
  7. « Saga Pétrole Hahn », sur prodimarques.com.
  8. Benoit Mouchart et François Rivière, Hergé, un portrait intime du père de Tintin, Paris, Robert Laffont, , 180 p. (ISBN 978-2-22112-824-4, lire en ligne), p. 25.
  9. Benjamin Rabier, Onésime, , 16 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 21 x 27 cm (lire en ligne sur Gallica).
  10. Michel Béra, Michel Denni et Philippe Mellot, BDM, trésors de la bande dessinée. 2009-2010 : catalogue encyclopédique, Paris, Éditions de l'amateur, coll. « Trésors de la bande dessinée, 2009-2010 », , 1295 p. (ISBN 978-2-85917-491-0, OCLC 286348986, lire en ligne), « Benjamin Rabier », p. 918-926.
  11. « Benjamin Rabier, l'homme qui fait rire les animaux », sur herodote.net, (consulté le ).
  12. « Pellissier, Bruno (1865-10-09 - ) : Archives nationales (France) », sur AGORHA Bases de données de l'Institut national d'histoire de l’art.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Document audiovisuel[modifier | modifier le code]

  • Benjamin Rabier, l'homme qui fait rire les animaux, écrit et réalisé par Marc Faye, film documentaire de 53 minutes (DVD), 2012 (présentation sur le site novanima.free.fr).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :